‹ Mémoire sur les mouvements du cœurChapitre 35 sur 43 · QUATRIEME ARTICLE · texte numérisé non relu

QUATRIEME ARTICLE

DU JEU DES VALVULES AURICULO-VENTRICULAIRES ET DE SES EFFETS ACOUSTIOUES.

§ I. — DU JEU DES VALVULES AURICULO-VENTRICULAIRES.

Il a été dit plus haut que les anciens déjà, depuis Erasistrate, avaient compris le rôle de soupapes, qui est départi aux valvules du cœur. Harvey, Borelli, Claude Perrault, l'ont démontré aux modernes *.

Le jeu des valvules sigmoïdes est bien compris; toute discussion semble avoir cessé à leur égard. Mais il s'en faut qu'il en soit de même à l'égard des valvules auriculo-ventriculaires: leur mécanisme constitue même une des questions les plus embrouillées de la physiologie : à quel moment de la révolution du cœur sont-elles abaissées et relevées? quelle est la force qui opère leur abaissement et leur élévation? quelle forme prennent-elles pour effectuer l'occlusion de leur orifice? Voilà les points que nous aurons à élucider dans le présent article.

Exposons d'abord les opinions qui ont exercé une influence durable.

Théorie de Lower. — C'est à Lower que remonte l'opinion qu'on rencontre encore le plus communément aujourd'hui, à savoir : que les valvules sont des

' Voyez Haller, Elem. Physiol., edit. Lausann., t. I, p. 405. — Ce n'est qu'à titre de curiosité que je mentionne l'opinion singulière de Grabau, qui croit avoir démontré l'impossibilité que les valvules ferment jamais les orifices, et fonctionnent par conséquent comme soupapes. Les valvules et leurs cordages tendineux seraient de simples ligaments, au dire de Grabau, lesquels . dans la systole, par l'action des muscles papillaires, favorisent le rapprochement des parois des ventricules, et, dans la diastole, s'opposent à leur trop grand écartement. (Die vitale Théorie der Blutkreislaufes. Altona, 1841 , p. 15.)

Page 1