CONSULTATION »E M. MARJOLIN
J’ai examiné Mademoiselle A.
Le visage est tourné du côté droit. Le côté droit du cou paraît plus court que le côté gauche.
L'apophyse épineuse de la seconde vertèbre n’est plus située sur la ligne médiane ; elle est placée à 6 à 8 lignes à droite de cette ligne médiane, et fait une saillie considérable.
Tout le côté droit de la poitrine est rétréci, et la respiration de ce côté est plus faible qu’à gauche.
Il y a lieu de penser que la seconde vertèbre du cou a éprouvé une luxation , soit immédiatement par l’effet de la chute, soit consécutivement à cette chute, et je crains, par conséquent, qu’on ne puisse pas remédier au torticolis, soit par les moyens orthopédiques, soit par la section du muscle sterno-mastoïdien.
Comme le cas qui nous occupe présente des difficultés de diagnostic, il conviendra de faire encore examiner la jeune demoiselle par le docteur Bouvier, rue Basse-Saint-Pierre, 14, à Chaillot.
La légère incurvation que présente la colonne épinière dans les régions dorsale et lombaire est de peu d’importance, et je pense qu’il faudrait se borner pour y remédier à faire suivre un régime fortifiant, et à faire exercer le bras droit beaucoup plus que le gauche.
Le rétrécissement du côté droit de la poitrine a peut-être eu pour cause une pleurésie latente, suivie d’épanchement actuellement résorbé.
Si M. Bouvier pense comme moi, qu’il y a eu luxation de la seconde vertèbre, il sera prudent de s’abstenir de toute tentative de réduction.
On continuera d’ailleurs de faire coucher la jeune personne sur le dos, comme le recommande madame sa mère.
Paris, 12 septembre 1839.
Signé Mario lin.