‹ Memoire sur Les Microcephales ou Hommes SingesChapitre 29 sur 38 · DIAMETRE TRANSVERSAL BU CERVELET · texte numérisé non relu

DIAMETRE TRANSVERSAL BU CERVELET

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très-allongée, pointue en avant ; les fosses profondes, qui délimitent le lobe temporal de tous côtés, sont bien marquées à la vue d'en bas.

La bifurcation de la fosse de Svlvius commence immédiatement au bord de l'hémisphère, sans qu’il y ail un manche commun ; les deux branches de la scissure sont bien marquées ; le lobe frontal, séparé par la branche antérieure, fort petit ; les trois étages dont se composent ses plis sont bien séparés, mais fort simples ; l’étage sourcilier saillant de côté et séparé en arrière par une profonde impression ou lacune du lobe temporal. On voit, à la face inférieure du lobule orbitaire, un sillon géniculé assez profond, avec des plissements latéraux peu importants. Le bourrelet etluuoïdal est large et fort, saillant, mais point projeté on forme de bec.

Les plis centraux, qui remplissent l’espace entre les deux branches de la scissure de Sylvius, étaient, & ce qu'il parait, assez compliqués et profondément impressionnés au milieu de leur décours par un sillon transversal ; leur pointe de réunion descend jusqu'au bord de l’hémisphère. Le lobule presque droit qu’envoie le pli central postérieur le long de la ligne médiane est très-visible ; de môme le lobule, assez petit, il est vrai, que le pli courbe envoie entre le pli central postérieur et la branche postérieure de la scissure de Sylvius.

La fissure parallèle est fort bien développée, sur le lobe temporal, jusqu’à son bord inférieur ; l’étage inférieur du même lobe est moins bien séparé. Le pli courbe se laisse suivre facilement; après avoir formé un lacet ouvert en haut, il se recourbe en remontant le long de la fissure parallèle autour de l’extrémité supérieure de cette scissure, et passe, par sa branche descendante, aux plis de passage, dont les trois supérieurs au moins sont manifestement visibles à découvert. Le lobe occipital est fort petit, mais bien marqué et séparé de l’hémisphère par la scissure transversale, et du cervelet par une profonde et large incision.

Le cervelet, ainsi que les parties visibles de la moelle et du tronc cérébral, n’offrent aucune différence notable d’avec un cerveau normal.

En général, ce cerveau ne fait pas l’impression d’avoir souffert par des anomalies particulières ; sauf la disproportion entre les hémisphères et le cervelet, il se présente comme un cerveau à hémisphères simplement réduits. Les enveloppes paraissent avoir été fort minces. Les artères ne montrent rien de particulier.

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ni

N° 3. Frédéric Soiin.

Si je prends ce cerveau en considération avant celui de son frère aîné, Michel, c’est qu’il se rapproche le plus de celui de Mæhre, et à tel point qu’on pourrait les confondre au premier coup d’œil. Un examen plus attentif montre cependant des différences, même lorsqu’on fait abstraction du volume moindre ; ces différences reposent surtout dans un développement moindre de la partie frontale et plus considérable des lobes occipitaux ; les plis, du reste, quoique assez bien accusés en quelques endroits, se montrent en tout moins marqués que chez Mæhre.

Le cerveau de Frédéric appartient aux volumineux, quoiqu’il n’atteigne pas entièrement la limite qui parait tracée aux singes anthropomorphes. La capacité crânienne du plus volumineux Gorille est, en effet, île 500 centimètres cubes, tandis que celle de Frédéric n’est que de 400 cent, cubes. Le lobe occipital, assez fortement développé, dépasse, dans le moule placé dans sa position nonnale, le bord du cervelet. Vu de profil, le moule ressemble, par la courbure de son bord supérieur, à celui de Mæhre, mais lorsqu’on le regarde de bas en haut, la forme ovalaire parait plus pointue en avant, et les parties latérales correspondantes aux lobes temporaux paraissent plus saillantes en élargissant le contour.

