MEMOIRE SE R LES MONNAIES
côté trois Heurs de lis dans un écu ou dans des-arceaux surmontés soit d'un petit soleil (type créé sous Louis XJ et ayant par là un point de ressemblance avec ! ecu au soleil), soit d’une petite couronne, avec le nom du roi en légende, et de l’autre côté une croix couronnée et entourée d’une légende.
Il existait un demi-gros dont le cours avait été fixé par ordonnance du 3 lévrier 1 5 12 ; il était à la taille de 68 4/5 au marc (soit 3 grammes 568 milligrammes), à 4 deniers î 2 grains de loi et il courait pour 15 deniers tournois : c’était un sou parisis.
Le grand blanc au soleil était, d'après l’ordonnance du 2 novembre 147 5 , au titre de 4 deniers 12 grains argent le Roi (soit 35 ^iooo), avec 2 grains de remède; il était taillé à raison de 78 1/2 au marc. 11 contenait par conséquent
1 gramme 119 milligrammes d’argent fin . Sa valeur, qui était primitivement de 12 deniers, avait été portée, le 24 avril i488,à i 3 deniers; c’est pourquoi, après avoir été désigné sous le nom de douzain, il l’était souvent, depuis cette époque, sous celui de trezain On ne connaît pas de trezains frappés sous François I er , mais les pièces frappées avant son avènement depuis Louis XI continuèrent à circuler pendant son règne pour le cours fixé par les ordonnances.
Il en est de même du douzain, désigné aussi, au temps de brançois I er , sous le nom de grand blanc à la couronne. D’après l’ordonnance du a 4 avril 1488 qui lui avait donné le cours de 12 deniers (il en avait valu 12 d’abord, puis 11) 1 ' 21 , il était aussi au titre de 4 deniers 12 grains, avec
2 grains de remède; il était taillé à raison de 86 au
£1) 1/ordonnance du a4 avril i488, qui changea la valeur des espèces a pour equipoller l'or à l’argent *, s’exprime ainsi i « Grands, blans au soleil apelez domains, pour i3 d»; grands blans à k couronne apelez unzaîns, pour 12 d. »
F* de Sàulcy, Bec . de doc ., t. 131 , p. 322»
^ Le Blanc donne la date du 7 avril 1497 pour la fixation du blanc à la couronne a la taille de 8C et F. de Saülcy (ikc. de doc., t III, p* 4 i 5 ) conteste cette date» Natalis de Waïlly ne donne pas cette ordonnance, mais il donne une ordonnance du Si août 1 /tq 3 dans laquelle les grands blancs à la
XÏStX
marc^; il devait donc peser i gr. 846 milligrammes. Le grand blanc au porc-épic, nommé Ladovicus et prescrit par ordonnance du g novembre 1607, était une variété de cette espèce portant l’emblème héraldique de Louis XII. Sous François 1 er l’ordonnance du 2 3 janvier i 5 i 5 en continua la frappe dans les mêmes conditions, mais sans porc-épic. L’ordonnance du 1 \ juillet i5ig en réduisit le titre à 4 deniers 6 grains et en porta la taille à 92 au marc (2) .
Douzains. — Le domain était un blanc, c’est-à-dire une pièce blanche, ayant cours pour 12 deniers, d’où son nom; l’ordonnance du 19 mars 1 54 1 se sert concurremment des deux termes grand blanc et douzain pour le désigner
couronne sont à la taille de 86 au marc.
Voir aussi dans F, db Saulcy (lîec. de doc., t. 111 t p. $21} les grands blancs à la couronne de îa Monnaie de Cremieu.
£ 11 Voir j e nt re autres t extes, les lettres du 33 janvier i 5 i 4 (r 5 1 5 > nouveau style} qui fixent le poids à « 7 sols % den.
de poix au marc do Paris ». F. dé Saulcy, Bec.de doc., t. IV, p. i 44 * Cette pièce est désignée dans ces lettres sous le nom de grand blanc.
