‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 218 sur 317 · LIVRE II, CH. V. — LES SAINTES ROBES · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH. V. — LES SAINTES ROBES

l’ont vue les plus anciens habitants d’Argenteuil, avant qu’elle eût été si malheureusement divisée. Dom Manceau, qui passa cinquante-cinq années près d’elle, atteste qu’elle avait im,45 de hauteur & im,i5 de largeur.

T rêves & Argenteuil. — Il semble démontré par tout ce qui précède que Trêves possède la robe longue de dessus tissée en lin fin, ornée de dessins, &c., & Argenteuil la tunique plus courte, sans couture, grossièrement tissée d’un seul fil en poil de chameau. La première a été envoyée par sainte Hélène à saint Agrice; la seconde, signalée en Orient par saint Grégoire de Tours, est arrivée à Argenteuil par la voie de Charlemagne. Toutes deux furent portées par Notre-Seigneur. La seconde seule était sur lui lorsqu’il monta au calvaire.

Moscou. — En 1790, on croyait à Moscou avoir la robe sans couture de Notre-Seigneur. C’est sans doute une autre étoffe, peut-être venant de Jésus- Christ, mais ce ne pouvait être ni une partie de la robe de Trêves, qui est encore entière, ni de celle d’Argenteuil, encore entière lors de la Révolution.

Il paraît qu’il ne s’agissait que d’un fragment de la robe ou du manteau. M. Prilejaëff, qui a bien voulu me donner ce renseignement, me disait que l’Eglise grecque conserve à ce sujet une légende qui remonte aux temps apostoliques. Le soldat à qui elle échut par le sort la conserva toute sa vie, &, dit-on, fut touché par la grâce. Il la légua aune sœur qui lui survécut, & dans le tombeau de laquelle elle fut placée. — Un arbre s’éleva sur ce tombeau & fut l’objet de plusieurs miracles. On voulut en chercher la cause dans ses racines, & on y découvrit la sainte tunique, &c.

Plusieurs autres églises montrent des reliques de la tunique de Notre- Seigneur, par exemple, à Rome , à Sainte-Praxède & à Saint-Roch.

Ughelli ( Italia sacra ) dit qu’il existe dans la cathédrale de Cortone un morceau de la robe de Notre-Seigneur donné par Jacques Vagnucci de Cortone, autrefois évêque de Pérouse, qui disait l’avoir reçu de Constantin patriarche, avec plusieurs autres reliques. Il en donne en même temps une autre version, tirée d’une inscription grecque dont voici la traduction : «Moi, Grégoire, par la miséricorde divine archevêque de Constantinople, nouvelle Rome, & patriarche œcuménique, j’ai donné à Nicolas V, souverain pontife, une partie de la robe de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu’il a donnée ensuite à Jacques, évêque de Pérouse. »

Venise. — On montre à Venise un tissu très-fin, comme de la batiste, de 30”'“ sur 40“ m, que l’on croit venir de la robe blanche de Notre-Seigneur.

Page 1