Le lobe frontal ressemble beaucoup h celui de Mæhre. I/étage supérieur excessivement peu développé; les sillons qui le séparent du second, et celui-ci du troisième étage, sont profonds, mais évasés et courent parallèlement à la ligne générale de profil. L’étage sourcilier forme, comme chez Mæhre, par sa partie postérieure, une espèce de tubercule, séparé du lobe temporal par une incision profonde, dans laquelle descend le bout réuni des plis centraux. La surface inférieure du lobule orbitaire montre la fissure gèniculéc comme chez Mæhre, mais moins profonde et moins compliquée ; le bec ethmoïdal, en revanche, est plus mince et plus saillant.

La scissure de Sylvius esf bien visible dans ses deux branches; la bifurcation commence sur le bord de l'hémisphère ; les plis centraux sont bien reconnaissables ; le pli postérieur parait compliqué par plusieurs incisions latérales, et son lobule horizontal supérieur semble bien large et fort.

La scissure parallèle sur le lobe temporal est peu marquée et ne parait point

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continue ; le pli courbe se laisse encore reconnaître dans le petit lobule intercalé entre le pli central postérieur et la scissure de Sylvius, ainsi que dans sa partie moyenne ; mais sa racine postérieure et les plis de passage paraissent confondus par un épaississement des enveloppes dans cette région.

Le lobe occipital se montre partout très-bien limité, saillant en ronde-bosse, orné de plis à sa surface et séparé, par de profondes incisions, de l'hémisphère d'un côté et du cervelet de l’autre. Cette dernière partie, ainsi que le tronc cérébral, ne m'ont laissé ricn'apcrecvoir d’anormal.

N" 2. Michel Souri.

Vu d’en haut ou d’en bas ce moule, que je dois à la complaisance de M. le professeur Reichert, à Berlin , montre beaucoup d’ analogie avec celui de son frère ; avec cette différence, toutefois, qu’il parait plus large au milieu, plus pointu au bout, cl que la déviation asymétrique se fait remarquer d’une manière bien sensible. Le moule a, en effet, l’air comme si on l’avait maltraité par une pression exercée en avant du côté gauche et en arrière du côté droit. Vu de côté, le moule présente la ligure la plus singulière que l’on puisse imaginer, et qui ressemble à un marteau pointu et courbé d’un côté, large de l’autre, à manche court, tel qu’il est en usage chez les tapissiers.

Jean Muller rapporte ce qui suit sur ce cerveau :

t Le cerveau avait la forme d’un ovale aminci et même pointu en avant , tronqué en arrière... La plus grande hauteur se trouve, chose remarquable, entre la base du crâne au bord du trou occipital et la partie médiane de la suture lambdoïde, et le cerveau s’affaisse déjà depuis la suture lambdoïde toujours plus en se continuant en avant. Cela seul suffit pour donner une idée de la réduction épouvantable des hémisphères. La division de l’hémisphère en un lobe antérieur et postérieur par la scissure de Sylvius, était bien indiquée. Les lobes postérieurs s’adossaient à la partie supérieure de la troncature verticale de l’occiput. C’est ainsi que la lace postérieure des lobes occipitaux formait avec le cervelet un plan en angle droit avec la base du cerveau . On voit cela très-bien sur le moule dont l’extrémité aplatie postérieure est divisée en quatre champs, dont deux sont formés par les lobes occipitaux, les deux inférieurs

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par la face postérieure du cervelet. Les lobes postérieure couvrent d’en haut entièrement le cervelet... Les rares circonvolutions étaient si fortement développées, qu’ elles ont laissé les plus profondes impressions digitiformes et des jougs cérébraux les plus saillants. J’ai déjà mentionné la présence des couches optiques, des corps striés cl calleux rapetissés comme le cerveau. L’hypophyse était comme chez l’homme adulte. Les fosses postérieures du crâne montrent que le cervelet était assez rapetissé. Sa structure feuilletée a été observée au premier examen.