£4) A Angers la Monnaie a frappé en 15^o des a grands blancs à la couronne ou domains à 4 d. 6 gr. de loi et de 7 s. 8 d. de poids 1» (93 au marc).
F. de Sauloy, Bec* de doc*, t. IV,p. 177.
Item : en j 53 q, la Monnaie de Villeneuve a frappé des domains à 4 deniers (> grains de loi et à 92 au marc. Ibid. t p. 337, etc.
Poids de 7 sols 8 deniers, expression qui équivaut à 93 au marc. ( Voir pour le sens du mot sol le chapitre III, section n" 6, du présent mémoire. ) On trouve des tailles de 7 sols 7 den. i/4* soit 91 i /4 au marc (19 mars i 533 , etc.}, et des tailles de 7 sols 8 den., soit 92 au marc (i 5 mars i 534 > 3 3 juillet i 535 , 1 5 juillet 1 537, etc.).
^ Le public no distinguait guère le nouveau domain du Ida ne à la salamandre qui était aussi un domain.
Les ordonnances donnent souvent le môme sens aux deux mots. Exemple :
Dans une ordonnance du 5 mars i 532, on lit r « Aux grands blancs, douzains et dizains et autres noz menues monnoves, pour les prix accoutumez. » Foxtàxon , t. II, p, 92. L’ordonnance du 19 mars 154 * dit. même (art. 7) : « Soit laîcte nouvelle fabrication de monnoye blanche de domains, autrement dit de grans blancs de 1 2 deniers t. la pièce dont y aura au marc 91 pièces i/4, à 3 den. 16 grains de loy, chacune pièce du poix de 2 den. 2 grains; aussi que pour cette raison loy, et poix, soient doresenavant forgez especes de demys domains et liards, les demy douzains pour 6 deniers et les liards pour 3 deniers pièces. » F. de Sàulcy , Bec . de doc., t. IV, p.370. — Le principal changement prescrit par cette ordonnance consistait dans la valeur du marc d'argent le Roi qui était coté désormais à i4 livres au lieu de 12 livres 10 sous.
En i 54 o t on trouve des frappes de deniers douzains de poids dlfiérents. Ainsi, le 12 juillet i 54 o, Turin reçut l’ordre de forger des deniers à 911/4 au marc, à 2 deniers 2 groins de poids par pièce blanchie et monnayée a 3 deniers
10 grains argent le Roi. Ce même jour,
11 se trouve que Tours frappa des don-
xl MÉMOIRE SUR LES MONNAIES
Le type courant ( 1 e ce numéraire paraît avoir été créé en 1 435 par Cliarl es VIL 11 a été désigné successivement sous les noms de blanc aux couronneHes, de grand blanc au soleil, puis (le grand blanc au soleil étant devenu le trezain) de grand blanc à la couronne, de grand blanc au porc-épic. 11 était sous Louis XII à la taille de 86 au marc et à 4 deniers 1 2 grains de loi, comme nous venons de le dire. Cette espèce était très répandue parce qu’elle représentait le sou tournois, principale unité de compte dans le petit commerce. François I er en lit frapper, dès le 2 3 janvier i 5 i 5 , conformément au type de ses prédécesseurs, c’est-à-dire avec Lécu de France au centre de trois petites couronnes. A la fin de son règne, il modifia le type par les ordonnances du a4 février i 54 o et du 19 mars 1 54 1 ; la première créa les domains à la salamandre, la seconde les domains à la croisette.
Le domain à la salamandre se distinguait par deux salamandres accostant l’écu royal et par deux autres placées entre les bras de la croix. II était à la taille de 92 au marc et à 4 deniers et 4 grains seulement de loi [1 4 La pièce devait donc peser 2 grammes 683 milligrammes ou 2 grammes 660 milligrammes d’après la taille et 2 grammes 666 milligrammes d’après le poids trébuchant qui était de 2 deniers 2 grains. Elle contenait un tiers d’argent fin, soit 886 milligrammes. Elle valait 1 2 deniers.
