Tome XXXIII
être autorisé à attribuer à la double aspiration du thorax et du cœur une part notable, sinon dans la mécanique rationnelle des veines, du moins dans ce qu'on pourrait appeler leur mécanique appliquée. Qu'en physiologie pure, on dise la circulation assurée par la force propulsive du cœur, les modifications et les accidents dont on s'occupe en hygiène et en pathologie auront souvent besoin, pour être expliqués, de ces forces attractives ou aspiratrices, en vue desquelles les valvules semblent être placées dans les veines 1. Et, sans nous éloigner du cœur , il est certain que l'entrée du sang dans l'oreillette est facilitée et réglée par l'aspiration du ventricule, qui rend en même temps compte du fait remarquable que, dans aucun moment, l'oreillette ne se vide entièrement.
Plusieurs physiologistes affirment, avec Weyrich 2 et Bidder , que la force d'aspiration du cœur n'est pas supérieure à celle qui, lors delà contraction des oreillettes, pousse le sang en sens opposé, et qu'on appelle le reflux; ils disent que, par conséquent, l'effet utile de l'aspiration est nul. Ces physiologistes considèrent sans doute encore l'oreillette comme organe aspirateur ; mais si l'aspiration est produite par le ventricule, comme nous comptons l'établir, leur assertion tombe évidemment à faux. Lors de la contraction ventriculaire , les valvules tricuspide et mitrale s'opposent en effet à tout reflux , c'est-à-dire à toute neutralisation ou diminution du mouvement aspirateur. Et même, s'il ne s'agissait que de l'oreillette, a-t-on pensé aux valvules existant dans les troncs veineux au point où elles pénètrent dans le thorax? Ces valvules arrêtent le reflux, sans gêner en rien l'aspiration. C'est grâce aux valvules en général que chaque progrès du sang est réel et utile; le sang qui s'est avancé ne recule plus. On verra plus loin que si, dans le mécanisme de la circulation, le reflux et l'aspiration se rapportent l'un à l'autre , ce n'est pas pour que le premier annule la seconde , mais au contraire pour que la seconde empêche ou diminue le premier. Mais arrivons aux preuves positives.
Quand on met à nu sur un animal, mammifère ou oiseau, le cœur et les gros vaisseaux, on voit distinctement les veines caves et souvent aussi les
1 Tous ceux qui ont apprécié par chiffres la force aspiratrice du cœur, sont évidemment restés en dessous de la vérité. Ils croyaient cette force produite par les oreillettes et non par les ventricules, et ils ne l'avaient mesurée que sur une seule veine déjà assez éloignée du cœur.
2 Loc. cit., p. 30.
veines jugulaires s'affaisser au moment du soulèvement des appendices auriculaires qui est, comme il a été dit plus haut, le moment initial de la dilatation présystolique. Le sang, évidemment, traverse alors les veines avec plus de rapidité; il est attiré vers le cœur. L'instant après, quand les oreillettes se contractent, les veines se gonflent, au contraire, par le reflux, et la marche du sang y est relardée. Ce fait, constaté par une foule de physiologistes, entre autres par Haller j et par Wedemeyer, a été vérifié par nous un grand nombre de fois ; nous le tenons pour incontestable 2.
Victor Weyrich trouve l'expérience insuffisante, parce qu'en ouvrant la poitrine on altère trop, selon lui, les conditions de la pression sous laquelle se trouvent à l'état normal non-seulement le cœur et les vaisseaux, mais encore les poumons. Quoique ne comprenant pas entièrement la force de l'objection, je répondrai que chez les grenouilles où, comme on sait, la pression atmosphérique exerce moins d'influence, les choses se passent de la même manière. D'ailleurs, Ecker3, dans des circonstances où aucune préoccupation théorique ne pouvait lui faire prendre le change, a également constaté l'influence que la contraction et la dilatation « des oreillettes » exercent sur le cours du sang dans les veines voisines du cœur; influence qu'il a reconnue tout à fait distincte de celle des mouvements respiratoires.
