‹ Mémoire Sur Les moyens. suivi de quelques considérations relatives aux canaux et aux chemins de ferChapitre 6 sur 20 · PRIX · texte numérisé non relu

PRIX

d’achat.

pose.

dépense

totale.

Conduites principales.

Id. secondaires.

ï PENTE

100«» ou

Conduites principales.

Om 273

Id. secondaires.

Il 61 1

(1) Nous avons employé pour calculer le diamètre et le poids des tuyaux de fonte les deux formules suivantes de M. d’Aubuisson (Traité dTIydraulique ), en augmentant de moitié en sus ta quantité d’eau à débiter.

Dli:0,298

L est la longueur du tuyau.

Q la quantité d’eau à débiter.

H la hauteur de charge.

D le diamètre du tuyau.

SE épaisseur des parois du tuyau.

D diamètre.

La résistance des conduites en fonte , d’après la formule, du même ingé- * nieur : E — 0,0000i6.5 D H a été trouvée :

Pour les conduites de 0“0273 égale à une pression de 1000 mètres.

Pour celles de. . . . Oi^lOO égale à — 2187

C’est lO et 22 fois la pression que ces tuyaux auront à supporter. A Paris , le prix de la pose des tuyaux a été évalué comme il suit par M. Genieys.

A Lyon , celte dépense est beaucoup moindre : la fouille et le mouvement du pavé n’y coûtent que 1 à 2 f. par mètre courant ( 1 f. 50 pour des tuyaux de 0«’325 ). Le plomb et la main-d’œuvre du plombier estimés 1 fr. le küog. par M. Genieys, valent 0 f. 80. Le transport des tuyaux sur la tranchée et

La ville de Lyon qui s’étend sur les bords de deux rivières a une superficie d'environ 950 hectares dont 650 sont occupés parles maisons d^habitation. Les trois communes suburbaines présentent une surface bâtie de 350 hectares. C’est donc en tout 4 ,000 hectares pour une population agglomérée de 200,000 habitans.

La population totale trouvée par le recensement de 4844 , s’élève :

Pour la ville de Lyon à. . . . 455,959 âmes.

De la Guillotière . 25,730

De la Croix-Rousse. 4 8,790 DeVaise. . . . 5,505

Total. 205,962

les frais divers ont été évalués à 1 f. par 100 kil. Les conduites sont placées à une profondeur qui varie , selon leur diamètre, de 0™50 à 1®50.

Prix de la pose d’un mètre courant de tuyaux en fonte.

Diamètre des tuynus.

A Par».

A Lyon.

gfio

Les prix indiqués pour Lyon sont à peu prés ceux que la compagnie d’éclairage par le gâz paie à ses entrepreneurs. Les tuyaux sont assemblés avec du plomb fondu et des cordes goudronnées. A Grenoble, M. Gueymard s’est servi du ciment d’accum , ce qui a réduit la dépense à 2fr. 28 pour des conduites de 0®275 , à 1 f. 95 pour tes conduites de 0®i08, etc. Les tuyaux en fonte de fer reviennent aujourd’hui , à Lyon , à 30 f. les 100 kil. , quelque soit leur diamètre. Ilsont2“'50 à 2,75 de longueur. En novembre 1833, une fourniture importante a été adjugée pour la ville de Paris à 27 fr. 42 les cent kilogr.

ns

En admettant que la banlieue rurale renferma 13,962 individus, il en résulte que la ville et ses faubourgs renferment 200 babitans par hectare. A Paris, la densité de la population est plus grande, puisqu’elle excède 578 personnes par hectare , sans y comprendre les étrangers ( 942,055 individus sur 5450 hectares ),

Le développement de la voie publique de Lyon est approximativement de 4 50,000 mètres ou seulenient de 4 40,000 mètres, si l’on en retranche les parties dont Talimentation pourra s’effectuer au moyen de branchernens (4). Sur ces 440 kilomètres, 85 appartiennent à la ville de Lyon proprement dite et 25 aux trois autres communes. La dépense d’un système de distri iion générale d’eau serait :

Pente 0“0025. Pente

Conduites de ordre. . . 10,000“ 614,500^ 296,000f

Conduites de 2® ordre, é . 100,000 2,087,000 1,161,000

La différence en faveur du système proposé est de 4,244,500f.^ indépendamment des grands avantages inhérens et particuliers à ce système qui permet de produire sur tous les points de la ville des effets hydrauliques d’une grandeur inusitée (2) et de fournir de précieux se

(1) A Paris , le prix fixé par l’administration municipale pour une prise

d’eau sur une conduite posée en terre avec une longueur de tuyaux de plomb de 25™, y compris robinet d’arrêt et bouche à clé , est de. . . . 88^30

La dépense par mètre d’un tuyau en plomb de 0“027, au-delà de 25 mètres est , pavage compris , de 10,50

Ces prix seraient moitié moindres à Lyon.

