‹ Mémoire sur les monnaies du règne de François IerChapitre 48 sur 98 · CL.WIV · texte numérisé non relu

CL.WIV

Henri II essaya d’introduire plus d’ordre dans l’administration; il institua dans chaque Monnaie un prévôt unique auquel il donna autorité sur les orfèvres, joailliers, changeurs, officiers des monnaies (oi'donnance de novembre 1 548 ), et il lit tout d’abord frapper des monnaies, particulièrement quelques écus à la croisette, sur le type des monnaies de François I er , en substituant seulement son nom à celui de son prédécesseur. Il défendit, comme l’avait fait celui-ci, l’exportation des matières d’or et d’argent (ordonnance du 21 août 1 548 ); il fixa le prix des écus et autres monnaies d’or sur le même pied que l’ordonnance du 19 mars 1 54 1 ; mais, quoiqu’il se plaignit du prix excessif auquel on les portait, il accorda le cours de 45 sous aux écus au soleil pesant au moins 2 deniers i5 grains, cours que François I er avait réservé aux écus pesant au moins 2 deniers 16 grains '*).

Le 14 janvier 1 55 o, il rendit, à Fontainebleau, un édit en vingt-trois articles sur le fait des monnaies, par lequel il réglait certaines parties de l’administration, nombre d’ateliers monétaires devant rester en activité, présentation des maîtres particuliers par les villes, clôture des boîtes, gages et charges des maîtres particuliers, officiers et ouvriers des monnaies; il chercha par une nouvelle tarification à « équipoller l’argent et billon avec l’or», problème auquel il 11e put pas plus que son prédécesseur donner une solution définitive; il créa, par un édit du 8 février 1049 à la Monnaie de Paris, et par un édit du 1 4 janvier 1 55 o dans dix-neuf ateliers, un nouvel écu d’or, le Henri, taillé à 67 au marc (2 deniers 20 grains 1/2 trébuchants) (2) , à 23 carats de loi, portant l’effigie royale et courant pour 5 o sous' 3 '; il conserva au teston

^ Il donnait le cours de 43 sous aux écus à la couronne pesant 2 deniers i4 grains, et le cours de 5i sous aux vieux écus pesant 3 deniers.

La taille à 67 donne 3 grammes 653 ; 2 deniers 20 grains équivalent à 3 grammes 612.

W 11 y a eu, dans les premières années du règne de Henri 11 , des pièces d’or de types divers; en 1649, un écu d’or à l’elligie du roi pesant, comme l’écu à la croisette, 3 grammes 35 à 3 grammes 4 o ; en 1 55 o, le Henri d’or au type de la France assise au revers, pièce du poids

la taille de 2 5 1/2 et porta celle dudouzain à 93 1/2 ou 94 ; il rendit uniforme le type des monnaies en décidant qu’à l’avenir, au lieu de modèles que les tailleurs de chaque monnaie reproduisaient plus ou moins exactement, on enverrait les poinçons mêmes exécutés à Paris par un graveur général des monnaies : Marc Béchot a été le premier des graveurs généraux

Il voulait, comme son prédécesseur, retirer de la circulation les pièces rognées ou de poids et de titre trop faibles ; par une ordonnance du 23 janvier i 55 o, il fixa de nouveau les prix et autorisa seulement pour quatre mois la circulation des mauvaises pièces, jusqu’à ce que les nouvelles espèces eussent été fabriquées. Deux mois après, il signalait encore la grande quantité de monnaie « si rognée et si loible qu il étoit à craindre que les choses par continuation tombassent en grand désordre » et, tout en ne donnant plus que deux mois pour l’acceptation des pièces défectueuses dans les caisses du Trésor, il accorda encore quatre mois à la circulation commerciale.

