‹ Mémoire sur les peintures que Polygnote avait exécutées dans la lesché de DelphesChapitre 3 sur 15 · Tome XXXIV · texte numérisé non relu

Tome XXXIV

i8 MEMOIRE

même nombre do figures pcinles. Lelronne^ a parfailemenl raison, quand il fait remarquer que Pausanias ne parle ni du fond, ni du milieu de la lesché. Cet écrivain distingue la composition de droite et celle de gauche; il énumère Tune après l'autre, les figures comprises dans chacune de ces compositions, et, indépendamment du nombre qui est à très-peu de chose près le même de chaque côté, on verra, j'espère, par l'étude qui fait l'objet principal de ce Mémoire, qu'il régnait entre les deux moitiés du travail de Polygnote, un parallélisme rigoureux.

Cependant pouvait-il exister chez les Grecs une lesché qui, pour la forme et la disposition, n'eût rien de commun avec les autres? Quoique l'expression de lesché n'ai! , pas plus que celle iVexèdre , de rapport avec le plan du monument qu'elle désigne, puisque l'une veut dire lieu de conversation et l'autre salle où l'on pent s'asseoir , je ne puis admettre que la première ail comporté dans l'usage une aussi grande variété de forme que la seconde. D'abord, l'exèdre en forme de sigma lunaire n'est qu'une espèce, et l'on a vu que dans tous les cas, sauf celui de Delphes, la lesché, chez les Grecs, avait pour synonyme Yhémicycle, mol qui implique un plan déterminé et toujours le même. Ensuite, le luxe des Romains, et l'extension prodigieuse qu'ils avaient donnée à leurs habitations, prêlaient à une grande richesse d'imagination dans le plan des édifices et de leurs diverses parties, contrairement à ce qui se passait chez les Grecs, qui, soit par indigence, soit par principe, se contentaient de varier légèrement des formes presque toujours semblables : coutume ou nécessité plus impérieuse encore à Delphes que partout ailleurs, à cause de l'étrange disposition du terrain dont j'ai déjà parlé, et sur laquelle il me semble qu'on ne saurait trop insister.

On n'a pas de débris certains de la lesché des Cnidiens, et les divers érudils qui se sont occupés de la topographie de Delphes ne sont pas d'accord sur l'emplacement de cet édifice. Toutefois, après avoir vu les lieux, j'ai toujours été disposé à m'en rapporter aux observations d'Ulrichs -, dont l'élude me semble avoir été conduite avec autant d'intelligence que d'exactitude. Ce voyageur signale comme vestige de la lesché un mur de soubasse-

' Lettres d'un antiquaire à un artiste, p. 189.

^ Ifeisen und Forschunçjeu in Criechenktnd , Brème, 1840, p. 39.

meiil caché de son temps dans un magasin à foin, et situé à Torient du lliéâtie. Celte position pafaît assez bien fixée par celle de la fontaine Cassotis, déterminée par Ulrichs, et que Pausanias place immédiatement audessous de la lesclîé. M. Curtius ' s'en rapporte à Ulrichs sur ce point de ses recherches, 31. Thiersch- le conteste, mais dans tous les cas Texistence de ce mur de soutènement, qui ne parait pas avoir été déblayé, est entièrement insuffisante pour faire connaître le plan et la forme de Fédifice qu'il supportait. Tout ce qu'on en peut conclure , c'est que la lesché ne devait pas occuper un emplacement considérable, et qu'elle s'étendait dans le sens du travers de la vallée de l'est à l'ouest. Ici se représente l'hypothèse proposée par Letronne, d'un monument en forme de parallélogramme, dont chacune des deux murailles, développées dans le sens de la longueur, aurait porté l'une des deux compositions de Polygnole ; on verra plus loin que chaque composition se divisait en deux bandes superposées, dont la plus basse se prolongeait notablement des deux côtés par comparaison avec la plus haute. Je suis disposé à croire ([u'alors le spectateur n'aurait pas eu assez de reculée, et qu'il aurait été impossible de saisir d'un coup d'oeil l'ensemble de la composition, inconvénient que l'artiste avait dû éviter à tout prix.

