‹ Mémoire sur les monnaies du règne de François IerChapitre 3 sur 98 · X XV · texte numérisé non relu

X XV

Le litre de l’or se comptait par carats, de 1 à, 24. L’or à 24 carats était For pur, c’est-à-dire l’or à 1000/1000 dans la numération décimale. L’affinage n’étant pas parfait à cette époque, il n’existait pas dans le commerce d’or qui Iût absolument à 1000/1000.

Un carat correspond à 4 1-66/1000 de fin. Par conséquent, en admettant (ce qui n’est pas tout à fait exact) que l’or dit fin au temps de François I er fût à 1000/1000, l’or à 28 carats était à 968.33/1000, l’or à 22 carats était à 916.67/1000, etc. (1) .

L’écu au soleil était au titre de 2 3 carats 1/8 au commencement du règne de François I or[a) . Il a été abaissé un instant à 22 carats 7/8 par ordonnance du 18 mai 1519 ; puis ramené aussitôt à 2 3 carats par l’ordonnance du 21 juillet 1 5 1 g (! \ et il est resté à ce titré pendant tout le reste du règneSi 23 carats correspondent à 958 . 33 /iooo de fin, il faut ajouter que les ordonnances admettant un remède de 1/8 de carat, soit 6.2/1000, les pièces étaient réputées bonnes jusqu’à 962.1 millièmes W. L’écu devait donc conte-

Voir le chapitre IJî de ce présent mémoire , section n ü 6, relativement au titre des monnaies,

François I", le 23 janvier t 5 j 5 »

ordonna de forger des écus à a 3 carats i/8, avec î/8 de carat do remède, pesant 2 deniers 17 grains f à la taille de 70 au marc , ayant cours pour 36 sous 3 deniers. Il fixa en même temps le prix du marc à i 3 o livres 3 sous 6 deniers J1 régla aussi les types pour chaque espèce d'or, d'argent et de bidon, L'écu devait, suivant Lautier, avoir, d'un coté, l'écusson seul couronné ou l’écusson accompagné de deux F couronnés, de l’autre côté la croix cantonnée on non de deux F et de deux lis* £,es écus de Bretagne et de Dauphiné avaient leur type spécial, F, deSàulcy* Bec, de doc, 1 t, IV, p* i 44 * François I" ordonna ultérieurement une frappe semblable en Italie,

^ Voici comment s'exprime à ce sujet l’ordonnance du iq mars i 54 i '

Oudonn* le François I"

«Art, 1* Et premièrement que la fabrication, cours et mise des escus soleil se continuera de l’aïoy, poids et prix accoutumez, qui est de loy 2 3 carats, a 1/8 de carat de remède, de poids 2 deniers 16 grains tresbuebans, et de prix 45 sols piece; dont il y aura au marc ouvré 71 écus et 1/6 d’écu et qu’à ce prix auront cours et mise tous les escus soleil ja forgés a nos coings et armes du poids de 2 deniers iG grains tresbuebans* w

F ran cois f r sem ble ce p e ndant a voir dérogé à ces règles quand il ouvrit en avril i 538 la Monnaie de Turin et ordonna au maître particulier de frapper des écus au soleil à 22 carats 5 / 8 , avec 2/8 de remède, et à la taille de 71 i/a au marc, F* de Saulcy, Bec , de doc,, t* IV, p* 320 *

lia été fait plusieurs Fois l’estimation du titre des monnaies d'or qui se trouvent dans la collection de l'IIôtel des monnaies. Dans le tarif de 178b les

lU.PJilHIiliLE SàTICNALf,

nir au titre droit ( a 3 carats) et au poids trébuchant. (2 deniers 16 grains), 3 gr. 207 d’orfin : c’était le minimum légal.

Le poids moyen de 43 écus du Département des médailles et antiques de la Bibliothèque nationale n’est que de 3 gr. 36 au lieu de 3 gr. 3 g 8 a) .

Le poids moyen de 18 écus de la collection de l’Hôtel des

monnaies n’est que de 3 gr. 34 ;i) -

Hoffmann indique le poids de 2 3 écus dont i 5 sont cotés à 3 gr. 35 et 8 le sont à 3 gr. 3o li '.

