‹ Mémoire sur les refoulements qui ont plissé l'écorce terrestre et sur leChapitre 14 sur 23 · Bithonlmi tupirianr; S. DDlonû» do Jar · texte numérisé non relu

Bithonlmi tupirianr; S. DDlonû» do Jar

pas à l'est et, sur le versant nord de la colline, on retrouve le Muschelkalk, incliné vers le nord, c'est-à-4ire faisant suite régulièrement au Permien du La faille qui sépare versaut sud, et recouvert plus loin par les Marnes irisées. En réalité, la partie du Permien les eou- renversée, qui interrompt la série normale des étages, est limitée par une ligne coDiinaation de celle sinueusc, qui, après avoir suivi depuis le Tboronet le pied oriental de la bande du'Th'ronet, la^pVace jurassique, eutoure en forme de boucle le sommet du Cannet et se retourne vers do synclinal tant j'ouest parallèlement à la bordure permienne, pour s'arrêter et disparaître chesdu pli. avant d'atteindre le Luc. Cette ligne est bien une ligne de faille, affleurement

d'une même surface qui est presque verticale au Thoronet et presque horizontale au Cannet-du-Luc; la signification en est facile à saisir : cette surface n'est autre que la surface médiane ou axiale au pli synclinal sur lequel est renversé le pli de Brignoles; ce pli synclinal est ici écrasé, de sorte que cette surface médiane est représentée par une faille, ou surface de glissement. Ce qui cause l'étrangeté et le caractère inusité de la coupe, c'est que là, ce n'est pas le flanc renversé, mais le flanc normal du synclinal écrasé qui a été supprimé par les glissements.

Pour mieux faire comprendre ces actions, prenons pour point de départ la coupe des collines jurassiques auprès du Thoronet {Jig- 72). La série complète des assises jurassiques, formant la retombée du pli, se succède en bancs presque

verticaux, jusqu'aux dolomîes supérieures, qu'accompagnent les couches de Bauxite exploitées depuis longtemps dans cette localité. Toute cette série butte par faille contre l'Iofralias, qui représente l'autre versant du pli synclinal, dont la Bauxite indique le fond. La Bauxite, quand l'Urgonien existe, est toujours supérieure à i'Urgonien; sa superposition directe aux dolomies, qui est un fait constant à l'est du bassin du Beausset jusqu'à Draguignan, indique que dans

- Coupe du Thoronel.

B, Bllhoniea marofu

cette région le Crétacé inférieur ne s'est pas déposé et, au point de vue stralîgraphique, sa présence marque l'existence d'un pli synclinal, aussi nettement que le ferait la présence du Crétacé.

Ce pli anticlinal et le synclinal écrasé qui lui fait suite s'arrêtent sans trace L'an^i bruique ap-

de continuation au bord de la plaine permienne; mais les affleurements juras- u"ueint'u bo''rdu"re

siques s'étendent un peu vers l'est; c'est l'indice que le pli, en atteignant cette P"mieone, s'eipiique

bordure permienne, se contourne parallèlement à la ligne de coteaux qui le tourne paratijieiaent

limite actuellement, c'est-à-dire parallèlement au massif des Maures. A cette r/nver^/ower" u

déviation, à cette torsion, correspond, comme nous l'avons déjà vu plusieurs '"or''-

Fio. 7Î. — Coupe théorique du pli dénudé du Canoei-du-Luc.

licbsDs des loD^ueun = ■:ioooc.

fois, un éliremenl plus grand des couclies; en même temps, le renversement s'accentue et le pli se couche davantage; conformément à ces idées théoriques, nous pouvons reconstruire la coupe nord-sud du pli, en face du Cannet, dans la partie où il était dévié vers l'est {fig- 73). Cette figure fait comprendre en

iSo

même temps que, si le pli n'existe plus à l'est, ce n'est pas qu'il cessât brusquement, c'est qu'il a été tout entier enlevé par la dénudation. Le petit chapeau

' jurassique de la colline du Cannet-du-Luc nous permet seul de nous rendre compte de sa déviation.

Si maintenant on Tait une coupe par la même colline, dirigée de l'est à

' l'ouest, c'est-à-dire parallèlement à la bordure, cette coupe, où la part de rbypotbèse est moins considérable, présente un dessin un peu plus compliqué

du pli el, dans l'sulre ■' i , , ^. • ii .- i î

partie, parallèle i ct plus anomial, parce que dans une de ses parties elle est perpendiculaire au cetiedireciiondéïiéc. p|i et que dans l'autre elle lui est parallèle {fig- 74)i mais elle fait bien comprendre comment la surface qui correspond à l'axe du synclinal est accidentée par la torsion du pU, comment cette surface peut être verticale au Thoronet et

Le pli disparaît i est, parce que, de ce M, il » été tout niicr enlevé par U enudalion.

La coupe dirigée de eslirmiest est, dans ne de ses parties,

F\o. 74, — Coupe e

Il du pli du Cannct.

t. BitlKinii

horizontale au Cannet; enfin comment son affleurement présente le contour sinueux qui entoure le coteau du Cannet, et comment, malgré l'épaisseur des termes supprimés, il vient se fondre à une très courte distance avec la ligne de superposition normale du Trias et du Permien. '» La reconstitution du pli couché au Cannet, outre qu'elle nous donne l'explîpas cation rationnelle d'une coupe unique, je crois, en stratigraphie, est intéressante parce que tout phénomène de renversement disparaît quand le pli a repris sa direction de l'est à l'ouest, entre le Thoronet et Brignoles : c'est du moins ce qui résulte de l'étude que M, Ziircher a faite de cette région. Le pli synclinal s'élargit de plus en plus; le Crétacé supérieur apparaît dans la vallée duCaramy et s'épanouit dans le bassin du Val, où affleurent les couches à Cyrènes de Fuveau ; les bords de ce bassin semblent, en plusieurs points, failles; mais rien, dans les faits connus, n'indique que le pH anticlinal de Brignoles se soit en aucun point renversé ou couché sur le bassin crétacé.

QUI ONT PLISSÉ L'ÉCORCE TERRESTRE. l5l

La ligne des affleurements crétacés est interrompue eatre le Val et Bras, Le pli touroe ver» sans aucun doute par suite d'un léger bombement local du fond du bassin, j* B^a, aveo^de'n™"suivi naturellement de dénudations plus profondes. Les affleurements crétacés "«'i" compiicaiions. reprennent autour de Bras, accompagnés et surmontés de couches tertiaires. Là, ces couches sont comprises entre les dolomîes jurassiques et le Trias ; elles sont de plus interrompues par plusieurs pointements jurassiques, d'âge varié. Là, toute apparence régulière du pli synclinal semble cesser; on se trouve en face de difficultés et d'irrégularités nouvelles, qu'il faut chercher à expliquer.

Quand, parlant du village de Bras, on suit la route de Tourves, vers le sud, on est sur le Muschelkalk, qui forme toutes les collines voisines, et dont les assises fortement redressées se dressent verticalement au nord, à l'entrée de la gorge du Cauron. Dans le cirque où s'élargit la vallée, au sud de Bras, on voit même affleurer les premiers bancs du Grès bigarré. En poursuivant la route, on trouve les collines 330 formées de Marnes irisées avec gypse et, au sommet de la côte, on arrive tout à coup sur des marnes et calcaires lacustres, avec Lymnées, Planorbes et Melanopsis ('), dont le contact ^vec les Marnes irisées est bien découvert, et qui plongent au sud sous ces marnes triasiques, avec un pendage de 80" environ. De là jusqu'aux Paulets, la route ne quitte pas ces couches tertiaires; un tuf très dur et à cassure cristalline, avec marnes ligniteuses, puis des grès et des poudingues, en complètent la série. Elles sont bordées à l'ouest par les calcaires du Muschelkalk, tandis qu'à l'est s'élève une suite de collines d'une composition plus complexe : presque tous les étages jurassiques s'y rencontrent, dans leur ordre normal de superposition, mais avec des épaisseurs très réduites; ainsi l'infralias est rudimentaire à la base, et le Lias fait partout défaut, le Bathonien marneux et les dolomies supérieures sont les étages les plus développés. Ces couches jurassiques sont à peu près . La série de» coteaux horizontales, et la ligne qui les sépare du Tertiaire offre un contour très dent le petit bassin sinueux. De l'autre côté de ces collines, à l'est ('), s'étend une dépression cul- t^^^^l'aticréiarées tivée, où affleurent des marnes rouges, rappelant par leur aspect celles du Crétacé supérieur, et sous lesquelles plongent, en effet, les marnes à Cyrènes de Fuveau. Au delà de la dépression s'élèvent les coteaux dolomitiques qui entourent le bassin du Val; les dolomîes, en plusieurs points, butent contre les marnes à Cyrènes, à peu près horizontalement; mais en d'autres points elles montrent un léger plongement vers ces marnes, plongement qui s'accentue sur le bord, avec apparition intermittente de Bauxite. Si l'on 'se souvient que, dans cette région, il ne s'est déposé ni Crétacé inférieur, ni calcaires à Hippurites,

