Aujourd'hui lieutenant-général de cavalerie en retraite
mangent les généraux ^officiers supérieurs^ aides de camp et lesdeiix commissaires anglais et français^ le colonel Cado-gan et le duc de Dino, celui qui était avec le roi lors de notre campagne en Lombardie. Pauvre Balho, ce que nous le faisons damner!
Casimir Balho a été pendant quelques jours à l'hôpital; il va à merveille maintenant. Galli, Litta^ Crespi et moi,^ noits avons été plus ou moins mal hypothéqués ; mais r essentiel est que nous nous sommes tirés de là.
Petittiy chef d'état-major^ a été très éprouvé par les rhumatismes. Il est en convalescence. Le général Ansaldi et le colonel Beretta sont tous deux malades du typhus qui a pour le moment remplacé le choléra, et l'état du général est très grave.
Les journaux vous auront apporté la nouvelle de la mort de lord Baglan, et celle plus triste encore du décès de San Marzano.
Pauvre Caraglio ! il était venu gai et content déjeuner la veille avec nous. Le soir ^ on nous apprit qu'il avait eu une terrible attaque de choléra. Le lendemain matin, il allait un peu mieux; un peu après midi, son état empira et il mourut subitement, presque sans avoir pu prononcer un seul mot.
Le major Incisa va bien. Je neVaipas vu depuis trois ou ffuatre jours, parce que, moi at/ssi^ j'ai été quelque peu malade.
Pour ce qui est de Landriani, j'ai reçu une longue lettre de lui dès mon retour en Crimée. Il est toujours à Simféropol; on ne lui a pas coupé la jambe...
Pas de nouvelles militaires à te donner. Après la prise de quelques ouvrages extérieurs, le 7 de ce mois, nous avons espéré pouvoir enlever Malakoff, que trois divisions françaises attaquèrent le 18. L'attaque a échoué, deux de leurs trois généraux de division ont été tués et les pertes se sont élevées à 3, 4, 5, on dit même jusqu'à 6.000 hommes. Mais on cache la vérité. Ce qui est certain, c'est que cet insuccès a été pour tout le monde un grand malheur. Au
heu den avoir fini avec le siège et (ravoir terminé la campagne par tme victoire, tout est remis en question et
on parle mhne de pousser l'hiver ici
Pélissier perd une partie de sa popularité... Quant à nous^ nous n avons fait jusqu'ici que des reconnaissances €t n'avons encore livré aucun combat »
Radi-Koî, U août 1855.
« Très cher Blri,
... Les vœux que tu formes pour nous, et pour moi eti particulier sont exaucés. Depuis les premières chaleurs de Vété, à Vépoque du choléra, alors que tous sans exception îious étions plus ou moins malades ou indisposés, je n'ai filus eu une seule minute de malaise. Mais ce qui est désolant, c'est cet état de guerre de fainéant avec toutes les souffrances et les privations inséparables d'une campagne, les intempéries, les chaleurs, les fatigues, tout, moins la gloire.
Les Français et les Anglais travaillent toujours au siège. Nous, nous attendons que les Russes viennent nous attaquer et nous soupirons après la bataille K
On travaille ferme contre Malakoff, point contre lequel -on dirige maintenant le principal effort. Le développement total des travaux de siège sur toute la ligne est actuelle^ ment de près de 30 milles du Piémont. A Malakoff, on en est déjà à la sixième parallèle et cette parallèle n est plus qu'à 30 mètres des défenses de la tour. Mais chaque matin, l'artillerie russe détruit la plus grande partie du travail exécuté pendant la nuit. On avance cependant, mais naturellement fort lentement. Les batteries sont innombrables. A cette heure, Français et Anglais ont environ 750 canons et mortiers du plus gros calibre en batterie, et malgré cela on travaille encore à augmenter les batteries.
1. Comme on le sait, le corps expéditionnaire sarde faisait partie des troupes qui couvraient le siège et qu'on avait chargées de tenir tète À i*armée russe d*opérations.
Mais tout cela ne se fait pas sans peines et sans sacrifices. L établissetnent d'une batterie de 3 pièces a cotité la vie à IJjO hommes.
Ces travaux retardent encore l'assaut de Malakoff quon ne donnera peut-être que dans quelques semaines. Béussira-t'il? C^est chose fort douteuse ! Quelques officiers le croient^ la plupart désespèrent den venir à bout.
