‹ Mémoire sur les peintures que Polygnote avait exécutées dans la lesché de DelphesChapitre 6 sur 15 · Tome XXXIV · texte numérisé non relu

Tome XXXIV

Celle impuissance , ou plulôl celle liinilalion volonlaire des mojeus d'exécution, s'est-elle bornée aux artistes d'un rang inférieur qui décoraient les vases de terre cuite? Tout en mainlenanl la dislance nécessaire entre les maîtres de l'art el leurs imitateurs , nous croyons que les céramographes n'onl commencé à se trouver fort en arrière des peintres d'histoire, qu'à une époque rapprochée du temps où l'industrie des vases peints cessa d'être en usage. C'est tout au plus si l'on peut prolonger, dans quelques parties de rilalie, celte industrie jusqu'aux temps de la seconde guerre punique, et alors il n'y avait pas plus d'un siècle el demi, que l'art de la peinture, chez les Grecs, avait passé des silhouettes à la véritable et complète imitation des corps. La conformité des moyens d'exécution permit aux céramographes de rendre pour ainsi dire sans altération les compositions de Polygnole; mais quand la palette devint plus riche et l'imitation plus hardie, les peintres de vases, tout en subissant l'inlluence de la révolution qui s'était opérée dans les hautes régions de l'art, imaginèrent les compromis que j'ai signalés dans la seconde partie de mon Mémoire; l'impossibilité où ils étaient de rendre le relief des figures , les empêcha pendant longtemps de faire autre chose que des corps , el surtout des têtes de profil , el ceux qui finirent par tenter davantage , n'avaient ni l'instruction ni le talent nécessaires pour justifier leur témérité.

En parlant des magnifiques médaillons d'argent de Colophon, qui ont été découverts il y a quelques années, M. le duc de Luynes ' a fait voir, qu'à une certaine époque, les artistes qui gravaient les coins des monnaies avaient semblé se donner le mol pour substituer aux têtes de profil, usitées jusqu'alors, des bustes de face ou de trois quarts, modelés en méplat avec une grande hardiesse et un sentiment supérieur. Mais bientôt on s'aperçut que le relief de ces têtes, quelque surbaissé qu'il fût, exposait la monnaie à s'user très-vile par le frottement, et les bustes de face ou de trois quarts en disparurent, pour ne plus se montrer que chez les Romains, dans les temps de décadence. L'époque de la mode qu'a signalée notre docte confrère se trouve déterminée avec exactitude par un beau létradrachme d'Alexandre, tyran de

< Ann. (le l'Inst. arch., 1841, t. XIII, p. 158.

Phéres, orné d'une tête de femme dessinée de trois quarts. Alexandre périt assassiné l'an 3S7 avant Jésus-Christ^, et c'est aux environs de l'an 395, par conséquent à peu près quarante ans auparavant, que Zeuxis et Parrhasius, pour nous servir des expressions de Pline, franchirent les portes déjà ouvertes de l'art, arlis fores aperlas intraverunt ^. Plus d'une génération avant celle qui vit les débuis de Zeuxis, Phidias était mort, après avoir probablement conduit à leur terme les travaux de sculpture du Parthénon. La frise de la cella de cet édifice offre déjà de nombreux exemples de l'art de modeler en méplat, c'est-à-dire avec un relief très-doux , les têtes de face ou de trois quarts. Qui avait commencé celte tentative, du peintre ou du sculpteur? La question me semble presque impossible à résoudre avec les éléments que nous possédons. D'un côté nous trouvons dans l'entreprise plus d'obstacles pour le sculpteur que pour le peintre : il était moins difficile à un peintre de chercher à produire, sur une surface plane, l'illusion du relief, qu'à un -statuaire de donner à un visage aplati l'apparence du relief positif, en introduisant dans la plastique les procédés de la perspective. Un tel effort néanmoins était digne du génie de Phidias, et nous avons déjà de son temps, ou même antérieurement à lui, des médailles de la confédération arcadienne, où la tête de Calhsto est figurée de trois quarts ^, résultat bien incomplet , il faut le dire, car cette tête de Callisto porte encore l'empreinte très -marquée du style éginétique, et l'artiste qui l'a gravée est loin d'avoir atteint à la beauté qu'il voulait produire. Quoi qu'il en soit, si quelque artiste, contemporain de Phidias, avait déjà réussi dans des tentatives de cette nature, il n'avait pas sans doute possédé le génie nécessaire pour donner à son invention tout l'éclat dont elle était susceptible. On pouvait dire de lui qu'il n'avait fait {{vC entrouvrir les portes de l'art, et il était réservé à ceux qui le suivirent dans cette voie, en profitant de son expérience, de tirer tout le parti possible de ces nouvelles ressources. C'est ce que firent Zeuxis et Parrhasius, et la grande célébrité dont ils jouirent de leur vivant explique la mode des tètes de face et de