Au surplus, n'y a-t-il pas moyen de démontrer le fait sur l'homme même? Très-souvent on rencontre des sujets maigres, à veines volumineuses. En les engageant à arrêter les mouvements respiratoires pendant quelque temps, nous avons pu observer sur eux l'affaissement et la tuméfaction alternatifs des veines du cou, et constater, en outre, que l'affaissement précédait le choc du cœur ou la systole. Le fait est surtout manifeste quand le cours du sang est gêné par une maladie du cœur ou des poumons. Toujours le mouvement
1 C'est ce fait qui constitue le grain de vérité qui est caché dans la thèse soutenue par Haller, Spallanzani et Doellinger, que la vitesse du sang dans les veines irait, en général, en augmentant aux approches de l'organe central.
2 Volkmann (Haemodynamik, p. 508) n'y voit que l'effet d'un obstacle au progrès du sang veineux opposé par chaque systole auriculaire. Il est naturel, dit-il, que le sang coule plus vite et que la veine s'affaisse chaque fois que l'obstacle est levé.
3 Physiolog. Untersiichungen ueber die Betvegungen der Gehirns und ' Rueckenmarks. Stuttgart, 1843, p. 62.
des veines précède celui des artères, au point que ce caractère nous sert même principalement pour reconnaître ce qu'on appelle le pouls veineux d'avec le pouls artériel *.
Ce qu'on observe à l'auscultation des bruits jugulaires chloroliques mérite également d'être cité ici. On sait que le soi-disant bruit du diable est continu, mais renforcé à chaque révolution du cœur. On pense généralement que le renforcement correspond à la systole ventriculaire; mais des recherches méthodiques et souvent réitérées avec l'assistance d'autres observateurs, nous ont convaincu que ce renforcement précède immédiatement la systole et que, par conséquent, il correspond à notre présystole 2.
Je passe les exemples nombreux et incontestables que fournissent les animaux inférieurs, en faveur de la dilatation aspiratoire du cœur; je ne parlerai même pas de ce qu'on observe si aisément chez la grenouille, quand la circulation est affaiblie; mais j'en appellerai au phénomène que tout le monde a souvent vu dans l'œuf de poule soumis à l'incubation.
On y voit distinctement que, par le jeu alternatif de dilatation et de contraction du cœur, la circulation est réglée dans les veines aussi bien que dans les artères. A chaque dilatation, la veine terminale se vide en partie ; le sang est attiré avec force au cœur, tandis qu'au moment de la contraction il en est refoulé.
Le phénomène, déjà signalé par Pander 3 et interprété comme phénomène d'aspiration, a été produit ensuite comme argument par Wedemeyer 4 et par
1 Turner {Transactions of the medico-chirurg. Soc. of Edinburg, t. III, 1828) avait déjà affirmé que les mouvements qu'on observe quelquefois dans les veines jugulaires, précèdent immédiatement le premier bruit du cœur et le pouls artériel. Cet avis n'a pas rencontré l'attention qu'il méritait.
2 Cette observation était faite depuis longtemps quand ont paru les Etudes pratiques sur les murmures vasculaires ou bruits de souffle, etc., par M. Chauveau {Gaz. méd. Paris, 1858). J'ai vu avec plaisir que, convaincu par les nombreuses expériences auxquelles il s'est livré, le physiologiste de Lyon attribue à l'aspiration thoracico-cardiaque une part notable dans la production des bruits de souffle veineux chez les anémiques en général. Il explique notamment par elle le renforcement rhythmique du bruit veineux qui fait simuler à ce souffle le bruit du jouet désigné sous le nom de diable. M. Chauveau a constaté comme nous, que le renforcement coïncide avec la dilatation et non avec la contraction ventriculaire.