Entre temps^ les Russes envoient de Pologne de gi'os ren- /or/5,40.000 hommes. Il y a tout lieu de croire que^ si ces renforts les rejoignent avant l'arrivée de ceux attendus par les Français, les Russes voudront risquer une bataille et qu'ils feront une grande sortie de la place contre les tranchées, pendant qu'ils attaqueront en même temps la Tchernaia pour nous jeter à la mer.
Hier, par exemple, on avait reçu la fausse nouvelle de r arrivée des renforts russes et lavis que V ennemi se disposait à attaquer le jour même. Dès l aube, nous étions tous sous lesarmes. Mais les Russes ri ont pas paru. Alors notre général a fait faire à la cavalerie une reconnaissance audelà de la Tchemaia. Nous navons rien trouvé. Un demi-escadron il Alexandrie a tenté de charger les Cosaques qui ne se sont pas laissé rejoindre, et nous sommes rentrés chez nous sans avoir perdu un seul homme, bien que les Russes aient ouvert le feu et nous aient envoyé de leurs grandes batteries quelques projectiles qui tombaient dans les intervalles des escadrons.
Les soldats sont en général contents et se conduisent bien. L'infanterie travaille avec entrain à rétablissement des retranchements et des routes.
Cest ainsi quon passe le temps. Les maladies qui régnent pour le moment sont des fièvres tierces, gastriques et cérébrales.
Parfois encore on signale quelques cas de choléra. Cest ainsi que nous avons dans ces derniers temps perdu quelques officiers: de Loches, Cassinis^ des bersag tiers, les docteurs Ballestra et Muttino, un officier d'infanterie Bolla et enfin notre camarade de F Académie, le capitaine Broc-
92 LB GENERAL GOVONE
chi du 8', que f avais rencontré dans le camp vingt-quai reheures plus tôt avec un accès de fièvre qui ne faisait pas prévoir une fin aussi foudroyante.
Au quartier général^ la vie se passe à écrire des leilres et à en attendre,
En dehors de ce passe-temps et de la joie que nous
causent vos lettres, nous avons en fait de distractions les promenades au camp et aux tranchées et les reconnaissances, seules opérations de guerre qu'ait faites jusqu'ici notre corps et dont je suis ordinairement chargé.
Le quaMier général est énorme et Borromeo a été adjoint aux aides de camp du général La Marmora. Nous sommes tous de bons diables et l'on vit en bonne intelligence
Je voudrais être dessinateur. Si Grimaldi était ici, il aurait de quoi remplir un album par jour et largement de quoi faire sa fortune. Sans parler de la variété des troupes et de la beauté des soldats anglais^ l'apparence magnifique de leur cavalerie et surtout des chevaux arabes venus des Indes dépasse tout ce qu'on peut imaginer. Il y a ici des échantillons des races de tous les pays du monde civilisé et barbare, aux costumes plus que pittoresques, qui forment tm tableau très intéressant et varié à Vinfini.
Le soir, après diner, du balcon de notre quartier général établi dans la maison du curé de Kadi-Koï, petit village presque entièrement détruit et à proximité de BalaclavOy nous voyons la cavalerie anglaise amener les uns après les autres ses quelques mille chevaux à Vabreuvoir, Ce sont d'abord les chevaux anglais de la cavalerie légère ou de la grosse cavalerie et ceux de rartillerie, parmi lesquels il en est un grand nombre que Von payerait chez nous 2.500 à 3.000 francs. Puis viennent les régiments de lanciers et de hussards des Indes, avec leurs chevaux de pure race arabe et les Indiens au service des officiers de ces régiments avec les chevaux de leurs patrons.
Alors, ruades, hennissements, cris, confusion, calabalîk^ comme disent les Turcs, Puis rintervention des sous-officiers qui rétablissent l'ordre à coups de fouet. Après cela,.
apparaissent des quantités de mulets errants qtei, ayant brisé leurs entraves^ livrés à eux-mêmes depuis plusieurs jours^ vivent à [aventure et viennent se mêler à cette fnasse de chevaux. Songe que dans l'espace restreint que couvre le camp il y au moins 40 « 50.000 chevaux et mulets et figure-toi combien il y en a qui s'échappent tous les jours. Nous avons en somme des spectacles, des distractions, quelques amusements, mais ce qui est dur, c'est de se trouver ici au milieu des vétérans cTune grande guerre sans avoir encore rien fait. J'espère que nous nous distinguerons à la première occasion et alors nous pourrons nous reposer plus tranquillement sur nos lauriers. »
Ces lauriers, le corps expéditionnaire ne devait pas tarder à les cueillir.
