CINQUIÈME EXPLICATION
On pourrait encore trouver une explication du phénomène dont nous parlons , dans une disposition anatomique de la trompe de Fallope. On sait que ce conduit , vers son extrémité utérine , présente intérieurement l’orifice de plusieurs sinus utérins, ou l’embouchure de canaux vasculaires, quelquefois très apparens et très dilatés. N’est-il pas possible que l’ovule se soit arrêté à l’un de ces orifices, qu’il l’ait dilaté peu à peu , et que , poussé constamment par la force péristaltique de la trompe , au lieu d’arriver dans la cavité utérine , il se soit creusé une cavité dans le tissu de l’utérus, vers son fond , et plus ou moins près de l’insertion de la trompe?
Les trompes de Fallope ne se terminent pas à la partie externe et supérieure de l’utérus; elles pénétrent la substance de l’organe, et traversent ce tissu comme les uretères percent obliquement les parois de la vessie pour arriver jusqu’à la face interne de ce réservoir. Si l’on admet la possibilité de l’engagement de l’ovule dans un des orifices des sinus utérins qui s’ouvrent dans la partie de la trompe qui traverse le tissu de la matrice , on concevra que cet ovule ait eu peu d’espace à parcourir pour se trouver dans la substance propre de l’organe et pour parvenir jusqu’à son fond.