(I) J'ai consialt, depuis la rédaction de ce Mémoire, que ces coiiclies tertiaires sont discordantes avec le reste de la série, el qu'elles sont postérieures aux grands niouvemenls de plissement. (') Voir la Carie géologique détaillée de la France, feuille Î36 (Draguignan), par

l32 MÉMOIRE SUR LES REFOULEMENTS

on voit que, sauf une légère dénivellation, la succession est presque normale, el Tapparition des couches de Fuvcau sVxplique sans difficulté. Il nVn est pas de même de la réapparition du Jurassique dans les collines de l'ouest; là, il faudrait supposer une faille considérable, qui, au contact du Danien supérieur, ramènerait l'Infralias, el même, un peu plus au nord, le Muschelkalk. Cette faille est inadmissible, au moins en tant que faille verticale; en effet, au point où le ravin d'Anadeau coupe la ligne de ces collines, il a entamé les étages jurassiques jusqu'à leur base, et mis à nu le Crétacé, dont le gisement se rattache ainsi sans discontinuité à celui du Tertiaire, marnes et poudingues, qui borde les mêmes collines à l'est. De plus, au nord de ce ravin, dans la bande danienne un peu élargie, il y a un autre mamelon, complètement isolé, de dolomies jurassiques. Sous ce mamelon, on a poussé une galerie de recherches pour recueillir et capter les eaux, et sur plusieurs mètres cette galerie horizontale est restée dans les marnes rouges crétacées. Il ne peut donc y avoir aucun doute que tout cet ensemble de collines jurassiques, à couches horizontales et amincies, ne soit superposé au Crétacé {^fig- 75).

dé- Quant à l'origine de ces^-ecouvrements, elle est indiquée bien nettement par la uùx^con^sponrieni, continuité de ces collines avec les masses triasiques de Bras; l'Infralias, qui en comme Mux du Csn- forme la base vers le sud, se trouve, au nord, superposé au Muschelkalk (par

net, A Ittortion et au , ' r t \r

cbangement de dirco suite de l'étirement des Marnes irisées), et ce Muschelkalk, par Roulane, se suit tion du pli. jusqu'au-dessus de Bras. C'est donc la grande bande triasique, continuation

déviée vers le nord du pH anticlinal de Brignoles, qui s'est déversée sur ce petit bassin crétacé. Les couches jurassiques et liasiques, qu'on voit encore à la Bastide Vaubelle former la retombée nord du pli, s'amincissent et s'écrasent à mesure que le pli tourne au nord : elles ont été exprimées en quelque sorte par la pression plus forte, due à la torsion du pli, et elles ont pu être charriées en avant, vers le nord-est d'abord, puis vers l'est, jusqu'au point où nous les trouvons aujourd'hui superposées au Crétacé.

Ainsi, malgré les différences très grandes des apparences produites, les complications du petit coin de Bras s'expliquent de la même manière que celles du Cannet : le pli, .en tournant, s'est renversé, et sa partie supérieure a été traînée sur sa partie inférieure. Seulement, dans un cas, ta surface suivant laquelle le pli s'est déchiré, et suivant laquelle a eu lieu le glissement, s'est trouvée placée plus bas que dans l'autre; si bien qu'au Cannet le flanc, renversé est conservé, tandis qu'à Bras il n'existe pas. Nulle part, auprès de Bras, on ne trouve de termes renversés, même réduits, entre le Jurassique et le Crétacé; tandis qu'au Cannet, le Bathonien renversé a conservé toute son épaisseur. Collines de recou- Une coupe, faite du nord au sud dans les collines de recouvrement de Bras, vremeni de Bras. donnerait la figure ci-jointe {/!•:;. ■]S). Ullle peut sembler un peu étonnante, même après que l'existence du pli couché a été démontrée et admise, à cause de la variation rapide des étages jurassiques qui s'y montrent en contact avec le

QUI ONT PLISSÉ L'ÉCOHCE TERRESTRE. l53

Crétacé. L'idée de continuité dans les phénomènes semble mal satisfaite par cette cuvette jurassique, dont le fond est coupé par la ligne de superposition. Mais il faut se rappeler que la ligne de coupe représente à peu près la corde de l'arc décritpar le pli; par conséquent, qu'au milieu on se trouve plus éloigné du noyau du pli, et qu'il est alors tout naturel d'y trouver ta série de recouvrement débutant par des étages plus récents. La coupe, telle qu'elle se présente, peut se concilier avec une identité presque absolue de toutes les coupes menées normalement au pli.

Plus au nord, les affleurements crétacés disparaissent et, par conséquent, avec eux toute trace observable de la continuation des mêmes phénomènes. Il me semblait probable que cette disparition était due à la dénudalion de la cuvette synclinate, qui pouvait même arriver à n'être plus représentée que par

Fia. 73. — Coupe au sud de Bras.

S. G. F., 3* série, t. XV[(, 1888-89, P- l'i^-J

T. f::,oat\it!tieF<itetakCs'-'nagaaaprB<rinciatU; S. Poodloguei;

a. 3ibl« el irgiln roogai < Cr«lK« lupf rieur \: ID. CilcairM lacuïlreB tertiiirn.

teh«ll«dea loagii«ura = ■ ;iDoau an^'iran.

une ondulation du Trias; mais une étude récente, faite en commun avec M. Zurcher, vient de me montrer que c'est avec le Crétacé du Val que se reliait, de part et d'autre, celui de Bras, et que le pli anticlinal tourne complètement, et sans erreur possible, autour de ce bassin.

Il faut aussi remarquer que la coupe donnée suppose la concordance des terrains crétacés et des terrains tertiaires de Bras. Ces terrains tertiaires, d'après l'étude provisoire que M. Vasseur a faite de leur faune, ne pourraient guère permettre d'hésitation qu'entre l' Aquitanien et le Langhien ; l'examen stratigraphique plus complet que je viens de faire de leurs relations, à Fabrègues et à Brue-Auriac, m'a prouvé que leur concordance apparente n'était qu'accidentelle^aux points où ils occupent le fond des anciens synchnaux, mais que partout ils débordent sur les flancs de ces synclinaux, et reposent alors nettement sur les tranches des étages plus anciens. Ils sont donc postérieurs aux grands mouvements de la région, et les pointements triasiques ou jurassiques qu'on voit surgir au milieu de leurs affleurements sont bien des récifs, des saillies du fond du bassin et nullement des Ilots de recouvrement.

Au nord des affleurements crétacés que je viens de décrire, le Trias se trouve un moment en contact avec les dolomies du Jurassique supérieur, puis, à me- Nouvelle inneiinn sure que les couches s'infléchissent vers l'est, tous les termes de la série sup- Mru'ioo'dM^'ierralDs

supprimés, et même primée reparaissent entre eux. Parûnecomplicatibn bien remarquable, ilsrepaepissecon aires, /-dissent même plusieurs /ois; Vèùremeal, près de Bras, avait supprimé non seulement la série normale, mais encore deux plîs secondaires, qui se suivent de là pendant plus de S*"" jusqu'auprès de Miraval. Ces plis sont d'abord, comme le pli principal, renversés vers le sud, et très inégalement étirés, si bien qu'en partant du Trias on rencontre en certains points la série : Infralias, Lias, Rajocien, BatlionJen, puis retour du Bajocicn et du Lias, auxquels font suite, après une nouvelle alternance, les grands escarpements de Batbonien marneux, tandis qu'en d'autres la suppression pluri ou moins complète d'un nombre quelconque de termes, dans l'un quelconque des plis, semble donner lieu à une succession tout à fait arbitraire et fantaisiste dans les termes de ta série jurassique, cespiiasecondaire*. Une fois qu'on s'est convaincu de l'existence des trois plis, le rôle des étirements

piii9 ou moins éiirés, apparaît avec évidence et la régularité avec laquelle ils dessinent tous trois leur

tournenl avec le pli ^^ ~ ^

principal. inflexion concentrique autour de l'extrémité du bassin de Val, fait de ce coin (au

nord du Brusquet) un des points tes plus instructifs de tout le pays, un de ceux où la torsion des plis se montre le plus nettement et sans aucune contestation possible.

