LIVRE I, CH. II. — FORME DE LA CROIX
lation d’un porteur sur l’autre, ramasser, prendre. Saint Ambroise, Baronius & d’autres auteurs graves, sont d’un avis opposé. Une des raisons données par ces derniers, c’est que Simon aurait été pris pour le coupable.
Ce n’est pas indifféremment que l’Évangile emploie d’abord le verbe ferre pour aïf>uv & puis ensuite le verbe port are. La croix était tombée : angariaverunt ut tolleret. Ils le forcèrent à la ramasser, à l’enlever, puis ils la lui mirent sur les épaules, pour qu’il la portât post Jesum. D’après la tradition, rappelée par la table qui se trouve dans le cloître de Saint-Jean-de-Latran, Jésus-Christ était d’une trèshaute stature (i™,84), Simon devait être plus petit, & saint Luc est rigoureusement exact, lorsqu’il le place derrière Jésus , post Jesum , la pente du bois sacré le mettant à la hauteur de son épaule. La liturgie romaine suit donc la tradition & la raison la plus sévère, en admettant que le poids a été partagé.
Si nous considérons la charge de 100 kilogrammes indiquée par les savants comme un maximum, on peut, pour Notre-Scigneur horriblement fatigué, mais dont ses bourreaux épuisaient les forces, la réduire aux trois quarts, soit environ 75 kilogramznes. Or, la croix devait traîner à terre, ce long bois n’aurait pu rester en équilibre sur l’épaule, & la diminution de poids qui en résultait peut être évaluée à 25 ou 30 kilogrammes. Nous sommes donc conduits, en additionnant ces deux poids, à supposer à la croix un total d’environ 100 kilogrammes. Il est facile maintenant d’en déduire le volume, en divisant ce poids par la densité du bois de pin qui est de 0,56 ; & l’on trouvera que ce volume est de orac, 1786 ou 178 millions de millimètres cubes W . (PI. II.)