Le poids de ces pièces est donc un peu inférieur non seulement au poids calculé d après la taille (3 gr. 43 9) et au poids trébuchant (3 gr. 3 98), mais même au poids de tolérance qui, à raison de i/4 de grain de remède^, serait 3 gr. 385 . Les causes de cette différence peuvent être cher-

écus d’or de France, sans distinction d’époque, sont portés pour 22 carats 16/33, soit 938/1000, Dans le tarif du 17 prairial an xi ils sont portés pour 937/1000, Dans un projet manuscrit de tarif d’or et d’argent datant de la Restauration, les anciens Henri s et autres pièces d’or jusqu’à Louis XIV sont portés pour 948/1000, Dans les travaux préparatoires faits en 1821 pour le tarif qui n’a été publié qu’en i 835 , H est dit que les écus dor de France, portés alors pour 937/1000, devraient l’être pour g48/jOOOï mais les considérants sur lesquels s’appuie cette opinion ne sont que des estimations. En effet, dans ce tarif du 3o juin i 835 , récit d’or de France de Charles VI à Louis XIV est porté pour g 48 /iooo. Il est nécessaire de remarquer que les titres des tarifs d’achat de la Monnaie de Paris sont en général un peu inférieurs au titre réel. C’est d’après ces tarifs qu’ont été inscrites les cotes qui se trouvaient en 3 902 sur les pièces de la collection de l’Hôtel des monnaies.

On ne s’étonne pas que des erreurs de titre aient pu être commises au xvi E siècle quand on sait, tpie les pièces de 5 francs de Napoléon et de Char* les X sont en moyenne au titre de

903/1000 au lieu de 900/1000 et que ralliage contient presque 1 millième d’or. Aussi l’industrie privée, armée des procédés actuels de la chimie, a-telle fondu presque toutes ces pièces.

(■ 1 > La pièce la plus pesante du Département des médailles est de 3 gr. 47 ï la moins pesante est de 3 gr. 17 (non compris le n° 1374 que nous avons négligé parce que cette pièce ne pèse que 3 gr. o 5 ),

(*> il y a dans la collection de VHôtel des monnaies des écus au soleil, les uns sans la croisette, les autres avec la croisette, etc. Le plus pesant est un écu au soleil frappé en Bretagne ; il pèse 3 gr. 46 , Le moins pesant est un écu au soleil du Dauphiné de 3 gr. 07. Le président de la Société de numismatique a communiqué en 1897 à la Société le dessin d un écu d’or frappé à Gênes (musée des Uiïm à Florence) qui ne pèse que 3 gr. 20.

(jfaviw itaftrôm., 4* série, t. I.)

Il y a dans la collection de l'Hôtel des monnaies deux demi-écus pesant 1 gr. 71 et 1 gr. 70,

W Hoffmann donne aussi le poids de trois demi-écus; deux pèsent 1 gr. 70 et un pèse 1 gr. 71.

M Voir F. de Saulcy, de doc., t. IV, p, 4 a 6 .

xv. :i

Dtl K KG NK |)K FRANÇOIS K

chées, soit dans une fabrication défectueuse, soit dans rusure naturelle résultant d’une longue circulation; elles peuvent être attribuées aussi aux rognures qu’opéraient fréquemment alors les fraudeurs et qui étaient d'autant pas plus faciles que les pièces frappées au marteau n’étaient d’une rotondité parfaite et que les bords n en étaient pas nettement déterminés. Les trois causes ont vraisemblablement agi, la troisième surtout. Les numismates, comme MM. Babelon, de La Tour et autres, que nous avons consultés, ne tirent aucune conséquence au point de vue du système monétaire de la différence qui existe entre le poids droit d’une espèce de cette époque et celui des pièces qui se trouvent dans les collections. Aussi ne donnons-nous ce poids moyen qu’à titre de simple renseignement.

Lecu pesait un peu plus que la pièce de 10 francs actuelle {laquelle pèse 3 gr. a 2 58 ) ; mais, étant plus mince, il était un peu plus grand que la pièce de 20 francs dont le diamètre est de 2 1 millimètres, il était d’ailleurs d’une rotondité médiocrement régulière, suivant le hasard de la frappe,

L’écu au soleil avait cours, au commencement du règne de François I er , pour 36 sous et 3 deniers tournoisLe 2 7 novembre 1016 {ou 1 5 1 5 ) le roi lui donna « provisoi rement» cours pour 4o sous (2) ; puis, le 21 juillet 1619, il confirma ce cours et, le 5 mars 1 533 , il l’éleva à 45 sous (3t .