(2) Supposons que l’on veuille établir sur la place Bellecour deux gerbe»

cours en cas d’inceiulie. Les évaluations précédentes ne comprennent point les travaux accessoires d’une distribution dans Lyon tels que les réservoirs pouvant contenir toutes les eaux amenées pendant 4 2 heures , c’està-dire ^2,960 mètres cubes, les fontaines et les bouches d'eau ouvertes sur la voie publique , etc. (t). ces différens objets porteraient le chiffre de la dépense totale à environ deux millions , abstraction faite des monumens de luxe semblables à ceux qu’on a élevés à si grands frais dans la Capitale.

Les eaux de la Loire destinées à alimenter l’aqueduc romain sont extrêmement pures, ainsi que le prouve

(l’eau débitant ensemble 400 pouces métriquc'S ou 0«"c0926 par seconde (les deux fontaines de la place de la Concorde débitent chacune 350 pouces et leurs jets s’élèvent à 12 mètres), le frottement de l’eau dans une conduite de0ï“273 de diamètre et dé 1600 mètres de longueur, équivaut à une charge de 20 mètres. Le sol de la place Bellecour est élevé de 5'"60 au-dessus du niveau de la Saône ; la pression utile sera donc de 110 mètres. Suivant M. d’Aubuisson, si l’on désigne par h la charge, par h’ la hauteur des jet* d’eau, on a : h’zzh — 0,01 h^. Ici h’ :z:: — 11“ , ce qui décèle une erreur dans la formule, puisque la valeur trouvée est négative. Nous pensons que dans le cas de très-grandes charges.comme celle dont il s’agit ici , on peut dire : h’ nr h — 0,005 h^. Cette dernière équation donne pour l’élévation

des jets 49“50

Mais il convient d’en retrancher 20 pour cent pour la perte causée par les ajustages coniques 9 90

Il reste 39 60

Les jets de la place Bellecour s’élèveraient donc à 39®60 , c’est-à-dire à deux fois la hauteur des Façades.

(1) I! sera probablement nécessaire d’établir deux châteaux d’eau, l’un à Fourvières, au débouché de l’aqueduc; l’autre à la Croix-Rousse, afin d’assurer l’approvisionnement de celte partie haute de la ville , pendant le jeu des fontaines situées dans les bas quartiers. Une conduite de 2,700 mètres de longueur et de 0“282 de diamètre débitant, sous une charge de 20“> 0o»c 05 par seconde, coûterait 83,484 fr.

l’analyse suivante de M. Janfeot (1), répétiteur de chimie à l’école des mines de Saint-Etienne.

L’eau soumise à l’analyse a été puisée dans la Loire qui était alors navigable , le 2 décembre , au Pertuiset, près de Firminy. Elle contient 0 gr. 00058 de limon dont la pesanteur spécifique est de i,5y c'est i mètre cube pour 2,506 de fluide.

\ ” Essais qualitatifs par divers réactifs,.

A\ec le chlorure de baryum. Trouble très-léger sur le moment; après plusieurs jours , léger dépôt blanc.

Azotate d'argent. La liqueur est devenue un peu opaline et n’a pas changé d'état après 24 heures.

Ammoniaque liquide. Pas de réaction dans le moment même. Après 24 heures^ grumeaux blanc? en suspension dans la liqueur.

Oxalate d'ammoniaque. Trouble très-faible. Après 24 heures, dépôt blanc sur les parois du verre.

Savon. Dissolution parfaite; légère opalinité sans formation de grumeaux. Ces essais quisontdéjà concluans ont été suivis d’une analyse complète dont voici les résultats :

Sur ^ litre :

Produits gazeux. Acide carbonique. . ^centii. 28

Azote. . ... \ 70

Oxigène. .... 80

(1) Nous nous empressons de donner à M. Janicot un témoignage public de noire gratitude pour le travail dont il a bien voulu se charger et dont il s’est acquitté avec un talent égal à sa complaisance.

