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inîan> ^au milieu dèsqneb Valfenieires estoît ntùé ; et un wxtjre à Bra pour le regard de Gairas y avec six cenâ hommes, et en départir autres cinq cens à Polens^ Sainct-Alban et Saincte-Victoire.
Que là oh le duc d'Alve seroit pour s'en aller à NapleSy comme: on tenoit asseure, les casseries pourroient. lors estre faictes, et toutes autres despences aussi reduictes au petit pied , conformément à Tintention de Sa Majesté; et toutesfois le mareschal ne vouloit laisser de luy ramentevoirCOque c'estoit, en ce faisant, lui conpperies aislessi courtes, qu'il demeureroit sans forces et sans moyens pour exécuter 'plusieurs notables entreprtnses qu il avoit en main, et lesquelles succedans à bien recompenser oient à large-main la despence d'un petit camp volant de trois à quatre mil hommes: qu'à son advis, Sa Majesté se deiroit préparer à toute sorte de fortune, laquelle parmy de petites forces mesnagées avec jugement produit souyent de grands effects. • , •
Qu'il ne se pouvoit garder, à ce propos, de raméntevoirque>Sa Majesté tenoit en Piedmont trente places fortes et environ quarante chasteaui, en toutes lesquelles places il ne falloitpas moins de vingt mil hommes pour les garder, et que ceux qui disoient qu'aux nécessitez on pouvoit lousjours tirer d'une place pouradvantager l'autre, avoîént oublié que c'est préparer à l'ennemy le jeu qu'il désire, et sur lequel, s'il est sage , il veille tousjours pour se jecter tout à coup sur la place despourveuë, et réduire par ce moyen son adversaire ou à la laisser perdre ou à bazarder un combat pour la secourir ; 'et duquel hazard dépend la
(») Rappeler.
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totale masse de l'Ëstat, qui pourra valoir un jour de trois à quatre cens mil escus de rente , lesquels , au parsus la réputation ^ valent bien la peine d'être chè* ris et soigneusement conservez. Lors qu'on descouvrira de quel costé tourneront les orages dont Tennemy noasmenace, l'on aura Tœil et la délibération prompts, soit pour secourir ce qu'il assiégera, ou entreprendre lune de ses places pour faire diversion , ou finallement poar luy donner la bataille si là nécessité venoit à surmonter la raison.
Le mareschal , se trouvant merveilleusement af* flig^ de la persévérance des commandemens du Roy , encor venus puis ('l le partement du sieur de Rambouillet sur le faict des casseries des douze bandes françoises et autant d'italiennes , et que Sa Majesté avoit resoluëment commandé que cela fust ainsi exécuté , quelque apparent prétexte qu'il peut apporter au contraire, je le vis sur le poinct de joiier à quicte et au double; toutesfois, l'affection et la prudence surmontant son juste despit, il mita la balance la qualité du temps et des affaires y et ayant trouvé qu'ils surmon- . toient de toutes parts l'effect des* commandemens du maistre, il print resolution de n'y qbeïr jusques à tant qu'il eust receu ses remonstrances au contraire, ne qu'elle n eust sceu qu'aux précédentes remonstrances qui avoielnt esté des-)a mises suf le bureau il avoit oublié de tirer eu ligne de compte les principaux poincts, lesquels, à la faveur de luy, doivent combattre et renverser. tout à faict ceux de Sa Majesté; à sçavoir le propre honneur et la réputation d'elle, et pour l'obtention et conservation desquels on ne pouvoit nier
(0 Depuis.