Vers l'est, ks plis A Doumet, les plis secondaires sont devenus des plîs droits, et le grand pli ient"d'1mf«>mn«*ei ^^^^ *^' Tcnversé (coupe, /ig. 76); mais plus à l'est, les plis secondaires augse renversent, avec mentent d'importance : le plus méridional, à partir de la Grande Bastide, se

suppression du flanc , , , . !■-■>> ■ 1

renversé. Burie bassin l'cnversc sur ics couchcs Supérieures du (^relace, et par suite de ce renversement, créwcé du \»\. loute la série jurassique, si puissamment développée au signal de Bras, s'étire

et disparaît, de manière que Tlnfralias non renversé repose directement sur le Crétacé. Un fait très remarquable, et qui exigerait une longue description de détail, c'est la rapide terminaison de ces plis secondaires, qui déjà au Val ne semblent plus exister, car là c'est te pli principal, suivi sans interruption depuis Bras, qui est directement couché sur les couches de Rognac, et qui a même laissé semés à leur surface quelques Ilots de dolomies supérieures. Dans toute la

vallée du Caramy, jusqu'au confluent de l'Issole, le même phénomène se reproduit : les plis successifs viennentse terminer comme en biseau contre les sables crétacés, et partout les collines qu'ils forment montrent une série de bancs renversés, depuis le Bathonîen jusqu'à l'Infralias, avec un pendage assez faible vers te nord {fig- 77).

Kn approchant du Thoronet, à Peygros, le pli principal, toujours bien mar- l. que par la ligne des affleurements triasiques, vient étendre par-dessus ces plis j^^J secondaires et par-dessus le Crétacé lui-même une large nappe de recouvrement, <'«''' dont la signification serait sans doute restée longtemps inexpliquée, si l'exemple de la Bouissière, décrit plus loin, n'était venu, sur une moindre échelle il est vrai, mais aussi avec une netteté plus grande, faire la lumière sur ce nouvel

élément de complication dans les grands plis couchés. A Peygros, toutes tes collines qui dominent la ferme sont formées d'Infralias horizontal; au pied de de cet Infralias, on trouve des lambeaux de Bathonien renversé, reposant sur les sables crétacés et sur la Bauxite. L'Infralias du sommet est continu avec celui qui, 3'"" au nord, accompagne le Trias et forme la retombée du grand pli, et un pli secondaire, celui qui plus à l'ouest, à la Gagère, borde le bassin crétacé, a ses affleurements brusquement interrompus par la nappe de recouvrement. Celle-ci n'arrive à reposer sur le Crétacé qu'après avoir passé sur la tête des plis secondaires, dont les ondulations n'englobent pas de terrains plus récents que le Lias et le Bathonien {fig- 78).

Le détail de ces superpositions compliquées reste à étudier dans les différentes Le dépUcemem coupes successives du pli, et il est possible qu'entre le Val et Peygros on '''"^^'^''"a'k-'vgl'ielud retrouve quelques autres témoins de cette nappe de recouvrement, charriée, non pas comme dans les exemples précédents, au-dessus d'un bassin crétacé à surface plane et horizontale, mais au-dessus d'une série de plis qu'elle semble avoir rasés. En tout cas, dans l'état actuel des études faites pour la Carte, le promontoire de Peygros en est la seule partie connue avec certitude, le reste aurait été enlevé par la dénudatîoa. Mais il est évident que cette nappe, témoignant d'un mouvement horizontal d'au moins 3*"°, est le produit d'un phéno-

Sur le bord sud du

Bauxite

temenl 9

epose direcr le Batho-

mène d'ensemble, et qu'elle devait primitivement s'étendre assez loin à Test aussi bien qu'à l'ouest.

Une autre particularité de ces coupes, que je me contente de signaler, c'est que sur le bord sud du bassin, depuis Vins jusqu'au Thoronet, le Jurassique plonge doucement et avec une grande régularité apparente sous la Bauxite et le Crétacé, et que pourtant le Jurassique supérieur fait défaut; la Bauxite repose directement sur les calcaires bathontens. Il est diflicile de croire que les dolomies du Jurassique supérieur, qui existent tout à l'entour, ne se soient pas déposées en ce point, et rien n'indique des dénudations antécrétacées. On se

- Coupe do pli de Brignoles i Peyero s. BathoniBanurnaui; t. Bit]

demande donc, surtout en présence de l'exemple voisin du Canne t-du-Luc, si ce n'est pas un glissement, dans le flanc inférieur du pli, qui aurait fait disparaître le Jurassique supérieur.

Les deux branches De même que ta branche sud du pli se perd dans les ondulations de la plaine laVis da^na'ies^'ndu- pcrmienne, la branche nord se perd dans celles du Trias de Lorgues et de Dralaiions du Permien et guiguan, et les accidents si remarquables du pli de Brignoles se trouvent isolés au milieu des affleurements continus des terrains plus anciens, Trias et l'ermien, comme si le pli décrivait lui-même une courbe complètement formée; mais si la manière dont cette courbe se ferme à Bras est un fait d'observation bien certain, la manière dont elle se fermerait au Cannet est hypothétique, et tout ce qu'on peut affirmer, c'est que le pli, là où il est nettement accusé par les affleurements, se compose de deux branches repliées l'une sur l'autre et comme accolées dans tout leur parcours.

Avant d'aborder l'étude du quatrième grand pli, celui de Salernes, je dirai quelques mots d'un pli secondaire, qui prend naissance à l'intérieur de la vaste sinuosité décrite par ce dernier, et qui, malgré sa longueur relativement faible, a donné lieu à des déplacements horizontaux importants.

QUI ONT PLISSÉ L'ËCORCE TERRESTRE. iS'J

6° Le pli d'Bsparron-

A l'est de Rians s'étend, de l'ouest à l'est, à la hauteur moyenne de 400", une plaine remplie par des marnes et sables rougeâtres, que l'association et la superposition aux calcaires fossilifères de Rognac me semblent devoir faire ranger dans le Crétacé le plus supérieur ('). Cette plaine, de a""" de largeur, bordée au nord et au sud par des collines jurassiques qui la dominent de 200™ dans leurs plus hauts sommets, marque évidemment la place d'un bassin synclinal, dont la position est certainement faite pour exciter la surprise. A l'est et à l'ouest, ce Crétacé vient se heurter contre deux bandes de Trias, celle de Rians et celle de Saint-Maximin, d'inégale largeur, mais toutes deux dirigées du nord au sud, perpendiculairement, par conséquent, à la plaine crétacée. Le fait semble d'autant plus extraordinaire que si l'on prolonge la direction de cette plaine au delà des deux bandes triasiques qui la barrent brusquement, on retrouve de part et d'autre, à l'est comme à l'ouest, deux bassins crétacés également allongés dans la direction E.-O., et paraissant continuer celui d'Esparron; d'un côté c'est le bassin de Rians, qui borde le pied des dernières collines de la chaîne de Sainte-Victoire prolongée au N.E. ; de l'autre, c'est le bassin de Salemes, qui se prolonge jusqu'auprès de Draguignan et que nous étudierons tout à l'heure. La première idée qui vient à l'esprit en observant cette disposition inattendue, c'est que les trois bassins crétacés, si remarquablement alignés sur une longueur totale de So*"", forment un seul et même bassin, et que les traînées triasiques, qui semblent interrompre un moment cette continuité, n'ont pas de racine en profondeur, qu'elles sont superposées au Crétacé comme le Trias du Beausset. Mais il n'en est rien; j'ai déjà indiqué que le Trias de Saint-Maximin, aussi bien que celui de Rians, marquaient la trace de plis anticlinaux déviés et extraordinairement étirés sur les flancs de la partie déviée. La vérification peut s'en faire aux deux extrémités de la plaine d'Esparron ; les travaux du chemin de fer, à Rians, ont mis à nu en deux points le contact du Crétacé et du Trias, et montrent que la surface de contact est verticale, comme on devait l'attendre d'une surface de torsion, suivant laquelle s'est fait un décrochement horizontal ; et de l'autre côté, près de la Combe, des ravins profonds montrent les poudingues crétacés s'appuyant en bancs presque verticaux sur le Muschelkalk ou les Marnes irisées. De plus, quoique les deux bandes crétacées

( ' ) Ces sables pourraient pourtant aussi représenter rÉocène inférieur, et c'est même l'opinion à laquelle s'est arrêté M. Collot dans la Carte géologique détaillée (feuille d'Aix). Les deux série» étant concordantes et déposées en continuité, la limite du Crétacé et de t'Éocène reste là, jusqu'à nouvel ordre, un peu arbitraire.

estàl'i ar di nord-sud de Tria:

borde au sud

oe bassin

crétacé; s

n faibifi

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direction

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cémenta h<

importaots

l58 MËMOiaE SUR LES REFOULEMENTS

d'Esparron et de Salemes se rélrécissent beaucoup quand elles arrivent au contact du Trias, on peut suivre la continuation de l'une et de l'autre le long de la baade triasique : l'une se contourne vers le nord-ouest en allant se relier au petit bassin de Tavernes; l'autre, au contraire, s'inflécliit vers le sud-ouest. Les deux bandes, bien que se faisant face, semblent donc correspondre à deux plis synclinaux réellement distincts.