Le douzain à la croisette portait en légende, d’un côté : FRANCISCVSD. G. FRANCORVM REX, avec l’écu royal: il portait de l’autre côté : SIT nomen : DOMINI benedictvm, avec la croisette
xains à 4 tien, 6 gr. de loi et 99. au marc; Montpellier, le i 4 août i 54 o, frappa des douzain s à 92 ati marc et à 4 deniers 4 grains argent le Roi; le même jour, la même ville frappa des domains à 3 deniers 16 grains de loi à 9 1 i /4 de taille, F, dk Saulcï , Jîec. de doc*, t. IV, p. 358 , 35 g, 36 o, 36 1.
Natalis de Wailly cite aussi des grands blancs à h couronné, qui étaient à la taille de 68 3/5 et au titre de 4 de¬
niers 13 grains {ordonnance du 5 décembre i 5 i 1).
(aj Entre autres fabrications de dotizains francis eus nous pouvons citer celle de la Monnaie de Bordeaux en juin au poids de 7 sols
8 deniers (93 au marc) et à 4 deniers 6 grains de loi (F* ne Saulcï, JW. de doc , L IV, p- a 45 ). A Turin (28 avril 1 538 ), on frappa des sous de 96 5/6 au marc et de 3 deniers 1 5 grains de lou
DU RÈGNE DE FRANÇOIS I er . xli
Le poids moyen des 49 douzains de la collection du Département des médailles et antiques n’est que de 2 gr. 28 11 ); celui des 2 3 douzains qui sont à l’Hôtel des monnaies est de 2 gr. 3 o ( “*. La différence avec le poids droit paraît forte, mais n’a rien qui étonne, la taille ayant varié et ce genre de pièces ayant eu une circulation très active.
François I er abaissa (19 mars 1 54 1 ) le titre du douzain à la croisette à 3 deniers 16 grains^, soit 293/1000^.
Après le douzain venait le dizain. Charles VIII (1 1 novembre 1 488 ) avait fait frapper des grands blancs dits Karolus à cause du K couronné qui se trouvait sur une des faces; ils valaient 10 deniers : d’où leur nom de dizains. Louis XII lit continuer (3 février i5i2) cette fabrication; la pièce, changeant d’initiale (grand blanc à l’L dans une couronne), fut dénommée Ludovicus et conserva la valeur de 1 o deniers. Elle était à la taille de 92 1/2 au marc et au titre de 4 deniers argent le Roi; elle pesait 2 grammes 646 milligrammes et contenait 844 milligrammes d’argent fin. François I cr(5) ,
(I) On trouve cependant en i 54 si 543 à la Monnaie de Grenoble une frappe de douzains à 3 deniers 16 grains argent le Roi et de 7 sols 7 deniers de poids (c’est-à-dire 91 au marc). F. de Saulcy, Rec. de doc., t. IV, p. 4 o 6 .
w Le poids varie beaucoup d'une pièce à l’autre. Le douzain le plus pesant dans la collection du Département des médailles et antiques est de 2 gr. 71 ; le moins pesant est de 1 gr. 55 . Le douzain le plus pesant, dans la collection de l’Hôtel des monnaies, est de 2 gr. 63 ; le moins pesant de 1 gr. 63 .
3 deniers 16 grains, comptés en prenant pour point de départ l'argent à 1000/1000, égalent 3 o 6 /iooo de fin.
Mais nous avons dit que les deniers aux ateliers monétaires étaient comptés en prenant pour point de départ l’argent le Roi, qui était à 11 deniers 12 grains.
Voir le chapitre III du présent mémoire, section n° 6.
(4) Cependant, en janvier 1 5 1 4 , Oudonn. de François I er . —I.