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qu'elle ne fist et endurast tout cela mesme que elle faisoit aujourd'huy ; que par ainsi toutes ces nécessaires et généreuses parties dévoient estre en plus estroicte recommandation à Sa Majesté que tout ce qu'il y avoit de rare ^ de précieux et d'excellent au monde ; que quant à luy, soubs l'authorité d'elle ^ il n'avoit jamais visé à autre poinct que cestuy-là, estimant qu'en faisant autrement qu'elle seroit demem*ée fort mal contente de luy, et mesmes s'il eust ainsi à la' haste procédé à ces casseries ^ lesquelles ne sçauroient jamais apporter tel avantage ou faveur à ses afiaires que les dilayements qu'il y a apportez , et sur des fondements toutesfois qui ne peuvent estre renversez ^ au moins selon les règles de l'Estat, et parmy lesquels il n'y avoit cfpiniastreté ny mesoognoissance de ce que il doit à son souverain seigneur et maistre ; que par le contraire il estimoit estre digne de louange en dilayant prudemment les choses mal recognuës en France^ et qui pouvoient apporter de deçà une tres-dangereuse conséquence d'Estat, commefaisoit ceste-cy^ sur laquelle il esperoit que Sa Majesté, mieux informée qu'elle n'estoit pas , cbangeroit de volonté et de jugement aussi. Qu'il la supplioit tres-humbleœent apporter en considération que par la despesche du capitaine Pasquier elle luy commandoit de f£(ire tous ses efforts pour favoriser le Pape et les affaires d'Italie ; que ceste faveur ne se pouvoit entendre que par le remuement des armes y et qu'en retranchant lès armes c'estoit plustost prendre la voye pour perdre que pour favoriser les affaires d'Italie ; et de'faict que si Sa Majesté avoit elle mesme estimé qu'en s'absentant le mareschal du Piedfnont ce seroit desfavoriser les afiaires , que de ce
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mesme argument , foible toutesfois en ce qui regardoitsa personne y que par plus forte raison il en devoit résulter que ceste casserie, au fort des affaires, feroit bien encor pis^ mesmes à Tendroict de gens si craintifs et si soupçonneux que sont les gens d'église : pour remédier donc à toutes choses selon le vouloir de Sa Majesté' et le désir du Pape , il jugeoit raisonnable que tout aussi-tost que l'avictuaillement de Mariembourg seroit achevé-, qu'il pleust à Sa Majesté luy envoyer en Piedmont autant d'autres enseignes de delà , au lieu de celles qu'elle vouloit qu'on cassast de deçà. Quant à ce que Sa Majesté trouvoit raisonnable le congé qu'il avoit demandé, il manda qu'il n'avoit jamais eu telle intention, veu mesmes ce qu'elle s'estoit cy devant daigné luy escrire de sa main sur la nécessité de sa présence; ores que ce fust, à la vérité, l'un des plus grands biens et des plus grands cotitentemens qu'il sçauroit recevoir en ce monde, que de £g|ire la révérence à son prince, qui l'avoit tant et tant honoré, bien avoit-il seulement désiré de changer d'air pour une quinzaine de jours pour aider sa convalescence, laquelle, grâces à Dieu, se faisoit meilleure de ^our à autre , tousjours avec intention toutesfois de ne quitter la disposition ny la conduicte des affaires, qui luy dévoient estre plus chers que sa propre vie.
Le Roy, en fin recognoissant le véritable fondement des plaintes et des remonstrances du mareschal, redépescha vers luy Derdoy, secrétaire de M. le connestable, pour laver et effacer toute l'opinion qu'il avoit cpnceuè* que Sa Majesté fust mal contente de luy, et luy faire recognoistre que tant s'en falloit que cela fust. Qu'au contraire elle l'aimoit et estimoit infinie**
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ment pour tant et tant deservices qu'il luy avoit rendus parmy les mesmes, nécessitez et foiblesse; et qu'elle desiroit les dignement recognoisti^e soudain qu'il seroit arrivé vers elle, et dont elle luy donneroit congé, loiiadt et approuvant, à ces fins, que M. de Termes ^ gentil-homme de fort grande expérience çt fort sage, commandast en son absence, et auquel elle envoyeroit les pouvoirs à ce nécessaires. Mais pour-autant que le sieur de La Trinité, qui commandoit pour l'Empereur à Cairas, Fossan et Cony, avoit précédemment faict porter parole au mareschal de vouloir prendre le party du Roy, et luy remettre ces trois importantes places entre ses mains, sous certaines conditions qu'il declareroit selon la responce qui luy seroitfaicte, le maresclial, recognoissant là tres*grande importance de ceste ouverture , print résolution de renvoyer diligemment vers le Roy ledict secrétaire Derdoy pour luy donner communication de cest affaire, et 'faire au^si recognoistre à Sa Majesté que ceste considération estoit Tune de celles q.ui l'avoient fait obstiner à ne faire toutes les casseries, afin que^ l'affaire succédant bien, il £ust en main les instrumens propres pour l'entreprendre, et de pousser plus avant la fortune; suppliant Sa Majesté et M. le connestable qu'ayans bien balancé la conséquence de la chose, ils luy renvoyassent diligemment ledict Derdoy, avec pouvoir pour traicter avec ledit sieur de La Trinité, l'un des plus rusez serviteurs de l'Empereur.