Pour comprendre la signification du bassin crétacé d'Esparron, il faut se rappeler que la bande transversale du Trias, après s'être élevée au nord jusqu'à Varages et la Verdière ('), décrit une demi-circonférence, et va se contourner vers l'ouest comme pour aller rejoindre le Trias de Rians. Les deux bandes triasiques peuvent être même considérées comme reliées, en réalité, par le bombement de terrains jurassiques qui, dirigé de l'est à l'ouest, sépare les vallées de la Verdière et de la Vabre ; cette partie, où le pli anticlinal plus surbaissé semble s'interrompre, n'est même pas la moins instructive : en suivant, en effet, le bord du Trias entre les deux fermes de Vaubelle, on voit que les Marnes irisées sont surmontées presque borizontatement par la lumachelle infraliasique (à Plicalula intusstriata et à Avicula contorta), et celle-ci par les dolomies du Bathonien supérieur, sans interposition des étages intermédiaires. C'est bien une superposition, et non une faille, car le Batbonien forme un Ilot entouré de tous côtés par l'Infralias; les étages intermédiaires se sont pourtant déposés dans la région, car au nord et au sud on voit des bancs de Bajocien et de Batbonien inférieur, en partie écrasés et laminés, reparaître entre l'Infralias et les dolo-' mies. Ainsi là, dans un système de couches légèrement bombées, sans qu'il y ait trace de renversements, sans qu'il y ait même une forte inclinaison des flancs, les suppressions de coucbes sont aussi importantes que sur les bords inversés d'un pli important et dissymétrique, La place du pli anticlinal se trouve mieux marquée par les étirements que par les pendages des couches.

Le pli anticlinal décrivant ainsi une demi-circonférence, le pli synclinal écrasé qui lui fait suite à l'ouest décrit concentriquement une courbe semblable ; delà l'origine de la plaine d'Esparron. Le pli synclinal s'épanouit tout naturellement; sa cuvette s'élargit et se régularise, quand il reprend la direction E.-O., puis, quand il s'infléchit de nouveau au sud-ouest le long du Trias de Rians, il s'étire, s'amincit, et arrive à s'écraser complètement.

Le bassin crétacé d'Esparron, ainsi défini et expliqué, est bordé au sud par un pli anticlinal secondaire, qui dessine intérieurement une courbe parallèle aux deux précédentes (voir la Carte d'ensemble, pi. f), et qui présente ce double caractère intéressant de s'arrêter rapidement en direction et, dans son parcours limité, de se renverser fortement au-dessus du bassin d'Esparron, dont il recouvre les coucbes crétacées sur une largeur d'au moins a"™.

( ' ) Voir

la Carte géologique détaillée de la France, Teuilles a33 ('4Ù') et aî6 (Dra^ wt^nan).

QUI ONT PLISSÉ f.KCORCE TERBESTHE. iSq

Dans la moitié occidentale, la coupe ne peut pas se rétablir encore avec une coupe de l* parti* complète cerlilude; il y a deux hypothèses possibles, entre lesquelles les obser- ""' *""" '" vations de M. Collot, qui a fait ta Carte de la région, ne me paraissent* pas permettre un choix définitif. La bordure jurassique, dans cette première moitié, c'est-à-dire entre Rians et Esparron, montre en contact avec le Crétacé les calcaires blancs du Jurassique supérieur; près de Rians ces calcaires ne sont pas renversés, mais ils le sont au signal d'Artigues, où ils plongent à plus de 45" sous rOxfordien; au col d'Artigues, et sous l'oratoire d'Esparron, la pente diminue et se rapproche de l'hoi'izontale; mais là, les calcaires blancs ne sont plus renversés; dans le ravin qui s'ouvre à l'est de la route d'Artigues, on peut voir li'S diiTérentes zones de l'Oxfordien plonger sous ces calcaires, en formant un petit bombement secondaire en avant de la ferme de Pilhaud. Or, entre les couches renversées et les couches non renversées, il n'existe pas de point où les

couches soient verticales, ce qui ne peut guère s'expliquer i^fi^. 79) que si l'on est passé, près de la boucle d'un pli couché, du flanc inférieur au flanc supérieur, de la partie ab à la partie cd. Ce passage est d'autant plus vraisemblable qu'il y a là une torsion du pli : les marnesoxfordiennes, avant d'atteindre la route d'Artigues, se contournent autour de la colline bathonienne sous laquelle, à l'ouest, elles étaient renversées; dans ce mouvement, elles se redressent d'ahord verticalement, puis s'étirent et disparaissent.

Dans la continuation vers l'ouest de cette ligne d'élirement, on rencontre 1 d'une manière tout à fait inattendue, au sud des Coquithals et au nord des j^j' Bêlions, deux lambeaux, larges seulement de quelques mètres carrés, de marnes i"' et de grés rouges, avec galets siliceux et ossements de Reptiles, c'est-à-dire des mêmes terrains crétacés qui forment la plaine d'Ksparron.

La ligne qui ramène ces lambeaux crétacés est certainement une ligne de faille, puisqu'elle les met en contact au nord avec le Bathonien et l'Oxfordien, mais cette faille peut n'être que la ligne d'étirement du pli tordu, comme

auprès de Simiane, jusqu'au rebroussement ^^ ; ou bien elle

peut être une faille d'afîaissement postérieur. Dans le premier cas, la coupe par le signal d'Artigues {fig- 80) rencontrerait deux fois le pK (et devrait même le rencontrer trois fois, s'il n'y avait pas eu étirement); elle donne l'apparence de deux plis qui se succèdent, couchés dans le même sens, avec

itin MEMO[ltE SUK LES REFOULEMENTS

suppression complète du flanc noo renversé du premier pli. Dans le seeond cas, il n'y aurait qu'un seul pli, dénivelé par une faille postérieure {/ig- 8i), et, par suite, pénétration beaucoup plus profonde du Crétacé sous le Jurassique.

Kn tout cas, pour celui de ces deux lambeaux que j'ai eu l'occasion d'étudier ' personnellement, celui du nord des Bêlions, on peut constater sans ambiguïté qu'il est surmonté au sud,- presque horizontalement, par toute la série, ren-

versée et étirée, du Jurassique jusqu'à l'Infralias; les affleurements sont très nets et fossilifères dans le petit chemin qui monte aux Délions; les dolomîes

,. 8a, — Coupe prise a

des Bêlions ,

t. Siblm créticés 1 dibrw de HeptlUi.

supérieures occupent dans un petit bois un affleurement encore assez large, sans qu'on puisse bien juger de leur épaisseur ; mais toute la série intermédiaire, jusqu'à l'Infralias, ne compte plus qu'une trentaine de mètres {fig- 82). L'In-

QUI ONT PLISSÉ L'ÉCOBCE TERRESTRE. l6l

fralias qui descend vers les Bêlions représente la retombée normale du pli et n'est plus renversé.