François I er lit frapper des douzains francisais à 4 deniers 12 grains de loi d’argent le Roi, avec 2 grains de remède, et à 2 deniers 5 grains de poids, à la taille de 86 au marc (F. de Saulcy, Hist.
nam., p. i 3 g). En juillet 1519, il lit frapper des douzains à 4 deniers 6 grains de fin, à la taille de 92 au marc. En 1027, les généraux condamnèrent comme mauvais des douzains qui n’étaient qu’à 3 deniers 18 grains de loi.
En 1 54 o, on frappe de grands blancs douzains à 4 deniers 4 grains de loi et
2 deniers 1 grain de poids, à la taille de 92 au marc. Le 19 mars 1 54 1, ordre fut donné de frapper des douzains de
3 deniers 16 grains argent le Roi, avec 2 grains de remède : ce dernier est le douzain qui est mentionné dans le texte.
(5) D’ailleurs, comme nous l’avons dit, les ordonnances royales désignent parfois cette monnaie sous les noms de grands blancs et de deniers grands blancs
y lu
le 21 juillet r519, ordonna de frapper une pièce identique dite Francisais. Elle était à la taille de 98 au marc, à 1 denier 2 2 grains 3/4 de poids, à 3 deniers 18 grains de loi [1) . Les dizains francisons portent la lettre F couronnée au lieu de la lettre L^.Dans une ordonnance du 18 janvier 1 53 7 on trouve un ordre de frapper fies dizains dans ces mêmes conditions. Cette frappe cessa lorsque l’ordonnance du 14 janvier i 54 o eut prescrit la fabrication des douzains à la salamandre^' 1 .
Le poids moyen de 6 dizains qui se trouvent au Département des monnaies et antiques est de 2 gr. 06^. Le diamètre du dizain est d’environ 26 millimètres.
Les sizains ou demi-douaains, que les ordonnances désignaient. souvent sous le nom de petits blancs, étaient la moitié du douzain. Ils valaient 6 deniers. On en avait frappé de Charles Vil a Louis XII, mais on ne connaît pas de frappe de cette espèce sous le règne de François F n5) . Le
domains. A Turin > le 28 avril 1 538 , François donna l'ordre de frapper des sons tournois douzains ( i a deniers ) à 3 deniers 1 5 grains de loi, à la taille de g 4 5/6 et a 3 deniers 8 grains de poids (F.de S.vulcy, Pue . de doc*, t. IV, p. 3 so)i ce sont des douzains (à 3 deniers i 5 grains de loi et à la taille de g4 5/6 au marc) que livre le maître de la Monnaie. (F* dé Saulcy, HisL nam., p. 267.) Tl parait qu’il a été frappé, eu Savoie, des onzains, valant 11 deniers ; c'étaient peut-être des douzains faibles. Des lettres du 12 juillet 1 54 1 ( Catalogue des actes de François I' r ) en tolérèrent la circulation pendant deux mois encore, après lesquels ils devaient être décriés et interdits.
M F. de Saulcy, lîec. de doc*, t. IV, p* 171 et.197-
t3 * La pièce portait F couronné entre deux Heurs de lis (voir un article de M. Penchadd dans V Ann . de la Société franç. de namùm. t 1873, t, IV, p- 270).
On donnait aussi à ces pièces le nom de <* grands b lancs «, Exemple pour des douzains et des dizains (17 novembre 1 523 ) :
«Grands blancs à la couronne de 12 d.
pièce, a 4 d. 6 gr. de loy r À. K., de 7 s.
8 d. de poix qui sont 92 pièces au marc.
Item grands blancs de 1 o d. la pièce, du poids de 8 s, 2 d. qui sont 98 pièces au marc à 3 d* 18 gr. A. EL» F. de Saclcy, Pœc. de doc*, t. IV, p. 209. (A. TL signilie argent le Roi.)