Le Roy, qui avoit précédemment esté adverty de ceste ouverture, loiia plus que jamais le jugement et la dextérité du mareschal, luy commandant de poursuivre vivement l'affaire , tenant tousjours ijieant-
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moins bride en main. Et à la veritë^ si la chose fust succédée, toutes les guerres de Picardie, de Champagne, de Sienne et de Corsegue, se transportoient en Italie, à la descharge de TEstat de France. Cependant le mareschal fit faire l'avictuaiHement de M ontcalve, et puis soudain, pour satisfaire à la volonté, et non au service du Roy, cassa le regittient des quatre mille Suisses du capitaine Fiolic.
Peu de jours après Tavictuaillement de Montcalve, M. tf A.umale print resolution de s'en retourner en France, n'espérant pas , veu ces casseries forcées, qn'on peust rien exécuter de beau dans le Piedmont. Âa mesme teibps aussi M. de Dampvillé s'en retourna trouver le Roy, duquel il fut fort amiablement recuëilly, tant à la faveur du père que des ezploicts courageux qu'il avoit demeslez en céste guerre. '
Cela faict,le mareschal se voulant acheminer en France, il remit tous les affaires entre les m'ains du sieur de Termes. Mais au mesme instant qu'il passoit^ leMontcenis, il fut rencontré du secrétaire Derdoy, depesché vers luy de la part de Sa Majesté pour le prier de s'eij retourner en Piedmoiit , ayant aprihs diverses nouvelles du costé de l'Italie qui requeroient sa présence, et sans laquelle il adviendroit quelque dangereux desordre en ses affaires ; le priant, à ces fins, remettre la partie à une autre fois. Ce seigneur, qui ne desiix)it rien plus que de se rendre agréable à son prince par quelque bon et mémorable service, manda à Sa Majesté, par le mesmè secrétaire Derdoy qu'il luy renvoyoit, que Tiritention sur laquelle il avoit demandé congé pour aller baiser les
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mains à Sa Majesté, n\*avoit eu autre fondement que le propre zelle de son service, qui requeroit ce voyage poyr diverses considérations; toutesfois, puis qu'elle vouloit qu'il retournast en Piedmont, que tout de ce pas il en reprent le chemin ; mais bien la vouloit il suplier de croire que son retour seroit inutile , puis qu'il n'estoit accompagné des moyens qu'il falloit pour bien et utilement servir, et le defiaut desquels avoit esté en partie cause du congé qu'il avoit demandé*
Si tost qu'il fust arrivé k Thurin, il eut nouvelles que le marquis dePescaire avoit jecté douze enseignes napolitaines, desquelles il estoit le chef, et qu'on appelloit les Braves dans Yignal oCi] ils ^e fortifioient en toute diligence, pour tenir Casai, Verrue et Montcalve bouclez ('}• Soudain il fit commandement que l'armée s'assemblast jusques au nombre de huict mille , que François, que Suisses et Italiens, et mille chevaux , et qu'ils se rendissent tous à' Butigliere, où il feroit maiKîher dix canons pour aller la part qu'il ordonneroit (3). Tout aussi tost mandé, aussi tost exécuté, ce seigneur ayant l'action aussi prompte que lé commandement. Estant arrivé sur lé lieu, il manda à ceux de Casai de se tenir prests pour le venir trouver à Vignal au. mestne instant qu'il y arriveroit , et dont il leur donneroit advis.