5 Beitraege zur Entwickeiungsgeschichte des Huehnchens. Wiirzburg, 181 7, p. 19. 4 Loc. cit., p. 507.
MÉMOIRE SUR LES MOUVEMENTS DU COEUR. Ci
Weyrich '. Wcdemeyer affirme même que, dans Fembfyon du poulet, le sang traverse en général avec plus de vif esse les veines que les artères, et qu'il les traverse même encore alors que, dans les artères, il s'est déjà arrêté, laudes plus grandes autorités en embryologie, le professeur Th. L. W. RiscliolT, pense également que le mode de circulation chez le fœtus mérite d'être pris en considération, lorsqu'il s'agit de décider la question relative à l'aspiration et à la dilatation active du cœur. « Tout en avouant, » dit-il dans son Traité d'embryologie des mammifères 2, « qu'on manque encore d'observations exactes sur ce point, et tout en reconnaissant que ces observations sont trèsdifficiles à faire, je crois cependant m'êlre assuré, ilérativement et avec une entière certitude, de l'existence d'une pareille expansion active du cœur et de son action aspirante, attractive, chez l'embryon du poulet; le phénomène était surtout visible quand l'activité du cœur s'était déjà relâchée, et quand la circulation ne se faisait plus qu'imparfaitement. »
En 1843, j'instituai quelques expériences conjointement avec mon collègue, feu De Lavacherie, relatives à l'aspiration du thorax et du cœur, et à l'entrée de l'air dans les veines. Je ne parle ici que de ce qui a rapport à l'aspiration du cœur 3.
Un tube de verre fut introduit dans la jugulaire droite d'un chien de haute taille, préalablement étourdi par un coup au front. On le poussa assez profondément, avec précaution, pour être certain qu'il se trouvait engagé dans l'oreillette droite. Il se passa un certain temps jusqu'à ce que le rhythme des mouvements du cœur fût rétabli : alors on observa distinctement un mouvement ascendant et descendant régulier, en trois temps, à savoir :
1° Le sang s'éleva d'abord dans le tube à chaque systole;
2° 11 descendit lors de la diastole ou pause, et
3° Immédiatement avant chaque nouvelle systole il descendit encore davantage, rapidement, de deux à trois millimètres chaque fois.
1 Loc. cit., p. 13.
- Entwickelungsgeschichte der Saevgethiere, etc. Leipzig, 1842, p. 496.
3 De Lavacherie avait tenu note, pour sa part, de ce qui concernait l'entrée de l'air dans les veines. Il voulait vérifier quelques faits avancés dans l'ouvrage d'Annissat, qui avait paru quelques années auparavant, et rechercher les conditions sous lesquelles se produit l'accident chirurgical en question.
L'expérience a été répétée sur un assez grand nombre de sujets , parce que la coagulation du sang et son mélange avec l'air atmosphérique rendait les résultats souvent obscurs. Pour éviter cet inconvénient et pour contrôler les résultats, nous mîmes ensuite la veine jugulaire d'un gros chien à nu, et nous y appliquâmes une ligature. Au-dessous de cette dernière, nous introduisîmes assez profondément la courte branche, mesurant 15 centimètres, d'un tube de verre recourbé en fer à cheval; la longue branche, qui mesurait 60 centimètres, fut plongée dans un vase rempli d'une solution alcaline. Dès que le premier trouble fut passé, nous vîmes que le liquide du vase remontait à chaque diastole. L'ascension était surtout visible quand on laissait entrer quelques bulles d'air dans le tube. Enfin, quand la circulation commençait à se ralentir, nous vîmes distinctement que les mouvements du liquide alcalin se succédaient dans l'ordre suivant :
1° Une ascension rapide;
2° Une chute moins rapide ;
3° Un repos.
L'ascension nous semblait précéder toujours la systole avec laquelle coïncidait la chute du liquide '.
L'ascension et l'abaissement alternatifs de la colonne liquide étaient faciles à voir; ces mouvements n'avaient d'ailleurs plus besoin d'être confirmés après les expériences de Wedemeyer, Poiseuille, Weyrich et Chauveau. Mais ce qui nous est propre, c'est l'observation du mouvement en trois temps, ou la distinction d'un moment de repos entre l'abaissement et l'ascension du liquide. Ce moment est difficile à observer , j'en conviens , et l'on est loin de le constater dans chaque expérience ; il suffit cependant de l'avoir vu quelquefois, alors qu'il a pu être reconnu en même temps par plusieurs assistants ayant l'habitude des observations, pour y attacher une valeur considérable dans le contrôle
1 II est inutile de décrire les mouvements dépendant de la respiration, que nous avons observés en même temps. Ces mouvements , à l'heure qu'il est, ne sauraient plus former question.— A l'époque où ces expériences furent tentées, le kymographion n'était pas encore connu. — J'ai tenté, depuis, de plonger le tube de verre jusque dans le ventricule même, comptant qu'alors les résultats seraient décisifs. Toutes mes tentatives échouèrent devant la mobilité de l'organe et devant sa réaction convulsive; je les ai cessées à la fin, jugeant lexpérience impossible.
d'une théorie qui s'appuie en môme temps sur des faits d'une autre nature.
