‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 204 sur 317 · LIVRE II, CH. IV. — LES SAINTS SUAIRES · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. IV. — LES SAINTS SUAIRES

pour accélérer l’opération, en évitant de toucher au corps. Ce ne furent pas en effet des hommes habitués à ce travail vulgaire, mais des hommes nobles & de haut rang; c’était Joseph d’Àrimathie, riche & décurion, qui avait demandé à Pilate le corps de Jésus; c’était Nicodème, prince des Juifs, qui avait acheté les aromates. Quoiqu’ils ne le considérassent encore que comme un prophète & un homme vraiment admirable , ils voulaient cependant, dit saint Jean Chrysostome, lui donner, par cette profusion digne de sainte Madeleine, un témoignage de leur amour & de leur foi.

Le suaire dont se servit Joseph d’Arimathie devait envelopper décemment le corps pour le porter au tombeau, indépendamment des autres linges nécessaires à l’embaumement. Nous avons vu, d’après saint Jean, plusieurs linges & un suaire qui avait été sur sa tête. Jésus-Christ était resté dans le tombeau tout le samedi. Le soir de ce jour, sainte Madeleine & Marie, mère de Jacques, & Salomé, revinrent avec des aromates & des parfums, voulant ajouter encore aux honneurs rendus par les hommes dont le dévouement les avait précédées, ou continuer l’opération de l’embaumement qui durait en général quarante jours.

On n’entend plus parler alors de ces objets sacrés dont, trois siècles seulement après, sainte Hélène retrouva les reliques répandues ensuite dans le monde entier. Je vais essayer d’en suivre la trace partout où il en existe & de raconter l’histoire de chacune d’elles.

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