‹ Memoire sur Les Microcephales ou Hommes SingesChapitre 23 sur 38 · PREMIER TABLEAU DE MESURES CONCERNANT LA PR0GNATH1E · texte numérisé non relu

PREMIER TABLEAU DE MESURES CONCERNANT LA PR0GNATH1E

j SÈME RANGÉE SUIVANT LA CAPACITÉ CRANIENNE

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Racke

Ma*hre

Jean-Georges Mœgle

Frédéric Sohn

! Jean Mœgle

Srhuttelndrever

Michel Sohn

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Jéna

Mæhler

Jacques Mœgle.

J'ai ajouté aux mesures absolues plusieurs colonnes de valeurs proportionnelles. Les deux premières se rapportent au palais même; elles donnent, en pour cent, la quotité de la longueur du palais, qui dépasse la perpendiculaire. Je crois cette considération assez importante. Le palais se développe, connue nous savons, d’une manière

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três-considérablc pendant la jeunesse, et le maximum de sa progression tombe justement dans une époque où l'accroissement de la boite crânienne est presque arrête, car la boite crânienne augmente surtout dès la naissance jusqu'à l’àge de 7 ans, tandis que le palais prend son élan surtout dès 7 jusqu'à 20 ans, pendant le travail de la seconde dentition. Aussi voit-on, dans notre tableau général des mesures, se produire, pour la longueur du palais, un fait marquant, c’est que les trois enfants ont presque la même grandeur du palais (longueur variant entre 38 et 39 mm., largeur entre 28 cl 31 mm. et que ces mesures se trouvent séparées par un hiatus considérable de celles se rapportant aux palais des adultes, où les mesures varient entre 52 et 60 min. pour la longueur, et 28 et 43 pour la largeur Or. n" est-il pas fort remarquable que, malgré les petits écarts de ces extrêmes pour la longueur totale du palais chez les aduih-s, nous trouvons des dilTércnces si considérables pour l'avancement île la mâchoire ? Frédéric Solin a un palais long de 56 min.; ebez Marguerite Msehler la même mesure est seulement de 52 mm. Or, elle/ Frédéric, le palais avance seulement avec 19,6 °/ 0 de sa longueur au-delà de la verticale nasale cl la verticale zygomatique frappe le palais presque au milieu de sa longueur (55,4 */.), tandis que chez la Madiler, le palais, plus court en lui-même, est tellement avancé en position, que juste la moitié du palais se trouve au-devant de la verticale nasale, et que les 90,4 "/<■ de la longueur totale du palais sont situés au-devant de la verticale zygomatique.

En taxant la prognalhic par cette mesure comparative, on obtient la série ascendante suivante des adultes ; Frédéric Solin, Madire, Michel Solin, Schultelndrcyer, Raeke, Jéna, Mæliler.

C’est surtout la position de Racke qui frappe. Le premier de nos microcéphales par sa capacité crânienne, il est pourtant un des plus prognathes par la position avancée de sa mâchoire, et il démontre par là que la rapacité crânienne n'est pas l'unique cause de la prognalhic niicrocéphalique.

J’ai ajouté deux autres colonnes (5 cl 6) de valeurs proportionnelles, en comparant l’avancement du palais et de la mâchoire à la longueur de la base crânienne.

Ici je dois entrer dans quelques détails.

M. Virchow, dans ses travaux cités plus haut, était arrivé au résultat que la prognathic marchait de pair avec le degré de courbure et avec le raccourcissement de la base du crâne.

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M. Wrlcker, au contraire, déclare (Untersuehungen liber Waehsthuin und Bail des mensclilicben Schædels, p. 47 1 que « la prognalhie marche de pair avec rallongement et la droiture d< la base, tandis que l'ortliognathie se rencontre avec le raccourcissement et la courbure en angle de la base. »

Donc deux assertions diamétralement opposées.

Al. Lucae soutient que la longueur seule de la base n’a rien & faire avec la prognathie.

Je me propose d'examiner les différents éléments qui entrent dans cette discussion, l'uu après l'autre.

La longueur de la base du crâne est-elle en rapport prédominant avec la prognalhie?

Si cela était, la série donnée par cette longueur devrait concorder tout simplement avec la série indiquée tout à l'heure, en ce sens que la tète la plus prognathe devrait avoir la base la plus longue.