D'ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que c'était une lesché, et que trèsprobablement celte lesché renfermait au moins un hémicycle, sans quoi le monument n'aurait répondu ni à son nom , ni à son objet. Alors , au lieu de ces deux ouvertures placées à chaque extrémité, on peut s'imaginer (|u'à l'un ou à l'autre bout se développait un banc en demi-cercle. Mais cet hémicycle n'aurait eu qu'une faible importance en comi)araison du reste de monument, et si les peintures de Polygnote n'allaient pas jusque-là, quelle en pouvait être la décoration? Représentons-nous, dans une autre hypothèse, le parallélogramme comme beaucoup moins allongé , et la première composition se développant autour de l'hémicycle : alors la lesché nous apparaît comme une chapelle chrétienne , dont l'abside serait peinte, et qui montrerait en face, à Textrémité opposée, un second ensemble de composition. A

' Aiiecdota Delphica , Berlin, 1843, p. 15.

•^ Ûher die Topographie von Delphi, dans les Mémoires de l' Académie royale de Munich pour 1840, pp. \ et suiv.

iO MEMOIRE

ctMlc L'xplicalion , on aura raison crobjecler que d'une pari Pausanias, parlant de la droite et de la gauche, sans aucune nuance de distinction, nul n'est autorisé à introduire une disposition différente dans les deux côtés de rédifice, et de plus, ainsi cpi'on le verra dans la suite de ce Mémoire, rarrangenienl matériel des deux parties était exactement semblable. Ainsi la dilliculté recule devant nous, et le problème n'est pas encore résolu.

Je remarque que la lesché , selon l'opinion d'Ulricbs à laquelle je me range, était située sur l'un des côtés du théâtre. La place qu'elle occupe rappelle la situation analogue du petit théâtre de Pompéi par rapport au grand, et tout le monde a reconnu que ce petit théâtre était un odéon , destiné à l'exécution de la musique et aux récitations de moindre importance. Les auteurs anciens ne font aucune mention d'un odéon comme ayant existé à Delphes , et sur le terrain on n'en retrouve pas de vestige. Cependant, si nous ne nous sommes ])as trompé , dans l'explication que nous avons donnée de la phrase où Pausanias indique la destination de la lesché, cet édifice devait avoir fréquemment le même emploi que l'odéon, et, pour cet objet, un assez grand nombre de spectateurs devaient s'y trouver commodément assis. On ne peut , il est vrai, supposer l'existence de gradins échelonnés les uns au-dessus des autres : les leschés n'admettaient qu'un banc en demi-cercle, et derrière des gradins, les peintures de Polygnote auraient été placées à une trop grande hauteur.

Pour sortir de la difficulté, tout en restant fidèle à la donnée fondamentale d'une lescltc, voici le procédé que j'emploie. Je prends le plan de la lesché couverte et peinte, Hay-ri -oivAn , de Pompéi, avec le prolongement rectiligne des deux extrémités de l'hémicycle, et j'adapte au côté opposé un second hémicycle de la même dimension que le pi-emier. Par ce moyen j'obtiens un plan, d'une disposition inusitée, j'en conviens, mais qui semble révéler le principe qui, dans les amphithéâtres des Romains, s'est développé sur une grande échelle. Nous avons sous les yeux une ellipse élégante, et (prou aurait pu nommer amphilesché , par la même raison qu'on appela umphithééUre , deux théâtres placés en face l'un de l'autre et réunis par les côtés d'une ellipse. Avec cet arrangement, nous retrouvons aisément la place de tous les accessoires dont il a été jusqu'ici question, ou dont l'étude des peintures elles-mêmes nous fera connaître l'existence. La porte s'ouvre , soit