W F. de Saulcy , jRcc. des ord., 1.IV , >. 3 16. Le même ordre fut donné à a Monnaie de Tours, le g mai 1 53 g. Le titre est de 3 deniers 18 grains. F. de Saulcy, .Rec. de doc. t t. IV, p. 335 . En
1519 on frappait à Limoges des grands blancs francise ns valant 10 deniers tournois. F, de Saulcy, liée, de doc*, t. IV,
Voir au sujet du poids moyen la note de la page XLI.
Nous avons dit (voir la note 1, p. xxii ) que F. de Saulcy estime avec vraisemblance que la pièce donnée par Hoffmann comme étant un sizain est en réalité un iiard frappé à Turin et portant, par erreur sans doute, une empreinte inspirée de l’ordonnance du 24 février 1 54 o concernant les douzains à la salamandre [HisL numistn *, p. 182). L'ordre
diamètre de ceux qu’a reproduits Hoffmann (planche 60 n° 9/;) est d’environ 18 millimètres; toutefois il se trouve un demi-douzain de 22 millimètres de diamètre.
Il y avait aussi d’anciens demi-dizains, dits demi-blancs au K couronné, datantde Charles VIII et courantpour 5 deniers
Liards el tournois. — Les liards, qui sont probablement d’origine dauphinoise, paraissent avoir commencé à devenir d’un emploi général dans le royaume à partir du règne de Louis XL Les dauphins, après leur avènement au trône, continuèrent à en frapper non seulement en Dauphiné, mais dans les autres ateliers de leur royaume. Les liards étaient à la taille de 2 16, de 2 10 (ordonnance du 23 janvier 1 5 1 5 ), de 2 36 (ordonnance adressée à la Monnaie de Bayonne, 9 mai 1 5 2 3 ), ou de 23 1 au marc (ordonnance du 19 mars i 5 /|i) (2) . Ils portaient, d’un côté, un dauphin et, de l’autre, une croix du type ancien jusqu’en 1 54 1 ; puis, à partir de 1 54 1, une croisette au revers. Le poids indiqué par les textes est de 19 à 20 ou 21 grains, puis, en i 54 i, de 19 à 20, soit 1 gramme ii 5 milligrammes au plus. Le titre a été en s’affaiblissant : 3 deniers, puis 2 deniers 16 grains de loi en 1 5 1 5 , puis 2 deniers 6 grains en i 54 i avec 2 grains de remède. Le diamètre des pièces est de 16 à 19 millimètres.
Les hardis étaient des liards à effigie royale, qui avaient cours surtout en Guyenne sous Louis XI et Charles VIII
de battre monnaie donné en avril i 538 à Turin énumère les diverses espèces, écus, testons, sous, liards, doubles deniers ; il n’y est pas question de sizains.
F. de Saulcy, Hist. numism p. ?. 5 o.
(l > En Italie, François I er lit frapper pour le Milanais des quatrains à 1 denier de loi et à 20grainade poids (216 au marc) auxquels il donna cours pour 4 deniers milanais soit 1 parisis. F. de Saui.cy, Rec. de doc ., t. IV, p. 1 53 .
(a) AÀix, on frappait, en i543, des liards à 2 deniers 6 grains de loi et à 19 sols 3 deniers (23 1 au marc) [F. de
Saulcy, Rec . de doc., t. IV, p. 419]. A Grenoble le 29 mars 1 546 , à Villeneuve, les 17 février 1 546 et 1 3 août 1 547 , ^ es * ^ mention de liards à la taille de 23 1 au marc. A Turin, en i 538 , François I er lit frapper des liards d’un autre type, à 2 24 au marc et à 2 deniers 1 grain de loi (Ibid., p. 32 o).
W Dans une ordonnance rendue par Louis XI à Plessis-lès-Tours le 17 novembre 1473, il est dit que le roi avait, avant de céder la Guyenne à son frère, prescrit la fabrication de hardis à 3 deniers de loi et à 16 sols 8 deniers de taille
Sous François 1 er il n’en fut pas frappé, excepté à Turin accidentellement en i 54 o. Ils sont rares aujourd'hui®.