. yignal est une bourgade sur une haute colline du Montferrat, d'accez assez difficile, mesmespour Fartillerie : toutes-fois la force des bras des gens de guerre surmonta les difficultez. Ceux de dedans estans foit bravement venus à l'escarmouche, elle fust soutenue et rembarrée de mesihes. La place recogneuë par le (0 9l(Xiaé8.-<-(*) An lien qu'il ordonneroit .
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mareschal,elle fut trouvée plus foite qu'on n'avoit précédemment estimé, et selon cela les aproches se firent par grandes tranchées. L'artillerie plantée au nombre de douze pièces , elle commença dés le matin à tirer dans ceste terre nouvellement remuée, oîi elle ne faisoit pas grand progrès; mais sur le midy, on commença à voir au travers des courtines , oùl l'ennemy travaiUoit sans faire contenance ^Mitre que de braves et résolus. Pendant cela, le mareschal ordonna six ceos François , cinq cens Suisses et huict cens Italiens, pour aller à l'assaut, faisant tenir autres trouppes prestes pour le rafraischir et renforcer selon ce qui seroit de besoing. Mais par ce que le mareschal se doutoit que le marquis de Pescaire feroit tous ses efforts pour venir secourir la place, ou au moins empescher l'assaut, il fit mettre en bataille, sur les advenues de Tennemy, tout le reste de l'armée et la cavalerie, et traverser lé bas de la colline de force barricades. Cela ainsi ordonné,^it <<ommanda qu'au premier coup de la trompette on marchast à l'assaut.
Tandis qu'il difiëroit le signal , un bastard de bastard de la maison de Boissy, qui estoit dans les bandes françoises, partit delà première trouppe, et, l'arquebuse au poing , marcha d'une contenance fort asseurée droict à la bresche, où arrivant il lira son coup, et mettant puis l'espée au poing, combatit sur la bresche, si bien armé de la garde de Dieu qu'il ne fust point blessé. Ses compagnons, voyans le jeu, partent aussi tous de furie droict à la bresche, sans attendre le signal. Quoy voyant le mareschal , criant et tempestant, il fit donner le signal, afin que tout à coup Tassant se donnast, comme il fit, par deux endroicts
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par les aub^es. S'il fust bien soustenù par ceux de de* dans l'espace d'une bonne heure, les nostres n'assail* lirent pas de moindre courage; de manière que, voyans approcher leurs compagnons qui venoient à leur aide , ils firent tout à coup une grande huée, et donnèrent si furieusement dedans comme à corps perdu , qu'ils forcèrent la bresche par une rage, tuans tout ce qui s'y trouva , jusques au nombre de douze cens hommes, sans en prendre un seul à mercy, non pas les garces ni les mesmes goujats, la pluspart desquels av oient les armes dorées et les habillemens fort braves. Leur gouverneur, pensant fuir la mort, se jecta, blessé de vingt quatre ou vingt cinq coups, dans un puits, tous lesquels, en ce païs montueux, ont de vingt à trente toises de corde. Le marquis de Pescaire, durant que la batterie se faisait, comparut avec douze cens chevaux et environ trois mille harquebuziers ; mais il n'osa jamais entreprendre de <lonner dans la barricade, voyant à vingt pas de là toute l'armée en bataille serrée,, et les enfans perdus mis à la barricade , qui le saluoient de force harquebuzades.