Nos mensurations donnent, pour la base du crâne, en millimètres: Mæhre = 100 ; Schutlelndrcyer= 98; Rackc cl Frédéric Sohn — 93 ; Michel Sohn — 92; Jéna = 87 ; Mæhler — 84.

Cette série n'est pas conforme à la précédente, mais elle serait plutôt favorable à M. Virchow qu'à M. Wrlcker; en effet, le# deux crânes les plus prognathes ont aussi les bases crâniennes les plus courtes.

Il en est de même pour les enfants, où l'on n’a pu mesurer que deux bases crâniennes ; la troisième, celle de Jean-tleorges, étant défectueuse. Jacques, sans contredit le plus prognathe, a la base plus petite que Jean.

J’ai pensé que la recherche des proportions entre la longueur de la base et la mesure prognalhique pouvait fournir un élément comparatif. La longueur de la base doit, en effet, varier avec la grandeur du crâne entier, et nous avons la preuve évidente, dans les rapports de sa mesure entre les enfants et les adultes, que la base du crâne participe plus que la voûte à l'accroissement de la face dans l’âge juvénile. J'ai donc consigné, dans les colonnes 5 et t5, ces rapports, en prenant la longueur de la base = 100. La série des adultes est, pour la verticale nasale : Frédéric Sohn, Mælire, Racke, Michel Sohn, Schultelndreyer, Jéna, Mæhler, et, pour la verticale zygomatique : Frédéric Sohn, Racke, .Mæhre. Miche! Sohn, Schultelndreyer, Jéna, Mæhler.

Enfin, il reste encore une mesure générale de la prognalhie, qui sera donnée par la

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rapport entre la longueur dite alvéolaire et la longueur du crâne, telle que nous la mesurons généralement. La longueur alvéolaire se mesure, comme je l’ai déjà dit, depuis le bord antérieur de la mâchoire, entre les dents incisives, jusqu'au point le plus saillant de l’occiput. C’est pour ainsi dire la ligne alvéolaire prolongée, et elle représente la longueur du crâne et de la face ensemble, telle que nous la voyons en regardant le crâne depuis sa face inférieure. Je l’ai déjà dit : dans les races orthognallies, cette ligne coïncide avec la longueur du crâne; dans les races prognathes, au contraire, elle devient plus considérable. Outre les crânes indiqués dans la colonne 7 du tableau, j'ai encore calculé la proportion des deux longueurs sur plusieurs crânes. Dans un crâne turc, que je prends comme type des orthognallies hrachycéphales, la longueur du crâne dépasse celle alvéolaire ; les rapports sont comme 100,5 à 100,00; dans tous les autres, le contraire a lieu et les rapports de la longueur crânienne sont, la longueur alvéolaire étant prise comme unité : Circassien - 95,5; Nègre = 92,2; Jeune Cliiinpansé = 75,0; Orang adulte = 57,5.

On peut voir dans le tableau que la série des microcéphales adultes, donnée par cette mesure, est; Racke, Mæhler, Schuttelndreycr, .léna, Frédéric Solin, Michel Sohn ; il est évident qu’outre la hauteur de la mâchoire et l’inclinaison entre les plans correspondant à la base du crâne et au plancher du palais, un autre élément fait sentir ici son influence ; celui du développement de l'occiput, lequel est certainement indépendant de celui de la prognathie.

Ou voit que dans toutes les séries, sauf la dernière, où l'élément occipital est en jeu, les termes extrêmes occupent toujours le même rang : Frédéric Sohn d’un côté, Jéna et Mæhler de l'autre, mais que les quatre termes intermédiaires changent de place suivant que l'orbite, la base du crâne ou le palais sont comparativement plus grands.

Mais toutes ces séries montrent aussi que l’un des éléments de la prognathie, signalé plus haut, savoir le glissement en avant du palais, est en quelque sorte indépendant des rapports de longueur des différentes parties, et que ce mouvement a des lois propres qu’il s'agit de mettre au jour.

M. Virchow, et, après lui, M. Welcker, ont fait usage, pour la détermination de la prognathie, de plusieurs angles, donnés tant par la base du crâne que par l'appareil maxillaire.

