‹ Mémoire sur les tumeurs dites cancéreuses des muscles de la vie de relationChapitre 3 sur 4 · TUMEUR CANCÉREUSE DE LA FESSE · texte numérisé non relu

TUMEUR CANCÉREUSE DE LA FESSE

Il entra, le 31 mai dernier, à la Maison municipale de santé, dans le service de M. Demariay, un homme âgé de 66 ans, professeur de piano, qui présentait, dans la région fessière, ie tumeur dont il s’était aperçu pour la première fois deux mois auparavant. C’est en vouit s’asseoir qu’il reconnut, à la fesse gauche, l’existence de cette tumeur, qui, depuis, jst accrue rapidement, mais peu à peu, jamais elle n’a augmenté brusquement de volume, santé est toujours restée satisfaisante ; jamais le malade n’a ressenti de douleur spontanée ns la tumeur, il y éprouve seulement un sentiment de démangeaison, et lorsqu’on l’explore qu’on l’ébranle, il semble au malade que l’on touche une partie de son corps où il aurait u un coup. Cette tumeur, qui est à peu près située sur le milieu d’une ligne étendue ’l'jtre le grand trochanter et la tubérosité de l’ischion, ne fait pas beaucoup de sailllie à la fface; mais en l’explorant, l’on reconnaît qu’elle s’étend vers les parties profondes de la ?ion fessière. Elle a environ le volume d’un œuf de poule, ses limites ne sont pas bien disictes, la production morbide paraît se continuer sans ligne de démarcation avec les parties isines, il semble qu’elle soit en quelque sorte infiltrée au milieu des tissus ; la peau qui couvre la tumeur offre, par transparence, une teinle légèrement brunâtre, mais elle n’a consolé avec elle aucune adhérence. La tumeur est mobile lorsque le muscle grand fessier est ns le relâchement, mais dès que ce muscle se contracte ou dès qu’il est tendu, la tumeur < rd de suite toute mobilité et acquiert, au contraire, une certaine fixité. Il n’existe dans le | de l’aine aucun engorgement ganglionnaire.

| Le 16 mai, M. Demarquay fait une incision suivant le grand diamètre de la tumeur, dissèque sèment la peau de chaque côté, puis achève l’ablation de la production morbide en enlevant e certaine épaisseur des fibres du muscle grand fessier.

Ilcomme on l’avait reconnu avant l’opération, la tumeur n’est pas enkystée, bien au contraire, «production morbide est comme infiltrée au milieu des faisceaux musculaires du grand fessier,

le a subi un commencement de. ramollissement â sa circonférence où son tissu se sépare en

umeaux offrant une teinte rosée, elle ne présente un peu de fermeté qu’au centre, et à la

coupe, on reconnaît tous les caractères d’une tumeur encéphaloïde, son tissu est d’un bla opalin, parsemé de nombreux vaisseaux.

M. le docteur Luys, qui a eu l’obligeance d’examiner cette tumeur au microscope, a rer

la note suivante à M. Demarquay :

Tumeur formée par un stroma de tissu conjonctif en voie d’hypergénèse. Le tissu nouvel paraît avoir eu son développement primitif aux dépens du tissu cellulaire interstitiel.

Il envahit de toutes parts les fibrilles musculaires, qui sont circonvenues chacune de te côtés et écrasées. Les vésicules adipeuses ont aussi subi un pareil travail d’envahissement de transformation.

Des vaisseaux nouveaux se sont aussi développés; ils ont donné lieu à divers foyers hém rhagiques. Ces cellules nouvelles se sont développées par génération endogène surtout (bec ciup de cellules mères), et probablement aussi par bourgeonnement des anciennes.

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