DESCRIPTION DU FREIN DYNAMOMÉTRIQÜE
D'ailleurs la tûle qui compose les coui-bes de la ixiue est trop faible ; il etit fallu lui donner une bonne ligue et demie d'épaisseur pour l'empêcher de fléchir sous la charge , et de frotter, vers le milieu , contre le fond du coursier^ il eût été également à propos de vernir les aubes pour les mettre à l'abri de la rouille, et de pratiquer vers leurs extrémités au moins 6 ou 8 prcilles au lieu de 3 , afin de pouvoir roieni les fixer contre les couronnes , et d'éviter une trop grande discontinuité de courbure.: dans la dispiosition actuelle, les feuilles de tôle forment , vers chaque extrémité , trois pans droits sans raccordemens. On aurait pu aussi , sans inconvéoiens graves , je pense , remplacer les tôles par des aubes en bonne fonte de fer , de 3 à 4 lignes d'épaisseur, encastrées par leurs extrémités dans les couronnes , ou établies sur des liteaux qui , embrassant leur partie convexe , eussent été fixés contre les parois intérieures des mômes couronnes j. car les aubes n'ayant ici que de longueur , et se composant de portions cylindriques exactement maintenues'par les deux bouts , elles auraient eu une solidité suffisante , sans pour cela charger beaucoup la roue| c'çst du moins un essai qu'on devrait tenter dans les localités qui sont voisines des usina où l'on- fabrique la femie de fèr. *
En terminant ces olracrvations de détail, je dois dire que la roue est trèsbien exécutée dans toutes scs autres parties , et présente peu de jeu dans le coursier et peu de gauche dans ses couronnes : ce jeu est d'environ a centimètres sur le fond et de 3 centim. sur les.côtés du coursier 5 l'arbre de couche repose , par deux tourillons en fer bien tournes et dn 8^ de diamètre , sur des coussinets en bronze supportés par de fortes pièces de chêne bien appuyées. La roue et sca accessoires ont été exécutés par le sieur Herder, jeune charpentier, très-intelligent et trè»-habile , qui a aussi exécuté le mécanisme intérieur de la scierie et construit tous les modèles nécessaires pour les pièces de fonte et de. fer ; cette roue n’a pas eoûté beaucoup au-delà de 35o francs; mais on peut présumer qu'elle serait revenue au double de cette valeur, si Ton eût doitné à la tôle des aubes une épaisseur convenable , et si l'on eût verni ou goudronné le tout pour le préserver d'une trop prompte altération ; on peut assurer qu'il en fût résulté pour la suite une économie réelle.
Description du frein qui a servi à mesurer les quantités d’action transmises à la roue.
73 . Ce frein est représenté fg, 3 ; il ne diflère de celui qui a été décrit par M. de Protqr., dans le tome ta des Annales des mines., que par les
légères modificaüotu que nous lui avons fait subir pour le rendre applicable aux cÛTOnstanres partirulières dans lesquelles nous nous sommes trouvés : ces modifications consistcut principalement ^ comme on le voit, en ce que- là pièce inférieure de l'appareil de M. de Pronjr^ est ici remplacée par une bande de tôle de 16''. de largeur, embrassant farbre sur près des deux tiers de son pourtour, et serrée plus ou moins contre cet ât-bre au moyen -de boulons qui sont terminés , vers le bas , par des pattes rivées sur la tôle , et , vers le haut , par des portions de filets de vis portant des écrous qui tournent en frottant, sur des rondelles en fer appuyées contre la face supérieure du levier.. Le frein devant être placé vers l'une des extrémités de farbre , au-dessus des traversines de la cliaise qui supporte le tourillon correspondant , il était im|)os5ible de faire usage de la pièce inférieure de fepparcil de M. de Pror^.
Cette disposition offrait d'ailleurs l'avantage d'éviter la trop prompte usure de farbre en bo'is de la roue, attendu que la bande de tôle n’ayant qu’ environ a lignes d'épaisseur, sy appliquait par im grand nombre de points, et présentait assez de flexibilité pour se trouver, en quelque sorte , dans les conditions d'une corde ou courroie enroulée sur un tambour,* dont le frottement , ainsi qu'on sait , croit comme une fonction exponentielle de l’arc embrassé. n en résultait en outre que , la force de tirage des bciulons devenant beaucoup moindre que pour l'appareQ ordinaire, un seul homme pouvait manoeuvrer aisément les écrous avec une clef anglaise , et qu'il devenait possible de faire les expériences Sans aucun aide.
Quant au levier du frein , il sc composait d'une pièce de sapin d’environ 6 à 7 pouces d'équarrissage par le gros bout , du côté de la roue ; sa longueur totale était d'environ ta pieds; les poids destinés à faire équilibre au frottement de farbre, étaient suspendus par des anneaux ou des ficeUcs k un crochet en fer placé vers fautre extrémité, à une dblance de la verticale de l'axe de la roue qui, mesurée pour la position horizontale du levier, était exactement de 3 "’,ao. Nous ferons cependant observer que, lors des fortes charges , le centre de gravité du poids se trouvait à quelques centimètres plus loin de l'axe dont il s'agit , circonstance dont nous n'avous point tenu compte, et qui néanmoins tendait à diminuer fappréciation de l'effet utile. On remarquera enfin que lé levier embrassait farbre de la roue par une portion circulaire .taillée dans une pièce de renfort en chêne placée sous sa face inférieure, et qui était garnie d'une feuille de tôle de 16® de largeur, pour éviter réchauffement de farbre et sa déformation trop péompte.