au nord vers les entrées latérales du théâtre et près de Tliéroon de Néoplolème , soit plutôt au sud avec des degrés qui conduisent à la source Cassotis. Du côté de la porte, et au-dessus du prolongement de la peinture, deux larges ouvertures font pénétrer la lumière et laissent apercevoir le revers opposé de la vallée du Plistus. D'autres baies correspondantes sur l'autre face, achèvent de donner accès à la lumière selon les heures du jour et les saisons de Tannée. Entre ces ouvertures, et en face de la porte, est un espace ])ropre à recevoir des tableaux , et les statues sont placées un peu en avant sur leurs piédestaux. Les deux absides à droite et à gauche sont occupées jusqu'à la corniche par les peintures de Polygnote. Au-dessous régnent les bancs ordinaires de la lesché, qui se prolongent dans le reste de l'édifice , sauf la place occupée par la porte et par les piédestaux des statues. Dans un tel monument, le lecteur ou le chanteur devait être placé au milieu de l'assemblée, debout entre les auditeurs assis, tel que nous le trouvons sur des vases à figures noires aussi bien que sur quehiues-uns du plus beau style K

On voit que la donnée principale de mon explication consiste à envisager les deux compositions de Polygnote comme se développant chacune autour d'un hémicycle, offrant, en conséquence, malgré leur étendue, un ensemble saisissable d'un seul coup d'oeil, et se correspondant exactement dans toutes leurs parties.

DE LA DISPOSITION DES PEINTURES DE POLYGNOTE, A DELPHES; DE LA MANIÈRE DE PEINDRE ET DU STYLE DE CET ARTISTE.

Je n'ai pas besoin de dire que, dans ce système, les peintures de Polygnote n'ont pu être exécutées que d'une seule manière, c'est-à-dire en liaison inlimeavec l'architecture dont elles forment la décoration, et par consécpienl

' On i)ciit voir, par exemple, les réunions de divinités où Apollon occupe le centre, soit comme cilliarèdc, soit comme chanteur. Gerhard, Anscrlcsene Vusetibilder, pi. XXV, XXVII-XXX, XXXII-XXXV, XXXIX, XL. — Lenormant et de Wittc, Élite des nionum, céramogruphiqui's, 1. II, pi. XV, XXIII B, XXIV-XXVI, XXIX, XXX, etc.

sur la paroi. C'est assez laisser voir que, dans la (lueslion qui a Mop longlemps divisé deux antiquaires célèbres, je n'ai jamais hésité sur le parti qu'il lallail prendre, et que j'ai toujours considéré comme dépourvu de preuve, de fondement et de vraisemblable , le système dans lequel aucun des artistes célèbres de l'antiquité n'aurait peint les murailles des édifices. Pendant mon second voyage de Grèce, j'ai examiné scrupuleusement les murailles du temple de Thésée , et celles de la Pinacothèque des Propylées : dans ce dernier édifice, il m'a semblé que la muraille intérieure avait été bûcliée pour recevoir l'enduit propre à supporter la peinture ', et quant au temple de Thésée , j'ai acquis, à la suite de 31. Thiersch -, la conviction que les stucs sur lesquels Micon et Polygnote avaient tracé leurs compositions , subsistaient encore. Je suis profondément convaincu qu'il en était de même pour le Pœcile, et l'assertion de Synésius-^ ne me touche pas plus que la phrase de Pline, sur laquelle Bœttiger * avait échafaudé son système, à une époque,' il faut le dire, où la connaissance des monuments grecs était encore imparfaite. Du temps de Pausanias, plusieurs des peintures de la Pinacothèque étaient déjà presque effacées. Pourquoi s'étonner si l'évèque Synésius, qui vivait trois cents ans plus tard , ne retrouva plus dans le Pœcile aucun vestige des tableaux qui avaient fait autrefois sa renommée? Si le pieux écrivain avait été antiquaire, il eût remarqué sur les parois la trace des anciens enduits, au lieu de s'en rapporter à l'explication (pie lui donnaient des exégètes embarrassés de ne pouvojr répondre à un homme plus instruit que le commun des voyageurs. L'anecdote du proconsul romain qui aurait emporté les tableaux du Pœcile n'était qu'une défaite, comme de nos jours encore, en ont à leur disposition les ciceroni qui ne peuvent satisfaire la curiosité des touristes. Et quant à Pline "*, on l'a fait voir avant moi ^ son assertion n'a trait

' Lelronne, Lettres d'un antiquaire à un artiste, p. 110. — Voy. cependant Rliangabé, Jleviie archédoçiique , 1846, pp. 242 et suiv.

