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Moyenne des microcép. enfants.
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MM. Foville, Virchow et autres ont fait remarquer avec raison que le recul du grand trou occipital est, en partie du moins, imaginaire, puisqu'il dépend de l’accroissement de l'appareil maxillaire. Nous savons, en effet, que cet appareil augmente encore considérablement dans toutes les dimensions chez l’homme et chez les animaux, lorsque la boite cérébrale est déjà presque arrivée à son maximum de capacité ; le grand trou occipital peut donc, vis-à-vis de la boîte cérébrale, garder absolument la même place et paraître avoir reculé considérablement par le développement de l'appareil maxillaire.
Pour avoir une appréciation de ces rapports, j'ai calculé les colonnes 6 et 7 du tableau précédent.
Dans ces deux colonnes, la longueur absolue de la boite crânienne est prise comme unité et comparée dans la colonne 6, à la ligne alvéolaire, dans la colonne 7 à la base vertébrale du crâne, mesurée entre le boni antérieur du grand trou occipital et la suture naso-frontale.
I,a colonne 0 indique, par conséquent, l’accroissement en longueur de l’appareil maxillaire par rapport à celui de la boite crânienne. Elle nous fait voir une différence considérable, presque de 10 •/» entre le développement de la mâchoire du turc et celle du nègre ; elle nous montre que les microcéphales se rangent dans une série ascendante, indépendante de l’àge et par conséquent primitive, laquelle dépasse même un peu, par son terme final, le jeune chiinpansé, mais dont la moyenne pour les adultes s’en rapproche assez ; elle montre enfin combien les microcéphales restent en arrière contre l’énorme développement de la mâchoire chez l’orang adulte, et combien par cela même le recul apparent est plus considérable chez l’animal que chez le microcéphale, quoique ce dentier s’écarte assez, par cela même, des races favorisées.
Enfin, la dernière colonne 7 montre le rapport de place du trou occipital vis-à-vis de la boite crânienne. Ici le recul apparent causé par le développement de la mâchoire est écarté; on ne considère que des parties appartenant à la boite crânienne même et on obtient, par conséquent, la place réelle qu’occupe le trou occipital vis-à-vis du crâne cérébral. J’ai pu calculer, d’après les mesures données par M. Welckcr, une moyenne appartenant à 30 crânes d'hommes adultes allemands, qui m’a donné le chiffre 55,5, on voit donc que le crâne turc, que j’ai pris ici comme représentant des brachycéphales orthognathes de race blanche, ne s’écarte pus beaucoup (de '/. •/„) de cette
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moyenne, et que je pouvais bien le prendre, dans les autres mensurations, comme type de cette race.
Or, ce tableau nous démontre que le grand trou occipital n’occupe pas une place stable vis-à-vis de la boite crânienne ; qu’il est plus avancé cher les orthognathes, plus reculé chez les prognathes, et encore plus reculé dans les microcéphales et les singes anthropomorphes. La position réciproque du jeune chimpansé et de l’orang adulte dans la série semble démontrer que la place change un peu pendant l'accroissement, le jeune singe se plaçant presque en haut, le vieil orang presque au bas de la série ; mais il faudrait des données plus nombreuses pour asseoir ce fait définitivement. En tout cas, on ne peut pas prétendre la même chose pour les microcéphales ; ici la place du grand trou occipital vis-à-vis de la boîte crânienne paraît définitivement fixée et ne pas changer par l’âge, car la moyenne des enfants dépasse même un peu celle des adultes, tandis que pour les colonnes précédentes elle reste sensiblement inférieure à cause du développement moindre des mâchoires.
La position relative du trou occipital semble dépendre, en grand, du volume crânien ; toutefois la série que nous donne notre tableau ne correspond pas exactement à la série donnée par la capacité crânienne. La place de Frédéric Sohn, qui a le trou occipital le plus reculé, et qui cependant occupe une place élevée pour le volume cérébral, et celle de la Mæhler, qui se trouve dans des conditions diamétralement opposées, ne s'accordent pas exactement avec une régie qui voudrait faire dépendre la position du trou occipital uniquement du volume cérébral. Il doit y avoir d’autres causes, même individuelles, qui ont leur influence ; mais, en tout cas, nous pouvons nous résumer en disant que les microcéphales ont primitivement le grand trou occipital placé autant en arrière, vis-à-vis de la boite crânienne, que les singes anthropomorphes, mais que cette position s’améliore en quelque sotie en ce que, par l'accroissement moindre des mâchoires, la position relativement à la base composée du crâne devient meilleure, sans cependant atteindre les proportions humaines d'aucune race.
Une des particularités les plus frappantes dans la conformation dns microcéphales est le prognathisme considérable, dû non seulement à la position des dents incisives, mais aussi, et plus particulièrement même, à la conformation de 1a mâchoire supérieure.
Nous savons que cette conformation est l’apanage des races humaines inférieures
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cl des singes ; nous savons aussi qu'elle se prononce davantage avec l’âge. L’âge doil donc avoir aussi son influence sur le développement de la prognalliie microcéphalique.
Un second élément est, sans aucun doute, la capacité crânienne. Les trois enfants Moegle nous démontrent que cet élément domine sur celui de l'Age même, car Jacques étant le plus microcéphale de tous, montre aussi une prognatlde très-prononcée, tandis que son cousin Jean, quoique plus âgé, ne fait voir qu’une prognatlde très-peu sensible.
