HYSOPE. — VINAIGRE. — ÉPONGE
Et aussitôt l’un d’eux prit une éponge, l'emplit de vinaigre, puis la mit au bout d’un bâton d’hysope (7). Que voyons-nous dans ce passage ? Une éponge, du vinaigre & un bâton d’hysope. Nulle difficulté sur l’éponge & le vinaigre.
Le vinaigre, qui se trouvait près du lieu du supplice, était destiné, soit à être mêlé à l’eau dont se servaient les soldats, pour en tempérer la crudité, soit à augmenter les souffrances des crucifiés. On ignore si ce breuvage fut offert à Notre-Seigneur par un des soldats romains, ou par un des Juifs qui assistaient au supplice.
Quant à l’éponge, son emploi est connu, & elle nous a été conservée, mais, comme pour la plupart des instruments de la Passion, on ignore par quelle voie; on dit seulement qu’ayant été trouvée à Jérusalem lorsque la ville fut prise & pillée par les Perses (614), elle fut portée à Constantinople le 14 septembre de la même année. Saint Grégoire de Tours, quelques années auparavant (539-593), en parle comme d’une relique que l’on vénérait publiquement à Jérusalem, avec la lance, le roseau, la couronne d’épines & la colonne, sans marquer le lieu
(1) Lighfoot, Horœ hébraicœ, 1697, p. 56.
(2) Lamy, De cruce y ch. ix.
(3) Préliminaires, ch. xiv, v. 9.
(4) Vinum myrrhatum .
(5) Ch. lxxxiv, v. 34.
(6) Cornélius à Lapide, saint Matthieu, xxvn, 34.
(7) Préliminaires, ch. xiv, v. 25.