2 Dans Letronne, Lettres d'un antiquaire à un artiste, p. 101. — Voy. K. Ottfr. Mûllcr, Handhuch der Archœologie , § 209. — Semper, Bemerkungen iiber vielfarbige Architectur und Srulptur, p. 49. — Rliangabé, Revue archéologique , 184G, ])p. 259 et suiv.

"' Epist. I5S.

* Ideeu zur Arcliœologie der Mulerei, p. 281.

^ Hist. nat., XXXV, 37.

'' Lelronne, Lettres d'un antiquaire ù un artiste, pp. 209 et suiv.

qu'à Rome et aux provinces les plus voisines, où en effet les maîtres de Part n'ayant jamais appliqué leur talent à la décoration des édifices, il n'y avait de peintures du premier ordre que les tableaux apportés de la Grèce. De[)uis qu'on a mieux étudié la composition de VHisloire naturelle, on voit que cet ouvrage , loin d'être formé d'observations et de connaissances propres à l'auteur, n'est qu'un composé de déclamations plus ou moins éloquentes, plus ou moins affectées , résultat des nombreux extraits que fournissaient à l'écrivain les liùrarii de sa maison. Dans un ouvrage sur les peintures de Paris, malgré le mérite des fresques qui existent au Val-de-Gràce , aux Invalides, au Louvre et à la Bibliothèque impériale , si l'on voulait désigner Ico chefsd'œuvre qu'on peut admirer chez nous, on pourrait dire qu'il n'y a dans cette capitale de productions du premier oi'dre que parmi les tableaux sur toile et sur bois, et avec un peu d'emphase dans l'expression , on arriverait à écrire une phrase semblable à celle de Pline : Nulla gloria artificum est , nisi eorum qtii tabulas pinxere. C'est sans doute une proposition du même genre que cet écnivain aura empruntée à quelque ouvrage sur Rome , et à laquelle il aura donné une forme générale et absolue.

Celui des archéologues qui s'est occupé avec le plus de persévérance et d'attention des peintures de la lesché de Delphes, M. Welcker, est aussi l'auteur des meilleures remarques qu'on ait publiées sur le style propre aux peintures de Polygnote, et sur les monuments qui ont le mieux conservé l'empreinte de sa manière. Je donnerais moi-même à ce Mémoire une trop grande extension , si je voulais traiter toutes les questions que soulèvent les renseignements fournis sur les ouvrages de cet artiste, et dont quelques-unes semblent impossibles à résoudre d'une manière complète. Ainsi , pour nous restreindre à ce qui concerne la lesché de Delphes, je suis d'accord avec M. Welcker sur ce qui concerne l'expression de lesché des Ciikliens, et je l'explique avec lui par la proposition correspondante de Pausanias, ypœàç. . . . âyaSy)>aTa zàv KvtâMv. Il en résulte quc la lesché avait été construite à une époque antérieure, et que l'offrande faite au dieu de Delphes par les habitants de Cnide consistait précisément dans la décoration graphique du monument, confiée au talent de Polygnote. On a remarqué avec raison qu'une entreprise d'une aussi grande importance n'avait pu être accomplie par une ville asia-