Il ne me reste à dire quelque chose que sur les plis cérébraux. Le lobe frontal est extrêmement réduit, et ses étages séparés de manière que les fentes qui les divisent courent parallèlement à la ligne de profil. J’avoue franchement que je suis resté dans le doute, quant à la délimitation do lobe frontal. Kn observant le moule de côté, on croit voir que la scissure de Sylvius présente un manche commun, assez court il est vrai, jusqu'il un point oô l'artère se divise en plusieurs branches divergentes. Si cette conformation est la vraie, les plis centraux doivent paraître très-courts. On dirait même que le pli central antérieur est atrophié dans sa partie inférieure, et visible seulement par sa partie supérieure, très-raccourcie et amoindrie. On devrait attribuer, en acceptant cette manière de voir, au lobe frontal toutes les parties situées au-devant de l’artère. D'un autre côté, lorsqu’on regarde le moule d’en haut, on voit nnitre le pli central anterieur manifestement au-devant de l’artère et se porter en bas de la manière ordinaire par un chemin un peu sinueux, en détachant successivement les étages frontaux supérieurs comme des branches. Or, si c’est là où est la vérité, la conséquence en doit être nécessairement que le pli central antérieur descend au-devant de l’artère, séparé seulement par des impressions à peine marquées des étages frontaux jusqu'au bord de l’hémisphère où il se confond, sur le moule, avec l’étage sourcilier, lequel, du reste, dans tous les cas, n’est pas aussi profondément séparé du lobe temporal que dans les cas précédents.

La surface inférieure du lobule orbitaire est fort différente; elle est presque lisse ; l'impression géniculée à peine marquée et un bec étlimoidal saillant formé, lequel, vu d'en avant, ressemble presque au bec crochu d’un oiseau rapace.

Comme que l'on regarde le pli central antérieur, toujours est-il que le pli postérieur avec son lobule hurizontal supérieur est parfaitement formé et bien reconnaissable ; de même aussi, le pli courbe, placé presque verticalement au-dessus de la

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scissure parallèle fortement accusée. Le lobule intercalé entre la scissure de Sylvius et le pli central postérieur, ainsi que les deux circonvolutions supérieures de passage, sont bien formés. Je ne voudrais pas prononcer une opinion arrêtée sur les plis de passage inférieurs dont la perception est obscurcie par la conformation singulière du lobe occipital, lequel, tout en étant bien séparé de l'hémisphère par une scissure transversale profonde, est poussé en haut et confondu presque avec le cervelet aplati.

N° 4. Conrad Sein ttelxdreyer.

Voilà, certes, un des moules les plus singuliers que l'on puisse voir et dont le type est entièrement différent de tous les autres, quand même les conditions générales de la difformité sont restées les mêmes. De profil, ce moule semble excessivement aplati, bas, et les hémisphères surtout tellement affaissés et poussés en avant, que le cervelet, très-développé, dépasse de beaucoup le boni postérieur des hémisphères. Vu d’en haut, le moule se présente presque comme un parallélogramme allongé aux côtés extérieurs un peu poussés au-dehors, sur lequel on aurait posé en avant, sous forme d’un triangle pointu, un lobe frontal extrêmement réduit.

Le crâne de Schutlclndreycr a exactement la même capacité que celui de Michel Sohn, savoir : 870 c. c. ; et cependant, quelle différence dans la forme du cerveau! Chez l’un, on dirait un glissement des hémisphères en avant; chez l’autre, au contraire, un refoulement vers l’arrière.

