DESCRIPTION DE LA RELIQUE EN 181O
« Lorsqu'en 1810 on ouvrit la caisse, la clef remise par F électeur ouvrit une des serrures. Dans l'intérieur était une autre caisse couverte de cuir 8c pourvue de trois serrures. Deux furent ouvertes par la clef de Félecteur.
« Le couvercle étant levé, on trouva une troisième caisse entourée de coton, puis enveloppée d'une toile. La toile étant défaite, on vit que la caisse était pourvue d'un lacs rouge & garnie de vingt-cinq sceaux intacts comme le portait le dernier procès-verbal, puis de deux serrures, dont une fut ouverte avec la clef. Dans la caisse on trouva une couche de coton, puis trois enveloppes de soie, F une bleue, l'autre rouge 8c Fautre blanche. Enfin on vit la sainte robe elle-même laissée dans toute sa longueur, mais pliée dans le sens de la largeur. La sainte robe fut enlevée avec le taffetas blanc, étalée sur l'autel de la chapelle. Sur le de-
TREVES
vant elle parut comme feuilletée^ 8c on remarqua que précédemment, pour mieux conserver le vêtement, on y avait appliqué une étoffe très-fine, qui s'était détachée par l'effet du temps & s'en allait en petits feuillets. Beaucoup de ces petits feuillets tombèrent & furent ramassés par les assistants. On les a souvent appelés parcelles de la sainte robe, mais ils n'en font pas partie; pas la plus petite parcelle de la sainte robe n'a été séparée, la haute antiquité du vêtement est évidente,
tt Àgricius disait de la sainte robe : « On n'y voit nulle trace de couture. Tout le vête- « ment est d'un seul tissu, comme le dit la sainte Ecriture; les manches sont larges 8c n'ont « pas de plis; aucun homme de l'art 11e peut distinguer le mode de tissage,.. Il est difficile « d'en déterminer la couleur; elle paraît tantôt rouge pourpre, tantôt bruni, tantôt orange, « comme le pollen de lis. Comme je l'ai éprouvé moi-même, le spectateur éprouve un sen- « riment étrange; d'abord il jette ses yeux sur la robe dans un transport d'amour, puis il les et détourne par respect: on jurerait qu'une puissance divine y réside. On croirait y voir çà & « là des taches de sang. »
<t A la lisière inférieure on voit des sortes de traits jaunâtres comme des membres de « lettres, mais ils sont si effacés par le temps, qu'on ne peut pas reconnaître ce que c'est.
a Pour sa couleur : Colore a punico haud multum discrepante ; sic ut a luce tamen perstricta, rutilet instar minii nativi> & ad pigmenta necdum paraît*
« Cela s'accorde avec la description donnée par le chapitre sous Philippe-Christophe, On peut à peine reconnaître de quelle matière sont les fils; mais c'est une matière légère 8c de belle qualité; la couleur est brune ou brun-rouge. La description du chanoine Marx (en 1655} s'accorde avec celle-ci,
« Masenius, dans des notes sur Brower, a déterminé la forme & la dimension de la sainte robe, u La sainte robe a des manches larges; les manches ont 1 pied 1/2 de long, 1 pied de large. La largeur totale du vêtement dans le haut, avec les manches, est de 5 pieds 4 pouces; « au-dessous des manches, à la place de la poitrine, de 2 pieds & un peu plus de 3 pouces.
« En bas, la largeur est de 3 pieds 7 pouces; la largeur totale du vêtement est de 5 pieds « 1 pouce 1/2, En haut entre les épaules, est une ouverture pour mettre la robe en la pas- « sant par-dessus la tête, »
« Le procès-verbal du vicaire Cordel {1810) est parfaitement d'accord avec ces anciens documents, a J'ai mesuré la sainte robe, elle a en haut avec les manches 5 pieds 5 pouces de « large, en bas 3 pieds 6 pouces, en longueur 5 pieds par derrière, 4 pieds p pouces par « devant. Elle est plus brune à l'intérieur qu'à l'extérieur; blanchâtre en quelques places, tt grisâtre dans le reste. » (Après l'exposition la sainte robe fut encore exactement examinée,) « On la regarda encore de plus près, on n'y trouva aucune couture, mais le derrière avait été « recouvert de gaze, parce que le tissu se défaisait en beaucoup de places 8c que les fils pen- « daient; le devant était recouvert d'un damas à fleurs rouges, disparu pour la plus grande tt partie & qui restait attaché comme par petites feuilles,,. A la manche droite est une déchi- « rure qui paraît avoir été faite violemment, car l'étoffe à cette place paraît solide 8c comme « neuve. Les fils sont si fins qu'on les distingue à peine à l'œil nu : la matière paraît être des « filaments d'orties. »
« L'exposition eut lieu du p au 27 septembre 1810, avec beaucoup de pompe & de décoration. La sainte robe fut exposée derrière une monture de verre, à l'entrée de ta chambre du trésor. Les fidèles y venaient par l'escalier de marbre, montant à gauche & descendant à
PIECES JUSTIFICATIVES
droite. Il en venait de 20 à 30,000 par jour. Tout se passa dans le plus grand ordre. Le lundi ier octobre la sainte robe fut retirée & déposée sous la table du maître-autel, »