L’eau de la Loire renferme autant de gaz que les meilleures eaux de rivière j c’est une excellente eau potable. Celle delà Saône qui a été analysée par M. Bineau renferme sur 4 litre Ogr.4 41 de matières salines dont Ogr. 005 de sulfate de chaux et Ogr.454 d'acide carbonique. Elle contient à peu près autant d’air et d’acide carbonique que l’eau de la Loire.

Celle-ci, par la faible proportion de carbonate de chaux qu'elle contient et en vertu de son extrême pureté favorisera l’oxidation de la fonte et la production des tubercules ferrugineux. Le dépôt calcaire qui prévient cette oxidation est du reste beaucoup plus fâcheux que la formation des tubercules dont il est facile de se garantir. M. Vicat a indiqué pour cela un moyen bien simple, qui consiste à couvrir les parois intérieures des tuyaux d’une couche de mortier hydraulique de 0'"0025 d’épaisseur. M. Juncker, ingénieur des mines, d’Huelgoat ( Finistère ) où il a fait construire avec le plus grand- succès une machine à colonne

Produits solides. Silice Ogr

Carbonate de chaux. 0

Oxide de fer. ... 0

Sulfate de chaux . . 0

Matières organiques . 0

Sels alcalins et déliquescens.

Chlorure de sodium*’ )

id. de calcium / ^

idv de magnésium. ... I

d’eau (I), est parvenu h corriger la porosité des tuyaux de fonte et à les préserver de raclion des eaux acides en les remplissant d’huile de lin siccative au lieu d’eau ^ et en les soumettant à l’épreuve ordinaire au moyen d’une pompe alimentée elle-même avec de l’huile de lin (2).

L’essai des conduites avec l’huile est sans doute plus coûteux qu’avec l’eau , mais il doit être adopté partout où l’on a à redouter l’oxidation. L’opinion de M. Junckerrepose surtrois années d’expérience. L’enduit préservatif de M. Vicat n’offrirait peut-être pas la même sécurité, et il a d’ailleurs l’inconvénient de diminuer la section des tuyaux.

De nombreux projets ont été proposés pour fournir des eaux à la ville de Lyon. La dérivation des sources de la rive gauche de la Saône a séduit beaucoup de bons esprits. On se procurerait ainsi une quantité d’eau peu considérable niais constante et toujours fraîche en

(1) Celte machine élève de 230 mètres de profondeur 1™ c 792 d’eau par minute. La quantité d’eau dépensée dans le même temps est de 10"’34 tombant de 60 mètres de hauteur. C’est un effet utile de 0,646. 'L’appareil moteur à simple effet et une machine de rechange ne coûtent par année que 5,000 fr. d’entretien, y compris 3,200 fr. pour le personnel. ( V. Annales des Mines , 1835. )

(2) M. Bron, teinturier à Saint-Etienne, avait employé, il y a 15 ou 20 ans , un procédé analogue. Il plongeait ses tuyaux de fonte dans l’huile bouillante et évitait ainsi leur oxidation. On connaissait à Saint-Etienne cet effet chimique des eaux douces long-temps avant que M. Gueymard l’eut signalé au monde savant. Cet ingénieur ne soupçonnait pas, en 1829, trois ans après rétablissement des conduites de Grenoble, la formation des tubercules. Consulté par une commission du conseil municipal de Saint-Etienne, qui plaça sous ses yeux un bourneau engorgé de concrétions ferrugineuses, il répondit que rien de semblable n’était à craindre à Grenoble.

