‹ Mémoires (1848-1870) (volume 2)Chapitre 25 sur 73 · D'après Toiiginal de la lettre · texte numérisé non relu

D'après Toiiginal de la lettre

'désespérer de rimpunité et à regretter leur désobéissance â la loi qui les a mis en si triste posture. Il y a évidemment 4:hez eux tendance à céder et à se présenter. On peut encore espérer que l'apparition des troupes en nombre respectable dans cette province y répandra une crainte salutaire et décidera les plus entêtés à céder. Nous verrons.

Tai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que rien ne puisse transpirer; mais on a, je le crois du moitiSy mis rautorité civile au courant de ce qui se préparait^ et à Messine un employé du gouvernement a parlé en détail de cette expédition que tout le monde connaît par conséquent. C'est peut-être un bien^ parce que la menace dnn danger produit parfois plus d effet que le danger m^me. Ce soir, je pars à cheval pour Caltariisetta et Girgenti et je resterai peut-être un mois absent.

... Si on nous laisse faire^ peut-être aurons-nous déjà obtenu quelque résultat palpable lors de la prochaine levée et la population ?néme, qui a pu voir ce que lui valait la présence dans les campagnes de réfractaireset de bandits, sera, elle aussi, fort satisfaite. »

L'événement devait prouver que Govone ne s*était pas trompé en exprimant, dès les premières lignes de cet le lettre, des doutes quant à l'efficacité de cette promenade militaire de 20 jours, qu'il allait exécuter par ordre du ministère.

Au début, les mesures qu'on avait prises et qui, par leur mise en scène, frappèrent quelque peu l'imagination populaire, produisirent un certain effet et Ton vit arriver quelques rél'ractaires. Mais, dès qu'on eût vu que les troupes en marche ne pourraient ni s'arrêter longtemps sur un point, ni fairedcs recherches s<^rieuses, ni procéder à une épuration complète, ni protéger ceux qui leur auraient fourni des informations, les réfractaires, même les plus disposés à se mettre en règle, cessèrent de se présenter, (juant aux |)lus entOtés et aux plus dangereux, et surtout quant aux vrais malfaiteurs et à ceux qu'on

recherchait pour des crimes de droit commun, on n'avait naturellement jamais et à aucun moment réussi à en arrêter un seul. L'expédition allait donc aboutir à une vaine et inutile représentation théâtrale, à une nouvelle démonstration d'impuissance.

Deux voies s'ouvraient devant le général Govone :

Exécuter simplement les ordres reçus et dont il avait prévu l'inanité. Continuer purement et simplement la marche avec ses 20 bataillons et ramener, en fait de trophées peu glorieux, une poignée de conscrits. Dire au gouvernement : la mission que vous m'aviez confiée était impossible à remplir. Dire au pays désolé par les bandits, aux propriétaires cloîtrés dans leurs maisons depuis des mois et qui ne pouvaient plus labourer leurs champs, à tottsceux qui ne cessaient de recevoir des lettres de menace que pour être l'objet d'agressions, aux paysans dont les malfaiteurs envahissaient souvent les demeures et outrageaient les femmes : « abandonnez tout espoir, l'armée, la dernière réserve de l'autorité et de la loi bat à son tour en retraite et se déclare vaincue. » — En un mot mettre sa responsabilité personnelle à couvert en se dérobant et en décevant les espérances des bons citoyens.

Ou bien, affronter l'impopularité et les blâmes que risquaientde lui valoir des complications momentanées, pour se préoccuper uniquement du bien futur, imprimer aux opérations un caractère plus énergique et presque violent, en assumer la responsabilité pleine et entière, en confiant au succès, à l'importance du résultat obtenu le soin de le justifier et en tout cas en ayant pour soi l'approbation <iesa conscience et le sentiment du devoir accompli.

Avec un homme de la trempe du général Govone, le choix ne pouvait être douteux.

« On m^écrit de Païenne^ écrivait-il de Caltanisetta au Ministre Délia Rovere*, que V. E, trouve trop sévères les

i. Minute sans date qui a dû être écrite entre le 1*' et le 4 juillet.

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moyens que fai employés. Je lui demande la permission de lui soumettre quelques considérations qui lui feront voir la situation sous son véritable aspect.

J'ai reçu l'ordre de ramasser les réfractairts^ les déserteurs et les malfaiteurs. J'avais déjà auparavant adressé de Palerme à M. le Ministre de rintérieur une longue lettre particulière dans laquelle je lui parlais (fune opération similaire que j'avais cru devoir faire sur Misilmeri.

Je lui exposai dans cet écrit les moyens employés et les difficultés que^ malgré leur vigueur^ j'avais eu à vaincre pour arriver à un résultat que je n avais pu obtenir quau bout d'tm temps assez long.