Il est évident que la prognatlde en elle-même peut se composer de plusieurs mouvements, si je pids m'exprimer ainsi. D’abord de l'agrandissement plus considérable de l'appared maxillaire par rapport au crâne, l'appareil lui-mêine restant à sa place respective, et, en second lieu, d'un avancement relatif de la mâchoire, d’un glissement en avant, pour ainsi dire, de la mâchoire sur un plan horizontal ou incliné. Ces éléments peuvent, sans doute, se combiner ensemble, et sont aussi, en réalité, combinés dans la grande majorité des cas. Mais leur combinaison variée doit influer, d'une manière sensible, sur la représentation et sur l’appréciation exacte de la prognathie.
On peut se demander en prender lieu comment on doil mesurer le prognathisme. On sait bien que cette mesure se fait, sur le vivant, par la longueur d'une portion de la base du triangle facial située en avant d'une perpendiculaire menée par le point sus-nasal (Voir les excellentes instructions générales sur l’Anthropologie de M. Broca: j Mémoires de la Société d'Antliropologie, vol. Il, page 148 et suivantes). Mais ici il s’agit de crânes.
L’appréciation immédiate se fait par l'œil dans la position de profil du crâne. On mesure ainsi sans s’en rendre un compte exact, la proéminence de la mâchoire sur une verticale dirigée par la saillie du front. Cette appréciation par la vue se fait d’une manière plus exacte par la comparaison de calques de projections géométriques. En superposant ces calques de manière que les sutures naso-l'rontaies, au point de leur intersection avec la ligne de profil, se couvrent, et que les plans donnés par l’arc zygomatique sont parallèles, on obtient une appréciation très-exacte de la prognathie. Je suis donc parfaitement d'accord avec M. Lucae, lorsqu’il dit (Zur Morphologie der ^ Ftacen-Schædel, I. Francfort, 1861, p. 41) « la détermination, si l’on doit appeler un crâne orlhognalhc ou prognathe, dépend certainement d’une verticale tracée devant le profil du crâne. Essayons de mesurer ce que nous avons vu de prime abord sans nous en rendre compte, et ce que nous avons embrouillé par nos spéculations savantes. >
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« Sur la ligne horizontale (axe de l'arc zygomatique) on mène une verticale. Un profil plus ou moins prognathe se déterminant suivant que la face s'avance ou se relire par rapport au front, ce qui constitue une espèce de rotation autour d'un point entre la face et le Iront, on devra désigner la racine du nez comme le point par lequel doit être menée cette perpendiculaire. »
M. Lucac propose de prendre cette perpendiculaire comme ordonnée, sur laquelle il abaisse de nouveau des abscisses pour mesurer la courbure entière du profil, du front et de la face. Ici, dans la détermination simple de la prognathie, une seule mesure sulïit : celle de la distance du bord alvéolaire au point où la perpendiculaire rencontre une horizontale parallèle au plan horizontal normal, et menée par ce même bord alvéolaire. Il est facile de faire cette construction sur la projection géométrique du profil et de déterminer ainsi, par une mesure exacte, la quotité absolue du prognathisme.
C’est ce que j’ai fait, et je donne dans un tableau ci-joint le résultat de ces mesures.
[•ans la grande majorité des crânes suisses que j’ai sous la main, cette perpendiculaire naso-froutale tombe sur le bord alvéolaire même, ou tout au plus de 5 millimètres en arrière.
J’ai ajouté une seconde mesure : la distance du bord alvéolaire à une autre perpendiculaire, menée par le point de rencontre de la suture zygomatique avec le bord externe de l’orbite. Celte mesure, tout en étant importante en elle-même, ne saurait avoir la même signification que la première. Dans la suture naso-frontale, nous avons un point fixe déterminé seulement par la base du crâne, sur la position duquel le développement des sinus frontaux saurait seul avoir une influence, et encore celte influence est peu probable, parce que la racine du nez est d’autant plus profondément enfoncée, que les arcades sourcilières sont plus proéminentes.
Il en est autrement pour la perpendiculaire menée par la suture zygomatique. Ici, la grandeur de l’orbite est d’une influence majeure, et cette influence se trahit immédiatement lorsqu'on compare les séries données par cette perpendiculaire et celle menée par la suture naso-frontale, même lorsqu'on compare seulement les adultes. Il y a pourtant assez de conformité dans la structure des microcéphales adultes, pour que les adultes ne changent de places que lorsqu'ils se touchent dans la série. C’est ainsi que Raeke semble moins prognathe que M.rhrc lorsqu’on considère la mesure absolue
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par la perpendiculaire zygomatique, tandis qu'il est plus prognathe par la perpendiculaire nasale. Le même cas se répète pour Jéna et Schultclndreyer.
Ces deux mesures absolues ne concordent pas non plus avec la série donnée par la capacité crânienne. J'ai range le tableau suivant cette indication, et on peut facilement voir que Ruckc, dont la capacité dépasse d'une manière si considérable les autres, est cependant, pour la prognalhie, assez bas dans l’échelle, même lorsqu'on considère seulement les microcéphales adultes. Il est vrai que la Mæhler lient toujours le bout de la série, quelle que soit la mesure qu'on emploie, et peut-être pourra-t-on trouver dans ce lait une preuve de l'axiome assez combattu, mais soutenu avec énergie par M. Welcker, savoir : que le crâne féminin est toujours plus prognathe que le crâne de l'homme. Une seule hirondelle, il est vrai, ne fait pas l'été.