‹ Mémoire sur quelques papyrus du LouvreChapitre 3 sur 21 · D'APRÈS LE PAPYRUS 5158 DU LOUVRE ET LE PAPYRUS N° 3 DE ROULAQ · texte numérisé non relu

D'APRÈS LE PAPYRUS 5158 DU LOUVRE ET LE PAPYRUS N° 3 DE ROULAQ

Le papyrus 5 1 58 du Louvre se compose, dans son état actuel, de deux fragments qui renferment les débris de trois pages d'un texte funéraire orné de vignettes. C'est un manuscrit d'époque gréco- romaine, écrit très-finement dans un hiératique très -lisible; les figures sont dessinées avec soin, d'un

style un peu sec. Il avait été déposé sur la momie d'un haut personnage de race cléricale :

Je ne me charge pas d'expliquer tous les titres de ce personnage et de sa mère. Il suffît de savoir d'une manière générale qu'il s'appelait Hor, fils de la dame Isires'âût. Il était attaché au culte d'Ammon-Râ et de Bast dans Thèbes : c'est donc probablement cà Thèbes qu'il fut enterré et de Tlièbes que provient le manuscrit du Louvre.

Les deux fragments a et b se raccordent l'un à l'autre. La seconde colonne de b se termine par les mots écrits hors cadre : j^^V, dont la suite se trouve au sommet de la seconde colonne de a : "^f J£~e°l S4r!^!^ô' M vient " t01 llnrns, seigneur d'FIipponon, dieu grand dans M eh' l. Entre la première ligne de la seconde colonne de b et la dernière ligne 'le la première colonne d'à se trouvaient plusieurs lignes d'écriture aujourd'hui détruites. Evaluer l'étendue de cette lacune clait assez difficile : j'avais cru pouvoir le faire avec un certain degré de certitude. J'avais remarqué, en effet, que tous les ma nuscrils d'époque gréco- romaine écrits du style de notre papyrus 5 1 58 ont ordinairement de vingt-trois à vingt-cinq lignes à la page. Les deux fragments a et b donnent, pour la deuxième colonne, vingt et une lignes conservées en tout ou en partie.

Il pouvait donc y avoir entre le fragment a et le fragment h quatre lignes au plus d'écriture aujourd'hui détruite.

L'étude attentive de ces débris m'avait révélé un texte inédit. Au lieu d'un Livre des morts ou d'un Livre des respirations , j'avais sous les yeux les dernières pages d'un véritable Rituel d'embaumement, mais dans un état de mutilation tel, qu'il devenait difficile d'en tirer grand parti. J'allais néanmoins me décider à le publier tel quel , dans l'espoir de faire sortir des musées ou des collections privées les autres manuscrits du même ouvrage qu'ils ne pouvaient manquer de renfermer, lorsque M. Mariette voulut bien me communiquer en épreuves le premier volume des Papyrus du musée de Boulaq. J'y découvris de suite, dans le papyrus n° 3, un exemplaire beaucoup plus complet du Rituel si déplorablement mutilé dans le papyrus 5i 58 du Louvre. Le papyrus n° 3, à en juger par l'écriture, est de la même époque que le papyrus 5i 58 , et, s'il n'est pas de la même main, au moins peut-on assurer qu'il a été copié d'après le même original. Vers les dernières lignes, un titre d'Anubis a été passé, et la place où il devait être, laissée en blanc dans les deux manuscrits :

Ce fait ne peut s'expliquer qu'en supposant dans un même original un groupe ou une série de groupes effacés par accident ou par erreur, et que le scribe n'a su comment remplir.

Le papyrus de Boulaq avait été préparé à l'avance, et des espaces réservés afin d'y insérer après coup le nom de la personne qui l'achèterait ou pour qui on l'achèterait. Il fut com-

1 Pap. 5i58 , col. 2,1. 2 1 ; pap. n° 3 , p. ix , 1. 1 1.

17 j^plété pour le compte d'H'eter, fils d'Horsiési, né de la dame Taïh'o.

Soit précipitation, soit négligence, les blancs n'ont été remplis que sur une ou deux pages du papyrus; encore l'ontils été d'une si mauvaise écriture, que les noms du défunt et de sa mère sont à peine lisibles. Il en reste assez néanmoins pour nous convaincre que nous avons affaire au prêtre H'eter, dont le sarcophage a été publié en partie par M. Brugsch '.

Le papyrus funéraire d'H'eter n'est pas complet. Les premières pages ont disparu, et je ne sais si cette lacune pourrait être comblée au moyen de l'exemplaire du même texte que x doit renfermer le musée égyptien de Vienne. 11 se compose, dans son état actuel , de dix pages, dont la première est presque entièrement détruite, et la seconde a perdu le commencement de la plupart des lignes; le reste est dans un état excellent de conservation. Les vignettes n'ont jamais été dessinées, bien qu'on eût réservé, dans la partie supérieure du rouleau, un espace vide où les mettre. J'ai cru qu'avant de donner la transcription hiéroglyphique de la partie du Rituel d embaumement que contient le papyrus 5 1 58 du Louvre, il ne serait pas inutile de proposer, pour la partie qui ne se trouve que dans le papyrus de Boulaq, un premier essai de traduction. Cet essai

Monuments, l, pl. XVII, XXXV et XXXVI.

Papyrni Louvre.

sera bien incomplet : j'espère qu'il attirera l'attention des savants sur un livre jusqu'à présent inconnu.

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