Deux jours après cette lettre, la bataille de la Tehernaia, la première revanche qui s'offrait aux vaincus de Novare, venait éclairer d'un rayon de soleil la monotonie du siège, et faire oublier les tristesses, les privations d'une pénible campagne, jusque-là sans gloire pour les Piémontais.
Pendant que Tarmée anglaise et 60.000 Français étaient (exclusivement employés au siège, le contingent sarde, les Turcs et trois divisions françaises occupaient, depuis le 25 mai, les lignes de la Tchernaia, face à Tarmée russe dopérations campée sur les hauteurs de Mackensie et couvraient ainsi les travaux d'approche. Vers la mi-août, dès qu'il eut été rejoint par trois divisions, et sans attendre l'arrivée de deux autres divisions de grenadiers, encore en marche, le corps russe, voulant prévenir l'arrivée des corps venant de France, tenta un effort suprême pour secourir et dégager Sébastopol.
Le 15 août au soir, les Russes descendirent des hauteurs de Mackensie pour surprendre le camp. Deux divisions, sous les ordres du général Liprandi se portèrent contre le centre de nos lignes, formé par les Sardes — une seconde colonne forte de trois divisions (général Read)
94 LE GENERAL GOVONE
devait attaquer presque au même moment les Français établis à Tracktir entre deux hauteurs à la gauche des Piémontais. — Une 6* division restait en réserve pour opérer à droite contre les Turcs, les battre et les rejeter sur les Sardes, Grâce à leur vigilance, les Sardes eurent l'honneur de signaler les mouvements des Russes et de soutenir le premier choc.
Le 16 août, dès la pointe du Jour, trois batteries russes ouvrirent un feu des plus vifs contre un faible épaulement élevé à Textrême avant-ligne piémontaise. Le petit détachement qui l'occupait (200 hommes du 16* d'infanterie) soutenu peu après par une partie du 4* bersagliers,. se maintint longtemps contre une division tout entière avant de se replier en bon ordre.
« On envoya un bataillon soutenir notre poste, écrit le major Govone^ ait moment où après f avoir tenu sous le feu pendant une heure, la W division russe portait de front une brigade contre cet rpaulement qu'un autre régiment cherchait à enlever et à tourner par la go^^ge . Notre détachement ^ renforcé par deux compagnies de hersagliers qui étaient venus le rejoindre, maintint sa position jusqu à l'instant où les Russes sautèrent sur le parapet. On s'engagea quelque peu à la baïonnette, mais la disproportion par trop écrasante des forces ne permit pas de tenir plus longtemps. J'arrivai sur les lieux juste à temps pour voir les Russes prendre pied sur le parapet. Je formai les troupes pour la retraite et nous descendîmes une pente assez rapide sous le feu des Russes qui n osèrent pas nous pousser et nous culbuter à la baïonnette. Les Russes tiraient assez mal.
Entre temps nos batteries et les batteries turques s'engageaient de plus en plus vivement avec l'artillerie russe. Mais on avait gagné ainsi le temps nécessaire pour prendre toutes les dispositions défensives. »
i. Lettre à IsmaîUPacha, de Kadikot, 18 août 1855, qui contenait tout le récit de la bataille. Cette lettre, remise à Ismaîl par Vincent Ricasoli, a ét(' publiée en entier dans VEpistolario du baron B. Ricasoli (vol. II, p. 353). Nous nous contentons par suite d'en reproduire la plus grande partie.
SBBASTOPOL 9&
Les alliés étaient en effet sous les armes et prêts à tenir tête à l'attaque. Les Français couraient vers le fleuve et repoussaient brillamment la colonne de Read. — La 2* division sarde (général Trotti) rejetait et rompait la 17' division russe, puis reprenait par une charge à la baïonnette les positions avancées perdues un moment pendant que la i^ division sarde faisait face h une autre division russe qui ne s'était pas encore engagée. A neuf heures, l'attaque avait définitivement échoué — et, lorsque la fumée se fût un peu dissipée, on put voir de toutes parts les colonnes russes qui se retiraient en désordre. Après avoir éprouvé des pertes énormes, elles emportaient avec elles le dernier espoir des valeureux défenseurs de Sébastopol.