' Ontrouve aussi des têtes de trois quarts sur les monnaies du satrape Pharnabaze, qui florissaitde 413 à 374 av. J.-C. — Duc de Lujnes, Numismatique des Satrapies, pi. I, n" 2-4. 2 Plin., ffist. nat., XXXV, 50.

5 Mionnet, Description de médailles antiques, supplément, t. IV, p. aTl , n»' 1-5.

Irois (juarls tiansporlée sur la monnaie. On en revint à une observation plus raisonnable des convenances propres à la gravure en médailles, quand Tinvenlion encore récente, et dont les peintres en renom avaient tiré des chefsd'œuvre, eut passé dans la pratique des artistes ordinaires.

La contemporanéité de Cimon de Cléones et de Dionysius de Colopbon s'appuie sur des l'ondenienls solides, et Ton sait que ce Dionysius fut postérieur à Polygnote, dont il imitait les ouvrages. Comme Phidias, le protégé de Péridès, succède immédiatement à Polygnote, le protégé de Cimon, fils de Miltiade, tout porte à croire que Dionysius travaillait en même temps que Phidias, et que l'activité de Cimon de Cléones correspond exactement à la même époque. Si donc ce Cimon fit des choses inconnues avant lui, ces choses ne pouvaient se trouver dans les ouvrages de Polygnote, lequel appartenait à la génération précédente. Pline ' a marqué les progrès que Part de la peinture dut'à Cimon de Cléones. Je n'ai cité qu'une partie du passage; pour le bien comprendre et le traduire exactement, il faut l'étudier dans tous ses détails.

Je cite le texte tel qu'il a été établi par Sillig, d'après les meilleurs manuscrits : Hic cutoyrapha invenit, hoc est, obliquas imagines, et varie formare vultus respicientes , suspieientes , vel despicientes. Articulis membra distinxit, venas protulit praeterr/iie in veste riigas et sinus invenit. Et je traduis ou plutôt je paraphrase de cette manière : « On doit à Cimon l'in- » vention de ce que les Grecs ont appelé /.ariy/sap, c'est-à-dire l'art de repré- » senter en peinture les figures non-seulement de profil ou même de face, » mais encore dans tous les mouvements qui les offrent sous un aspect » oblique à l'œil du spectateur. C'est lui qui, le premier, a su modeler des » têtes qui regardent, autrement dit des lèles de face, avec la variété de » mouvement dont elles sont susceptibles, soit que le regard s'élève en haut , » soit qu'il s'abaisse vers la terre. Chez les peintres antérieurs, la surface » des membres était unie et sans variété. » Il a marqué à la surface des corps » les différences et les inégalités produites par les articulations; il a fait sentir » la saillie des muscles et des veines. Les draperies étaient roides et angu-

' ///«(. mit., XXXV, 54.