En snivant vers l'est, par Pilhaud, la ligne de ces deux premiers afHeurements iJn second pfoDge

..,..,.., . ... Yen le sud soûl des

crétacés, ainsi isoles au milieu du Jurassique, on en rencontre un troisième, dol»mies, aaïqaeiiei à i""" environ de Pilhaud, au pied d'une colline qu'un pin plus élevé permet de 5" superposée raséria

' "^ . jurassique non ren-

repérer et de reconnaître de loin. La connaissance de ces trois affleurements est versée, due à M. Collot, qui les attribue seulement à l'Eocène inférieur, ainsi que tous les terrains de la plaine d'Esparron. Ces terrains plongent là, avec une pente très faible et une superposition visible sur plusieurs mètres, sousde^ dolomies que M. Collot attribue à l'Infralias, mais qu'on pourrait aussi rapporter au Jurassique supérieur (y?^. 83). Les dolomies, exactement semblables d'aspect,

qui forment ta pente des coteaux situés au nord, appartiennent certainemeni, en tout cas, à ce niveau supérieur, d'après une Ammonite que M. Collot y a rencontrée. L'âge de ces dolomies superposées au Crétacé, qui sont, d'ailleurs, surmontées par le Bajocien et le Bathonien, n'a au fond qu'une importance très secondaire; il y a là, de toute façon, l'indice d'un pli couché; la seule difl'érence serait que dans un cas le flanc renversé serait complètement supprimé, et que dans l'autre cas ce flanc renversé serait représenté par une épaisseur plus ou moins grande de dolomies supérieures.

Là encore, nous nous trouvons eii face de deux interprétations possibles: L'inierpréiationpar l'existence de deux plis {fig. 84) ou d'un seul pli dénivelé par une faille p",sjbt". ' *" "' {fig- 8:)). Mais la première de ces hypothèses devient bien plus difficilement admissible, car ici on est sorti de la zone de sinuosité du pli. Il faudrait donc admettre un pli secondaire, prenant naissance dans la sinuosité du premier; mais comme celui-ci rejoint le bassin crétacé à Esparron, ce pli secondaire serait limité à une si faible longueur et serait si brusquement interrompu de part et d'autre, que son existence est tout à fait invraisemblable. La preuve que ce pli serait, lui aussi, un pli couché, est donn»''e, en dehors de l'allure générale du contact du Crétacé et du Jurassique, par la présence de marnes rouges crétacées, mises au jour sous les calcaires blancs jurassiques dans les fossés de la route qui monte au col d'Artigues.

Ainsi, l'interprétation des trois lambeaux crétacés qui s'échelonnent des n est plus probable Coquitbals à Pilhaud, nous conduit à admettre une pénétration du Crétacé relient, pai-dessous T. L. — N" 2. 21

In colline* de bor- S0U8 le Jurassïque d'au moins a""". Les faits sont plus nets encore et les consé-

)>a«in pr>nr>|i4i, qucnces pius dirccles a 1 est d Esparron.

' A K>i>arr<>n, l'jnfra- A KspaiTon, la liaiidc d'infralias qu'on suit depuis les lîpllons, séparée du

li» arrive en coulai;! ,. .. . . ■ i - ■ , ' ...

éirrrtavtcucrétaef; ^-'^ctacc par uttc scFic dc tcrines jurassiqu€s plus récents, arrive directement au «t le leriioirr. contact du Cfétacé. D'après ce qui précède, toute ta masse dolomitique qui

constitue, avec quelques calcaires Mancs, les collines de l'Oratoire Saint- Jean et du signal voisin, masse qui est abaissée par rapport à l'Infralias, serait en recouvrement sur le Crétacé. L'Infralias a toujours son léger plongement voi'S le sud ; les grès et marnes rouges qui sont à ses pieds, s'enfoncent sous lui, comme le montre la sinuosité de la ligne d'afOeuremeiit et sa pénétration dans les anfractuosités des vallons. T.^ coupe est la continuation et la reproduction de celle des Ucllons {fig- KO), avec cotte différence que les termes amincis et

Kii). XG. — Coupr priEW au sud d'Esparrun.

lirh..|l« d.* lnO([«urs -,:... .-«..

ilirés sont ici tout à fait supprimés. La place actuelle de la falaise infraliasique n'est d'ailleurs déterminée que par les actions de dénudation, et il est presque

(honien ren-

QUI ONT PUSSE l.'ÉCORCE TERRESTRE. l63

évident, a priori, que le recouvrement d'Infralias s'avançait plus loin vers le Dord.

On a une limite minima de la largeur du recouvrement actuel par les affleu- Tmu dans rinfrarements de la Bastide de Valensole. Là, au milieu du plateau formé par les doloniles de l'Infralias, une petite dépression fait apparaître les marnes vertes et les calcaires à Avïcula conforta de la hase de l'étage; quelques assises appartenant au Trias supérieur les accompagnent. Ce n'est là qu'un fait normal et conforme à ce qu'on pouvait prévoir. Mais, à côté de ce Trias, affleurent des marnes bathoniennes, sur une largeur de quelques dizaines de mètres, et sur une longueur de plus de i"™, ainsi isolées, en contact avec du Trias, au pied de collines formées d'Infralias. Il semble d'abord qu'on puisse seulement songer à un affaissement local, qui aurait enfoui ces marnes bathoniennes à uhe centaine de mètres au-dessous de leur niveau primitif. Mais cette explication doit être rejetée, caries marnes bathoniennes s'enfoncent sous l'Infralias. Après toutes les explications déjà données dans ce Mémoire, cette anomalie apparente devient facile à interpréter. A mesure que le Crétacé s'enfonce sous l'Infralias et qu'on se rapproche de la charnière synclinale du pli, la série des termes renversés qui forme le flanc inférieur du pli doit reparaître et tendre à se compléter entre le Crétacé et l'Infralias, comme nous l'avons vu aux Bêlions. L'affleurement lentï-

Fio. 87. — Coupe passant par la Bastide de Valensole.

1. CoactmiaAviculacaalai-ra; i. Infralioa; 3, B^jocisn; t. Bithonien^ 5. Saklm criUcrdg.

culaire de marnes bathoniennes, qui se montrent là dans les conditions où pourrait se montrer un étage inférieur à l'Infralias, n'est qu'un regard ouvert sur celte partie inférieure et renversée du pli. Un puits creusé dans ces marnes bathoniennes rencontrerait au-dessous d'elles le Crétacé {fig. 87).

D'ailleurs, un peu plus à l'est, auprès des Palières, ces termes renversés se iiots de montrent au pied de la falaise infraliasique, entre elle et la plaine crétacée. Là, Dlpiaccmlna! de plus, on peut recueillir des renseignements précis sur l'étendue du recouvrement primitif : trois des mamelons de la plaine crétacée sont couronnés par des calcaires jurassiques (au-dessus de la Plane, de Tréconal et de Laval). Ces trois ilols superposés au Crétacé permettent de reconstruire assez exactement la coupe primitive; car le premier, le plus voisin du noyau du pli, est formé de Bathonien et d'Oxfordien, tandis que le dernier, le plus éloigné au' nord, est

du bassin, de 3-,

l64 MÉMOIRE SUR LES REFOULEMENTS

formé de dolomies elde calcaires blancs. Gel Ilot, celui de Laval (^fig- 88), correspondrait ici à la même partie du pH que les dolomies et calcaires blancs de l'Oratoire Saint-Jean d'Esparron. On voit que le recouvrement, et par conséquent le déplacement horizontal, a été dans cette partie d'au moins S""", RHpide terminaison Ce qui cst bien remarquable, c'est qu'à ce point même où nous avons la tîcai preuve conservée de son large déroulement horizontal, le pli semble disparaître et s'arrêter brusquement. L'affleurement de la tête du pli est, en effet, marqué par les affleurements de l'Infralias; or, la bande d'Infratias, que nous suivons depuis les Bêlions, cesse à l'est du signal des Paliéres, enveloppée complètement par les calcaires à silex du Bajocien; ceux-ci sont enveloppés à leur tour, de la

F[a. BH. — Coupe dn lambeau de recouvrement de Lavai.