AO

été. Malheureusement , la dépense à faire ne serait peutêtre pas en rapport avec le résultat obtenu. 11 faudrait creuser un tunnel-aqueduc de 4 “85 sur 4 "’50 à une profondeur moyenne de 50 mètres au dessous du sol. Cetouvrage élabli dans des roches très-résistantes, pourrait s’exécuter pour 200f. le mètre courant (1). Mais si l’aqueduc de ^2 kilomètres de longueur rencontrait des terrains mouvans, les dépenses s’accroîtraient à tel point qu’il serait sans doute préférable de suivre à la surface du terrain les sinuosités des coteaux de la Saône. Cette difOculté aplanie, vient celle de l’achat des eaux qui servent de moteur à plusieurs usines. La ville du Havre a payé 500f. par pouce et par an une source dont le produit est de 50 pouces. A ce prix, les sources de Roye et de Neuville qui fournissent 41^,55 pouces métriques donneraient un beau revenu à leurs propriétaires. Le point d’arrivée à Lyon ne serait qu’à 51 mètres au-dessus de Téliage de la Saône; de là résulterait la nécessité de recourir aux machines pour alimenter les hauts quartiers. Quant aux qualités tinctoriales des eaux de Roye , elles sont réelles pour certaines applications et négatives pour d’autres. Si les sels calcaires avivent les couleurs et perm citent d’obtenir des blancs plus parfaits sur soie (2) , d’un autre

(1) Les percemens soulerrains de la rigole de Couzon à la Grand-Croix, onl coûté 180 fr. le mètre courant pour 2 mètres de largeur dans un rocher très-solide et sans maçonnerie. Les tunnels du chemin de fer à Terre-Noire et a Rive-de-Gier creusés dans le terrain houiller avec une largeur de 3 mèt. seulement, reviennent à 1,000 fr. le mètre.

(2^ MM. David, àSl-Elicnne, et Pochet-Derlhollon , à Givors, rivalisent

coté, riniporlanle opération du décrusage exige une proportion beaucoup plus forte de savon avec des eaux chargées de carbonate de chaux qu'avec des eaux douces. A Lyon , on emploie de 4 8 à 55 parties de savon pour décruser 400 parties de soie. A Saint- Etienne, avec les eaux du Furens (4), cette proportion n’est que de 46 à 4 7 pour 0/0. Les conduites alimentées par une eau chargée de sels calcaires peuvent être engorgées de concrétions et obstruées en un petit nombre d’années. Cet inconvénient capital n’est pas sans remède, mais il serait difficile d’obtenir la précipitation d’une quantité notable de carbonate de chaux au moyen de chutes disposées de manière à favoriser le dégagement de l’acide carbonique. M. Jourdan a encore proposé de conserver la composition primitive de l’eau , en la faisant couler dans un tunnel au niveau des sources , sans qu elles aient paru à la lumière et à l'air , mais alors , et cela est bien plus grave, les dépôts calcaires auront lieu en entier dans les

pour la teinlure des soies en couleur blanche, avec les établissemens lyonnais qui possèdent des sources d’eau calcarifére.

(1) L’eau du Furens est si pure, que les réactifs n’indiquent même pas de sels calcaires, dit M. Dupasquier qui en fait l’analyse qualitative suivante ;

lo Essai par le chlorure de baryum. On n’aperçoit dans l’eau aucun phénomène de réaction , elle reste parfaitement limpide.

20 Essai par Vazotale d'argent avec addition d’acide azotique. Opalinité très-peu sensible.

30 Essai par l'oxalate d’ammoniaque. Point de réaction sensible, l’eau reste parfaitement claire et limpide.

40 Ammoniaque liquide. Pas de réaction apparente.

50 Savon. Solution parfaite , très-faible opalinité.

tuyaux de conduite , parce qu’il sera impossible d^éviter l’accès de Fair par suite de Fintermittence de la circulation des eaux (4). En dernier résultat, les 4hl pouces fournis parla dérivation deRoye et de Neuville ne sauraient sufûre aux besoins de la ville de Lyon et ne reviendraient pas à moins de 500 f. par an et par pouce, sans compter la dépense nécessaire pour en élever une partie à plus de 51 mètres au-dessus du niveau de la Saône.

Cette conclusion est peu favorable au projet de Roye et nous croyons qu’il est prudent d’y renoncer.