L'aspiration est ventriculaire. — Parmi les physiologistes qui ont admis une aspiration cardiaque, indépendante de l'aspiration thoracique, presque tous l'ont placée dans l'oreillette droite; tous ceux qui Pont combattue, l'envisageaient de la même manière ' : là gît précisément la cause principale du malentendu qui a régné. Dans notre opinion, il ne saurait s'agir des oreillettes que nous considérons comme de simples réservoirs placés en arrière des ventricules, et dépourvus de la force musculaire qui est si largement départie à ces derniers. La cause de l'aspiration ne doit être recherchée ailleurs que dans les ventricules mêmes; lors de la présyslole, ces compartiments s'ouvrent ou se dilatent, c'est-à-dire qu'ils deviennent des corps raides et creux, alors que, pendant la diastole, ils étaient flasques et affaissés. Il y a ainsi tendance à y former un vide qui, grâce à la pression atmosphérique, attire le sang des oreillettes d'abord , puis celui des gros troncs veineux, et à la fin celui des veines plus éloignées2.
Si l'on introduit, selon une expérience bien démonstrative proposée par feu le professeur Ludw. Fick, à Marbourg 3, un tube suffisamment large dans chacun des grands troncs vasculaires, l'aorte, l'artère pulmonaire, la veine cave supérieure, et Tune des veines pulmonaires, on peut artificiellement faire fonctionner le cœur comme pompe aspirante et foulante. Pour cela , on le place dans un bac rempli d'eau jusqu'à environ 15 centimètres; les tubes fixés aux oreillettes sont étendus horizontalement , de façon à pouvoir servir de tubes aspirateurs alors que les tubes représentant les artères émergent de l'eau, en simulant des déversoirs. Les doigts des deux mains, saisissant le cœur sous l'eau, peuvent alors, par la compression rapide et souvent réitérée des ventricules , faire passer toute l'eau contenue dans le bac par les tubes
1 Wedemeyer, comme Wilson autrefois, et comme Poiseuille et Weyrich après lui, n'ont parlé que de l'oreillette. Les objections que Volkmaun (Haemodynamik , p. 507) fait valoir contre l'aspiration n'ont également rapport qu'à l'oreillette. Magendie cependant avait déjà circonscrit aux ventricules l'action aspiratoire. ( Précis élém. de Physiologie, 4 e édit. Bruxelles, 1854, p. 256.)
2 Je n'ai pas besoin de dire que le mot aspiration ne veut jamais dire autre chose pour nous que "pression intravasculaire inférieure à celle de l'atmosphère. »
5 Mùllers Archiv, 1849, p. 283.
déversoirs artériels. Dans l'intervalle des compressions, les ventricules s'ouvrent et attirent l'eau par les deux tubes aspirateurs. La pression exercée sur l'eau contenue dans les ventricules suffit pour opérer la fermeture des orifices veineux par les valvules correspondantes. L'expérience ne réussit pas, si, au lieu des tubes veineux, on plonge dans l'eau des tubes artériels. Elle ne réussit pas non plus , ainsi que Fick l'a constaté , si l'on lacère on détruit les valvules auriculo-ventriculaires.
Cette expérience, qui nous démontre admirablement le rôle des valvules auriculo-ventriculaires et sigmoïdes , par rapport à l'entrée et à la sortie du sang, prouve aussi que le sang est attiré par les orifices veineux chaque fois que les ventricules s'ouvrent , c'est-à-dire après chaque contraction ; elle démontre ensuite que l'élasticité des parois ventriculaires suffirait, absolument parlant , à expliquer le mécanisme de l'aspiration; mais elle ne prouve nullement que, sur le vivant, il n'y ait qu'elle en jeu.