Le lobe frontal du moule se montre comme un appendice triangulaire étiré en bec, et dont la surface latérale a été enfoncée par une impression large et profonde, dans laquelle on peut presque mettre un doigt. Les différents étages ne peuvent guère être distingués ; et, de même, comme chez Michel Solm, on doit rester dans le doute si l’éminence tuberculeuse qui louche la scissure de Sylvius appartient au pli central antérieur ou à l’étage inférieur du lobe frontal. Mais, même dans ce dernier cas, l’étage sourcilier reste séparé, du lobe temporal par une large incision, et la scissure de Sylvius elle-même paraît toujours bifurquée dès le bord de l’hémisphère, sans présenter un manche commun.

Une fosse profonde et large, non moins large que celle qui entame le lobe frontal.

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sépare les deux plis centraux. La branche postérieure de la scissure de Sylvius se continue manifestement jusque vers la ligne médiane en haut, et parait se confondre ici avec la scissure transversale profonde et large aussi. Le lobule postérieur du pli ascendant qui s’étend en arrière parait grand et large ; le pli courbe est moins manifeste, d'autant plus que la scissure parallèle se fait à peine remarquer par des traces insignifiantes, sur la surface du lobe temporal, surtout du côté gauche, tandis qu’à droite elle est plus accusée. Le lobe occipital est très-petit, mais relié aux parties antérieures par quelques plis de passage à découvert. Le cervelet est de grandeur normale ; le ver me parait plus développé que d'ordinaire.

A la vue d’en bas, c’est surtout le lobe frontal qui étonne ; il n'y a pas de trace de véritables plis, mais seulement une surface lisse, sur laquelle se font remarquer, des deux côtés du bec éthmoîdal, quelques enfoncements latéraux comme des coups de gouge. Les lobes temporaux ne sont pas moins remarquables; on y trouve, à la pointe inférieure, des enfoncements correspondant à des aspérités du rocher qui ne se laissent pas apercevoir ailleurs.

N° 5. Jéna.

Je possède un moule sorti du même bon creux qu’a fait modeler M. Wagner, et qui m'a été donné par mon ami, M. Henlc, professeur à Gœttingue. Le crâne appartient, comme on sait, aux moins dotés, puisqu’il ne possède qu’une capacité de 350 c. c. Le moule, malheureusement, est de ceux sur lesquels les fissures et les plis sont très-peu accusés, de manière qu’il faut, pour juger de l’arrangement des circonvolutions, faire des comparaisons avec les figures du cerveau, données par MM. Theileet Wagner. Ce dernier n’a pas jugé à propos, comme l’a lait Gratiolet pour ses dessins de cerveau de singes, de restituer les formes d’après le moule.

Voici ce que dit R. Wagner de ce cerveau (I. c., p. 41): « Il montre des plis simples peu fondus, dans lesquels nous reconnaissons immédiatement le type humain. Les plis centraux antérieurs et postérieurs sont séparés par la scissure de Rolando. Le premier et second étage des plis établis sur le lobe frontal peu développé sont simples, droits, peu tordus; le troisième est un peu plus flexueux et divisé; partout le type humain, mais dans sa plus simple expression, et pour cela très-inférieur aux cerveaux normaux

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simples et composés ; les fissures principales existent seules, les fissures secondaires ne se trouvent qu'en fort petit nombre.

> Vu de côté, ce cerveau montre la particularité qu'il n'y a pas de prolongement postérieur de la scissure de Sylvius, que l’opercule, soit les bords inférieurs des deux plis centraux, et le troisième étage des plis pariétaux (lobe de la bosse pariétale) sont fondus en haut avec le premier pli temporal (pli marginal de Gratiolet), et qu'il n'v a, & la place de la scissure de Sylvius, qu’une fissure ordinaire, tandis que nous trouvons sur le lobe temporal, toujours si constant, une scissure parallèle considérable, et les second et troisième étages des plis temporaux bien séparés par des fissures interrompues. La réduction est bien plus considérable au lobe pariétal. Le lobule ou premier étage est bref, sans flexion, juste indiqué ; le second étage est rudimentaire. Le tubercule pariétal ou troisième étage pariétal, ordinairement si développé, est entièrement réduit au rudiment d’un pli court, comme c’est le cas chez les singes typiques. Le lobe occipital est tout aussi rudimentaire ; il est loin de couvrir le cervelet et on n’y aperçoit point des plis de passage cachés, mais le type humain dans une forme réduite et atrophiée. Le lobule est séparé du lobe par une petite scissure occipitale humaine.