Par ordonnance du 19 mars 1 54 ï {19 mars iô4o, vieux style)^le roi, tout en confirmant le cours de 45 sous pour les pièces pesant 2 deniers 16 grains trébuchants {à la taille

^ Ce cours datait de Charles VIII, Les généraux le rappellent dans une lettre du iS mai i 543 , F, de Saulgy, iîec, de doc., t* IV, p, 4 i 3 *

^ F, de Sauixy donne pour date à cette ordonnance le 27 novembre i5i 5.

/Icc. de doc., t. IV, p, 1 g,

^ Dans te manuscrit in- 4 ° de l’Hotel des monnaies n° 27, cette ordonnance porte, par erreur évidemment, la date du 6 mars,

w Après la mort de François l 1 or¬

donnance du a 3 janvier i 54 <j porta à 55 sous le cours des vieux écus du poids de 3 deniers, à 45 sous le cours de l’écu au soleil pesant 2 deniers et 1 5 grains et à 45 sous le cours de Técu au soleil et de Féeu à la couronne pesant 2 deniers i4 grains; quelques mois après, l 1 ordonnance du 21) juillet 1 549 ramena à 5 i sous le cours du vieil écü, à 45 sous le cours de l’écu au soleil et à 43 s, 6 d, celui de Tëcu couronne.

unau MÉMOIRE SUR LES MONNAIES

de 71 1/6) et de 2 3 carats de lin, avec 1/8 de carat de remède, autorisa «provisoirement» le cours des écus faillies 11 *: ceux qui pesaient 2 deniers 1 5 grains pour 44 sous 3 deniers, et ceux qui pesaient 2 deniers i 4 grains pour 43 sous 6 deniers. Il prescrivit de couper et de fondre tous ceux dont le poids était moindre.

À la suite de l’ordonnance du 19 mars 1 54 1, une déclaration du 19 novembre 1 54 1 n’avait autorisé ^ le cours des écus pesant 2 deniers 14 et 1 5 grains que jusqu’au i 5 mars suivant. Le'6 mars 1 54 2, le roi publia des lettres de'surséance du décri desdites pièces, « nos subjetz nous ayant fait remontrer que pour la grande quantité desdits escus du poids de 2 deniers i4 et i 5 grains estans en nos dits royaumes, pays et seigneuries, il leur seroit très difficile de garder ladite ordonnance sans leur perte et dommage ». Le grand nombre de pièces faibles qui étaient en circulation dénote l’imperfection du monnayage.

Les écus à la salamandre qui existent dans les collections ne correspondent pas à une prescription royale (2) . C’est une frappe de douzains portant de chaque côté deux salamandres que le roi a ordonnée le 24 février 1 54 o, en ajoutant dans la même ordonnance qu’il fallait «continuer (ce qui veut dire frapper comme par le passé) l’ouvraige des deniers d or escus. . . » [3) . Cependant les instructions à cet égard n’ont pas dû être bien clairement données ou bien comprises; car plusieurs maîtres des Monnaies crurent devoir placer deux

M Art. a. « Et pour ce qu’il se trouvera plusieurs escus soleil» courons par ies bourses» non estans du tout dudit poids de deux deniers seize grains tresb uc ha ns, ainsi que par le long usage les tnonnoyes diminuent de poids et qu’à les descrier dès à présent totalement, ceîa pourroit faire grand préjudice a nos subjects; voulans à ce pourvoir et faire que nosdicts subjets soient suffisamment subvenus de telles espèces d’or, en attendant ladite fabrication d’escus soleil. ,, . . »

F. dk Saulcï ( Uist* namism ,> p, 70) a considéré l’écuà la salamandre comme éiant une pièce normale. 11 dit que la fabrication de celte pièce avait été prescrite par l 1 ordonnance du 26 février i54o et que ce type n’a pu être frappé que pendant une année. 11 cite, p. 107 et 108, une pièce de la Rochelle et une de Toulouse. Le Blanc (p. 3^7} cite aussi les «escus à la salamandre ».

