LIVRE I, CH. III. — LA VRAIE CROIX A ROME
précieuse relique se compose d'un montant de 150""1 11 sur il"” de large; de deux branches chacune de 23™" sur 12™. L'épaisseur est de 4"™ & le volume de 9,4o8in'n. La couleur est du brun tirant sur le gris; c’est une des reliques oit les veines du conifère sont les mieux accusées (PI. IV).
Saint-Pierre-aa- Vatican. — Il existe à Saint-Pierre quatre dépôts de reliques de la vraie croix : les deux premiers dans deux des piliers de la basilique, le troisième à la chapelle Saint-Nicolas, le quatrième dans le trésor de la sacristie.
Le premier est joint au voile de la Véronique & à la sainte lance, que l’on montre au peuple le vendredi saint. J’avais espéré un moment, d’après une parole bienveillante du saint-père, qu’il me serait permis de les voir & de les dessiner, comme je l’ai fait pour toutes les autres reliques de Rome; mais les cardinaux euxmêmes ne peuvent les voir, & trois chanoines de Saint-Pierre, chargés de les montrer une fois par an, ont seuls le droit de s’en approcher. Je ne les ai donc pas vues. Je parlerai du voile & de la lance en leur lieu. Les reliques de la vraie croix se composent de deux morceaux: l’un a été pris dans le reliquaire de Sainte -Croix-in -Jérusalem, où l’on voit encore la place qu’il y occupait, & qui peut faire supposer qu’il tenait le milieu entre le montant & les bras ; son volume est d’environ 10,000““. Admettant que l’autre morceau fût équivalent, on trouverait là au plus 20,000™ de bois de la vraie croix.
La croix de Maastricht à Saint Pierre de Rome, — Une portion de la vraie croix, la plus considérable de Rome, se trouve dans la chapelle du Pilier de Sainte-Hélène à Saint-Pierre. Elle vient de Maëstricht sur la Meuse, qui l’offrit en 1836 à Grégoire XVI. En 1838, le pape en fit don à la basilique de Saint-Pierre & la confia à la garde du chapitre. Grégoire XVI ordonna que dorénavant la bénédiction serait donnée pendant la semaine sainte avec la croix de Maëstricht. Depuis la mort de Grégoire XVI on se sert toujours du reliquaire du xviic siècle qui est plus maniable; l’autre est en or & en forme de cloche.
On ne peut voir cette relique , mais nous en trouvons la description dans Gretser qui parle en détail & de la relique & du magnifique reliquaire qui la renferme & qui était encore de son temps à Maëstricht , où elle avait été déposée
(1) D 'après Gretser5 jJai calculé que le développement du montant Sc des traverses était de 558 millim., leur largeur environ jo millim* Malheureusement il ne donne pas épaisseur; on peut la supposer approxima-
tivementj d* après des analogues^ à 15 millim. ? ce qui produit en tout un volume de 41 8. £00 mil* c. (PL VI). Gretser j p. 2455^ De sonet a crttce ; 1616.
par Philippe- Auguste. La croyant encore dans cette ville, j’avais fait demander des renseignements à M. l’abbé Willems, vicaire, qui me dit qu’en effet elle avait été donnée à Grégoire XVI. Pie IX reconnut ce cadeau en envoyant en retour un beau reliquaire renfermant une parcelle de la vraie croix. Voici d’ailleurs ce qu’en dit Gretser :
« On y honore, dit-il, avec une grande dévotion, une croix double ornée élégamment d’or & de pierres précieuses, & dont la figure nous a été envoyée par Bernard Banhusius, de notre société.
« ... Parmi les reliques rapportées en Europe par l’abbé Martin, une d’elles fut donnée au roi Philippe, empereur de tout l’empire romain... C’était une de ces tables que l’empereur de Constantinople était dans l’usage de porter à son cou dans les fêtes solennelles, comme un signe de l’empire... Dans la suite, Philippe donna la relique à la ville de Maëstricht.
« Cette croix est posée sur une bande qui l’entoure entièrement & qui est couverte de fleurs sculptées en or. Elle y est maintenue çà & là par de petits crochets qui l’empêchent de se déranger, dans le cas où une chute ou le maniement du reliquaire pourrait la compromettre.
« Le bois sacré est couvert d’un baume si épais, que, bien qu’exposée à de fréquents baisers, depuis un si grand nombre d’années , c’est à peine si le baume lui-même, enlevé dans quelques parties, montre la croix nue. Aux extrémités des branches du haut se trouvent deux images d’Adam en or, & aux autres extrémités latérales & d’en bas on voit des pierres précieuses remarquables par leur couleur & leur grandeur. Sur l’autre face, & sur un fond d’or découpé en fleurs variées, on voit l’image du Sauveur avec les initiales de son nom, celle de la sainte Vierge avec l’inscription complète pir/ip 0=ov, celle de saint Michel & de saint Gabriel archanges, & dans le bas celle de saint Démétrius. »
La chapelle de Saint-Nicolas à Saint-Pierre possède des reliques très-intéressantes de la vraie croix renfei*mées dans de remarquables reliquaires.
La première est appelée la croix de Justin; la seconde, de Constantin; la troisième, de beaucoup la plus considérable, n’a pas de désignation spéciale.
La croix de Justin consiste dans deux parcelles posées l’une sur l’autre en croix & sans aucun assemblage. Elles sont brutes & cubent ensemble environ 1 50""". C’est un des plus petits fragments de ces dépôts sacrés. Le reliquaire est magnifique , &, par la nature de son travail qui remonte aux premiers siècles de l’Église, présente un des caractères les plus certains d’authenticité.