‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 258 sur 317 · TITRES DE LA VRAIE CROIX · texte numérisé non relu

TITRES DE LA VRAIE CROIX

« i$r Titre latin, sur parchemin . 1241 . — Par ce titre, Thomas, évêque d’Hiérapétra & d’Arcadie, donne à Jean d’Àleïa, seigneur croisé, une portion de la vraie croix qu'il a reçue de Gervais, d’heureuse mémoire, patriarche de Constantinople. C’est cette parcelle, dit-il, nous le savons , qii’Emmanuel, de bonne mémoire, empereur de Constantinople, portait dans le combat contre les ennemis de la croix.

<( Le don de Thomas, évêque d’Hiérapétra, est appuyé dans cette charte sur les services que lui aurait rendus Jean de Àleïa, seigneur de Châteaux 8l Saint-Christophe.

Elle est datée de Tîle de Crète, dans la ville de Candie, le jour de la fête de saint Hippolyîe & de ses compagnons, Tan de Notre-Seigneur 1241.

h 2e Titre latin, sur parchemin . 1244 . — Ce titre est une charte par laquelle Jean d’AIleïa, seigneur de Châteaux & Saint-Christophe, reconnaît que les religieux, abbé 8c couvent de la Boissière, Font satisfait de 540 livres tournois pour un reliquaire consistant dans une portion du bois de la vraie croix qu’il a apportée d’au delà des mers.

« Elle est datée du mois de mai 1244.

<t Titre latin, sur parchemin . 1244 . — Par cette deuxième charte, Jean d’Allda, seigneur de Châteaux & de Saint-Christophe, donne & accorde, du consentement d’Hugues, son fils, à Dieu, à la Bienheureuse Vierge Marie, aux moines de îa Boissière, une aumône annuelle & perpétuelle à prendre sur les revenus de ses foires de Saint-Christophe, de 60 sous tournois pour l’entretien à perpétuité, le jour & la nuit, de trois lampes qui devront brûler devant la vraie croix qu’il leur a donnée. Il oblige ses héritiers de fournir cette aumône & de la garantir. Datée de Tan 1244.

a 4e Titre français , sur parchemin, i$yg. — Récépissé de Louis Pr, duc d’Anjou, par lequel il déclare que, peu de jours après sa nouvelle venue dans son chastel d’Angès (d’Angers), pour la dévotion qu’il éprouve pour la sainte relique de la vraie croix & aussi pour sa conservation, il a mandé au prieur du couvent de la Boissière, l’abbé étant absent, qu'on lui apportât la sainte relique qu’il a fait déposer dans un tabernacle de îa chapelle de son château d’Angers. Il reconnaît n’avoir aucun droit sur cette sainte relique, & il s’engage à la rendre aux religieux de la Boissière aussitôt qu’ils la réclameront. Daté du château d’Angers. 28e jour de mars 1375?*

« Titre français, sur parchemin. 1388 . — Charte ou attestation de Marie de Blois, veuve de Louis Ier , duc d’Anjou, roi de Jérusalem & de Sicile, comte de Provence, de Forcalquier, du Maine, de Piémont, de Rouci.

a Marie de Blois déclare avoir une lettre saine & entière par laquelle Louis, son mari, reconnaît que les religieux, craignant les ennemis, ont confié leur relique de la vraie croix aux frères prêcheurs, mais que lui, pour plus de sûreté 8c aussi pour la dévotion qu’il a pour cette relique, il Ta fait de nouveau porter dans la chapelle de son château d’Angers, après toutefois avoir eu le consentement des religieux de la Boissière.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

a Ensuite de quoi, Marie de Blois déclare qu’elle approuve les dispositions de feu son époux, qu’elle prétend rendre le précieux dépôt à la première réclamation des religieux de la Boissière, en témoignage de quoi elle fait apposer son scel le 22e jour de janvier 1388.

« 6e Titre français, sur parchemin . /407, — Charte de Louis II ToAnjou. — Par cette charte, Louis II d’Anjou déclare que son père, Louis Ier, ayant grande dévotion pour une notable portion de la vraie croix de Jésus-Christ que possédaient les religieux de l'abbaye de la Boissière, voulut être chef & frère d'une fratrie en l'honneur de la sainte croix de mai; il fait savoir que, lui voulant suivre la dévotion, volonté & bon propos de son père, & ému de piété, il a été ce jour ordonné, établi , reçu en chef de ladite confrérie, en l'honneur du saint reliquaire de la sainte vraie croix du couvent de Sainte-Marie de laBoissière de l’ordre de Cîteaux.

« Du château d'Angers, le 28e de juin 1407.

« Note. — La transcription littérale de ces trois derniers titres est on ne peut plus intéressant e pour le caractère, le style & l'orthographe. Elles sont un peu longues, ces chartes; nous les avons transcrites, mais nous ne pourrions pas répondre de la parfaite exactitude, en raison des caractères parfois difficiles à découvrir,

a 7e Titre latin} sur parchemin . 1456. — C'est une bulle de Calixte III, dans laquelle il détaille les maux causés par quarante années de guerre dans le pays où se trouve le monastère de Notre-Dame de la Boissière de l’ordre de Citeaux, dont l'église était recommandable par de précieuses reliques, surtout du bois de la vraie croix. 11 déclare que, dans un incendie, les religieux ont perdu les titres de leurs fondations, que les ennemis ont dévasté le pays , ce qui les réduit à une extrême pauvreté ; il invite les fidèles à les secourir de leurs aumônes pour les aider à réparer leur église 8c la pourvoir d’ornements & de vases sacrés, & il accorde dix années & dix quarantaines d'indulgences aux jours de la Purification de la sainte Vierge, de la Nativité de Notre-Seigneur & de la Pentecôte à ceux qui visiteront cette église & y feront l'aumône selon leurs moyens,

« Calixte III déclare,, entre autres choses, qu’il accorde ces indulgences à la demande du très-cher fils en Jésus-Christ, René, roi de Jérusalem 8c de Sicile.

« Donné à Saint-Pierre de Rome, l'an de l'Incarnation du Seigneur mil quatre cent cinquante-six, le neuf des calendes de mai, Lan deuxième de son pontificat,

fl 8e Titre latin } sur parchemin. 1476. — Nicolas, évêque de Mutmen, légat apostolique en France , après avoir fait le détail de la dévotion des fidèles pour la sainte relique de la vraie croix conservée au monastère de Sainte-Marie de la Boissière, de l'ordre de Cîteaux , déclare que, désirant que ce bois sacré soit de plus en plus vénéré, il accorde cent jours d'indulgences à tous ceux qui visiteront cette sainte relique aux jours de fête de la Sainte-Croix. Nicolas, légat a latere7 accorde ces grâces à la prière de Jean de Daillon, seigneur de Lude, duc du Maine, gouverneur du Dauphiné.

« Donné à Tours, l'an 1476, le 15 des calendes de février, Fan sixième du pontificat de Sixte IV.

a Note. — * De l'année 1476 à iypo, les religieux de la Boîssière demeurèrent paisibles possesseurs de la vraie croix; aucun titre ne fut ajouté aux anciens. Mais à l'époque de la Révolution, l'abbaye ayant été mise en vente, les religieux furent expulsés, &, par un dessein particulier de la divine providence, les précautions les plus minutieuses furent prises pour

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