1. Inrnllia; 1. Bijocien; i. BithonJan; 1. JuniNqu* «upirlaur ; b. Cr«uc«.

Échalle da loDgaaiin = i u»»».

même manière, par le Bathonien marneux, puis par le Bathonien calcaire, dont lés bancs subsistent seuls sur les pentes boisées qui descendent à l'est et au sud, vers les Annelles et Brue-Auriac. En face de cet affleurement uniforme de calcaires bathoniens, on est amené naturellement à conclure que le pli ne se continue pas de ce côté, et comme de tous les autres on est limité par le Crétacé ou par le Tertiaire, il en résulterait que le pli ne se continue pas du tout, ce qui, pour un pli dont le déversement horizontal est de 3""", est mécaniquement impossible. L'explication, comme je l'ai déjà dit pour te massif d'AlIauch, c'est que te pli se continue sous les affleurements bathoniens. Le bassin crétacé se contourne vers le sud, puis vers le sud-est; donc le pli anticlinal qui l'accompagne doit se contourner dans le même sens; il ne peut cesser immédiatement d'être un pli couché ; donc le Bathonien des Annelles est replié sur luimême, gedoppelt comme disent les Allemands, et au moins sur une certaine longueur il reste couché sur le Crétacé ; mais ce dernier, sur le chemin de Brue- Auriac, est bientôt masqué par les terrains tertiaires discordants. Ilot de recouvre- Pour terminer ce qui est relatif au bassin d'Esparron, je signalerai encore, à ment baihonten au l'angig nofd-ouest du bassiu, un autre fait de recouvrement, mais provenant de

nord-ouest du bassin o ' ' r^

crétacé; il correspond (a falaise opposéc. Lcs calcaires blancs du Jurassique supérieur qui, au-dessus lorsioa d'un autre pli de Castitlon, forment cette falaise, arrivent, en s'approchant du signal de secondaire. Mout-Major, à sc redresser verticalement, à se renverser et à disparaître par

QUI ONT PLISSÉ L'ÉCORCE TERRESTRE. l65

étirement; en ce point, ce sont alors les calcaires de l'Oxfordien supérieur qui se montrent renversés sur les couches de Rogoac. Or, juste en face de ce point, au même niveau, la colline de ta Blanqiie, dont le pied est formé de tous les côtés par les sables crétacés, est couronnée d'un chapeau horizontal des mêmes calcaires. 11 y a donc eu, là encore, un charriage de i*"" environ; mais je n'ai pas assez étudié les environs pour pouvoir essayer de suivre, d'après la carte de M. Collot, le pli auquel il se rattache, ni pour dégager son rôle dans la structure du pays. Sauf le pli d'Esparron, qui, une fois la clef donnée, est relativement simple, les environs de Hians réclameraient encore une étude prolongée.

7" Le pli de Salemes.

Au nord du pli de Brignoles, dans toute la région qui s'étend entre Draguignan et la bande triasique de Saint-Maxirain, on traverse, sur 8""" à lo""", un pays accidenté de collines peu élevées, sans orientation apparente, et qui sont formées en majeure partie de Trias et d'Infralias. Au milieu des ondulations Ce pli est «un répétées de leurs couches, ou, si l'on veut, de la série de plis qui s'y succèdent, Barjoi» et Lorgne ij serait difficile d'en définir un en l'isolant des autres. Mais le pli de Salernes, malgré ces nombreux froissements secondaires, est nettement défini par le bassin crétacé sur lequel it se renverse. Il ne conserve d'ailleurs son individualité que jusqu'à la grande bande triasique nord-sud, dans laquelle il va se fondre

Fio. S9, ~ Carte du bassin crétacé de Salernes, avec sa bande de recouvrement (partie barrée).

(B. S. G. F., 3* série, l. XVII, 1888-89, P- "35,}

£ch«lle = i;}in~«.

à Barjols, et au delà de laquelle il ne se continue pas, du moins avec la même importance. Du côté de l'est, à partir de Lorgues, il se contourne vers le nord et revient sur lui-même, en formant le pli d'Aups, renversé en sens inverse, c'est-à-dire vers le sud.

Le bassin crétacé de Salernes présente les contours sinueux qu'indique la carte ci-jointe (^ fig. 89). Les affleurements qui le composent ont été longtemps

l66 'MËMOrRE SUR LES REFOULEMENTS

considéi'és comme formant une série de bassins isolés, déposés en discordance et représentant te fond d'une suite de lacs distincts, disséminés irrégulièrement au milieu des collines jurassiques. Les éludes de M. Zurcher ont prouvé que ces affleurements se reliaient entre eux, et qu'ils représentent les restes de l'extension vers t'est du grand lac de Fuveau et de Rognac; mais, même quand ce résultat a été acquis, l'irrégularité des terrains qui limitent ces couches a semblé d'abord, même en donnant une large part aux failles, ne pouvoir s'expliquer que par des discordances locales. La série des couches crétacées, concordante à l'ouest avec le Jurassique, serait ainsi discordante avec lui quand on s'approche de Draguignan. Les mouvements du sol, dans ces deux régions si voisines, ne seraient pas de même Age; la surface des couches jurassiques aurait été bouleversée ou au moins ravinée après émersion à t'est, tandis qu'elle restait plane et horizontale à l'ouest. Le fait en lui-même n'aurait rien d'impossible, mais il n'est pas exact : une étude plus attentive a montré que toutes les irrégularités observées dans le contact des terrains crétacés et jurassiques peuvent s'expliquer par l'existence d'un grand pli couché,

I ' Il y a pourtant une grande diiîérence dans les conditions de dépôt des couches crétacées, par suite de la lacune des terrains crétacés inférieurs, et même du Sénonien. La mer crétacée n'a pas pénétré dans cette région de Salernes, pas plus d'ailleurs qu'elle ne l'a fait dans le nord du bassin de Fuveau, ni dans le bassin d'Esparron. Les seuls représentants du Crétacé sont des sables et grès rougeâtres contenant des débris de Reptiles à Fox-Amphoux, et montrant des intercalations calcaires que les fossiles, d'ailleurs peu abondants (Cyclophores), ont permis de rapprocher des couches de Rognac, c'est-à-dire de la partie supérieure du système de Fuveau. En quelques points, notamment au sud de

; Salemes, on trouve à la base de ces grés un conglomérat brécholde, avec quelques cailloux quartzcux de provenance lointaine, mais presque uniquement formé de blocs et de débris arrachés aux dolomies voisines. L'absence des dépôts crétacés intermédiaires devant être sans doute attribuée à l'existence d'un haut fond, il n'est pas étonnant que quelques parties des dolomies jurassiques aient pu être émergées sur les bords du lac de Rognac; la présence des galets dolomitiques rend en tout cas le fait indubitable, mais ce qui n'est pas moins certain, c'est que ces émersions, probablement par suite de la faible courbure des surfaces exondées, n'ont pas créé de discordances dans la série des dépôts. Nulle part les couches de Rognac ne reposent sur les tranches de terrains plus anciens ; nulle part même, elles ne reposent sur d'autres bancs que les bancs les plus récents du système jurassique. La transgression des couches de Rognac n'a été précédée ni de mouvements violents du sol, ni de dénudations observables ; quoique présentant des lacunes, la série a été uniforme et régulière dans la région, et c'est seulement par des mouvements postérieurs qu'on doit expliquer ses irrégularités apparentes.

Quand on examine tes bords du bassin de Salernes, tels que les représente la petite carte ci-jointe {fig- 89), on trouve qu'au nord, suivant la ligne pointillée, ] les coucbes reposent normalement sur les dolomies du Jurassique supérieur, et en quelques points seulement, du côté de l'ouest, sur les calcaires blancs, qui en sont un faciès laLéral. Au sud, au contraire, ce sont des terrains plus anciens, i et le plus souvent l'Infralias, qui bordent le bassin.

Ce n'est pas là le résultat d'une faille, ou au moins d'une faille verticale ; car aux points où les vallées ont attaqué assez profondément la petite falaise de bordure, les mêmes couches rouges se retrouvent au fond de ces vallons, de sorte que la ligne de leurs aftleurements dessine des anses sinueuses. En un iioi iaoïé de la l'erme! point même, à la Ferme, après avoir gravi et franchi la falaise jurassique, qui, là d'ailleurs, est peu élevée, on se trouve en face d'une petite plaine cultivée, complètement isolée au milieu des coteaux boisés jurassiques, et dont le fond est formé par les mêmes marnes rouges, avec quelques bancs de calcaires de Rognac. Ces irrégularités du contour, ces anses sinueuses, celte enclave isolée, sont autant d'indices qui peuvent, par analogie avec les exemples précédents, faire présumer que le Jurassique est, en réalité, superposé au Crétacé.

>upe9 prises sur la bordure méridionile du bassin de Salernes, (fl. S. G. F.. 3- sÉrie, t. XVII, p. j36.) a. CDUcfa«deRogiinc|CrslHéaupérieur|.