« Je ne peux clore ma dépêche^ écrivait le général La Marmora en terminant son rapport, sans parler des officiers appartenant au quartier général. Les capitaines d'étatmajor ^ les officiers adjoints à cet état-major et les aides de camp ont rivalisé de zèle y sans tenir compte de la fatigue ou du danger^ pour seconder mes intentions. Parmi eux je ne saurais en distinguer aucun d\ine façon plus spéciale si les circonstances n'avaient donné au major Govone et au capitaine Piola l'occasion de se mettre encore plus en évidence. »
Et quelques semaines plus tard, lorsque dans la relation du général La Marmora sur les événements du 8 septembre, il eut été de nouveau fait mention du major Govone ,. le chevalier Genova di ReveU écrivit à ce dernier : « Je n ai pas été étonné de te retrouver ati poste le plus périlleux ^ comme tu y étais le 16 aoùt^ comme tu y seras toujours^ mavi je suis sûr que tu en sortiras toujours non seulement avec gloire^ mais aussi sain et sauf. »
Après Teffrondement des dernières espérances des assiégés, on avait fixé au 8 septembre Tattaque générale préparée depuis le 5 par un formidable bombardement de tous les bastions.
i. Le major Genova di Revel, actueUement lieutenant-général, était en Crimée commissaire militaire du roi au quartier général anglais. Dans les derniers jours du siège, la maladie Favait obligé à quitter le camp.
L'atlaque devait se faire sur plusieurs points : à droite, une partie du IP corps français (Bosquet) était chargée d'attaquer le bastion et la tour de MalakoiT. Au centre c'était aux Anglais qu'avait été donnée la mission d'enlever le grand Redan. A gauche le 1"" corps français (de Salles] devait pousser successivement à gauche la division Le Vaillant contre le bastion central et à droite la brigade sarde Cialdini contre le bastion du Mât.
De toutes ces attaques, une seule, on le sait, Tattaque principale contre Malakoff finit par réussir et par triompher de la résistance acharnée et des impétueux retours offensifs des braves Russes.
Devant le grand Redan, les Anglais, toujours courageux, mais lents dans leurs mouvements, les Anglais dont les travaux d'approche étaient encore peu avancés, décimés avant d'avoir pu couronner les retranchements ne purent se maintenir que peu de temps sur le bastion que, plus encore que les efforts des Russes, les pertes énormes qu'ils éprouvèrent les obligèrent à évacuer.
Devant le bastion du Mât, les Sardes, dont Tàttaquc était subordonnée à la réussite des assauts qui se donnaient sur leur flanc, recevaient avec douleur du général français l'ordre de ne pas bouger. « La brigade sarde du général Cialdini^ écrit dans son rapport le maréchal Pélissier, que le général La Marmara avait tenu à mettre à ma disposition pour renforcer le I" corps, a soutenu le feu terrible dirigé contre nos tranchées avec l'aplomb de vieilles troupes. Les Piémontais brûlaient du désir d'en venir aux mains, Vattaque du bastion du Mat n ayant pu avoir lieu, il a été impossible de satisfaire l'ardeur de cette brave troupe, »
En fin de compte la furia francese du I" corps se brisa contre le bastion central :
« Malakoff était pris * . . . Vers une heure de l'après-midi l'on
1. Fragment de la relation de la prise de Sébastopol rédigée par le major Govone, par ordre du général La Marniora (copié sur la minute de cette relation).
donna au /*" corps^ de Salles^ V ordre de commencer l'attaque à gauche. Les troupes de ce corps destinées à monter à fassaut étaient en position et prêtes à s'élancer des tranchées : la division Le Vaillant face au bastion central^ la brigade Cialdini devant le bastion du Mdt^ la division dAutemarre en réserve. Mais le vent du Nord qui souffiait ce matin et soulevait des nuages de poussière et de fumée empêcha pendant longtemps de voir qu'on avait lancé les fusées de signal^ et ce ne fut que vers deux heures qu'on eût la confirmation de la prise de Malakoff et qu'on sût que le signal d'attaque du bastion central avait été donné.