W F. de S au lc v, Rec. de doc., t, IV, p. 346 .

salamandres sur les écus^; il arriva que deux ateliers, celui de la Rochelle et celui de Toulouse, en fabriquèrent de ce type; le roi ordonna, le 2 4 mai i 54 o, au maître de Toulouse de cesser cette fabrication^. Néanmoins des écus de ce type ont circulé, les changeurs et le public ne les distinguant probablement pas des autres écus; car ils étaient de bon aloi.

L'éca à la croisette, ainsi dénommé dans le langage populaire, n était qu’une variété de l’écu au soleil dont la croix carrée figurée sur le revers était plus petite et plus simple que celle de l’autre écu au soleil. Elle était aussi à la taille de 7 1 1/6 au marc et à 23 carats de fin et elle valait 45 sous.

C est le type prescrit par l’ordonnance du 19 mars 1541.

Croisette n était qu’une désignation populaire par laquelle on distinguait des pièces complètement semblables par leur composition et par leur cours au précédent écu au soleil et portant dailleurs aussi le soleil^; l’empreinte n’influait en rien sur leur valeur dans la circulation.

Les demi-écus, avaient le poids et la valeur de la moitié d’un écu (4) . Le titre était le même; mais la taille était (en i 5 i 4 ) de i4o au marc, quand l’écu était à 70, et de 1 4 2 i/ 3 , quand lécu fut taillé 471 1/6. Le diamètre de la pièce est d’environ 19 millimètres.

Le roi lit frapper, en 1 5 1 5 (5 juillet), un millier de . petits royaux d or qu il emporta en partant pour son expédi-

Dans ce registre de Lautier (24 lévrier i 54 o) se trouve la prescription de mettre deux salamandres aux écus; l’ordre d’en mettre est donné à Dijon (19 avril), à la Rochelle (24 avril).

Si ces textes sont exacts, ils dénotent une interprétation erronée de l'ordonnance du 24 février 1 54 o par les généraux des monnaies. F. de Saulcy, Rec. de doc . 3 t. IV, p. 346 etsuivantes. Mais le texte de Lautier est quelquefois suspect.

« Jacques Chambon, maître particulier de la Monnaie de Toulouse. Il porte aux gardes une lettre de la Chambre leur disant qu’il s’est trouvé quan¬

tité d’escus soleil de leur ouvraige esquelz ilz ont mis pour différence nouvelle deux sallamandres. Ce qui ne se doit faire, ains seullement doivent estre mises lesd. sallamandres es deniers douzains et qu’ilz ayent à clorre les boistes et icelles envoyer en la Chambre de céans» (tiré des Arch. nat., reg. Z 1J ), F. de Saulcy, Rec. de doc., t. IV, p. 355.

(3) Ce petit soleil se trouve sur les pièces d’or jusqu’au temps de Louis XIV.

Nous avons trouvé, comme poids moyen de trois demi-écus du Département des médailles et antiques, 1 gr. 72.

tîon en llalie. Il les destinait à des cadeaux. Ces pièces ont pu passer ensuite dans la circulation pour des demi-écus dont elles avaient exactement le poids et le titre; mais elles n’ont pas été véritablement une monnaie. Elles sont d’ailleurs très rares* 1 A

En octobre i 5 i 5 le roi ordonna la frappe à Milan d’espèces d’or concordant avec le système français, à savoir des écus qui ne différaient des écus français que par l’addition sur la légende des lettres DVX M (ediolani) et qui eurent cours pour 36 sous 3 deniers (ces pièces lurent frappées en grand nombre), des demi-écus (il n’en a peut-être pas été frappé), des doubles ducats, monnaie italienne qui correspond à peu près au double écu et dont il existe seulement quelques essais* 21 .

Ecus à la couronne. — L’écu à la couronne, ainsi nommé parce que l’écu de France était surmonté d’une couronne, était antérieur à l’écu au soleil; il avait été créé sous Charles VI, en février i 384 , à la taille de 60 au marc et au cours de 22 sous* 3) . Le poids avait diminué, la taille ayant été portée à 64, puis à 70 {octobre 1429) et le titre abaissé à 18 carats. Sous François I er il y avait encore dans la circulation des écus de ce genre, dits « escus vieils » qui, pesant 3 deniers, soit 3 grammes 81 g milligrammes, avaient alors cours pour 5 1 sous.