Au contraire, les liards à F couronné sur une face et à la croix blanche sur l’autre sont nombreux.
Les deniers étaient une monnaie dont le nom remontait à l’antiquité, mais dont la valeur avait considérablement changé avec le temps. Après avoir été une pièce d’argent, ils n’étaient déjà plus, dès le règne de saint Louis, qu’une pièce de billon. A l’époque de François 1 er ils ne contenaient que très peu d’argent, à peine un douzième®.
Les doubles tournois étaient de petites pièces valant i deniers; ils portaient d’un côté un écu avec trois fleurs de lis et. au revers la croix de type ancien jusqu’en 1 5 41, puis la croisette à partir de i 54 i* On les trouve à la taille de 180 sous Charles VIII; sous François I er à la taille de 186 (ordonnance du a 3 janvier i 5 i 5 ), de 188® (fabrication du 6 novembre lôai), de 196 (ordonnancedu 19 mars i 54 i) au marc, au titre de 1 denier 12 grains (ordonnance du *2 3 janvier i 5 i 5 ), 1 denier 9 grains (fabrication du 6 novembre 1 5 21 ), 1 denier 6 grains® (ordonnance du 19 mars
et de deniers bourdelois h 1 6 grains de loi ; que, pendant que Charles était duc de Guyenne, on avait frappé des hardis a 3 deniers de loi et à 1 8 sots de taille ; que, depuis la mort de Charles, le roi avait fait des ordonnances sur les monnaies sans mentionner les hardis et les deniers bourdelois, mais qu’il réparait cette omission en ordonnant la frappe de hardis à 3 deniers de loi et à 18 sols (216 au mare) et de deniers bourdelois a 16 grains de loi et a 2 2 sols 6 deniers détaillé (270 au marc). Ordonnances des vois de France, t. XVIII, p. 432 .
^ De Saule y dit qu’il n’a rencontré qu’une seule espèce de ïïard au type du hardi; c’est un liard (li hardi?) frappé à Turin [Hist. nam*, p, 11). Cependant le hardi était en usage dans le bassin de la Garonne. Les érudits discutent sur l’étymologie du mot hardi, Longpéncr pensait
que c’était une corruption du mot anglais harthhuj t qu’on retrouve sous les mots ferlin ou félin (voir dans la Revue numismatique, 3 e série, i884, t. II, p. io 3 , l'article posthume de Longperier intitulé Le hardi et le liard).
^ Le Blanc nous apprend (p, 33 7) qu’on commença sous Henri III, en ibyb, à frapper des deniers et doubles deniers en cuivre lin et que ajusques alors on ne s’étoit point servi en France de monnoye de cuivre pur ».
^ Beaucoup de textes donnent le poids de i5 sols 8 deniers ( c’est-à-dire taiîle de 188 au mai#), d’autres celui de 16 sols 4 deniers (c’est-à-dire taille de 196 au marc). F. de Saulcy, itec.
de doc . j t lit et IV, passim.
Voir F. b b Saulcy, flec. de doc,, t, IV, p. i 45 , 190, 45 o, etc., années i 5 i 4 , 1621, 1 545 -i 547-
1 54 z), avec 2 grains de remède. Les doubles à la taille de 196 ne contenaient que 1 2 6 milligrammes d’argent lin (l) .
Les deniers tournois étaient des pièces de 1 denier qui portaient la même empreinte, excepté qu’il n’avaient que deux fleurs de lis sur l’écu. O11 les trouve sous Louis XII à la taille de 2 18.2/3 au marc et à 1 denier de fin; sous François P r , à la taille de 260 ou de 262 au marc, pesant 18 grains environ, et à 1 denier, à 21 ou à 18 grains de loi^; ils contenaient en moyenne 80 milligrammes d’argent fin. Le denier tournois était, avec le sou, l’unité monétaire de compte dans le petit commerce.
Des deniers frappés a Paris portent les légendes FRAN- C1SCVS DG- FRANCO-REX et TVRONVS- CI VIS • FRANCORVM.
