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LINFLUENCE DE LA VOLONTÉ SUR LE CORPS

cause efficiente : savoir, le sentiment immédiat de l'action de la force motrice qui est moi, le sentiment généralisé à l'aide des signes du langage, déplacé de sa base naturelle et transporté aux objets de la nature extérieure, fournit la matière de toutes les questions illusoires et insolubles de la métaphysique générale. On ne remontera jamais par la pensée au delà du moi et de l'effort primitif, auquel se rattache toute idée de cause efficiente ou de force.

Lorsqu'on tente d'expliquer le mouvement ou l'action de la volonté par des images empruntées du dehors ou par les idées de force extérieure, on ne s'aperçoit pas que l'on veut rendre raison d'un fait primitif, en employant pour l'expliquer des notions artificielles, qui en sont déduites ou dérivées, ou qui ne sont que ce fait même transformé .

« La volonté, dit-on, suppose toujours un objet, c'est-àdire, une idée dirigeante » il n'est pas vrai que ce soit là une condition aussi essentielle de la volonté que la direction l'est au mouvement.

La force primitive n'a besoin que d'elle-même et d'un terme de déployement pour s'exercer, et avoir le sentiment de son action qui la constitue volonté. L'idée dirigeante ou objective n'est essentielle qu'au désir, et cette idée naît souvent de l'exercice même de la volonté.

(c La volonté ne dépasse jamais le domaine des idées ». « Je ne puis placer que dans des agents matériels V exécution de ma volonté ».

Si l'exécution appartient à des agents matériels, que devient la volonté? car ou ces agents sont subordonnés à la volonté, ou ils en sont indépendants. Dans le premier cas, la volonté s'exécute en mettant en jeu les instruments matériels, et on convient du résultat de ce qu'on prétendait nier en principe.

Dans le second cas, la volonté n'est point une puissance; elle n'a aucun pouvoir réel, et celui qu'elle s'attribue sur les mouvements du corps est une pure illusion, puisque ces mouvements dépendent de certains agents matériels autres que le moi qui veux... Qu'est-ce qu'une volonté qui ne s'exécute point par elle-même? Lorsque j'ordonne quelque chose à mon valet, et qu'il m'obéit, je ne veux pas faire la chose que j'ordonne, je désire seulement qu'elle se fasse ; et c'est

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ce ries/r ol non la ooiontd de l'acLion qui esl exëculé par autrui.

Je ne crois pas qu'on puisse faire une précision * métaphysique entre une volonté actu(;lle et l'exécution de cette volonté ou le mouvement qu'elle efrectue. Qui conçoit une force qui ne s'exerce pas et qui n'est pas cause efiiciente de l'acte qui lui est atti'ibué? l'ourquoi l'appelle-t-on force si ce n'est pas elle qui agit ou exécute?

La force motrice qui est moi, agit avec la consjience ou Vidée de son action et du résultat, et c'est cette conscience ou idée qui la distingue des forces physiques ou extérieures, auxquelles nous attribuons les elîets imaginés ou perçus hors de nous et non aperçus intérieurement, mais si on admet la précision entre la faculté qui perçoit et celle qui exécute, pourquoi appelle-t-on la première une force?

« Puis-je vouloir des mouvements ou des combinaisons de mouvements inconnus à ma volonté » ? Ils ne sont plus inconnus dès qu'ils sont voulus ou exécutés par la volonté, car par cela même ils sont intérieurement aperçus.

Tout ce que dit M. Bonstetten au sujet de la volonté me semble contradictoire. D'un côté il ôte à l'âme qui veut ou qui conçoit des désirs, des préférences, toute exécution possible des mouvements voulus ou préférés, lesquels mouvements s'exécutent simplement par Y automate , par une simple /iarmo7i2e préétablie ; de l'autre côté il attribue à l'àme une force qui peut agir contre l'impulsion de la sensibilité, qui peut avoir une direction opposée, une intensité plus ou moins grande : mais si la sensibilité pure de l'automate est une force motrice, comment la volonté qui s'oppose à elle ou qui l'arrête, ne serait-elle pas aussi une force motrice?

L'auteur confond deux cas de mouvements très différents et dont la différence ne peut absolument être expliquée dans son système.

Je suppose qu'une certaine idée que je rappelle à volonté, soit excitative de la sensibilité, au point de déterminer le battement de mon cœur, à chaque fois qu'elle est rappelée, voilà un cas où il y a une simple harmonie entre une idée de l'esprit, un désir ou une préférence de l'âme, et l'exécu-

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