Le général de Salles lança aussitôt la division Le Vaillant.
La première brigade [Trochu) se porta contre le saillant de l'ouvrage, la 2* [Couston), plus à droite , contre la lunette.
En un clin dœil, les têtes de ces deux colonnes eurent jeté leurs ponceaux^ appliqué leurs échelles, atteint le bord opposé du fossé, grimpé sur fescarpe du parapet où files furent exposées tant aux grenades à mains, que les Russes jetaient de la crête du retnpart, qu'au feu partant des boyaux qu'ils occupaient dans la lunette du fossé.
Au cri de : Vive l'Empereur, poussé par le général de Salles qui lança en avant les troupes disposées dans la batterie la plus avancée et que 50 mètres seulement séparaient de l'ennemi, à ce cri, aussitôt répété par ses soldats, les têtes de colonne se jetèrent résolument dans l'intérieur de r ouvrage, chassant l'ennemi devant elles à coups de baïonnette. Le reste des colonnes ne tarda pas à les suivre... et à engager une lutte meurtrière avec l'ennemi.
Ces troupes réussirent à se maintenir pendant un quart ^heure jusqu'au moment où elles vinrent se heurter contre de nouveaux obstacles et où l'apparition de nouvelles colonnes russes, qui les attaquèrent de flanc, produisit un moment d hésitation et de flottement.
La fermeté et le sang-froid des généraux de Salles, Rivets
98 LE GÉNÉRAL GOVONE
Lebœuf, Dalesme^ et des chefs immédiats de ces troupe*^ ramenèrent bientôt la confiance et, malgré les voléesde mitraille qui criblaient et soulevaient le sol de tous côtés, ces braves soldats se reportèrent en avant et rentrèrent dans r ouvrage.
Une batterie de 15 pièces fut enclouée par les artilleurs français et, si la configuration des lieux avait permis aux réserves de déboucher plus promptement et de venir soutenir les troupes engagées, il est plus que probable qu^on aurait réussi à conserver le bastion qu'on venait de conquérir.
Mais écrasées par la supériorité du nombre, décimées par les volées de mitraille que les Russes ne cessaient de faire pleuvoir sur le front et sur les fiancs des colonnes, tes troupes du général de Salles durent à trois heures rentrer dans les tranchées dont elles garnirent le parapet, une heure après être montées à r assaut.
Pendant ce court laps de temps, les généraux Rivet et Breton avaient été tués, les généraux Trochu et Coustou blessés, à la tête de leurs troupes et à l'intérieur même du bastion. »
Tandis que, pendant les jours suivants, les Russes quittaient la ville qu*ils avaient détruite avant de Tabandonner à leurs adversaires — tandis que les alliés s*établissaient^ au milieu des incendies et des explosions, sur les ruines fumantes dont la possession leur avait coûté tant de temps^ tant d'efforts et tant de sang — le major Govone parcourait les camps et le théâtre de la lutte suprême pour recueillir les éléments du rapport au Ministre de la Guerre dont le général La Marmora lui avait confié la rédaction.
Il se garda bien naturellement de faire figurer son nom dans ce rapport, mais le général La Marmora ajouta de sa propre main^, au bas de la minute de ce rapport, les
i. La note que La Marmora mit au bas de la minute est conçue en ces termes : Accompagnaient le général de Salles^ le major Govone^ le capi-
SÊBASTOPOL 99
noms des quatre officiers italiens — Govone, Charles Piola Caselli, Alexandre Galli, Casimir Balbo — qui, détachés auprès du général de Salles, avaient eu la bonne fortune et rhonneur de prendre part à Tassaut de Sébastopol.
taine Piola, les lieutenants Galli et Casimir Balbo. Les trois premiers ont élé légèrement hlesaés.
Le chevalier Charles Piola Caselli, capitaine (rétat-major, plus tard lieutenant-général f faisait partie du quartier général auquel étaient attachés comme aides-de-camp le chevalier A. Galli délia Loggia, lieutenant aux chevau-légers de Monferrat, et le chevalier Casimir Balbo, lieutenant aux chevau-légers de Saluces. Ce dernier, dés que les Français forent entrés dans le bastion central, fut chargé d'en porter la nouvelle au général La Marmoraet fut remplacé par le lieutenant Crespi.