» On se trouve, comme on voit, en face d’un cerveau qui répète, dans sa partie antérieure, lobe pariétal et frontal, les conformations simples du type simien cl de l’embryon humain de 7 à 8 mois. Ce cerveau est même inférieur aux cerveaux de l’orang et du chimpansé par la conformation de ses plis.

» Ce cerveau ne possède, en revanche, aucune analogie, dans sa partie postérieure, avec le cerveau des singes, dont le lobe occipital est si puissamment développé ; c'est le type humain, mais atrophié.

» La fusion du lobe pariétal avec l’opercule, l'absence d'un lobe central mentionnée déjà par Theile, est une monstruosité pathologique non fondée dans le développement embryonnaire. »

Il résulte du moule comme des figures données par MM. Theile et Wagner, que les plis centraux s'intercalent avec leur partie réunie en bas entre le lobe temporal d'un cèté, et l'étage sourcilier de l’autre. On peut reconnaître, en outre, assez bien le pli courbe, ainsi que les plis de passage à découvert. Le lobe occipital, quoique peu développé, est cependant facilement reconnaissable et séparé, du côté gauche, pat une fissure transversale profonde et nettement délimitée.

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La conformation du lobe frontal, très-réduit d’ailleurs, frappe à la vue d'en bas par l’absence de plis, de creux formés par le toit des orbites et du bec éthmoïdal. La surface présente un plan horizontal presque parfait.

N° 6. Louis Hacke.

C’est d'après la capacité crânienne de 625 c. c., le cerveau microcéphalique le plus perfectionné dont je possède le moule. C'est en même temps le cerveau le plus élevé et le plus large, et qui montre par son type général quelque ressemblance avec celui de Schuttclndreyer, en ce que d’uu côté le lobe frontal très-réduit, et de l’autre le lobe occipital plus développé, sont séparés par des enfoncements larges et transversaux des parties moyennes de l’hémisphère. La vue de profd acquiert par là quelque chose de très-irrégulier dans sa courbure supérieure, le vertex étant élevé sous forme d’une large bosse. Le cervelet dépasse, dans la position normale, les lobes occipitaux amoindris d'une quantité assez notable. Vu d’en haut, le moule présente presque la forme d’un cœur de cartes, dont la pointe un peu émoussée est tournée en avant. Les circonvolutions sont en général assez accusées à la surface, mais aussi plus compliquées que sur tous les autres moules, de manière qu'il devient assez difficile de les suivre dans leur trajet.

Le lobe frontal est proportionnellement très-réduit, et comme nous venons de le dire, séparé du lobe pariétal par un enfoncement profond correspondant à la suture coronale ; mais il est pourvu, du reste, de plis assez tordus, dont les fissures de séparation courent à peu près parallèlement à la ligne de profil. L’étage sourcilier est simple, un peu proéminent en arrière, et séparé du lobe temporal par une incision profonde, large d’un centimètre, dans laquelle s’intercale le bout réuni des plis centraux. La fissure génieulée médiane est très-visible sur la surface inférieure du lobe, mais on ne voit pas de plis latéraux, et le bec éthmoïdal n’est point développé.

Les deux branches de la scissure de Svlvius se réunissent sous un angle très-aigu, cl se laissent poursuivre assez loin vers le haut du cerveau ; le pli central postérieur est plus développé et plus fort que l'antérieur; son lobule supérieur, dirigé en arrière, sc laisse reconnaître aussi bien que le pli courbe dont le lobule antérieur, intercalé au-devant de la scissure de Svlvius, est peu développé.