» leuses : on n'en avait que le jet sans les détails et le relief. Il apprit à en » reproduire la souplesse et la profondeur, »

On ne parlerait pas autrement, dans Phistoire de la peinture moderne, d'un André del Sarte ou d'un Fra Bartolomeo, avec cette différence essentielle toutefois, que les devanciers de Cimon de Cléones possédaient déjà ce que les génies créateurs du seizième siècle, en Italie, n'apprirent qu'à l'école des anciens, c'est-à-dire l'élégance et la vénusté. Polygnote peignait à plat avec un sentiment non moins pur et non moins complet qu'Apelle peignit, plus tard, avec toutes les ressources du modelé, tandis qu'aux grands antécesseurs, tels que Mantègne ou Jean Bellin, il manqua toujours quelque chose, non-seulement du côté de la science, mais encore du côté de la beauté.

La réputation de Cimon de Cléones était bien établie, chez jes anciens, sous les rapports que je viens d'indiquer. Élien *, qui en parle en termes plus généraux que Pline, lui assigne une part aussi grande dans les progrès

de l'art. Ki^wv ô KX£wva/«ç e^etpyxaazo , œaai, rriv zéyyrjv -zijv ypa'jiuyiv, ùr.a'Luou.iwiV zzi y.ai àzeyyùii !>™ zùv npb ocÙtcû xat aTra^uç èYXÙJSiip.évri-j >'-o"' TjOs'rav zivk i'j ar.txûyxyotç y.al yxla^iv ouaocv ' âik Taïird zot xaî (jh^vjç, tûv Tipo cvJzo'j elaSev àâpozéciouç. « Avaut Cimon dc

» Cléones, la peinture était encore dans l'enfance; ses devanciers en igno- » raient les principaux perfectionnements : c'est lui qui la prit dans les langes )) et, pour ainsi dire, à la mamelle, et qui en compléta les moyens d'exécu- » lion; aussi fut-il mieux payé que ceux qui avaient cultivé l'art avant lui. » Ne négligeons pas ce dernier trait, malgré ce qu'il a de vulgaire : il prouve que la peinture, avant Cimon de Cléones, était plus simple et par conséquent s'exécutait à moins de frais. Cette large simplicité, qui certainement distingua Polygnote, n'est point étrangère aux grands artistes du quatorzième siècle, les Giotto et les Simon Menimi; sauf la grande exception du Beato Angelico, elle a disparu dans les minuties du quinzième siècle, longtemps avant le mouvement d'impulsion définitive qui correspond à l'àgo de Phidias et de Cimon de Cléones chez les Grecs.

Quiconque m'aura suivi attentivement dans cette exposition d'ensemble,

' Var. hist., VIII , 8.

sera bien convaincu désormais qu'il ne peut être aucunement question, à propos de l'arlisle dont je viens de raviver les litres, de figures, et surtout de têtes ou de visages, vultus, qui regardent par derrière. Les vertèbres du cou, chez l'homme, ne permettent tout au plus à la tête, telle qu'elle est placée sur les épaules, qu'une demi-conversion : ou le corps est de face, et la tête, en faisant le mouvement de regarder par derrière, ne peut présenter (|ue le profil, dans le dessin duquel les artistes grecs excellaient plus de deux siècles avant Cimon de Cléones; ou le corps est de côté, et la tète de celui qui, dans cette position , tend à regarder par derrière, est pour le spectateur, par conséquent pour le peintre, une tête de face ou de trois quarts. Qu'on en fasse l'expérience avec un plâtre de la Vénus Callipyge, la figure la plus respiciens que je connaisse, au sens où l'on voudrait exclusivement entendre cette expression , et l'on comprendra l'impossibilité de sortir du dilemme que je viens de poser.

