‹ Memoire sur les instruments de la passion de N.-S. J.-CChapitre 301 sur 317 · EXTRAIT D'UNE LETTRE DE S. E. LE CARDINAL DOM PITRA · texte numérisé non relu

EXTRAIT D'UNE LETTRE DE S. E. LE CARDINAL DOM PITRA

Qâ M. Rohault de Fleury ,

« Rome, 1 8 janvier 1 869,

tt ... Le Saint-Père n'avait perdu ni votre souvenir ni une attention spéciale aux travaux si importants, si intéressants de M, de Fleury sur T authenticité des reliques de la Passion. Une mention récente des journaux m?a donné occasion d'insister sur ce point, & de faire mieux ressortir la direction aussi distinguée que désintéressée des études & des publications qui portent votre nom,

« C est avec effusion que Sa Sainteté a daigné étendre sa bénédiction apostolique sur toute la famille, »

SÂINT-DIÉ. — M. bàlland, chanoine secretaïre, à M , Rohault de Fleury.

a Saint-Dié, 6 avril 1868.

u Monsieur, notre diocèse n'est malheureusement pas riche en reliques de la Passion de Notre-Seigneur. Un certain nombre de paroisses & des particuliers possèdent des parcelles microscopiques du sacré bois de la vraie croix, La plus considérable est celle qui est échue à nôtre cathédrale. J'ai l'honneur de vous en donner sur une feuille ci-jointe la description & la provenance,

« Si les autres parcelles répandues dans le diocèse étaient réunies, elles ne formeraient peut-être pas le volume de celle-ci. Je ne connais pas dans nos églises d'autres reliques des instruments de la Passion. Nos anciennes abbayes pouvaient en avoir, mais que sont-elles devenues? Je l'ignore,

u Je suis chargé, monsieur, de vous offrir les félicitations de Msr notre évêque à l'occasion de votre pieuse & difficile entreprise. Veuillez permettre que j'y joigne les miennes... »

Description de la relique donnée à M*r Jacquemin, évêque de Saint-Diê*

Longueur de la grande branche 2omitl ; longueur des petites branches, 6 mm ; largeur de la parcelle dans les trois branches, ; épaisseur, 1™™. — Couleur brune; densité moyenne; fil sinueux; aspect ressemblant à du palissandre vieux.

paroisse SAiNT-sÉVERiN (Paris),

Note historique de ta relique incluse dans le médaillon appliqué sur la présente croix ,

« Saiut-Dié, 6 août 1868,

« La portion du bois sacré de la croix conservée & honorée dans la Sainte-Chapelle du Palais avant la Révolution, fut recueillie par une personne très-digne de foi, lors de la spoliation de cette antique chapelle, & confiée à M. de Beaulieu, ancien chanoine régulier de Sainte-Geneviève, & depuis évêque de Soissons,

« Au mois de novembre 1820, M, Siret ayant été nommé à la cure de Saint-Séverin, M. de Beaulieu, son ami 8c confrère de congrégation, lui donna ce qui lui restait de ce bois

PIÈCES JUSTIFICATIVES

précieux, avec l’intention expresse qu’il en serait fait un reliquaire pour l’église de Saint- Séverin. Ce reliquaire exécuté fut d’abord scellé du sceau du pieux évêque.

« En 1828, au commencement de février, l’authenticité de la relique ayant été reconnue par Mgr l’archevêque de Paris, une partie du bois sacré en a été extraite pour Mgr (Jacquemin) l’évêque de Saint-Dié, incluse dans un médaillon semblable à celui de la croix de Saint-Séverin, & l’un & l’autre médaillon ont été scellés du sceau de Mgr l’archevêque, qui a bien voulu en donner des actes authentiques, signés de lui, contresignés de son secrétaire, ce que j’affirme & déclare conforme à la vérité.

« Fait ce 28 janvier 1828.

« Siret, curé de Saint-Séverin, chanoine honoraire de Saint-Dié. »

SAINT-FLORENT. — Rapport sur la vraie croix découverte à Saint-Florent le 23 avril 1858. par M. le chanoine Barbier de Montault (0.

a ... La découverte dans l’église de Saint-Florent, près Saumur, d’une parcelle considérable du bois de la vraie croix compte parmi les événements aussi importants que mémorables des annales de l’église d’Angers.

« ... Le jeudi 22 avril de cette année (1858), en vertu d’une délégation spéciale de Mgr l’évêque d’Angers, j’ouvrais la châsse de bois placée sous le maître-autel de l’église paroissiale de Saint-Florent-lès-Saumur, & j’y constatais d’une manière positive une partie considérable des corps de saint Florent, confesseurs, & de saint Méan, abbé. Le vendredi 23, vers midi, continuant l’examen des reliques que renfermait la châsse, je trouvai un suaire de soie rouge plié en carré & cousu tout autour. Ce suaire contenait plusieurs ossements, un peu de poussière, & un petit sac en velours rouge de Gênes.

a ... Or, dans cette bourse il y avait trois dents, de l’espèce de celles nommées canines, un morceau de la vraie croix & un parchemin formant authentique. D’après ce parchemin, tout doute était levé. L’église paroissiale avait hérité de l’abbatiale bénédictine d'un morceau insigne de la vraie croix...

« ... Voici la traduction littérale de cette précieuse authenthique... « In hac cruce ci continetur de ligno sanctæ crucis, de sepulcro Domini, de lapide in quem sanguis Domini « cecidit, de corpore, &c... »

« Ce texte... prouve une possession constante, depuis le xmc siècle jusqu’à nos jours, d’une parcelle considérable de la vraie croix & de divers ossements de martyrs...

« J’ai soumis à des naturalistes distingués la parcelle de la vraie croix trouvée à Saint- Florent, afin de savoir quelle était l’essence de son bois. Ils inclinèrent à y reconnaître du cèdre qui, à raison du milieu dans lequel il a été placé jusqu’à ce jour, a conservé toute sa fraîcheur...

« La relique a été conservée dans la famille Lebœuf, qui la restitua enfin à l’abbaye de Saint-Florent en 1693. »

(1) Extrait de la Revue d'Anjou (sr du Muine ; t. II.

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