‹ Mémoire sur les perceptions obscures [microform], suivi de la discussion avec Royer-Collard, sur l'existence d'un état purement affectif, et de trois notes inédites sur la nature de l'influence de la volonté, sur la perception de la dureté, sur l'objet de la philosophie de l'esprit humainChapitre 12 sur 21 · UA.INB DE 6IRAN · texte numérisé non relu

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Biologique, si conforme à celle que j*avais établie de mon côté dans le même temps entre les phénomènes considérés sous le point de vue idéologique, je me permettrai ici de faire quelques pas de plus, et sans blâmer la réserve ou le ton d'incertitude et de doute qu'emploie l'illustre auteur de l'anatomie physiologique quand il parle des propriétés vitales, des ganglions ou du système nerveux de la vie organique, je suivrai plus hardiment les analogies que la nature même semble nous indiquer entre les propriétés ou fonctions des instruments ou des centres respectifs des ceux vies.

1° Les impressions intérieures affectives se rapportant h plusieurs centres prdcordiauxà la fois, nous voyons d'abord comment elles doivent être générales et confuses quant à leur siège par cette multiplicité de centres, comme elles sont inaperçues quant à leur cause par l'intériorité ou la manière d'agir de ces causes mêmes. Si dans cet ordre de phénomènes dont se compose la vie active toutes les impressions qui arrivent directement des différents organes externes au même centre, comme toutes les déterminations régulières qui en partent, sont loin d'être perçues ou de se transformer en idées par une participation de conscience, si le plus grand nombre de ces impressions ou déterminations demeurent au rang des perceptions proprement dites obscures, et s'il faut un acte exprès de l'attention volontaire pour les élever au rang des perceptions claires, si même, dans l'exercice de certains sens externes tels que l'odorat et le goiU, plusieurs impressions faites sur le même organe et simultanément transmises au même centre se confondent en une seule sensation, dont il n'est point au pouvoir d'aucune attention de l'esprit de distinguer et reconnaître les éléments, que sera-ce de ces impressions bien plus variées, plus nombreuses, plus continuelles, qui se répartissent entre divers centres partiels, s'y pressent, s'y confondent et y arrivent à la fois de tous les organes de cette vie intérieure, dont les fonctions, différentes en cela particulièrement de celles qui constituent l'autre vie, nes'interrompent jamais, ne sont sujettes à aucune intermittence. Les organes qui reçoivent ou transmettent ces impressions séparées, comme les centres où elles vont se réunir, étant entièrement soustraits à l'empire de la force hyperorganique qui veut et perçoit, il n'y a point ici lieu en

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aucune manière à rcxercice de Tatiention, mais cette attention se déployât-elle dans son énergie complète, il serait au-dessus de tous ses efforts de distinguer cette multitude infinie d'impressions simultanées dont se compose le sentiment général de la vie et de porter la lumière dans les obscurités essentiellement inhérentes à la nature affective.

En second lieu, les ganglions nerveux ou les centres précordiaux de la vie intérieure passive sont pour les diverses affections inhérentes à cette vie, ce qu'est le centre cérébral unique pour les perceptions ou les mouvements volontaires. Chacun de ces centres reçoit une certaine espèce particulière d'impressions, les associe entre elles, en conserve les déterminations et réagit pour l'exécution ponctuelle des mouvements vitaux et instinctifs. Or le centre cérébral ou l'âme, qui lui est unie, ne sent et surtout ne perçoit distinctement que les impressions transmises par les nerfs excentriques, qui viennent y aboutir; il n'y a point de conscience des impressions faites immédiatement, ou sans l'entremise des nerfs cérébraux, sur le centre même. Bichat a constaté le fait par plusieurs expériences où il a trouvé une insensibilité relative dans les profondeurs mêmes de la su^bs^ance cérébrale. II ne devait donc pas être surpris de retrouver la même insensibilité dans les ganglions nerveux; d'ailleurs comme toutes les impressions reçues ou nées dans cette série de centres nerveux sont immédiates, et que, d'autre part, il existe entre tous les ganglions une véiitable sympathie ou une sorte de solidarité, comme eniin il est de l'essence de la sensibilité propre de ce système de n'être jamais affectée que confusément et comme par des ébranlements nerveux de masse, qui constituent le sentiment immédiat et tout interne du plaisir ou de la peine, attachés spécialement au bien ou mal-être général de la machine, ilnest pas étonnant que Bichat n'ait pu retirer aucune lumière des expériences tentées sur chacun de ces ganglions en particulier pour constater leurs propriétés vitales, reconnaître leur usage et déterminer le rôle essentiel qu'ils jouent dans les fonctions de notre vie passive et affective.

Je considérerai quant a moi, avec toute la confiance qu'on peut avoir dans les inductions tirées de l'analyse expérimentale des phénomènes, je considérerai, dis-je, chacun des

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