De 1/129 à 1 436 , la frappe des royaux avait remplacé celle des écus à la couronne. Quand, en janvier i 436 , on élait revenu àl’écu, c’était avec un type différent (écu accosté de fleurs de lis) qui, taillé d’abord à 70 au marc, avait

W » Le 5 juillet 1 5 1 5 , de {'ordonnance du Roy, lut fnict en ïa monnoyc de Paris ouvraige de mil petits royaulx d'or pour en faire dons à son plaisir.

Lesquelz luy furent envoyez, en son voyage allant conquérir le duché de Mi Han et feurent faietz des poidz et loy qui ensuyt. Les d f royaulx d'or à 2 3 c.

1/8 de k. aud. 8' de c. de remedde d'un denier 8 grains tresbuchans chacune

plece au leur de 7“ pièces au marc. 0 F, DE Satjlcï, R ce. de doc t. IV, p. 1 5 1.

Ces essais sont les seules pièces d'or qui portent refïlgïe du roi. Voir ÏÏOPFMANK, pi. 62, n° i 33 . Voir l'ordonnance d octobre i 5 i 5 dans F. de Sadlcy, Rtc. de doc., t. IV,p. i 53 .

yoir F, de Saulcy, Hist. namism

xxxt

été abaissé à 7 1, puis à 72 (3 grammes 399 milligrammes) et à 2 3 carats 1/8 de fin au commencement de l’année 1/474* Cet écu pesait donc un peu moins, en dernier lieu, que 1 écu au soleil : 2 deniers 14 grains, poids trébuchant, soit 3 grammes 293 milligrammes. Depuis qu’en 147b (2 novembre) avait commencé la frappe de l’écu au soleil (l’écu à la taille de 70 et à la loi de 2 3 carats 1/8), celle de lecu à la couronne avait été définitivement abandonnée* 1 *.

L’ordonnance de Louis XII du 5 décembre 1 5 11 avait fixé à 35 sous la valeur de l’écu à la couronne de 1 436 ; celle de François I er du 27 novembre i 5 i 6 , qui donnait cours pour 4o sous à l'écu au soleil, assigna le cours de 3 g sous à l’écu à la couronne; l’ordonnance du 5 février 1 534 porta la valeur de cet écu à 43 sous 6 deniers, après que l’écu au soleil eût été porté à 45 sous.

D’ailleurs toutes les pièces de bon aloi des règnes précédents continuaient à avoir cours pour des prix que fixaient des décisions royales et qui ont varié, en augmentant touj ours.

3 ° Monnaies d’argent. Testons. — Le teston était une pièce d’origine toute récente à l’avènement de François I er . Il avait été créé par ordonnance de Louis XII en 1 5 1 4 * 2) (ordonnance du 14 mai).

Jusque-là la plus forte espèce d’argent avait été le gros de Roi, monnaie créée par Charles VII en i 43 o à 11 deniers 1 5 grains de loi, plus tard abaissée à 11 deniers 1 2 grains; c’était une pièce de 2 sous parisis, ce qui équivalait à 2 sous 6 deniers tournois. Eni473, le roi en avait élevé le cours à 2 sous g deniers tournois; puis, en 1477, à 2 sous 1 o deniers, et en 1 488 à 3 sous. Elle était alors à la taille de 69 au marc, soit 3 grammes 547 milligrammes.

^ Le Blanc dit avec raison (p, ix) que, depuis Charles VIII, on ne frappa plus d’écus à la couronne. Néanmoins ces écu s continuaient à avoir cours ; voir les tarifs de i 534 , de i 568 7

de 1602. La frappe des écus au soleil

a duré jusqu’au milieu du xvn* siècle.

Louis XII, étant mort le i* r janvier 1 5 1 b, n’a fait frapper de testons que pendant quelques mois et ne Ta fait que dans trois Monnaies, Paris, Lyon et Tours. Aussi ses testons sont-ils rares.

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