lif|ue(Ians lo sancluaire religieux le plus célèljre de la mère pairie qu'après (|ue (limon eut commencé à affranchir les Grecs de l'Asie de la domination des Perses , et Ton a même conjecturé que l'offrande des Cnidiens à Apollon devait être un monument de leur délivrance. Si ces remarques sont fondées, il faut placer nécessairement rexéculion des peintures de Polygnote à Delphes après l'année 476, et dès lors, puisque le départ de Sinionide pour la Sicile, où il mourut dix ans après, répond à l'année 477 ', on doit donner raison à ceux qui pensent que l'épigramme composée par ce poète, pour désigner le sujet de la première des doux compositions de la lesché, ainsi que le nom et la patrie de l'artiste qui l'avait exécutée, devait avoir été envoyée pour servir de signature au peintre, et n'était pas le résultat obligatoire de la présence du poète dans le lieu où se trouvait l'ouvrage qu'il avait célébré. A nos yeux , il existe dans les textes antiques la preuve que Polygnote avait traité deux fois, à Delphes et dans Athènes, et de la même manière, le sujet de Cassandre et d'Ajax, fds d'Oïlée, et plus loin on trouvera les arguments sur lesquels cette assertion se fonde. Mais quelle était la première en date de ces compositions? Polygnote avait-il répété dans le Pœcile la Cassandre de la lesché? ou avait-il transporté à Delphes le sujet déjà traité par lui dans Athènes? c'est ce qui me semble bien difficile à décider; en tout cas, la peinture du Pœcile répond comme celle de la lesché à l'époque de la prépondérance politique et guerrière de Cimon, fds de Milliade, et il est moins nécessaire que ne l'ont pensé certains critiques -, (|u"Elpinice ail été encore dans tout l'éclat de la jeunesse et de la beauté, au temps où Polygnote donnait à Laodice, groupée avec d'autres captives autour de Cassandre, les traits de la sœur de Cimon.

Ces faits accessoires à notre sujet, sur lesquels je crains de m'étendre trop longuement, ont pourtant une importance réelle pour déterminer le point précis que Polygnote occupe dans le développement des arts de la Grèce, et apprécier le degré d'influence qu'il exerça sur ce développement. Il n'est personne qui n'ait été frappé du caractère avancé que présentent, malgré leur mutilation, les bas-reliefs du temple de Thésée, exécutés à l'époque où

' Voy. Boeckh, Explic. ad Pindar., t. III, p. 1 19.

- Letronne, Lettres (Vun antiquaire à nn artiste, pp. 454 et suiv.

Cimon gouvernait la république, et nécessairement avant Périclès et Phidias. C'est là véritablement où le dessin se dégage pour la première fois des entraves du style éginétique, et où le mouvement souple de la nature apprend à s'associer à la grandeur du style. Cependant les témoignages littéraires sont d'accord avec les observations faites sur les monuments eux-mêmes , pour attribuer à Phidias cette grande émancipation des arts du dessin. Il est du moins incontestable que les premières ligures de ronde bosse, qui offrent l'exemple du style parfait, sont dues au ciseau de cet artiste, et la roideur qui s'est perpétuée dans le travail de {|uelques-uns des sculpteurs ses auxiliaires auParihénon, notamment dans les métopes, prouve que les mains qu'il employait, plus âgées ou même du même âge que la sienne, n'avaient pu suivre la vigoureuse impulsion donnée par son exemple. J'ajoute que, dans mon opinion, les frontons du temple d'Égine n'ont pu être exécutés qu'après la bataille de Platées, à l'aide de la dépouille des Perses, et que par conséquent l'attachement aux anciens principes se justifiait encore par des chefs-d'œuvre, dans un temps extrêmement voisin de la révolution accomplie par Phidias.

Un passage d'Elien , longtemps controversé et récemment encore commenté par M. Jahn, a pour objet de déterminer les qualités dominantes de Polygnote, par comparaison avec le talent d'un peintre du même siècle,

DionysiuS de Colophon. Elien ' dit : xai i fj.sv ïlo'kùymzoi lypa-fs Ta lUeya?» ymI £v toîç

zeletoiç etpydileTo Ta aBla. Il me Semble impossible d'entendre, avec M. Jahn, par Ta p.a:yci.loc OU |)ar [/.syalsypa^fia qu'ou trouvc ailleurs, le talent de peindre les objets de grandeur naturelle ou colossale. Car dès qu'on arrive à la correction du tracé et du modelé, la question de proportion n'a qu'une faible importance. Michel- Ange n'a pas eu plus de peine, et par conséquent plus de mérite, à peindre les énormes Sibylles de la chapelle Sixtine, (pie Raphaël à renfermer dans un cadre étroit sa sublime Vision, (l'Ezèchiel. Ta fxeyDa indique les grands sujets, ceux qui exigent de la noblesse et du style, et c'est ce que nous appelons l'histoire dans sa plus haute expression. Quant à la locution insolite iv roiç, vileion, après l'avoir retournée dans tous les sens,

• Var. Iiist., V, j.

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