COLONNE DE LA FLAGELLATION
a flagellation était un supplice usité chez les Romains, & surtout chez les Juifs. Le Talmud (ch. m, v. 12) le décrit ainsi : « Les mains du condamné sont attachées à la colonne ; alors l’exécuteur public lui ôte son vêtement, soit qu’il le déchire, soit qu’il l’en dépouille, de manière à découvrir la poitrine. Une pierre est alors placée derrière le patient. Sur cette pierre le licteur est debout, tenant un fouet ou des lanières de cuir pliées de manière à former deux courroies qui s’élèvent & s’abaissent sur le condamné W. »
Suivant la coutume romaine, un seul licteur était préposé à ce supplice :
« I, lictor, colliga manu s, caput obnubito, virgis cœdito (3). »
Le nombre de coups ne pouvait dépasser quarante 0). Le fouet formé de cordes nouées a dû être employé pour Notre- Seigneur. Les verges étaient réservées aux hommes libres, & Jésus-Christ était traité comme un vil esclave (4). Le fouet était plus douloureux encore que les verges & surtout que le bâton. Beaucoup de martyrs perdirent la vie sous cet instrument de supplice, qui, au lieu de meurtrir seulement les chairs, en enlevait des lambeaux (5).
Le supplice du crucifiement était ordinairement précédé de la flagellation, qui se faisait dans l’intérieur, en attachant le condamné à une colonne ou à la colonne. On lit dans Plaute :
« Abducite hune inti'o atque adstringite ad columnam fortiter (6). »
Eusèbe, en parlant des martyrs, dit qu’ils étaient attachés aux colonnes, face à face ( vultibits inter se adversis) . Les princes des apôtres saint Pierre & saint Paul, liés ainsi, ont été flagellés avant de perdre la vie.
Saint Grégoire de Nazianze rappelle, en combattant Julien, que les fidèles, pendant qu’ils étaient frappés de verges, embrassaient de leurs mains les colonnes
(1) Lamy, p. 579.
(2) Serry 7 Exerça ationes de Çhrisio. p . 363*
(3) Deutéronome j XXV7 3*
(4) Serry j loc, cit,
(y) Palæotti, le Saint suaire de Turin ? ch. y, p, 56.
(6) Juste Lipse, liv. II, ch. IV*
On conserve dans cette église une espece de pié&puche ou borne en marbre noir veiné de blanc rapportée de Jérusalem, & que Ton croie avoir servi à la flagellation de Notre- Seigneur, Cette forme paraît la plus convenable à ce genre de supplice , & une fresque de Sainte- Praxède que nous reproduisons en donne parfaitement l'idée.
On trouvera au bas de la planche des reliques de la colonne ; du roseau, de l'éponge & du saint suaire dessinées d'après nature , h Samte-Marie-du-TransEévére 7 au dôme de Florence, & à Saint-Marc à Rome.
INSTRUMENTS DE L K Fa'*