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Le lobe temporal est extraordinairement fort, de manière qu’on ne peut reconnaître à sa surface que des impressions peu déterminées, résultant, sans doute, de plis assez compliqués ; c’est là probablement aussi la cause pour laquelle on ne peut reconnaître que confusément la scissure parallèle, ainsi que les plis de passage supérieurs, lesquels, du reste, sont aplatis dans l'enfoncement général correspondant à la suture lambdoïde. Le lobe occipital est petit, saillant en forme de fève; le cervelet tres-dévcloppé.

N” 7. Marguerite M.eiileu.

Il est impossible de s’imaginer une opposition plus complète que celle que forme ce moule d'un crâne n'ayant que la capacité de 2!Hi c. c., vis-à-vis de celui de Rackc, qui lient juste le côté opposé de la série. Mais ce n'est pas seulement au point de vue de la capacité, c’est aussi sous le point de vue de la forme que la divergence est complète. Ici, chez la Mæbler, les circonvolutions se trouvent, pour ainsi dire, dans leur simplicité primitive, sans autre complication ; et si l'on doit plaindre quelque chose, c’est que ce cerveau simplifié n’ait été conservé et examiné, que lors de l'autopsie, par des médecins ayant si peu l'intelligence de sa conformation, qu’ils trouvèrent t toutes les parties du cerveau présentes conformées normalement et dans leurs proportions réciproques. »

Vu d'en haut, le moule a absolument la forme d'un cœur de cartes pointu en avant, en forme de bec. Dans la vue de profil, on est frappé par la ligne de profil, régulièrement courbée, mais très-surbaissée des hémisphères, par l'aplatissement de la partie occipitale et par le prolongement en bec courbé qui termine le lobe frontal.

Le lobe frontal est démesurément réduit et aplati ; deux fossettes simples, droites, peu profondes, courant parallèlement à la ligne de profil et dans lesquelles aucune complication n’est visible, en séparent les étages; l’étage sourcilier est confondu dans sa partie postérieure avec le premier pli ascendant, dont le bout descend jusqu'au lobe temporal; la surface inférieure du lobule orbitaire est entièrement lisse et séparée en deux parties, savoir : une saillie latérale, large d’un centimètre environ, qui court le long du bord et sc termine des deux côtés en formant au milieu le bec élhmoïdal, très-

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saillant et presque tranchant, et une plaine postérieure un peu enfoncée, sans aucune trace de plis ou de fissures.

Les deux plis ascendants ou centraux sont séparés par une fosse profonde, droite, évasée, correspondant à la scissure de Rolando; une fosse analogue et parallèle indique la branche postérieure de la scissure de Sylvius, dont la branche antérieure fait défaut. Une troisième fosse, encore plus profonde cl plus large, indiqtie la scissure parallèle du lobe temporal. Ces trois enfoncements sont è parois entièrement lisses, sans traces d'incisions latérales ou de plissements. Derrière eux se voit un champ large, un peu enfoncé, sans accidents, qui doit correspondre au pli courbe et aux plis de passage, et se réunit à la fin au lobe occipital assez saillant, mais point limité distinctement en avant.

Les hémisphères du cervelet paraissent poussés sur les côtés et séparés par un ver très-large. Les fosses de la face inférieure qui entourent le lobe temporal en le limitant en avant et en arrière, paraissent bien moins profondes qu'à l’ordinaire.

N s 8. Jean Miegle.

Ce moule est placé assez haut dans la série avec 895 c. c. Par la forme, il se rapproche le plus de celui de Jéna, cependant avec des divergences fort considérables.

