‹ Mémoire sur les monnaies du règne de François IerChapitre 50 sur 98 · CL&XVIII · texte numérisé non relu

CL&XVIII

el de la monnaie d’argent une monnaie subordonnée,'dont le poids devait dans la suite changer selon le rapport commercial des deux métaux. Le poids et le titre de l’écu, unité monétaire, devait rester désormais, foi de roi, immuables, et les ordonnances devaient, dans la suite, «sur ce peid et fondement faire la correspondance de toutes autres espèces, tant d’or et d’argent que billon à ce que l’une achète l’autre ».

Cette réforme établissait le monométallisme; elle donna pendant vingt-cinq ans une base stable au système monétaire de la France. Quoiqu’elle soit de trente ans postérieure à la mort de François I er , elle marque la fin de la période monétaire à laquelle appartient son règne, ou plus exactement de la période du règne de Henri II (car on peut dire que Henri II a inauguré une période nouvelle de l’histoire monétaire), et elle est trop importante pour que nous ne la signalions pas; nous donnons même en note le préambule de ce remarquable édit^'b

H) Ordonnance du Roy sur le faict et reglement general de ses mon noyés,

Poitiers, septembre 1577» (Fovtànox,

2" édition, t. Il, p. 178) : « Henry, etc. , a tous presens et advenir, salut. Considérons que l'usage de l’or et de l’argent a esté introduit entre les hommes, au lieu de l'ancienne permutation de toutes choses, pour mettre juste prix et estimation à icelles et en faisant rendre plus de facilité à la conversation et société humaine : Nous aurions estimé n’y avoir rien de si necessaire que d’observer justice en la proportion et correspondance d'entre ces deux métaux, à ce que l’un achepte l'autre. Et ayant cogneu d’assez longtemps l’abus qui s'y commet, raesmes à l'exposition et surhaussement excessif en nostre Royaume de noz monnoyes, et encore plus des estrangérés qui y entrent; le tout par l'extreme avarice, tant d'aucuns noz subjects et est rangers y trafiqua ns que par l'ignorance et simplicité des autres. Nous aurions pour y pourvoir fait plusieurs ordonnances. Et entre autres par nostre

edict du mois de mars dernier, rneurement délibéré en assemblée de noz estât s, lors estant en nostre ville de Rloys, ordonné ce qui au r oit semblé necessaire pour retenir toutes especes d’or et d’argent , à leur juste prix et valeur, avec toute correspondance d’icelle en leur bonté intérieure souz les peines aux infracteurs portées par iceluy. Mais tant s'en faut qu’il ait aucunement, arresté le mal, qu’au contraire les au t heur s d’è celuy se sont encore plus témérairement efforcez a le continuer et accroistre. Ce que noz juges par leur négligence et connivence ont tolléré, ne tenans compte de faire observer le contenu en nostre dit edict : dont est à craindre, à nostre très grand regret, que toutes les choses de nostre estât tombent en si grand desordre et confusion, que sans doute il s’ensuyve l’entïere ruyne d’iceluy. Pour à quoy pourvoir ayant recherché tous les remedes possibles, aurait esté cogneu la principale cause de cest abus procéder du compte a livres, d'autant que ladite livre estant formée du nombre de vingt

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