Il ne faudrait pas songer à l'attitude dans laquelle le visage se dérobe plus ou moins au spectateur, par delà le profil régulier. Outre que le mot vultus conviendrait peu à un cinquième ou même à un quart de visage, la question est de savoir si , avant Zeuxis, il avait pu entrer dans la fantaisie d'un peintre grec de risquer un profil perdu. Nous ne trouvons d'exemple d'une tentative de ce genre que dans la mosaïque de Pompéi, qui représente un combat d'Alexandre contre Darius. Cet ouvrage , découvert il y a vingt ans, et qui doit avoir été copié d'après un tableau célèbre, offre, à côté de maladresses extraoï'dinaires, des recherches de raccourcis plus audacieuses qu'aucune des peintures antiques parvenues jusqu'à nous. On y voit, entre autres figures, celle d'un Perse renversé, dont les traits, exprimant la terreur, se reflètent de trois quarts dans un bouclier. La face qui produit celte image est réduite à un profil perdu, qui ne présente que le quart du visage entier. Mais en supposant que l'original dont la mosaïque fut tirée avait été composé du temps même d'Alexandre le Grand , il faut compter près d'un siècle , à partir de cette époque, pour remonter jusqu'à celle où Cimon de Cléones s'aventurait à peindre des têtes de trois quarts et de face, et alors on était loin d'en être arrivé à un abus de l'art que le goût devait réprouver chez les Grecs.

Après avoir ainsi réduit le problème aux seuls termes dans lesquels on puisse l'examiner, il devrait me suffire de l'impossibilité de chercher la représentation d'un visage autrement que de face et de trois quarts , quand il n'est et ne saurait être de profil, pour démontrer que le participe, quel qu'il soit, qui, dans Pline s'appliquant à vultus précède suspicientes vel despicienles , doit nécessairement désigner une figure qui ne regarde ni en haut ni en bas, mais qui, tout simplement, regarde l'objet placé en face d'elle; vouloir opposer à un visage qui regarde en haut ou en bas un visage qui regarderait par derrière, ce serait, pour l'objet de la peinture qui ne montre que le côté des choses tourné vers le spectateur, un véritable non sens , et il n'y a pas lieu de s'y arrêter. Après cela, comment l'idée de regarder en face peutelle s'exprimer convenablement en latin? Puisque le simple spicienles est inusité, aurait-il fallu dire aspicientes ou prospicientes? Le texte donne respicienles, et je crois qu'on peut s'en tenir à cette leçon sans en chercher une autre.

Il est vrai que, pour démontrer ce que j'avance, il s'en faut que je m'exprime avec autant de confiance que j'en avais tout à l'heure quand j'étais sur le terrain de la pure archéologie. Mais depuis Érasme jusqu'à Forcellini , les hommes qui passaient pour savoir le latin se sont accordés à reconnaître au mot respicere deux acceptions bien distinctes, celle de regarder par derrière, et celle de regarder tout simplement [Hem pro simpHci aspicere , dit Forcellini), et des autorités aussi rassurantes peuvent me donner le droit de choisir entre ces deux acceptions celle qui , seule, peut convenir à la phrase dont je me suis occupé. Toutefois, quelque hésitation que j'éprouve à me hasarder sur le terrain de la philologie, on peut bien croire qu'après les objections qui m'avaient assailli, je ne m'en suis pas tenu à ouvrir un dictionnaire, et que je n'ai point négligé la recherche des autorités qui pouvaient justifier mon interprétation. Cette étude m'a conduit à une remarque cpii vaut peut-être la peine d'être produite: les lexicographes germaniques, qui n'ont rien de naturellement sympathique avec le latin , et jugent à l'aide du raisonnement les idiolismes de cette langue, s'efforcent de ramener toutes les acceptions *du mol respicere à une seule, qui prouverait que ce mot se compose de rétro et de spicio; ceux au contraire dont la langue naturelle

apparlient à la source latine, meltenl sur la même ligne les deux acceptions |)i'incipales de regarder par derrière et de regarder , et sont loin de subordonner à la première Temploi tropique de ce mot; quand on y regarde de |)rès, le raisonnement justifie leur instinct. Lorsqu'un Romain s'adressanl à son ami lui dit: respice rempublicam , il ne l'engage pas à se retourner pour voir si par hasard la république ne serait pas derrière lui ; quand un philosophe engage l'homme à faire un retour sur lui-même, respice te ipsîim, ce conseil ne lui est point offert sous la forme d'une impossible pirouette. Si le berger de Virgile ' rappelle que, après un long oubli, la liberté l'a enfin regardé

Respexit tamen, et longo post tenipore venil,

vers admirablement imité par Racine :