L’énorme force motrice que le Rhône et la Saône pourraient fournir en barrant leurs lits, offrirait le moyen d’établir un vaste système de distribution d’eau , si les conditions auxquelles on devrait s’assujétir pour conjurer le danger des inondations, n’étaient un obstacle presque invincible à l’adoption de ce plan. A Paris, où un projet semblable est à l’étude depuis plusieurs années, il a été question d’abord d’installer au pont Notre-Dame , un barrage mobile créant une chute de 0"’70 à 0,75 en temps de crue, et de 4 "’SO à Fétiage. Aujourd'hui, d’après M. Arago, ce barrage serait construit au Pont-Neuf, à la jonction des deux

(1) L’eau de la source de Saint-Clément , à Montpellier, contient à peu près la même quantité de carbonate de chaux que celle des quatre sources de Roye et de Neuville. Des incrustations calcaires se sont formées non-seulement dans l’aqueduc dont la longueur est de 14,000 mètres, mais encore dans des tuyaux de l’intérieur de la ville. M. Lenthéric attribue ces dernières incrustations aux chocs qu’éprouvent les colonnes liquides animées d’une grande vitesse, et à l’introduction de l’air dans les tuyaux qui ne sont pas toujours pleins.

bras de. la Seine , et serait élevé de 5 ou 4 métrés audessus des basses eaux. Les 400 mètres cubes par seconde que fournit le fleuve pendant son éliage , représenteraient 500 à 400 unités dynamiques ( chacune de dOOOkilogr. élevés à 4 mètre par seconde) ou 4000 à 5555 chevaux'théoriques (4 ) .

A Lyon, le Rhône, à son extrême étiage, roule au moins 250 mètres cubes , et la Saône 50 mètres cubes d’eau (2) par seconde. La difficulté ne serait pas d'utiliser cette puissance hydraulique pendant les basses eaux, mais bien pendant les crues. Le moindre exhaussement du lit ayant pour effet de diminuer le débouché et la vitesse du courant , la submersion de la ville et des campagnes voisines serait inévitable, à certaines époques. Les barrages d’une faible élévation disparaissent pendant les grandes eaux ; et pour se procurer une chute de 0“50 , on produirait peut-être en amont un regonflement de plus d’un mètre. Quels désastres en seraient la conséquence 1

(J) A Paris , où chacun des deux bras de la Seine peut débiter une grande partie des eaux du fleuve, le danger serait moins grand , mais il subsisterait toujours. M. Mondot de la Gorce a étudié un projet de barrage en aval du Rhône et de la Saône, dans lequel les plus habiles dispositions ont été prises pour prévenir les inondations. Mais sous l’impression des souvenirs de 1840, le conseil municipal de Lyon a refusé son assentiment à ce projet.

(2) Le Rhin qui reçoit les 4;5 des eaux de la Suisse, débite, pendant l’étiage ;

A Bâle

A Kehl

La Garonne (à Toulouse). . . .

La Loire (à Orléans)

Le Rhône (à Lyon)

Id, (à Arles). ......

330 mét. cubes par seconde.

En 1839 , nous avons présenté à l'administration I® tracé d'un canal de dérivation du Rhône, qui partant de Jonajje , aurait servi tout à la fois à arroser les plaines de la rive gauche du fleuve, et à les défendre contre les submersions. Ce canal aurait pu être prolongé jusqu'au-delà du confluent des rivières , en enveloppant les Brotteaux et la Guilloticre; mais la force motrice produite par la chute de ses eaux dans le Rhône eut été soumise à des variations continuelles suivant la hauteur du fleuve. Si l'on n’avait en vue que l'intérêt de la ville de Lyon , une dérivation sur la rive droite serait sans doute préférable. La prise d’eau pourrait être établie à l’embouchure de l’Ain^ à 28 kilomètres des abords de Lyon. Le canal traverserait la plaine de Montluel et se développerait ensuite sur le flanc des coteaux entre Miribel et le faubourg de Bresse. La pente moyenne du Rhône dans cette partie de son cours est de 0'”00065 ou de 1 7*^6 4 sur 28 hilomètres. Un canal de 5 mètres de largeur au plafond de ^ "50 de profondeur d'eau , avec des talus de 4 5° et une pente de 0"’0002 débiterait par seconde 7,3147 mètres cubes (1). Dans la plaine de Montluel où une grande surface serait arrosable , il conviendrait de donner 7 mètres de plafond, afin de porter son débit à iO mètres cubes. L’inclinaison de cette rigole de 28 kilomètres de longueur étant de 5"’G0, il resterait une chute de^2"’04 qui se réduirait à 8 mètres lors des grandes

(1) La vitesse moyenne de Teau serait de 0'” 753 par seconde. Cette vitesse est suffisante pour le transport des eauv troubles qui sont favorables à l’agriculture et à la conservation des berges.