Mais, de plus, ea suivant la bordure, on constate presque partout la présence d'un liséré intermittent de terrains renversés. La figure ci-jointe {fie. qo) \ montre les coupes observées prés de Salernes (a), près de Rognette (t), et près de Pontevès (c) au nord de la grande roule. Dans la première, les calcaires marneux du Bathonien, réduits à quelques mètres, sont surmontés par les calcaires à silex du Bajocien; au-dessus viennent une dizaine de mètres de dolomies înfraliasiques, supportant les couches à Avicula contoria. Par-dessus cette petite bande se développe la série non renversée des mêmes couches, où les dolomies de l'Infralias à elles seules comptent 80" de puissance. A Rognette, ce sont seulement quelques bancs froissés de marnes bathoniennes qui s'intercalent entre le Crétacé et l'Infralias. A Pontevès, au-dessus des mêmes marnes bathoniennes, également rudimentaires, on voit, dans une falaise de 30*° de bau-

l68 MÉMOIRE SLR LES BEFOULEME^TS

leur, les dotomies infraliasiques comprises entre deux bancs de calcaires à silex bajociens.

u Jurassique est Ccs bandes de terrains renversés sont, comme je l'ai déjà expliqué plusieurs

tuperposi! au Crétacé, r • • ■ >> ■ n <■ i • . ■ . i

lois, une preuve cerlame de I existence d un pli couche, et, par conséquent, de la pénétration plus ou moins profonde du Crétacé sous le Jurassique. D^ailleurs, près de la route de Fox-Amphoux à Cotigpnac, à l'est des Muets, une petite déchirure récente montre sur près de a" la superposition, suivant une ligne presque horizontale, dé l'infralias sur les grès rouges. Kbouiemenisieiong La petite baude de terrains renversés n'existe pas partout, et là où elle existe, posée aux sables ^"c n'cst pas toujoucs visible, non seulement à cause de la végétation, mais par eréucéî, guitg des éboulcments et des glissements qui ont une importance considérable

le long de ces petites falaises. Ils sont ici particulièrement fréquents, à cause de la nature meuble et sableuse du substratum. Tantôt il ne s'agit que de blocs isolés, comme c'est le cas pour les blocs de grès dans la forêt de Fontainebleau, ou pour les blocs de meulière le long des collines de Damery, près d'Épernay. Mais parfois aussi, des lambeaux entiers de couches ont glissé sur d'assez grandes étendues et donnent l'illusion de couches en place; elles se présentent alors avec les inclinaisons les plus variées, souvent verticales, et peuvent paraître ainsi jalonner une ligne de dislocation. L'apparence chaotique de ces talus d'éboulement, comparée à l'allure horizontale des couches du plateau, permet le plus souvent de reconnaître immédiatement la véritable cause de ces perturbations locales; mais, en d'autres points, il peuty avoir doute, et il devient difficile de faire ta distinction entre ces cboulements et les plis secondaires qui ont pu se produire au moment du grand mouvement de chevauchement, plis secondaires que nous n'avons pas eu encore l'occasion de constater, mais dont les bords du bassin de Salernes vont nous fournir des exemples intéressants.

La pénétration du Crétacé sous le Jurassique dans le bassin de Salernes est considérable; elle atteint 3''" au moins, et l'allure régulière que montrent les couches, au moins sur la plus grande partie de cette bande de' recouvrement, est vraiment étonnante. En sortant du Trias qui s'étend au sud, avec ses bancs redressés et ses ondulations répétées, entre Cotignac, Carcès et Entrecasleaux, il semble qu'on entre dans une zone de. repos et de régularité, et cela précisément au point où les actions de plissement ont au contraire atteint leur maximum d'intensité. Celte remarque s'applique particulièrement aux deux plateaux qui bordent à l'est ou à l'ouest le golfe crétacé, qui s'avance au sud de Salernes jusqu'à la Bouissière et sert de passage aux eaux de la lîresque.

La coupe de ce plateau {Jtg- 91) montre au nord, ainsi que je l'ai déjà dit, quelques couches renversées de Bajocien et de Bathonien; au sud, ces couches renversées ont disparu, et les dolomies de l'Infralias reposent directement sur le Crétacé. Si l'on faisait la coupe un peu plus à l'est, du côté du signal de

Babadier, ou surtout au nord de la Ferme, on trouverait que le milieu du plateau s^est alTaissé, et que les couches, au lieu d'une surface horizontale, y dessinent un pli synclinal bien accusé. En tout cas, la continuité et l'enclave crétacée de la Ferme ne permettent pas de douter que, là encore, le Crétacé ne se continue sous le plateau et sous le pli synclinal secondaire.

Le « golfe » de ta Bouissière montre, sur les bords de la Bresque, et au GoUe de u Boui milieu des assises lacustres, des rochers d'Infralias qui se trouvent isolés à un créucé'd°ans"a'vriii niveau inférieur à celui qu'indiqueraient les affleurements infraliasiques des ■** '* Bresque). coteaux qui font ceinture au golfe. La pente de ces coteaux est trop faible, et le volume des rochers trop considérable pour imaginer que, dans les conditions de

Fia. 91. — Coupe du défilé de Ii Bouissière.

(B. 5. G. F., 3* série, l. XVII, p. 137.)

I inpiriHr (Dolomlu);

ÉchMIa dm longnaara ^ i :

relief actuel, ils aient pu descendre sous l'action de ]a pesanteur du bord de ces plateaux. Il faut donc supposer que l'Infralias recouvrait tout le golfe, comme le montre la coupe, et que ces blocs sont descendus verticalement, au fur et à mesure de l'enlèvement des sables sous-jacents. Des morceaux de calcaires bajociens, éboulés sur les pentes des collines situées au sud-ouest du cirque, semblent prouver de plus, quoique je n'en aie pas vu le gisement en place, que la bande renversée mentionnée au nord se retrouve de ce côté.

Mais la partie la plus intéressante de cette coupe, c'est celle des coteaux que Défilé de u Boniitraverse le défilé de la Bouissière, creusé par la rivière de la Bresque, et où té"du"yncnDai"" passent la grande route d'Entrecasteaux ainsi que le nouveau chemin de fer de Salernes. Ce défilé permet, en effet, de reconnaître l'extrémité du pli synclinal formé par les couches crétacées, ou, si l'on veut, la limite de l'enfoncement du Crétacé sous le Jurassique. L'écrasement complet de la bande crétacée, par suite duquel une sorte de rebroussement se substitue à la courbure synclinale des schémas théoriques, la suppression complète du flanc renversé et le contraste qu'offre l'horizontalité de la masse jurassique supérieure (flanc normal du pli anticlinal) avec les froissements et les contournements multipliés des masses jurassiques inférieures (flanc inférieur du pli synclinal), font de cette coupe un T. L. — K° a. aa

des points d'observation les plus curieux et les plus instructifs qu'on trouve en Provence; c'est un des rares points de la Provence où la grandeur des forces mises enjeu se trouve placée en évidence, aussi nettement que dans les grandes falaises des Alpes, au lieu d'être dissimulée par la prédominance des déplacements horizontaux, lofraïus iioriionui A l'entrée du défilé, les couches crétacées se relèvent contre le Jurassique et de''"ijr*secondaîrel^ montrent à leur hase la hrèche dont j'ai déjà parlé, presque uniquement formée de débris de dolomies jurassiques. Il y a eu des glissements entre les deux terrains; les dolomies sont là presque rudimentaires, et la présence de la Bauxite prouve que ce n'est pas par des érosions antérieures au dépôt des couches daniennes que leur épaisseur normale a été diminuée. Le Bathonien et le Bajocien leur font suite, très fortement relevés, et la tranchée du chemin de fer a même mis k jour les marnes vertes de l'Infralias, pincées et froissées dans un repli des couches. Puis une série de plis brusques amène plusieurs fois le Bajocien et le Bathonien, dont on voit à deux reprises les bancs durs et bien lités se dresser verticalement des deux côtés de la roule. La brusque courbure de ces bancs, aux points où i)s passent à la position verticale, a même forcé quelquesuns d'entre eux à s'introduire de vive force, à s'impressionner, malgré la dureté et la compacité du calcaire, dans les bancs qui leur font suite. A la sortie du défilé, l'inclinaison des couches diminue : les dolomies infraliasiques, la lumachelle à Aeicula contorta et les Marnes irisées apparaissent successivement et plongent régulièrement au nord sous la série précédente.

