‹ Mémoire sur les polypes de l'urètre et de la vessieChapitre 8 sur 11 · QUATRIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME OBSERVATION

Exemple de carnosités chez un jeune homme n’ayant jamais exercé le coït y ni souffert des organes génitaux- urinaires . Destruction de ces carnosités par /'extracteur du Dv . N icod , sans cautérisation : guérison prompte depuis un an .

Duval , âgé de 19 ans, vint me consulter le i4 août 1826, parce que, depuis un an auparavant, il s’était trouvé dans l’impossibilité d’uriner ; qu’après quelques efforts , l’urine sortit d’abord goutte à goutte, puis par un petit jet. Quelques jours après sa santé lui parut complètement rétablie.

Cette incommodité se reproduisit quatre à cinq fois dans l’espace de six mois. Dès-lors , pendant six mois consécutifs, ce phénomène ne

reparut plus; maisD. eut des alternatives de bien et de mal dans rémission de l'urine, et surtout déplus frécjuens besoins d’uriner, qui se renouvelaient trois à quatre fois la nuit> et dix a douze fois le jour , souvent d’une manière irrégulière .

Instruit par mon expérience particulière, j employai d’abord une sonde d’argent du n° 5 , ayant les yeux alongés y de 5 lignes de long sur i de large; elle me persuada bientôt que la cause de son incommodité consistait dans des carnosités qui Fempécbèrent de parvenir dans la vessie, et dont un fragment confirma l’existence au meme instant. Le 18, Remployai une sonde exploratrice de Ducamp n° 8 , qui pénétra dans la vessie sans autre altération que celle quelle éprouve dans l’homme sain. Néanmoins la sonde d’argent, quoique beaucoup plus petite , nj pénétra pas , mais elle rapporta deux autres fragmens.

Le ai, au moyen des memes opérations, j’obtins un premier fragment ayant les deux extrémités d’environ î ligne de largeur sur 4 de longueur ; après quoi il me fut possible d’introduire dans la vessie une sonde exploratrice de 5 lignes de diamètre (n° 9) , sans pouvoir y faire pénétrer la même sonde d’argent. Elle rapporta encore un fragment de carnosité.

Le 26, même impossibilité de faire pénétrer la sonde d’argent qui ne rapporta qu’une seule

goutte de sang ; néanmoins la sonde exploratrice n° 9 pénétra dans la vessie ; ainsi qu’une bougie- ' à-ventre de 3 lignes de diamètre.

Le 2\ septembre , mon extracteur y pénétra facilement, et ne donna issue qua deux cuillerées durine très-odorante. Une sonde exploratrice de 3 lignes faibles entra deux fois dans la vessie et en sortit avec beaucoup de facilité. Le malade ayant uriné six fois pendant la nuit précédente, je lui conseillai quatre jours de repos. Il ne revint chez moi que le 1 1, jour auquel mon instrument , après avoir passé dans la vessie , ne donna issue qua un fragment infiniment petit. Ne voulant pas cautériser l’implantation de ces carnosités, pour mieux juger de leur disposition à repulluler, dans un cas aussi intéressant pour l’art de guérir, et ayant égard à l’état de domesticité qui assujettissait ce malade à un travail journalier, je lui conseillai un repos de quelques semaines, avec d’autant plus de raison que les besoin$ d’uriner s’éloignaient de jour en jour.

Depuis plus d’un an rien n’annonce une rechute, et ce qui me fait espérer quelle n’aura pas lieu, c’est l’observation de M. le major P . . . , dont je vais tracer l’analyse.

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