Ici, les difficultés étaient plus grandes encore parce qu'après les présentations déjà obtenues il s'agissait maintenant de ramasser les ré fractaires les plus intraitables et les plus incorrigibles. De plus, la question se compliquait encore par le fait même qu'on m'avait chargé de capturer les bandits. Si ceux-ci avaient tenu la campagne en bandes, nous nous serions trouvés dans une situation semblable à celle que nous avons connue dans les provinces Napolitaines où les bandes nous ont échappé pendant des années. Ici, il n'y a pas de bandes; mais il y a en revanche des bandits, en nombre considérable, qui vivent, soit chez eux, soit chez leurs amis, soit chez des propriétaires ou dans les maisons des autorités communales qui leur donnent asile par intérêt ou par peur. Ces bandits sortent de temps à autre pour se jeter dans la campagne ou bien envoient parfois eux-mêmes des lettres d'extorsion qu'on paye y. comme si c'étaient des lettres de change, et la terreur des propriétaires est si grande que pour rien au monde ils n'auraient recours à l'autorité.

Pour ce qui est des réfractaires, voici comment les choses se passent dans la plupart des communes. La troupe arrive avec une liste de cent réfractaires. On demande auxautorités de faire connaître leurs demeures, et on vous répond qu'on i ignore. On prend les gardes municipauxet les huissiers, et ils refusent leur concours. On interroge

les gens du pays, personne ne sait rien. On arrête (tes individus suspects, personne ne veut les reconnaître. Que peut faire un commandant avec des listes qui contiennent, pour les deux tiers au moins, des noms d'individus, les uns morts, les au très partis du pays, ou enfin des gens qui nont jamais existé?

Il faut, ou renoncer à l'opération, ou inspirer une certaine crainte en établissant un cordon plus ou moins sévère en raison des cas et du temps dont on dispose, procéder à des perquisitions, empêcher les habitants de sortir, jusquà ce que les gens du pays en arrivent eux-mêmes çl voir que le mieux est encore de décider les réfractaires à se présenter. Alors les autorités fnunicipales se mettent à fœuvre. On examine les listes, on produit les actes de décès, on indique les familles, on place des plantons, on prend note de ceux qui sont introuvables, et les réfractaires et les déserteurs se présentent. Si ces gens étaient inoffensifs, il ny aurait encore que demi-mal. Mais on a pu constater que certains d'entre eux sont fort coupables, terrorisent le pays par les meîiaces et par ^intimidation et sont devenus de vrais brigands. Quelquefois, un seigneur du pays a chez lui un réfractaire et les autres réfractaires ne se présentent dans ce cas que lorsque celui-ci est venu se constituer. Il faut alors envoyer un demi-peloton en garnison chez le Monsieur et tnettre une sentinelle à sa porte.

Dans chaque village, on se réjouit quand on voit appliquer ce procédé au village voisin; mais les habitants se plaignent dès qu'on agit de la même façon chez eux.

Restent les malfaiteurs. A laide des notes de la Préfecture, on en arrête quelques-tms à domicile. Mais les plus compromis, ceux qui se sont évadés du bagne, ceux qui répandent la terreur dans le pays, ont été se terrer ou sont cachés dans le pays. Comment s'emparer d'eux? Tout le monde est d avis qu il faudrait prendre comme otages leurs parents ou quelques-tms des compères qui les recèlent. Le système qui consiste à combiner rétablissement d'un cordon

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sévère et remploi des grandes battues dans la campagne qui inspirent une crainte salutaire aux coupables et décident les gardes nationales et les syndics à prêter leur concours aux troupes^ ce système^ dis-je, a réussi. Je Cai employé y et c'est ainsi que fai pu mettre la main sur quantité de banditSy auteurs de nombreux forfaits, A Grotte^ l'établisse- 9nent cTun cordon serré et les battues les ont tous décides à se rendre.

On m'avait envoyé des députations pour me prier de me départir de ces mesures. Mais, après la réussite des opérations, le Municipe m'a gratifié d'une adresse de remerciements.

Trois ou quatre députations sont venues me trouver depuis.

Le député d Aragona, si je ne me trompe, est venu une fois pour me dire qu'il croyait devoir s'adresser au Ministre.

Je lui répondis qu'il pouvait le faire, que je n'engageais en rien la responsabilité ministérielle et que le Ministre pouvait même me désapprouver, mais que je m'adressais aussi au patriotisme de la population gui m'avait elle-même fait demander de prendre des mesures exceptionnelles^ qu'il s'agissait de faire f Italie, mais non une Italie au pouvoir des brigands — qu'il importait de savoir supporter des désagréments momentanés afin damener le résultat désiré — enfin que, ce résultat je l'avais obtenu et continuerai à l'obtenir.

Je ne dissimule pas à V. E. la gravité des mesures que je prends. On m'a dit de me saisir des réfractaires et des bandits, et j'agis énergiquement. On m'a donné aussi un délai de vingt jours, mais, malgré les mesures de rigueur auxquelles j'ai recours, je ne pourrai rien faire de bon en moins de quarante à cinquante jours.

