‹ Memoire sur Les Microcephales ou Hommes SingesChapitre 21 sur 38 · SUTURES · texte numérisé non relu

SUTURES

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Age

Coronale

SagilUlt

UabM

Temporale

Basilaire

Iadkt

réplul-quf

Racke

1 Mæhre

Frédéric Sohn

; Michel Sohn ......

F. à gauche.

i Schultelndreyer

Si

Jtfna

Mæhler

Jean-Georges Mtrgle

Jean

Jacques %

Il résulte de ce tableau que, chez les enfants Mcegle, aucune soudure prématurée ne se rencontre, pas même chez Jacques, dont la microcéphalie est si prononcée, comme il résulte, du reste, déjà du tableau dans lequel adultes et enfants sont rangés suivant leur capacité crânienne. Chez les adultes, les sutures coronale et lambdoïde sont toujours plus ou moins ouvertes ; les sutures temporales ne sont fermées que chez un seul, Jéna, et seulement du côté gauche chez un autre, Michel Sohn; enfin, la sagittale est fermée chez quatre et ne reste ouverte que chez trois, Rackc, Jéna cl Mæhler, qui, pour la capacité crânienne, occupent les deux extrémités de la série. Certes, ce n’est pas assez pour dire que la microcéphalie entraîne avec nécessité des synostoses à la voûte; mais, c’est suffisant pour dire que la microcéphalie engendre, dans la plupart des cas, la soudure de la voûte crânienne dans sa partie médiane. Evidemment, c’est une conséquence fréquente de la microcéphalie, mais non une cause ; il ne pourrait y avoir des microcéphales à suture sagittale ouverte, si cette synostose était la cause de l'anomalie.

La suture sphéno-basilaire est ouverte chez tous les enfants, fermée chez tous les adultes, sans exception. Elle se comporte absolument comme chez l'homme normal, où elle est aussi toujours fermée lorsque le développement dentaire est accompli.

Nous pouvons nous demander si les microcéphales à suture sagittale soudée obéissent à la loi posée par M. Virchow, suivant laquelle le crâne devait être rétréci dans la direction verticale à cette suture, par conséquent dans sa largeur. Les microcé-

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phales à sagittale sont-ils réellement les plus dolichocéphales, ceux où le développement du crâne en largeur est arrêté?

Cette règle ne se confirme pas entièrement pour nos microcéphales; Mæhre et Michel Sohn sont bien les plus dolichocéphales, mais ils sont serrés de près par Jêna, chez lequel la sagittale est ouverte et mobile. O'un autre côté, chez Jéna, les sutures temporales, parallèles à la sagittale, sont fermées des deux côtés, ce qui pourrait entraiucr le même effet. Cependant Frédéric Sohn, tout en ayant la sagittale soudée comme son frère Michel, a un développement relativement beau de ta boite crânienne et une largeur bien plus considérable. Enfin, Schuttelndreyer, qui est dans le même cas que les Sohn, montre une largeur encore plus considérable. Il est vrai que, pour ce dernier cas, on pourrait objecter que la boite crânienne est assez pincée dans les parties temporales correspondantes à la suture sagittale, et que l'indice céphalique, si considérable, est dù à un développement extraordinaire des parties inférieures mastoïdiennes. Abstraction faite de ces deux cas, il est bien vrai que les deux crânes sur lesquels toutes les sutures sont ouvertes, sont aussi les plus larges.

La tendance à la synostose de la suture sagittale qui s'exprime par le fait que, sur sept microcéphales, quatre en sont affectés, me semble avant tout découler de la conformation simienne et de l'accroissement de la boite crânienne semblable à celle du singe. Nous savons en effet que, chez les anthropomorphes, la suture sagittale est la première à se fermer, sans doute parce qu'elle va donner naissance à la crête sagittale qui va se développer sur la ligne médiane. Ou peut, en effet, trouver beaucoup d’orangs et de chimpansés d’un âge moyen, où la sagittale est déjà effacée, tandis que la coronale et la lambdoide sont encore ouvertes dans toute leur longueur.