iS

eaux ordinaires et à 6'“50 lors({ue le Rhône s’élèverait comme en octobre 4 840^ de 5'"54 au-dessus de l’étiage. H résulte des opérations rhôno métriques faites à Lyon , à l’échelle du Pont-Lafayette, pendant ^5 années ( de I82G à ^840), que les hauteurs moyennes annuelles des eaux sont :

Maximum 5m. 4 4

Minimum 0 28

Moyenne 4 44

En admetant que , déduction faite des pertes d’eau , le canal fournît 7 mètres cubes par seconde à l’entrée de Lyon, I mètre cube pourrait être consacré au lavage des rues et le surplus tombant de G'"50 de hauteur servirait à élever 0'“50 d’eau à G5 mètres (4) ou 0™ 1 5 à 4 50 mètres. Les 55,24 unités d ynamiques restant disponibles, durant l’étiage , s’affermeraient à 5,000 fr. l’une (à raison des variations causées par les crues ) environ 4 00,000f. par an et remplaceraient avec avantage les moulins à nef qui gênent la navigation et tendent à éloigner le courant du fleuve des quais de Lyon. La dépense de ce canal qui, sur une? grande partie de son développement, serait à mi-coteau, s’élèverait approximativement à 200 fr. par mètre courant ou à 5,G00,000 fr. (2). En retranchant de cette

(1) Oa compte ici 0,50 d’effet utile obteuu par des roûe§ hydrauliques et des pompes élévatoires. L’eau élevée serait prise dans le Rhône au moyen de galeries-filtres.

(2) Le canal de l’Ourcq qui , par ses dimensions et les conditions de son tracé, présente beaucoup d’analogie avec celui que nous proposons , a coûté 280 fr. le mètre courant ; mais les dispositions particulières aux canaux navigables ont accru le chiffr» de la dépansc. Les irrigations sur la rive droite du Rhône seraient, dans l’avenir, une nouvelle source de produits. 1,000 hectares arrosés, à 30 fr, l’un, donneraient un revenu de 30,000 fr.

somme le capital correspondant au loyer des usines, on voit que les frais à la charge de la ville, n’excéderaient pas . 5,600,000 fr.

Les appareils mécaniques peuvent être évalués (à cause du peu de hauteur de la chute d’eau) à 6000f. par

unité dynamique, ci 254,000

En ajoutant pour les filtres, lesemplacemens , les réservoirs , etc.. . 466,000

On trouve un total de . . . . 4,000,000 fr,

L’entretien'du canal , des machines hydrauliques , des- filtres, etc., coûterait, avec les frais de surveillance et -d’administration 400,000 fr. par année, ce qui porte le capital à 6,000,000 fr. ‘Moyennant cette somme, la ville de Lyon recevrait une quantité d’eau égale à celle fournie par l’aqueduc du Mont-Pilat restauré, à une hauteur moitié moindre , il est vrai, mais elle aurait de plus un mètre cube d’eau par seconde applicable au lavage des rues et des égouts. Si des obstacles que nous ne prévoyons pas , s’opposaient au rétablissement de Taqueduc romain , ce projet est certainement celui que nous adopterions. On ne saurait lui comparer une dérivation de l’Ain qui , pour amener des eaux à 45'"65 au-dessus de l’étiage du Rhône , aurait au moins 60 kilomètres (I) et coûterait plus de

(1) La pente moyenne de l’Ain entre Poncins et son embouchure, est de

0“001 sur 40 kilom. C’est 40™00

Pente du Rhône. ... 17 64

Total 57 64

En donnant à l’aqueduc de 60 kilom. 0,0002 ou 12 00

Il reste. . .

6 millions. 11 faut aussi renoncer à Ticlée émise par M. A. Flacheron, de réparer les aqueducs antiques du Mont-d'Or et de la Brevenne (I), faute des eaux nécessaires pour les alimenter. Les sources dérivées par leâ Romains existent encore, mais elles ont reçu une destination utile , et c’est d’alleurs une grave question d’économie sociale , que de savoir si l’on a le droit d’exproprier une population des eaux dont elle jouit et qui lui sont indispensables. C’est ainsi que les belles sources à' Eure et di Airan , près d’Uzès , ne pourraient plus être enlevées au pays qu’elles enrichissent , pour couler comme autrefois dans l’aqueduc du pont du Gard (2) ; c’est ainsi que nous-même nous n’aurions pas songé à l’aqueduc du Mont-Pilat , si nous n’avions pas trouvé d’autres eaux d’alimentation que celles de Gier.