On ne frappait plus de deniers parisis; mais il y en avail dans la circulation. La petite frappe faite à Paris en i 5oG était à la taille de 23 o au marc, pesant par conséquent 1 gramme 64 milligrammes, au titre de 1 denier 3 grains argent le Roi et équivalant à 1 denier tournois et un quart.
Quelques jours après son avènement, François I or ordonna, pour la Guyenne, la frappe de deniers bourde lois à 16 grains de loi et à la taille de 3 oo au marc, ayant cours «les cinq pour ung lvart p) ».
Pour les espèces de monnaie noire, c’est-à-dire de bas aloi, on ne constate pas de rapport précis entre leur valeur nominale et la valeur intrinsèque du peu de métal fin qu elles contenaient. Le titre en était très faibleCes petites
W F. de Saulgy, Mist. num, , p. 222 et suiv*
{r> Voir F* de Saulgy, Rec. de doc., t* IV, p. i 45 , 1 73, 191, etc. À Turin, en 1 538 , François l vt fit frapper des deniers à raison de 281 au marc ( Ibid., p. 820).
F. de Saulcy n’a rencontré de son temps dans les collections aucune pièce de ce genre. (Hist. numism., p. 221.) Aujourd'hui des collectionneurs en possèdent, ftl. Bordeaux notamment.
< VJ Dans la collection de V Hôtel des
monnaies il se trouve trois liards qui pèsent 1 gr* 53 , o gr* 72, o gr .44 ®t qui sont cotes au titre de 3 7 5 , de 200, do 354 millièmes, six doubles tournois de o gramme 78 au 200/1000, de o gramme 88, 1 gr. o 3 , o gr. 96, 1 gr. 02 au 200/1000, de o gramme 71 au 100/1000, quatre deniers tournois de 1 gramme 07, o gr* 78 au 200/1000, de o gramme gi au 100/1000; il y a même un denier ( Monnaie de Rouen ) pesant 1 gramme 09 au 86/1000.11 se trouve aussi dans la collection trois
monnaies, de dimensions diversesportaient en général, d’un côté, des fleurs de lis ou une initiale couronnée ouTécu de France ou l’efligie du roi; de l’autre, une croix; sur les deux faces, une légende.
Il n’y avait pas moins d’une douzaine d’espèces de billon en circulation à l’avènement de François 1 er . Sans compter les mailles qui, quoique décriées, continuaient à circuler et quelques menues monnaies provinciales, la série des espèces de billon s’échelonnait de la manière suivante : 1 denier tournois (denier tournois, petit denier), 1 x/4 (denier parisis), 2 (double tournois), 2 1/2 (double parisis), 3 (liard), 5 (demi-blanc au K de Charles VIII), 6 (demi-grand blanc, sizain de Charles VIII et Louis XII), 10 (grand blanc au K, à l’L ou à l’F), g (dizain), 1 2 (grand blanc à la couronne, douzain (2) , sou tournois ), 1 3 (grand blanc au soleil, trezain), i 5 (demi-gros, grand blanc à L, sou parisis ), 3 o deniers ou 2 sous 6 d. (gros de Roy de Louis XII, double sou parisis).
Au-dessus étaient les monnaies d’argent, l’ancien gros de Roy décrié, mais existant encore (3 sous), le demi-teston (5 sous) et le teston (10 sous).
Au-dessus étaient les monnaies d’or.
