BAUGE
assurer l'authenticité de la vraie croix par ceux-là mêmes qui avaient le moins de respect pour les choses saintes.
« Les titres récents sont tous en français sur simple papier, en général beaucoup plus longs que les anciens.
« ier Titre, 30 septembre 17 go- — Il contient le procès-verbal de l'enlèvement des vases sacrés & reliques de l'abbaye de la Boissière, commune de Denezé, à l'église paroissiale de Baugé , pour être mis en dépôt entre les mains de M. Bérault, prieur curé de cette ville, en attendant que le directeur en ordonne autrement. Les huit titres précédents & la sainte relique qui en fait l'objet sont spécialement désignés dans ce long procès-verbal dressé par les ecclésiastiques qui firent la translation, laquelle avait été ordonnée par Mgr Couet de Viviers de Lorry, évêque d'Angers.
« On y déclare que tous les objets furent remis par quelques religieux se trouvant encore à la Boissière.
« 2e Titre, TT octobre 1 y go. — Lettre de Ml,e Anne-Renée-Félix Hardouin de la Girouardière à MM. les administrateurs du département de Maine-&-Loire, pour leur demander la précieuse relique de la vraie croix enlevée de la Boissière par leur ordonnance du 14 septembre 1790, & transportée dans la sacristie de l'église de Baugé. Elle offre de payer à la caisse du district la somme de 400 livres, à laquelle sont évalués les ornements de la vraie croix.
« 3e Titre, 2 octobre iygo . — Lettre de Mgr Michel-François Couet du Viviers de Lorry, par laquelle il accorde à Mlle de la Girouardière la possession perpétuelle de la vraie croix & la permission de la faire exposer à la vénération des fidèles dans la chapelle de sa maison, à la condition par elle offerte de nourrir & entretenir à perpétuité dans son hospice deux pauvres infirmes de la commune de Denezé.
« 4e Titre, 2 octobre 17 go. — Extrait du registre des délibérations du directoire de Maine- &-Loire. On dit dans cette pièce que, vu la requête de M1,e de la Girouardiaire & l'ordonnance de l'évêque, on concède la précieuse relique de la vraie croix enlevée de la Boissière, moyennant la somme de 400 livres, prix de l'or & des diamants dont elle est ornée & à la condition offerte par ladite demoiselle de nourrir & entretenir à perpétuité deux pauvres infirmes de la commune de Denezé. Signé : La Bourdonnaye, vice-président , F illon , Druillon, Goffeaux, Crêteau, Villers, &c.
« 5e Titre , 6 octobre iygo. — Ordonnance de Mgr du Viviers de Lorry, qui fixe au 1 7 octobre la translation de la vraie croix de l'église principale de Baugé à la chapelle de l'hospice des incurables, par laquelle elle fixe en détail l'ordre de la cérémonie. Il permet l'exposition de la vraie croix, le second vendredi de chaque mois, les jours de fêtes de la croix, de l'anniversaire de la translation de cette précieuse relique , les jours de la semaine sainte, mercredi, vendredi, jeudi, enfin pendant les calamités publiques. M. Bérault, curé prieur de Baugé, est nommé commissaire pour la translation.
« 6e Titre, 17 octobre 1730. — Procès-verbal de la translation de la vraie croix, de l'église paroissiale de Baugé dans la chapelle des incurables, dans lequel sont analysés tous les titres anciens.
PIÈCES JUSTIFICATIVES
« Un grand nombre d'administrateurs , de séculiers & d'ecclésiastiques, ont signé cette pièce, datée du 17 octobre 1790.
t( 7e Titre, 2 septembre 1862. — C'est un bref de Sa Sainteté le pape Pie IX, accordant, aux conditions ordinaires, indulgence plénière à tous les fidèles qui visiteront la chapelle des incurables les jours de l'Invention & de l'Exaltation de la sainte croix & dans quatre autres jours de l'année désignés par l'ordinaire. Or ces jours ont été indiqués par Mgr Angebault, évêque d’Angers, i° le dimanche qui suit immédiatement le dix-septième jour d’octobre, anniversaire de la translation de la vraie croix ; 20 le dimanche de la Passion ; 30 la fête des cinq plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; 40 la fête des douleurs de la sainte Vierge, le vendredi après le dimanche de la Passion.
« Ces six indulgences plénières sont accordées pour dix ans.
« Le bref est daté de Saint-Pierre de Rome, sous l'anneau du pêcheur, le 2 septembre 1862, du pontificat de Pie IX l’année dix-septième.
« (Ce titre est latin & sur parchemin.)
« Tels sont les titres qui assurent l’authenticité de la précieuse relique de la vraie croix que possèdent les religieuses du Sacré-Cœur de Marie de Baugé ; elle est leur plus riche comme leur plus précieux trésor. La communauté, qui au commencement de la Révolution comptait à peine quelques années d'existence, traversa cette terrible époque, grandit, & se fortifia à l'ombre de la croix du Sauveur. Beaucoup de persécutions lui furent suscitées, & les visites domiciliaires si fréquentes qu'elle eut à subir ne firent jamais découvrir ce qui eût pu la compromettre devant les ennemis de la croix.
« La vraie croix, dont la magnifique translation avait eu un si grand retentissement dans le pays, fut vivement recherchée sans doute pour l'or & les diamants qui la couvrent. Un jour qu'elle allait être découverte, une religieuse la sauva en la cachant dans ses vêtements.
« Tout ce qui précède n'est qu'une simple analyse des titres primitifs & des titres secondaires; la transcription en serait fort longue. Les personnes qui les étudient les trouvent fort intéressants... »
BERNAY. — Mgr devoucoux, évêque d'evreux.
« Attestation de la vraie croix en l'église de Sainte-Croix, à Bernay.
« L'évêque de Lisieux étant allé, au mois de mars 1649, dans la ville de Bernay, qui faisait alors partie de son diocèse, reçut d'un frère mineur la demande de donner cette croix, qui lui appartenait, à la paroisse de Sainte-Croix, ce qui eut lieu devant témoins sûrs, & avec l’approbation empressée de l’évêque, qui y vit un moyen d'étendre la piété des fidèles. »
« Nos'Leonorius, Dei & sanctœ sedis gratia episcopus & cornes Lexoviensis , singulis & universis ad quos attinet, salutem & benedictionem in Domino. Cum Rev. P. Fr. Constantius Benagensis, ordinis fratrum minorum capuccinorum , allatam sibi crucem quæ ex particulis sanctissimæ Christi crucis, pro testibus omni ex captione majoribus probis, compacta est, ecclesiæ parochiali sanctæ crucis ejusdem urbis, cui ex mandato nôstro tempore hoc quadragesimali divini verbi præco existit, dono dari summis precibus a nobis postulavit; nos piis ejusdem supplicationibus attendentes & redemptionis nostræ mystcrium quibuslibet signis propa-