DU SUPPORT
Tout le monde est d’accord qu’il existait un support sur le montant de la vraie croix, pour que les mains n’eussent pas seules à porter le poids du corps. Des auteurs obscurs ou paradoxaux ont prétendu qu’il offrait une sorte de siège au criminel , ainsi qu’on en voit des exemples dans les crucifiements japonais. Mais d’après les opinions les plus imposantes, il était destiné à servir de marchepied. Tel est l’avis de Benoit XIV, clairement justifié par d’anciennes médailles W.
Plaute (227 av. J.-C. -j- 183), que nous aurons encore à citer en parlant des clous P), a dit : Ego dabo ei talentum primus qui in crucem cucurrerit... Comment s’élancer sur la croix s’il ne s’y trouve pas une planchette , un marchepied assez rapproché de terre pour pouvoir y monter en courant?
Saint Justin, au commencement du 11e siècle, a dit : « Dans le milieu est fixé un bois qui ressemble à une corne, sur lequel sont portés & se reposent ceux qui subissent le supplice de la croix (3). »
Saint Irénée, en décrivant la croix , lui donne cinq extrémités, deux en hauteur, deux en largeur & une dans le milieu où se repose le condamné qui y est fixé par des clous (4). Ce texte ne peut laisser aucun doute; car, en parlant des
(1) Gretser, Juste Lipse
(2) Lamy, p. 578.
(3) « lu medio crucis defixum est lignum quod etiam ut cornu eminet, in quo vehuntur & insident qui crucis supplicium subeunt. » Le verbe insideo n’exprime pas toujours l’action de s’asseoir; on le traduit aussi par poser sur , se jucher ; j’ai donc cru pouvoir le traduire par se reposer .
(4) Ipse habitus crucis fines et sumitates habet quinque; duos in longitudine, duos in latitudine, & unam in medio ubi requiescit qui clavis affigitur.