Les observations de MM. Cruveilhier cl üaillarger parlent aussi d’une fermeté et d’une épaisseur anormale des os. Je n'ai pu remarquer ces qualités chez les Mœglc; quant aux microcéphales adultes, je n'y trouve pas plus de variations que n'en présentent ordinairement les crânes normaux. L’épaisseur, en particulier, n’est pas plus considérable en général que celle d'un crâne ordinaire; elle frappe seulement, parce que la boite crânienne est beaucoup plus petite. Ici aussi, les os ressemblent à ceux des anthropomorphes dont Jes os crâniens ne sont pas plus épais, en mesure absolue, que ceux de l'homme, tandis que, comparés â la cavité exiguë qu'ils doivent protéger, ils sont relativement plus épais.

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Daubcnton a déjà appuyé dans le temps sur la position variable du grand trou occipital à la base du crâne, et tous les auteurs ont reconnu depuis que cette position marche de front avec la ressemblance humaine en général. Le grand trou occipital se rapproche, en effet, d’autant plus du milieu de la base crânienne, que le crâne dans scs formes et dans le développement des mâchoires se rapproche du crâne de la race blanche, tandis que chez les animaux le trou se rapproche toujours plus du bord postérieur, cl vient même se placer sur la face occipitale du crâne. Ici encore, dans cette question, plusieurs rapports demandent à être pris en considération.

On apprécie la position du trou occipital tout simplement en regardant la face inférieure du crâne, que l’on peut appeler aussi la base composée, puisqu'elle comprend la surface inférieure de la face et de la moitié postérieure du crâne. On évalue ainsi la distance qui sépare le trou d'un côté du bord alvéolaire, et d’un autre côté du point le plus saillant de l'occiput. Pour donner à cette appréciation une expression rigoureuse, j’ai pris, sur les microcéphales et sur quelques autres crânes à ma portée, une mesure que j’appelle la longueur alvéolaire, et qui est mesurée depuis le bord alvéolaire antérieur entre les incisives au point le plus saillant de l’occiput. Dans la race blanche, ce diamètre est en général identique avec le diamètre longitudinal mesuré de la manière ordinaire, et on voit que sur un crâne probablement turc, dont j’ai introduit la mesure dans le tableau suivant, la longueur du crâne dépasse même d’un millimètre cette longueur alvéolaire, ce qui prouve que dans ce crâne la position des dents est plutôt, suivant l’expression de M. Welcker, opisthognathe. Dans un crâne circassien très-dolichocéphale (Adige de la tribu des Natuchies près Ghilindschik, sur la mer Noire) et que je dois à l’amitié du prince Jean de Géorgie, le diamètre alvéolaire dépasse, au contraire, la longueur du crâne de 9 mm., et ce crâne montre aussi une prognathie prononcée. Or, il est évident, et le tableau le démontre, du reste, que la différence entre ces deux mesures doit devenir en général d'autant plus grande que les mâchoires sont plus dévoloppées et la prognathie plus prononcée, et qu’ainsi, comme nous le disons> du reste, dans les considérations sur la prognathie, les rapports entre ces deux mesures peuvent être pris aussi comme une expression de la prognathie.

Mais la comparaison de la longueur alvéolaire de la tête entière avec la ligne alvéolaire, mesurée depuis le bord alvéolaire de la mâchoire supérieure au bord antérieur du grand trou occipital, exprimera d’une manière rigoureuse la position du trou.. J'ai

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donc calculé cette valeur proportionnelle dans la colonne & du tableau suivant, en prenant pour unité la longueur alvéolaire du crâne entier, et j’ai rangé les crânes mesurés suivant celte expression brute de la position du grand trou occipital.

Il résulte de cette comparaison que, dans aucun crâne, même le plus orlbognatbe, le trou occipital ne se trouve placé au milieu de la base composée du crâne, que toujours son bord antérieur est reculé un peu en arriére et que, par conséquent, la partie antérieure de la base composée du crâne est toujours plus longue que la partie située derrière. Mais cet allongement de la partie antérieure augmente à mesure que nous avançons dans la série des microcéphales. Tous, jeunes et vieux, sont, sous le rapport de la position du trou occipital, même moins avantagés que le jeune chimpansé, et une différence considérable les sépare du dernier échelon de la forme humaine, du nègre, moins considérable pourtant que celle qui les distance de l'orang adulte. La position reculée du grand trou occipital doit donc frapper au premier coup d’oeil jeté sur la lace inférieure d’un crâne microcéphale.

TABLEAU

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