‹ Mémoire sur les mouvements du cœurChapitre 26 sur 43 · POULS CARDIAQUE · texte numérisé non relu

POULS CARDIAQUE

Il me sera permis de passer rapidement sur l'opinion qui attribue le choc du cœur à la diastole; tant de fois réfutée, elle s'est cependant toujours conquis de nouveaux partisans, et l'on sait qu'elle compte en sa faveur, parmi les contemporains, des noms comme ceux de MM. Reau et Cartwright1. Une grande cause de cette ténacité consiste, sans doute, dans la confusion qu'on a faite de la diastole avec la dilatation.

Je crois avoir établi , à la suite d'autres observateurs , que la diastole est l'état de repos, pendant lequel le cœur ne se dilate ni ne se durcit.

Il suffit d'avoir eu en main, une seule fois, le cœur d'un animal vivant, pour être convaincu que ce n'est qu'au moment de la contraction de ses parois qu'il peut communiquer un choc, une impulsion, aux corps qui le touchent. Mais il y a, selon nous, une double contraction : la contraction présyslolique

1 La théorie diastolique, comme on l'appelle quelquefois, est soutenue aussi dans un mémoire récent, qui attire l'attention beaucoup plus par l'originalité que par la solidité de ses vues; je veux parler de : H.-M. Cohen, Zur Myodynamik des Herzens. Berlin, 1859.

et celle de la systole proprement dite. La question est donc de savoir auquel de ces deux temps, delà présystole ou de la systole, le pouls cardiaque appartient.

L'observation, poursuivie pendant longtemps sur l'homme adulte, à l'état de santé et à l'état de maladie, m'a convaincu que le pouls cardiaque, dans toutes les circonstances, coïncide avec la systole.

Choc ondidatoire. — Il est des cas, à la vérité, où un soulèvement présystolique se fait remarquer à la région de la base du cœur. Il se continue même parfois dans le choc de la pointe, sous la forme d'un mouvement progressif ou péristaltique ; mais je n'ai pas besoin de rappeler que ce qu'on appelle le pouls cardiaque, c'est uniquement le choc de la pointe. Le soulèvement de la base, plus fort toujours au point qui correspond au ventricule droit, est l'effet de l'élargissement présystolique. Il se continue rapidement en un allongement et un rétrécissement systoliques,.et c'est de là que vient l'apparence de progression ondulatoire , ou , comme M. Malherbe de Nantes s'exprime , le choc en ondulation.

J'observe ce mouvement progressif et ce soulèvement à la base assez fréquemment chez les phthisiques, sans doute parce que chez eux les poumons ne peuvent pas , lors de l'inspiration, se glisser entre la base du cœur et le thorax, tantôt parce qu'ils sont rendus immobiles par l'induration tuberculeuse, tantôt parce qu'ils ont contracté adhérence avec la plèvre costale i.

M. Malherbe 2, qui a adopté les idées de M. Beau, pour ce qui regarde le choc du cœur, explique le choc en ondulation par un obstacle qui s'opposerait au dégorgement de l'oreillette dans le ventricule , dégorgement qui, à l'état normal, se ferait d'une manière instantanée. L'obstacle serait dû à un changement des rapports proportionnels entre les deux cavités , par suite soit du rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire, soit de l'ampliation de la capacité du ventricule. Skoda voit dans la progression du soulèvement de la base à la pointe, un effet de la locomotion du cœur. Il s'en fait même un argument en faveur de cette dernière. Je ne comprends cependant pas com-

1 Je pense que M. Malherbe est dans l'erreur quand il attribue cette position du cœur k l'hypertrophie avec dilatation des ventricules. (Brown-Sequard, Journal de Physiologie, t. H, p. 645.)

2 Loc. cit.

tuent la projection du cœur pourrait donner lieu à l'élévation successive de deux ou de plusieurs espaces intercostaux. La progression de la contraction elle-même est trop rapide pour expliquer, à son tour, le choc ondulatoire. Dès lors, ou le phénomène est inexplicable, où il est réellement dû au soulèvement présystolique.

Retrait présystolique. — A la pointe , la présystole est marquée par un retrait, chaque fois que le cœur y adhère à la paroi thoracique ou y est serré par une cause quelconque. Ceci a été développé plus haut, quand il s'est agi de déterminer la forme qu'affecte l'organe central de la circulation aux différentes phases de sa révolution '. Ainsi, quand le cœur est serré contre la paroi thoracique, dans une partie notable de son étendue, la présystole se manifeste :

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