Il nous reste à dire un mot de l’emploi des machines à vapeur. Ce moyen paraît être, au premier abord, le plus simple et le plus sur pour fournir des eaux à une ville assise sur les rives de deux fleuves ; mais en réalité, il occasionerait une dépense très-considérable. Qu’il s’agisse, par exemple , d’élever 0,50 mètres cubes d’eau par seconde à 4 55"'60 : ajoutons à ce chiffre 44'"40 pour la charge des filtres et le frotte-

(1) L’académie de Lyon a décerné, en 1834, une médaille d’or à M. A. Flaeheron , pour un mémoire proposant la restauration de l’aqueduc de la Bre venue.

(2) Les habitans de Nîmes ont souvent réclamé la restauration de cet aqueduc , et voici comment l’un d’eux s’exprimait à ce sujet , dés 1560 ; « Il est à craindre que notre incurie et ce temps gourmand n’y montrent et exercent leurs forces , comme à la plupart de nos excellentes antiquités ; nous aurions besoin d’un Julius Fronlinus, préfet et commissaire des eaux; d’un Auguste, ou bien de son gendre Agrippa... »

ment dans les colonnes d’ascension , etc., l'eau devra être portée à une hauteur équivalente ù 4 50 mètres. Pour obtenir ce résultat, il faudra une puissance de 750 chevaux-vapeur (en évaluant à 0,20 la résistance des pompes) , et de 4 500 chevaux avec les machines de rechange. Ces appareils , construits dans le système de Cornouailles , coûteraient à 500 fr. par cheval.

ci 450,000 fr.

Chaudières, à 4 50- fr. . . . . 225,000 Pompes; colonnes d’ascension, etc. 225^000 Filtres ......... 400,000

Batimens, réservoirs, etc. . . . 200,000 Terrains et frais divers. .... 500,000

Total .... 4 ,500,000 fr, Dépenses annuelles.

Houille (1)4 5 kilog. par heure et par cheval 9,855 tonnes par an à 4 8f. ...... 477,590fr.

Entretien et renouvellement des machines à vapeur et des pompes. . . . 55,750

Entretien des chaudières à 2f. par tonne de houille brûlée. . . . . . . . 49,740

Salaire des chauffeurs a 4 f. id. . 9,8.55

Salaire des machinistes 40,000

Entretien des hatimens 4 pour 0/0. . 2,000

Entretien des filtres a 4f. par 4 ,000

A reporter. . . . 252,705fr.

(1) D’après M. Combes (Annales des Mines, ), les machines de Cornouailles consomment moyennement 1 k 6255 par heure et par force de cheval. La grande machine de Rive-(ie-Gier (iOO chevaux), venue d’Angleterre, consomme 1 k 3. La moyenne de ces deux chiffres est 1 k 5.

252,705fr.

Report.

mètres cubes d’eau filtrée 9,4G0

Intérêt du capital 5 pour 0/0. . . 75,000 Administration et surveillance. . . 5,000

542,4 65fr.

C’est 456f.22 par an et par clieval ou 0f.056 par mètre cube d’eau élevé. Si l’on se contentait de porter l’eau h 50 mètres ( minimum de hauteur ) , le capital d’établissement serait réduit d’environ moitié et les frais d’entretien n'étant pas proportionnels à la force des machines ne descendraient pas au-dessous de 4 50,000f. ( GOOf. par cheval). Dans cette hypothèse, il faudrait agrandir la section de tuyaux de distribution , ce qui augmenterait la dépense de 4 ,244,500 f. ou de G2,G25f. par an, plus, de 4 2,445 f. pour l’entretien de ces mêmes tuyaux ; en sorte que les frais annuels s’élèveraient à 224,G70f. ( 0,0257 par kilolitre ). Dans notre système , cette somme peut être réduite à 4 75,574 f. pour le même volume d’eau livré à 4 55'"G0 de hauteur : c’est Ofr.04 8 par kilolitre. Nous renvoyons au chapitre II de cet opuscule pour l’exposition de ce système auquel se lient d’autres combinaisons et d’autres intérêts.

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