C’est en 1 553 , dans l’ordonnance du 29 janvier, qu’il annonça l’émission de la « monnaie nouvelle faite en nostre maison des Estuves » avec l’outillage mécanique que Guil-

de 3 grammes 5 o (frappé à Paris), et en i 552 , un écu d’or dit aux croissants, pesant environ 3 grammes 35 ( frappé à Paris) qui a duré jusqu’à la fin du règne; le Henri d’or ayant au revers une croix formée de quatre II pesant 3 grammes 6o.' Il y avait des doubles Henris et des demi-Henris. Voir les édits du 8 février 1 54 q, du 2 mars 1 54 q » (les 9 et 27 août i 549 » du i 4 janvier i 55 o, etc. Quelques jours après (23 janvier i 55 o), une autre ordonnance fixa à 5 o sous la valeur des Henris, pesant 2 deniers 20 grains 1/2, à 4b sous celle des écus au soleil de 2 deniers i 5 grains et plus, à 45 sous celle des écus à la couronne et des écus au soleil pesant 2 deniers 1 4 grains, à 55 sous celle des vieux écus ( c’étaient les écus à 2 deniers 17 grains).

Après la mort de Henri II, en i 56 i, on revint à la frappe des écus de 72 1/2 au marc, mais le cours resta à 5 o sous.

(,) La substitution d’un poinçon unique à la diversité est un des faits importants de l’histoire monétaire du xvi'siècle.C’est au mois d’août x 547 < ï ue Marc Béchot fut nommé tailleur général des monnaies; c’est le 6 août 1548 qu’il reçut l’ordre de préparer de nouveaux « fers » avec le portrait du roi ; c’est le 3 1 janvier 1 549 * 1 ^ des lettres royales prescrivirent de ne plus frapper de monnaies qu’avec des coins taillés sur les poinçons de Marc Béchot.

(Voir j Revue numismatique, 5 e série, t. IV, 1861, p. lui, et Graveurs généraux et particuliers des monnaies de France, par Albert Barre, dans Y Annuaire delà Société française de numismatique , 1867.)

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laume de Marillac avait fait venir d’Allemagne, monnaie consistant en « espèces d’or, d’argent et de billon forgées, batues et serrées en presse «, et portant le portrait du roi « figuré et ensculpé es impression » (l) .

La réforme monométaluste de 1677- — En 1670, une pièce nouvelle en argent, le franc, valant 20 sous, lut créée; elle s’ajouta aux. testons, mais sans servir plus qu’eux d’unité de compte, bien que ce franc de vingt sous représentât véritablement la livre tournois.

Le cours des monnaies continuait toujours à varier et le change faisait monter les bonnes espèces d’argent et surtout celles d’or. En 1577, le cours légal du teston s’était élevé à 14 sous 6 deniers; celui de l’écu était à 60 sous et fut même porté à 65 par ordonnance du 1 5 juin 1677 {Ï) .I1 paraît que, sur certaines places,le change monta jusqu’à 5 , 6 et même 7 livres i 3 *.

Ce grand écart entre le cours légal et le cours au change ouvrait une ample carrière à l’agiotage. Un contemporain nous fait connaître le fâcheux effet qu’il produisait dans une ville de province, Angers : « En l’année 1077, dit Louvet dans son journal, il fut si grande disette d’argent et ung si grand trouble à cause du rehaussement d’icelui que les pâtissiers, cabaretiers et aultres artisans de fa ville d’Angers s’entrebailloient des billets qui estoient de parchemin, qu’ils merqnoient de mercq dont ils mercquoient leur vaisselle, qu’ils prenoient et faisoient valloir les ungs aux aultres pour six deniers et douzains, tellement que le dict haussement aporta beaucoup de perte et dommaije aux ungs et beaucoup de proffit aux aultres, de tant que les marchands ne prenoient l’argent qui leur estoit du qu’au prix de l’ordonnance

M Grd. du 21) janvier i 553 . Toutes ces ordonnances relatives à Henri II se trouvant dans EûNTAKON-

À la fin du règne de François I'% Técu était à 4^ sous et le teston à 11 sous.

Si le rapport des deux métaux était resté

le même, le teston aurait dû valoir i/t sous 8 deniers lorsque l’écu valait 60 sous ; il y avait donc une dépréciation relative de l’argent du® peut-être aux apports dimérique* l 3 ) Voir la note, p. clxxix.

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