Ce qui frappe d'abord, c’est l'asymétrie extrêmement considérable des deux moitiés du cerveau. La partie frontale gauche est aplatie et comme poussée en arrière avec toute la partie postérieure des hémisphères, y compris le cervelet; tandis que, sur le côté droit, le cervelet porte des traces d'aplatissement, cl que l'hémisphère droit est poussé violemment en avant et un peu en haut, de manière que son verlex dépasse considérablement le point culminant de l'hémisphère gauche. L’enfoncement circulaire produit par la suture r.oronale est très-marqué; la séparation entre les hémisphères et le cervelet très-prononcée, et ce dernier très-saillant vers l’arrière. Il est difficile de distinguer les circonvolutions, les fissures étant peu profondes et larges, les plis peu accusés et limités. C’est là peut-être la raison pour laquelle on ne peut reconnaître la branche postérieure de la scissure de Sylvius que dans sa partie inférieure ; la branche antérieure est bien indiquée, mais elle se confond, dans son trajet ultérieur, avec les fissures peu profondes du lobe frontal.

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Le lobe frontal lui-même est petit et formé de la manière ordinaire ; l’étage sourcilier fait une petite saillie dans sa partie postérieure cl est séparé du lobe temporal par une incision profonde, dans laquelle descend le bout inférieur des plis ascendants réunis. La surface inférieure montre la tissure géniculée ordinaire et une seconde tissure parallèle au bec éthmoïdal peu développé.

Les plis ascendants ou centraux sont très-reconnaissables. Les branches montantes de l’artère courent à leur surface; le lobule horizontal du pli postérieur est très-fortement prononcé sous forme de bosse, laquelle ne le cède, pour la grandeur, au lobe occipital; le pli courbe est manifeste; son lobule, intercalé au-devant de la scissure de Sylvius, est assez fort; la scissure parallèle bien accusée, les plis de passage supérieurs, à ce qu’il parait, bien développés ; mais fondus dans la continuation de la fissure parallèle. Cette dernière présente en effet, dans sa partie supérieure, une courbure en S, et passe sans interruption à la scissure transversale occipitale, séparant le lobe occipital de l'hémisphère. Le cervelet est, comparativement aux hémisphères, assez grand et étendu des deux côtés.

N° 9. Jacques Mœgle.

Le plus petit des moules correspondant à une capacité crânienne de 272 c. c. inférieure, comme celle de la Madrier, à la capacité du jeune chimpansé, présentant une espèce de fusion entre les caractères de la Mæhler d’un côté, et ceux de son cousin que nous venons de décrire, de l'autre. Vu d’en bas, ce moule se distingue, en effet, peu de celui de Mæhler; même surface lisse du lobule orbitaire, même bord d'entourage relevé, seulement un peu plus large; même bec éthmoïdal, un peu plus large et plus long, il est vrai. Mais, à la surface supérieure, la détermination des plis n’est guère possible, une distinction ôtant rendue difficile par l’épaississement des enveloppes, surtout dans la partie postérieure et par l'aplatissement des plis peu saillants.

Le lobe frontal est excessivement petit, et ne consiste que dans un bourrelet longeant la ligne médiane et un autre entourant le bord inférieur. La branche antérieure de la scissure de Sylvius n’est indiquée qu’en bas, la direction de la branche postérieure se devine seulement ; le domaine des plis centraux, dont le bout inférieur s’in-

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tercale sans doute entre les lobes temporal et frontal, est envahi par plusieurs branches dans lesquelles se divise l'artère. Le reste de la surface ne présente que des impressions vagues. Le lobe postérieur n’est pas bien séparé de l'hémisphère; les hémisphères cérébelleux sont très-aplatis et poussés de côté.

Si l’on essaie de grouper les moules décrits d'après des caractères communs, on trouvera d’abord dans les trois cerveaux dolichocéphales de Ma'hrc et des deux Solin un type commun qui rappelle la réduction d’un cerveau de nègre sur un type plus simple simien ; opposés à ce type sont les Mœglc, Racke, Jéna et la Mæhler, avec leur forme plus brachycéphale développée latéralement. Schutlelndreyer présente bien un type à lui, mais qui se rapproche cependant davantage des derniers.

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