‹ Mémoire sur les tumeurs dites cancéreuses des muscles de la vie de relationChapitre 2 sur 4 · TUMEUR CANCÉREUSE DE LA CUISSE; ABLATION; GUÉRISON · texte numérisé non relu

TUMEUR CANCÉREUSE DE LA CUISSE; ABLATION; GUÉRISON

{France médicale, 1860, p. 2/j3.)

X..., 70 ans, fit, il y a six ans, un faux pas, à la suite duquel il ressentit une douleur assez re dans la cuisse droite. Quelques mois après, il sentit vers le milieu de la partie antérieure membre, une petite grosseur, roulant sous le doigt et faisant une saillie h peine sensible lia vue. Indolente dans le commencement, elle s’accrut peu à peu, et devint le siège d’élanijaients assez fréquents. En même temps que la tumeur s’accroissait, le malade éprouva des luleurs gastralgiques, de l’inappétence, un amaigrissement progressif, une faiblesse géné- ||et teinte jaune paille de la face.

■Dans les six derniers mois, la tumeur s’accrut d’un tiers et il vint à Paris.

I État actuel : 3 mai 1860. A la partie moyenne et antérieure de la cuisse droite, il y a une raeur de la grosseur du poing, mobile dans les mouvements d’extension et de flexion, et ‘sque la jambe est étendue sur la cuisse. Pas de bosselures, consistance inégale. Dans les ux tiers supérieurs existe une dureté assez prononcée, en bas, une mollesse, comme lipomause, et de la fluctuation vers la partie interne.

L’artère crurale bat le long du bord interne de la tumeur, qui ne lui adhère pas. Mais si n fléchit la jambe et que l’on engage le malade à l’étendre pendant que l’on cherche à s y poser, la tumeur devient immobile, elle est comme bridée par les fbres du muscle droit térieur et il est impossible de lui comuniquer quelque mouvement de latéralité tant que le

muscle se contracte. La marche est notablement gênée, et le frottement du pantalon très s sible; le foie, l’estomac et les intestins ne présentent rien d’appréciable.

Opération le 8 mai. M. Demarquay fait, à la partie antérieure de la tumeur, une incis verticale, longue de 16 centimètres, puis il dissèque les téguments de chaque côté. On rec naît que la tumeur est peu adhérente aux tissus profonds ; l’opérateur la sépare aisémenl la soulevant par son bord interne et en s’éloignant de plus en plus de l’artère crurale, coup de bistouri pénétrant dans la masse, à l’extrémité inférieure, fait jaillir un flot de séro citrine que’ renfermait un kyste dont la fluctuation avait été reconnue avant l’opération, tendon du droit antérieur est coupé pour permettre de relever la tumeur avec laquelle il corps. La dissection s’achève par l’excision des fibres charnues du même muscle qui s’éta et se perdent avec les couches superficielles de la tumeur.

La tumeur se compose de deux parties : l’une composée de deux ou trois gros lobes d1 fermes, d’un blanc jaunâtre pour les uns, d’un blanc laiteux pour les autres, constituant quatre cinquièmes de la tumeur, l’autre cinquième est formé d’une matière gris rosé qui j semble pour l’aspect et la consistance au parenchyme des ganglions lymphatiques. En an point la tumeur ne présente du suc proprement dit, suintant à la pression. On obtient sei ment des lambeaux par le raclage, plus facilement sur la partie rosée, qui est plus molle, sur le reste de la masse, qui est dense.

Cette tumeur est partout très vasculaire ; de nombreux capillaires microscopiques pénèüia toute la masse morbide. A l’œil nu, on voit des arborisations vasculaires très fines, appai||| sant dans les sections opérées dans le tissu morbide.

Cette tumeur, quoique d’aspect dissemblable dans diverses parties, a présenté partout|| mêmes éléments à l’examen de Ch. Dufour.

1° Une trame de fibrilles du tissu connectif plus abondantes et plus serrées dans les paiil blanchâtres.

2° Une quantité innombrable de granulations moléculaires, brillantes, animées du moi» ment brownien.

Ces granulations, déjà abondantes dans les parties blanc jaunâtre, se montrent avec || abondance extrême dans les parties blanc de lait. C’est à leur présence qu’est due cette cljj ration spéciale. — Ces granulations font défaut dans les parties rosées de la tumeur, oiB moins y son lassez rares pour ne pas mériter une mention spéciale.

3° Quelques très rares cellules fusiformes fibro- plastiques, surtout dans les parties deijj et blanchâtres. Quelques-unes de ces cellules, placées bout à bout par leurs extrémités ^ lées, semblent être disposées en fibres variqueuses par la présence du renflement de chajftl corps fusiforme au niveau de son noyau.

U° Enfin, et ce qui caractérise la nature de la tumeur, d’énormes cellules et d’énor^j noyaux ronds ou elliptiques, quelques-uns de ceux-ci libres. Ces cellules, de formes des p variées, se rapprochent cependant pour la plupart de la forme irrégulièrement triangublj Ces cellules constituent à elles seules la plus grande partie de la masse morbide, soit ro» soit blanc jaunâtre, et doivent être rapportées au cancer. Plusieurs d’entre elles ont deœjiJl trois noyaux. ■

Depuis qu’elle a été enlevée, cette tumeur a récidivé quatre fois à la même place ; ce ma 11 est encore revenu dernièrement à la Maison de santé, pour prier M. Demarquay de lui enl4i une tumeur grosse comme une noix, qui s'elait développée à la partie supérieure de la c|4

(ce. M. le docteur Luys, qui a bien voulu en faire l’examen, a remis la note suivante à Demarquay :

Celte tumeur offre un aspect irrégulier; il existe des ramollissements partiels qui devienpt des excavations remplies de matière hématique en voie de transformation.

Bon tissu est mou, presque pulpeux. La coloration varie, suivant l’abondance de matière

jmatique interposée. Il y a beaucoup d’hémorrhagies dans les capillaires. Il existe une série tractus fibroïdes qui n’ont pas subi le ramollissement général; ils forment la charpente de tumeur.

Tous les éléments histologiques sont à la période d’évolution, ce sont pour la plupart des Iules libres, plus ou moins fusiformes, recouvertes de granulations graisseuses. Un certain mbre d’entre elles ont acquis des dimensions considérables par rapport à la masse, elles ht passées à l’état vésiculiforme. Il y a beaucoup de vésicules adipeuses transformées.

Le développement des capillaires est très considérable dans cette tumeur.

Toutes les cellules pourvues en général d’un seul noyau sont lâchement cohérentes entre (es, c’est ce qui explique le défaut de consistance de la tumeur.

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