‹ Memoire sur Les Microcephales ou Hommes SingesChapitre 19 sur 38 · IG · texte numérisé non relu

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On voil, par cc tableau, que, dans les mesures où entre pour quelque part la considération de la capsule crânienne (base et ligne dento-basilaire), les microcéphales se mettent encore entre le singe et l’homme en se rapprochant cependant davantage de l'homme, tandis que, dans les mesures appartenant seulement à la face (longueur du palais et ligne naso-dentaire), la loi d’accroissement est identiquement la même pour riiomim^ et le microcéphale.

Je ne crois guère utile d’entrer dans des considérations de détails sur les différents os qui composent le crâne cl la face des jeunes microcéphales. Il est évident que bien des anomalies qui peuvent s’y rencontrer appartiennent plutôt au domaine de l’individu ou de la famille, et que l’on ne pourra les considérer, comme on a fait souvent à tort, comme appartenant à la régie générale. Il me suflit, pour le moment, d’avoir démontré, par la comparaison des mesures et des faits rigoureusement établis, que la loi d’accroissement que nous montre le crâne des microcéphales jeunes en son entier, prouve bien et péremptoirement cette conclusion à laquelle nous avait déjà conduit l’examen des microcéphales adultes seuls, savoir : que ce crâne est composé de deux éléments constituants, de l’élément simien dans la construction de la voûte et des parois de la boîte cérébrale et de l’élément humain dans l’agencement de la face proprement dite; que ces deux éléments se mélangent nécessairement dans la base du crâne, et que le crâne du microcéphale se développe d’après deux tendances divergentes, la tendance simienne dans le haut, la tendance humaine dans le bas. U me semble que, même en le voulant bien, il serait difficile d’imaginer une forme intermédiaire plus complète de ces deux types.

Il est évident, je le répète, que l'accroissement des parties s’accomplit avec une

CRANES

lenteur considérable, d’autant plus considérable probablement que le système nerveux central est plus réduit. Les trois microcéphales nous montrent aussi que les caractères dénotant une souche inférieure se prononcent d’une manière plus accentuée que la microcéphalie est plus accusée. Jacques Mœgle, qui, évidemment dès sa naissance, a été le plus pauvrement doté en substance cérébrale est aussi celui qui montre le prognathisme le plus effrayant cl cher, lequel commencent aussi à se dessiner les arcs sourciliers, les arcs temporaux et tout cet agencement simien qui frappe au premier coup d’œil. 11 est inutile de s'appesantir davantage sur ces faits, qui ressortiraient sans doute d’une façon encore beaucoup plus claire, si des cas plus nombreux d’enfants microcéphales étaient examinés sous les points de vue qui nous ont dirigés.

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