Si, après avoir examiné cette coupe et cette succession de couches tourmentées, on lève les yeux à l'ouest vers le sommet des collines, on voit que cette succession de bancs ondulés et en partie verticaux est surmontée par des couches horizontales. Les plis s'arrêtent brusquement à une ligne horizontale, située à 4o° environ au-dessus de la vallée. Plus haut, on trouve les dolomies de l'Infralias occupant tout le plateau et surmontées horizontalement par les calcaires à silex du Bajocien.

t.igne de coucbe» Un chemin forestier suit à peu près la Hgne de contact et permet de reconertr" u* Jne^pitlsél D»'^'"*'» 1« long de cette ligne, une série de lambeaux de grès rouges et de la et la série horizontale, brèchc signalée à leur basc. La série plissée du bas est ainsi séparée de la série ■ plus ancienne du haut par un liséré de couches crétacées, qui vont rejoindre sans discontinuité celles du bassin de Salcrnes. Le pli synclinal vient ainsi finir en pointe, s'écraser en quelque sorte, comme je l'ai annoncé, entre la masse de recouvrement et les plis secondaires inférieurs. iniérSt de la coupe L'intérêt de Cette coupe est d'abord dans la netteté avec laquelle les phénomènes se présentent, et dans la facilité avec laquelle l'ensemble peut s'embrasser d'un coup d'œil et les détails se vérifier sans ambiguïté. Mais de plus, elle montre sous un nouvel aspect les phénomènes que nous éludions. Dans tous les exemples précédents, les plis synclinaux sur lesquels se faisait le rabatte-

QUr ONT PUSSE L'ÉCOBCE TERHESTBE. I7I

ment des plis anticlinaux étaient des ptis simples; les couches qui en formaient le fond étaient en majeure partie horizontales et seulement affectées d'ondulations à faible courbure; ces couches formaient avec les couches de recouvrement, également horizontales, une série concordante. Mais ici, près du noyau synclinal du grand pli, il s'est formé une série de plis secondaires, dont la tête a été en quelque sorte rasée par la surface de glissement principale : la série de recouvrement est discordante avec la série inférieure. Le Crétacé, qui semblerait, a priori, devoir partager les mouvements de la série inférieure, et par conséquent ne plus exister que dans le centre des plis secondaires, forme au contraire une bande horizontale, se rattachant par son allure à la série supérieure. C'est que ce Crétacé, entraîné sans doute comme lambeau de poussée dans le mouvement de charriage, est en réalité compris entre deux surfaces de glissement, l'une à la base qui continue la zone d'amincissement des dotomies constatée à l'entrée du défilé, l'autre au-dessus des sables rouges qui continue la grande surface de recouvrement. Ces deux surfaces de glissement représentent là les deux flancs du synclinal écrasé. Il esl impossible de ne pas signaler dès maintenant l'analogie de cette coupe de la Bouissière avec celle des Alpes de Claris; jereviendrai plus loin sur cette comparaison.

On peut, d'après ce qui précède, dans cette partie orientale du bassin, fixer i-» largeur de Ib en un point ta limite extrême de pénétration du Crétacé sous le Jurassique. En mc''nT« été dim!'o"ée tenant compte seulement des affleurements actuels, cela permettrait déjà d'éva- p" '"i^nudation. luer à a""" le transport horizontal des masses de recouvrement. Mais la falaise du bord actuel du bassin marque seulement la limite des actions de dénudation, et non pas celle de l'avancement primitif du Jurassique, et il est certain que ce Jurassique s'est avancé beaucoup plus loin. On en a d'ailleurs la preuve dans l'examen des petits mamelons qui entourent le sommet côté 386, à l'angle nordest du bassin. Ce sommet est couronné par une corniche de tufs pliocènes, mais sur les mamelons voisins on trouve en grande quantité des blocs épars de Blocs de calcaires calcaires oxfordiens, dont la présence inattendue serait certainement, dans un |„ , pays de moraines, attribuée à des glaciers. Or ici, ces blocs ne peuvent s'expliquer que par te démantèlement d'un manteau jurassique, qui s'est abaissé verticalement en se brisant à mesure que son support sableux était entraîné; c'est ainsi qu'on voit dans le bassin de Paris, près de Barbizon, des monticules formés par l'amoncellement de blocs de grès de Fontainebleau, reposer directement sur le calcaire de Brie. Les blocs oxfordiens sont bien ici des blocs erra- ■ tiques, mais amenés à leur position actuelle par l'action combinée, pendant de longues périodes géologiques, des forces orogéniques et des dénudations. Ils marquent une limite jusqu'à laquelle se sont certainement avancées tes masses eharriées vers le nord.

A l'est de Salernes et jusqu'à Rognette, le bassin crétacé se rétrécit singulièrement, même, nous le verrons, jusqu'à s'étrangler complètement, et il semble

fj3 MÉMOIRE SUR LES REFOULEMENTS

que le rétrécissement de cette partie soit dû à une moindre dénudatîon du pli couché. Nous pouvons donc nous attendre à trouver des parties plus rapprochées de la cliamîère anticlinale théorique, et par conséquent à ohserver là des apparences nouvelles. C'est ce qui arrive, en effet : la coupe la plus intéressante à ce point de vue est celle des collines qui dominent Salernes à l'ouest, et notamment de la (^roix de Sollics.

Coupe de la Croii On y rencontre une complication en quelque sorte inverse, ou plutôt symé-

■econdiires dam la métrique de cclle de la Bouissière. Tandis que là, près du noyau synclinal, la nappe de recouvre- jjggg (Jpg couches crétacécs sc Compliquait de plissements secondaires, ici ces plis secondaires, ou du moins de larges froissements comparables, se produisent dans la nappe de recouvrement, et probablement au voisinage du noyau anticlinal. Nous avons déjà, dans plusieurs de ces nappes de recouvrement, généralement horizontales dans leur ensemble, signalé des irrégularités assez considérables; en certains points, on voit s'y creuser des cuvettes synclinales plus ou moins profondes, comme à l'ouest du pli même de Salernes; en d'autres, la nappe est dénivelée par des failles, comme en avant de la Sainte-Baume. Mais dans ces divers exemples, il n'y a rien qu'on ne puisse expliquer par des affaissements et par des tassements postérieurs. A la Croix de Solliès, il n'en est plus ainsi : les plis secondaires sont eux-mêmes couchés, et couchés dans le même

Fro. 93. — Coupe schématique de l'eitrémitè du pli de Saleraes,

iB. S. G. F., 3- série, l. XVII, p. ajo.)

Écbella d«a longiHiin — i : 4» »so.

sens que le grand pli { fig. 92) ; on ne peut donc se refuser à y voir des effets connexes et contemporains de la cause qui a produit le pli principal.

La coupe de la Croix de Solliès est la suivante : en partant de la ville, on rencontre d'abord la série déjà décrite pour les falaises homologues, c'est-à-dire, au-dessus des grès crétacés et après quelques parties éboulées qui masquent les termes renversés, la suite régulière des assises jurassiques ; Infralias, Bajocien et Bathonien marneux. On arrive ainsi près du sommet; mais là, au lieu des calcaires compacts du Bathonien ou des dolomies supérieures, qu'on devrait s'attendre à rencontrer, on trouve tout le plateau culminant formé par un retour des calcaires à silex du Bajocien (/ig- yS). Le Bathonien marneux, qui s'intercale ainsi au nord, n'affleure pas sur le versant sud; il ne traverse pas toute la colline, mais on peut le suivre, formant une ligne de champs culti-

vés, sur les trois quarts du pourtour de la butte qui porte la chapelle. Il est donc évidemment enclavé dans un pli en < {Jig- gS).

Le pli de la Croix de Solliés se poursuit vers l'ouest; le promontoire des coteaux jurassiques qui lui fait suite montre, quand on le regarde de Salernes, la succession de deux plis, moins complètement couchés que le préc(''dcnt, mais pourtant inexplicables par un simple affaissement postérieur (pointillés de la figure 92). Le second de ces plis englobe, avec le Bathonien marneux, un peu de Bathonien calcaire (Bathonien supérieur).

Ainsi la figure schématique du pli {fig. 92), au lieu du simple déroulement d'une nappe horizontale, présente une série de ressauts qui semblent, autant qu'on en peut juger, se faire très faiblement sentir dans la surface de séparation

Fia. ^. — Coupe de la Croii de Solli^s.

(B. S. G. F., 3- série, t. XVII, p. i^o.)

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