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Deux lignes, tirées l'une du bord antérieur du grand trou occipital, au milieu du bord saillant des apophyses clinoïdes moyennes ; l'autre de ce point à la suture nasofrontalc, donnent l'angle sphénoïdal. Il détermine le degré d'inflexion qu’a subi l’axe de la base crânienne. M. Itroca a trouvé une méthode très-ingénieuse pour déterminer cet angle sur des crânes intacts.

L'axe de la base crânienne, mesuré du bord antérieur du grand trou occipital à la suture naso-frontale, et une ligne tirée de cette suture & la base de l'épine nasale antérieure, donnent à M. Welcker F angle nasn-basal. J’ai toujours pris, dans mes mensurations, le bord même de l’alvéole comme point de terminaison de cette ligne, et mon angle misai comprend par conséquent, comme points déterminants, le bord antérieur alvéolaire, la suture naso-frontale et le bord antérieur du grand trou occipital.

M. Welcker considère l’angle naso-basal comme l’expression de la prognathie. «Cet angle, dit-il (L. c., page 48), donne-t-il une expression satisfaisante du degré de l’orthognathic ou prognathie existante’? M. Lucac a dernièrement répondu un «non» énergique, et j’avoue que j’ai eu aussi des doutes sous ce rapport en faisant plusieurs fois l’observation que l’inspection pure et simple du crâne entier fait reconnaître, dans beaucoup de cas, des degrés sensiblement différents de prognathie de ceux que donne l’angle naso-basal. Il sera sans doute difficile de trouver une détermination sans tache sous tous les rapports. Mais si nous demandons sur quels rapports de construction reposent la prognathie et l’orthognalhie, nous les trouvons sans doute dans la position suivant laquelle l’appareil maxillaire, ou, mieux encore, l’axe longitudinal de la mâchoire, est implanté vis-à-vis de l’axe longitudinal de la capsule crânienne. En usant de ces lignes, on obtiendra, je crois, l’expression la plus pure de la position des mâchoires.

J’ai mesuré les deux angles, sphénoïdal et nasal, sur tous mes microcéphales, et j’en donne plus loin les valeurs ; mais je suis loin de leur accorder, chez les microcéphales au moins, la même importance que M.. Welcker, et voici pour quelles raisons :

Lorsqu’on vise, sur un crâne adulte et normal, la ligne du bord alvéolaire à l’extrémité du palais, en tenant le crâne de manière à avoir l'extrémité alvéolaire tournée vers l’observateur, on aperçoit encore le bord antérieur du grand trou occipital ; en d’autres termes, le plan du palais fait un angle très-obtus et rentrant vis-à-vis de la ligne alvéolaire Celle disposition se donne aussi par des mesures. La ligne alvéolaire, ligne directe et droite du bord antérieur du grand trou occipital au bord de l’alvéole,

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est de quelques millimètres plus courte que la somme de deux distances mesurées, l'in e du bord du trou occipital à l'extrémité postérieure du palais, l’antre exprimant la longueur du palais depuis celte extrémité au bord alvéolaire.

Chez les microcéphales, ces deux mesures sont égales. Michel Sohn et Jéna m'ont seuls offert une différence d’un millimétré. Le. boni alvéolaire, le bord postérieur du palais et le bord antérieur du grand trou occipital se trouvent donc sur la même ligne. Le plan du palais est donc moins incliné chez les microcéphales, .vis-à-vis de la base crânienne, que chez les hommes normaux.

Il est évident que cette différence d’inclinaison doit beaucoup influer sur l'angle nasal. Il en est de même de la hauteur de la mâchoire, mesurée par une ligne tirée de la suture naso-fronlalc au bord alvéolaire. Celle hauteur varie, il est vrai, chez nos microcéphales adultes, dans des limites assez étroites ; mais elle varie cependant assez pour que, la longueur du palais et son iurlinaison étant les mêmes, elle doive influer considérablement sur la mesure de l’angle basal. Qu’on imagine, par exemple, un palais placé à dix millimètres plus bas qu’un autre de la même longueur, et l’angle nasal sera beaucoup plus petit pendant que ni sa longueur, ni la proéminence au-delà de la perpendiculaire n’auront varié.

Cherchons encore ici à isoler les (liflérenls éléments qui composent le prognathisme :

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