De façon que le bruict et l'assaut estant passé, il se retira en Alexandrie , dont il estoit party. Ainsi que le combat de Vignal fut achevé , le mareschal entra dedans, et, passant au long.du puits où le capitaine Gas* pard Pagan , chef du lieu , s'estoit jecté , il ouyt b voix et le bruict de ce pauvre seigneur, et demandant que c'estoit-on luy dict son infortune. U s'arresta tout court, et commanda lors qu'on luy devalastdes cordes pour le tirer et sauver; mais, comme le malheur ne nous pour* $uit jamais pour une seule fois, il advint que ce pau-
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vre seigneur estant desja retiré à quatre pieds près le bord du puits ^ que la corde se rompit^ et retomba à bas plein de vie. Et toutes- fois le maresclial repassa eDcor par-là pour le voir et consoler : on luy dict Finfortune y et lors, ayant plus que jamais commisération de ce desastre ^ il fit apporter des cordes du canon avec un grand panior au bout, qu*il fit dévaler à ce paavre seigneur, qui à ce coup fut tiré hors si defiaict, qu'il n avoit presque plus de sentiment. Le mareschal en eut tant de pitié , quil le fit porter en son logis ^ penser, medeciner et traicter comme s'il eust esté soD parent : delà à huict jours ayant un peu reprins ses esprits , il le renvoya sur une lictiere à bras audit marquis y lequel en rendit grâces infinies au mareschal , loiiant la debonnaireté françoise. La place fut razée de fonds en comble , pour éviter la recheute que Tassiette de la place presentoit.
Tout achevé, le mareschal fit assembler Tarmée en pleine campagne, à laquelle il fist ceste courte repre* hension : « Mes compagnons et mes amis, j'estime ceste journée malheureuse > en laquelle je vous ay veu violer les commandemens de vostre chef, et la mesme discipline militaire que vous aviez jusqu'à ce jourd'huy religieusement Observée ; le combat que vous avez rendu à la prinse de ceste place , ores que bra^e et généreux , ne vous sçauroit excuser ny exempter delà peine capitalle que vous avez encouiiië, et delà- ([ueUe je vous ferois sentir la peine, sans la prière que tous ces princes et seigneurs m'en ont feict, m*asseu« nint que vous laverez cy^après ceste si orde tache par quelque généreuse action à la gloire du Roy et à l'expiation de voslre désobéissance , que j'en demeu-
reray content. » Et là-dessus, faisant semblant d'admirer la valeur de celuy qui estoit allé à la bresche sans commandement y promit de luy faire du bien s*il le recognoissoit.
Geste amorce print si bien feu, que le pauvre Boissy se vint présenter par la> main de son capitaine. Soudain le mareschal, au lieu de le recompenser, le fit mettre es- mains du prevost, luy en recommandant la garde au pris de sa vie , et de le mener tousjours à la suitte de l'armée si bien garrotté , qu il n'eschappast« Cela estant faict, il fit prendre par rooUe le nom de tous ceux qui avoient conquis les treize drappeaur de ces pauvres Napolitains, à tous lesquels, estant arrivé à Thurin, il donna une chaisne d'or de cent escus, ayant un escusson en ovalle au bout, avec ceste inscription : Donum Caroli CoSsei, ob signum nnli-' taré incruenta Vignalis expugrlatione captum (i) ; par ceste libéralité et faveur invitant un chacun à courageusement entreprendre toutes les plus hazardeuses entreprinses , telle quavoit esté C6Ste*cy, à laquelle nous ne perdismes que soixante hommes et trois canonniers.
Quinze jours après son'retour à Thurin , plusieurs seigneurs le pressèrent de deliyrér Boissy; mais, au lieu de ce faire , il fit appeller au conseil tous les seigneurs de l'armée , ausquels il proposa le commandement qu il avoit faict de n'aller à l'assaut auparavant le coup de trompette , l'audace et la témérité de Boissy à violer les loix militaires en un affaire si dan* gereux qu'estoit l'ordonnance d'un assaut; que ceste
(i) Donné par Charles de Cossé, pour le drapeau pris & Passaut meurtrier de Vignale.