Enlin, après six mois, les dieux m'ont regardé,

il ne s'ensuit pas que cette déesse, après lui avoir longtemps tourné le dos, ait fait volte-face au moment où il ne pensait plus à elle. Ces allures changeantes, cette posture des dieux à l'enconlre de ceux qui les invoquent, ces soubresauts qu'on est obligé de leur supposer, pour peu qu'ils regardent favorablement, respiciant , leurs adorateurs, n'ont rien qui s'accorde avec la majesté que l'imagination des anciens prétait aux dispensateurs des destinées humaines. Il est vrai que Forcellini lui-même a dit, pour expliquer la Fortmia respiciens , que c'était une déesse cujiis nempe shmdacrum ila reflexo esf capite , ut respicere videatur. 3Iais encore que ce mot reflexo puisse indiquer une simple inclinaison de tête et non un mouvement forcé des vertèbres du cou, dont aucune des figures connues de la Fortune ne donne l'idée, rien ne nous oblige à admettre cette explication que Heyne, dans ses notes sur les Eclogues, trouve trop subtile, nimis akgute. Car Cicéron ^ qui, sauf les inscriptions ^, est la source unique pour h Fortuna respiciens, n'en-

' Eclog., I, V. 30.

5 DeLeg., II, H.

5 Gruter, p. 79, n" d ; p. 250 et p. 1072, n° 6. — Muratori, p. i-xxxiv, n° o ; p. cccxxx, n" 1, et p. MXLii , n° 2.

SUR LES PEIISÏURES DE POLYGNOÏE. 41

fend celle épilhète qu'au sens mélaphorique, Forluna.... respiciens , ad opem ferenclam,e\, cet aspect favorable de la Fortune est comme celui de tous les dieux qui, debout ou assis dans leurs temples, abaissent parfois leurs regards sur ceux qui les prient , et ne changent rien pour cela à leur majestueuse attitude.

Après ce qui vient d'être dit, il me serait facile d'ouvrir ici deux cojonnes, l'une pour les resplclo dans le sens de regarder par derrière, l'autre pour les respicio qui n'ont d'autre acception que celle de regarder tout uniment. On trouverait dans l'une comme dans l'autre les écrivains qui font autorité en prose et en vers, Térence comme Ovide, Cicéron comme Virgile. Mais de quelque côté que la balance dût pencher, on pourrait toujours s'en tenir à rétymologie donnée par les savants de l'Allemagne , et ne considérer les respicio dans le sens de regarder, au physique comme au moral , malgré leur nombre, que comme des dérivés produits par l'extension et l'abus de l'expression. Afin de dissiper celle dernière obscurité, j'ai pris le livre où, sans contredit, le verbe respicio se trouve répété le plus fréciuemment : c'est la Vulgate, et j'ai commencé à noter à quels verbes ou à quelles expressions, soit dans l'hébreu, soit dans les versions grecques antérieures au lalin, répondent les respicio de ce livre; et comme on pourrait dédaigner le lalin de saint Jérôme, j'ai pris soin de recourir à l'ancienne Vulgate, c'est-à-dire à la Vêtus Italica, dont on ignore l'époque précise, mais qui a été citée par les anciens Pères latins, et passe à juste titre pour remonter jusqu'aux premiers temps de l'Église en Italie. L'expression dont Pline fait usage est une expression technique, c'est-à-dire un terme d'art employé par les artistes. Ces termes, chez tous les peuples, apparlienncnl surtout à la langue populaire, et ne sont adoptés par les écrivains élégants qu'après qu'un long usage les a fait prévaloir. Les vultus respicienles de Pline, et les divers respicio de la Vulgate, ont donc une origine commune, à laquelle il nous est permis de remonter par voie de comparaison.

Or voici les conclusions auxquelles cet examen m'a conduit. Respicere ,

dans le sens élégant de regarder derrière soi, ne s'est pas offert une seule

fois dans la Vulgate. Quand l'écrivain sacré a besoin d'exprimer celte idée,

nous trouvons respicere post tergum, respicere post se, respicere rétro, ce

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