Le billon, blanc ou noir, n’était pas alors une monnaie d’appoint dont la quantité dans chaque payement fut limitée par les ordonnances. Il contenait d’ailleurs ou devait contenir, proportionnellement à son cours en monnaie de compte, à peu près la même quantité de métal que les tes-
pièces en cuivre pur : un denier (de Rouen), deux doubles tournois (de Turin et du Dauphiné)*
On peut se foire une idée du peu de valeur intrinsèque qu'avaient souvent ces petites monnaies par T ordonnance des généraux des monnaies du 21 janvier i 553 (Fontanon, 2 e éd M t* 11,
p* 1 ^ 5 ) qui, à la suite de l'ordonnance royale décriant des doubles neufs et des tournois à la petite croix, n’autorise les Monnaies qu'à les acheter à raison de 12 sous le marc, soit 144 deniers tour¬
nois* Or on taillait environ a 5 o deniers dans un marc de matière*
Le diamètre des tournois de la collection Hoilmann est de 18 millimètres pour les doubles tournois et varie de 16 à ig millimètres pour les deniers tournois*
]1 y avait eu dans la circulation des onzains sous Louis XI (1476); mais Charles VIII en avait élevé le cours à 12 deniers. François I Er autorisa même pendant quelques mois la frappe de onzains en Savoie*
tons. Il jouissait du pouvoir libératoire aussi bien que les monnaies d’argent et d’or et il était de beaucoup le plus fréquemment employé dans les échanges pour les besoins journaliers de la population. Quand le roi interdit la frappe des patacs en Provence, les habitants se plaignirent que le « pauvre peuple » ne pouvait plus vivre, et il fallut autoriser une émission de liards et de deniers.
A plusieurs reprises, François I er se plaignit de la multiplication des menues monnaies qui encombraient les caisses de son Trésor et qui lui étaient d’une médiocre utilité pour solder ses comptes à l’étranger Il se trouvait même des maîtres particuliers qui exagéraient la frappe des petites pièces parce quelle leur procurait plus de bénéfice. Plus d’une fois François I er en fit frapper lui-même de très grandes quantités. Ainsi, par une seule ordonnance, celle de janvier (ou février) 1620, il commanda 1,260,000 petits tournois à douze ateliers monétaires, soit un poids de 4,900 marcs et une valeur de plus de 100,000 livres tournois®.
«Il s'en est tant faict par toutes les mon noyés de ce Royaulme et en si grande quantité mes mes ès mon noyés d’Àix et Marseille que, quand ne s'en ferait de dix ans, il y en a assez, et qu'il soit vray que ies finances du Roy ne se payent plus qu'en doubles et liards, dont en avons eu cryeurie du Roy et de messe ig r< du conseil privé, par quoi nous semble que le présent n'est plus besoin g d’en faire* u (Lettre de la Chambre des monnaies du i3 avril i 545 ,
F, de SAULOYïfïéc.de doc., L IV, p, 444 -)
À la fin de son règne ( 8 juillet 1 548 ) François I er , «averti qu'il a esté forgé et court de présent par les bourses une si grande et excessive quantité de doubles et de petite deniers que cela trouble l’usage et manyinent d’autres meilleures especes», en interdit la frappe* ( Arch .
naL t Z lfi 63 , F 218*)
L'interdiction ne produisit pas, parait-il, tout l'effet qu’espérait François I er ; car, six ans et demi après, son successeur était obligé de la renouveler en
rappelant qu’en juillet i 546 François I ar avait interdit «la fabrication de tous les menus ouvrages de liards, doubles et deniers tournois, a cause des grans abus, fraudes et larcins qu'on y commettait et pour ce qu’il en avoit esté jà forgé en plusieurs de nosdites monnoyés si grande et excessive quantité que le cours d'autres meilleures especes d’or et d’argent estoit cmpesché ou quoy que ce soit troublé par tous les endroits de nostre royaume, tellement que nos subjets trafiquant de leurs bienz, revenus et marchandises ne recoyvent guère plus sinon lesdites menues monnayes; lesquelles consequemment tombayent en noz receptes, avec grande perte et diminution de noz deniers qui se consumoient en frais de voitures, renouvelle defense de frapper ces petites monnaies, neantmoins * * * » (Ord, du 22 janvier i 552 .)
F.deSau lût, II ist * n a m ism . * p * 2 3 8. L'auteur cite un grand nombre d’autorisations de ce genre, moins considérables.