L'opinion que l'entrée du sang dans les ventricules est due à la force musculaire exercée par les oreillettes , a encore des partisans notables. Et plusieurs auteurs, spécialement parmi les Anglais, tout en disant que le sang coule dans les ventricules pendant toute la durée de la diastole, ajoutent cependant que le maximum de la réplétion , et par conséquent delà dilatation ventriculaire, n'a lieu qu'au début de la systole, et par l'effet de la contraction des oreillettes. Les ventricules déjà remplis seraient pour ainsi dire bourrés par cette contraction.
Il m'est impossible de considérer les oreillettes comme des organes de propulsion , ni d'une manière absolue , ni surtout par rapport aux ventricules. Comment concevoir, en effet, que des muscles aussi minces que ceux contenus dans leurs parois puissent vaincre la résistance de parois aussi puissantes que celles des ventricules? Us n'auront à vaincre, dit-on, que l'élasticité ou la tonicité de ces derniers ' ; quiconque l'a éprouvée, conviendra cependant avec moi que cette élasticité oppose, à elle seule déjà, une résistance assez forte pour maintenir debout l'objection.
En fait, la contraction des oreillettes a si peu d'intensité, comparée à celle des ventricules , qu'elle ne semble être qu'un léger tiraillement. On constate
1 Cette réponse a été faite, entre autres, par M. Beau, Traité d' Auscultation , p. 218.
à peine une diminution de volume ou un rétrécissement '. La capacité des oreillettes étant égale à celle des ventricules , il faudrait qu'elles se vidassent entièrement à chaque contraction. Or, c'est ce qui positivement n'a pas lieu, malgré l'assertion de quelques-uns.
Enfin, comment se rendrait-on compte de l'affaissement présystolique des veines, dans la supposition qu'une contraction suffisante de l'oreillette détermine le progrès du sang vers le ventricule, et détermine la dilatation au maximum de ce dernier? Au lieu d'un affaissement, n'y aurait-il pas, dans le moment indiqué, un gonflement et un reflux notables?
Ainsi, nous pensons que les ventricules, en s'ouvrant, prennent un volume de sang conforme au degré de leur dilatation. Le sang est tenu en réserve dans les oreillettes pour qu'il ne puisse jamais manquer aux ventricules ; quand la dilatation de ces derniers est forte , alors son effet aspirant se fait sentir au delà des oreillettes , dans les troncs veineux.
Je n'ai pas besoin, je pense, de dire expressément que la question relative à l'aspiration cardiaque n'est pas celle de savoir si la circulation à travers les veines en général est due à cette cause. Beaucoup de ceux qui ont touché cette matière dans leurs écrits, ont cependant une tendance à confondre les deux questions. M. Poiseuille a démontré définitivement, me semble-t-il 2, que l'aspiration tant inspiratoire que cardiaque n'est qu'une cause accessoire de la circulation veineuse, en ce sens, qu'elle ne fait que diminuer la résistance que le sang veineux rencontre dans les gros troncs vasculaires.
Effets de l'aspiration sur le reflux. — Quand on considère la disposition anatomique des oreillettes et des veines qui y aboutissent, mais surtout l'absence de valvules à l'embouchure de ces dernières , il y a réellement heu de se demander comment il se fait que le sang ne reflue pas dans les veines en quantité au moins égale à celle qui entre dans les ventricules. Quelque petit
1 John Reid qui , contrairement à ce que les autres observateurs ont vu , trouve les contractions des oreillettes assez considérables quand l'action du cœur a encore lieu avec toute son énergie normale, est obligé cependant d'admettre lui-même que l'action de ces réservoirs a été exagérée par quelques-uns : — Ils ne se vident jamais entièrement, dit-il, et leur diastole est comparativement faible. Todd's Cyclopaedia , vol. II, p. 603.
2 Recherches sur les causes du mouvement du sang dans les veines, dans le Journal univers, et hebdomad., t. I et III. — Froriep's NoL, 1831, t. XXXI, p. 213.