‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 200 sur 317 · LITRE II, CH. IV. — LES SAINTS SUAIRES · texte numérisé non relu

LITRE II, CH. IV. — LES SAINTS SUAIRES

lettes, entre autres trois petites serviettes de toile qu’on etit dit être encore neuves, effilées des deux bouts en forme de franges & pareilles à celles qui sont encore en usage dans le pays.

« Troisième enveloppe, comme la précédente composée de cinq serviettes & de longs morceaux de toile pliés en plusieurs doubles, servant à grossir les côtés, le tout fixé par de longues bandes.

a La quatrième enveloppe, entourée de bandes plus larges, en vieux linge grossier, contenait quatre tuniques égyptiennes ou chemises sans manches & en partie décousues sur les côtés. Ces tuniques ont 3 p. 8. p. de largeur (i™, 20), & les coutures sont artistement faites ; quelques-unes sont réparées, reprisées, avec des pièces bien mises.

« Par-dessus ces tuniques, trois espèces de linceuls fortement imprégnés de bitume enveloppaient entièrement la momie.

« Cinquième enveloppe : bandelettes roulées, les unes en longueur, de la tête aux pieds, les autres transversalement, qui maintenaient quatre grandes pièces de toile assez fine & divers morceaux de beau linge, parmi lesquels se trouvaient trois serviettes en pièces, c’est-à-dire encore unies par leurs extrémités, que de petits liteaux & l’interruption de la trame font reconnaître. »

Paraissait ensuite une nouvelle couche d’asphalte, Toutes ces toiles étaient d’une conservation parfaite; une d’elles a servi de serviette longtemps à l’auteur.

« Parmi ces dépouilles si bien conservées, on distingue encore trois longues écharpes d’une tissure assez belle, quoiqu’un peu grosse, frangées, effilées par chaque bout.

« Après avoir enlevé beaucoup de bandelettes & quinze linges pénétrés d’un bitume jaune, nous en découvrîmes dans la septième & dernière enveloppe sept ou huit autres enduits d’un bitume noir & tenace, adhérant trèsfortement à la peau.

« Près de trois heures s’étaient écoulées dans cette opération ; nous avions déroulé 380 mètres de bandelettes de 2 & 3 pouces de largeur, & 250 à 300 mètres carrés (environ 2,800 pieds carrés) de toiles diverses. »

Le corps de la momie du sexe masculin a im,73 (3 p. 3 p. 9 lig.). Les membres étaient enveloppés par une croûte volumineuse de baume, qu’il a fallu enlever avec un ciseau & un marteau pour arriver à la momie.

Passal aqua, — Peu de temps après Caillaud, Passalaqua publiait en 1826 un

catalogue des antiquités découvertes en Égypte. Il y discute l’opinion d’Hérodote qu’il combat dans quelques détails, & parle toujours d’une « épaisse couche de bandelettes & de toile. » Tantôt les membres sont enveloppés séparément, tantôt ils sont réunis, & toujours en définitive couverts par des masses énormes de linges. — Les momies grecques ne diffèrent des momies égyptiennes que par les formes extérieures des boîtes, par la dorure & par une disposition particulière des linges qui enveloppent séparément les doigts.

Samuel Birch. — Quelques années plus tard, avant 1850, Samuel Birch, décrivant l’ouverture de la momie d’une reine devant des savants anglais W, constate plusieurs couches de carton formées par une grande quantité de toiles de lin superposées & liées par une substance visqueuse, des globules ou cristaux d’une belle gomme ou d’autres substances, des courroies de cuir se croisant sur la poitrine, des papyrus avec caractères hiératiques, & toujours des quantités considérables de linges.

Le même auteur, à Florence, en 1855» assista au dépouillement d’une autre momie ; il la représente couverte d’une première enveloppe dans toute sa longueur, puis de plusieurs séries d’enveloppes, de petits bandages régulièrement placés pour former des carrés autour de la tête, &c.

Docteur Broca. — Ce qui domine dans toutes ces descriptions, c’est l’emploi de quantités prodigieuses de linge. Une expérience faite aux yeux de tout Paris lors de l’Exposition universelle de 1867, & décrite par M. le docteur Broca, confirme ces témoignages.

La momie est enveloppée dans un premier suaire en toile rose, maintenu par d’étroites bandelettes dont les nœuds viennent se réunir en avant sur un même point. Elle a sur la poitrine un filet en perles bleues. Six figures de la déesse Patsche, en carton doré d’un seul côté, sont accrochées par la tête à ce filet. Le carton est formé par des morceaux de toile collés ensemble. Sous le suaire rose commence l’enroulement des bandelettes ; leur largeur est de 8 à 10 centimètres, & leur longueur de 5 à 6 mètres. Leur ensemble mesure au moins 250 à 300 mètres.

Leurs plans sont plusieurs fois interrompus par des suaires qui enveloppent entièrement le sujet. Après un dévidage de plus de deux heures, on est enfin arrivé aux bandelettes qui s’enroulent autour des bras & des jambes.

{1) Account of tke examination mummy tke archeolo^ical journal ^ septembre 1850, p, 27^.

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