J'avais le choix entre deux manières de procéder : ou ne rien faire et mettre à nu l'impuissance de l'action du gouvernement, ou avoir recours aux moyens que je jugeais indispensables .

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rai donné la pré férence à cette dernière^ tout en sachant que je risquais d^étre désapprouvé^ parce qiielle rna paru plus utile à la chose publique. Je ne sais si fai bien fait y nuits, en tout cas, le Ministre peut dégager sa responsabilité en la f autant retomber tout entière sur moiK »

Les mesures de rigueur employées par Govone donnèrent d'excellents résultats. Exécutées d'abord dans les dernières communes de la province de Galtanisetta, les perquisitions et les battues furent mises en pratique sur une plus grande échelle et avec plus de sévérité dans celle de Girgenti, oiiles malfaiteurs étaient encore plus nombreux et où la résistance fut plus grande, puis dans celle d& Trapani où la sécurité était le plus sérieusement compromise, et où certaines communes se trouvaient dans une situation intolérable. L'effet moral elles résultats déjà palpables de ces mesures facilitèrent peu à peu Texécutron des opérations, et ce fut en automne seulement que cette fructueuse campagne se termina dans Palerme méme^.

En voici le bilan :

4.000 réfractaires ou déserteurs furent pris, et on releva de plus huit mille erreurs sur les listes des communes^.

Environ 1350 malfaiteurs dangereux (qui ne sont pas compris dans le nombre des réfractaires coupables de délits de droit commun) avaient été livrés à la justice et la plupart d'entre eux avaient de cinq à six assassinats sur la

1. Cette lettre contient encore nombre de faits relatifs à la perturbation de Tordre public, à Fi m possibilité où se trouve la justice de savoir quoi que ce soit, aux assassinats quotidiens des individus dont le seul crime est d'avoir servi de guides aux troupes ou d*avoir été vus causant avec les carabiniers. EUe se termine ainsi :

« // me semble qu'en présence d'un semblable état de choses on a bien le iroU de porter atteinte à certaines garanties quand il s'agit de s'emparer 'U handits et non pas cf inquiéter les gens pour leurs opinions. »

2. Voir, pour les détails, le discours du général Govone que nous reprodoisons à V Appendice.

3. Si Ton considère que des 22.000 individus portés comme réfractaires il n'en existait en réalité que 10.000 et que les opérations du général OoToae ne s'étendirent qu'à la moitié de Ttle, on peut bardiment affirmer qu'elles fareot couronnées d'un plein succès.

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conscience. Un seul d'entre eux en avait commis trente ot un pour sa part ! Que de sang versé qu*il s'agissait de venger et combien de sang n'a-t-on pas épargné grâce à ces mesures! Parmi les bandits que le général avait réussi à prendre se trouvait toute une bande de 60 brigands qui, depuis deux ans, terrorisaient le territoire de Gastellamare (Trapani), et qui, pendant ce temps, avaient obligé les habitants à renoncer à leurs travaux et à s'enfermer dans les villages et dans leurs habitations.

On avait fait rentrer dans les caisses de TEtat un demimillion d'impôts en souiïrance.

Dans quatre provinces, dans les 154 communes qu'il avait perquisitionnées, c'est-à-dire dans la moitié de la Sicile, Tautorilé avait, grâce à l'opération du général Govone, retrouvé tout son prestige.

On avait prouvé aux méchants qu'ils ne sauraient impunément éluder la loi, aux bons citoyens qu'ils pouvaient compter sur l'appui efficace et matériel du Gouvernement.

C'était maintenant au Gouvernement auquel cette démonstration avait rendu un prestige que sa faiblesse lui avait fait perdre, que, grâce à l'application ferme et méthodique de la loi, il appartenait de parachever l'œuvre commencée à l'aide de mesures exceptionnelles.

On avait donné l'impulsion nécessaire au fonctionnement régulier de la conscription; l'énergie qu'on avait déployée avait permis de verser dans les rangs de l'armée les réfractaires des classes antérieures. L'exemple, joint à la preuve désormais faite qu'il était impossible d'échapper à l'accomplissement de ce devoir, et les sentiments de patriotisme des populations devaient suffire pour assurer définitivement les résultats acquis. Le nombre des réfractaires, qui n'avait cessé de s'accroître pendant les trois premières années, s'abaissa rapidement jusqu'au jour, peu éloigné du reste, où, à l'instar des autres provinces italiennes, la Sicile fournit à la patrie commune les contingents entiers, qui allaient sous ses drapeaux combattre pour Venise, pour Rome.

Le §^éaéral Govoae a certaiaeineiit pensé souvent à ses braves colonnes mobiles lorsqu'il vit à l'œuvre les soldats disciplinés et valeureux que furent les Siciliens.

Ily pensa certainement, lorqu^aprèsGustozza il demanda pour un humble et brave Sicilien ^ de sa division la seule médaille d'or pour la valeur qu'on accorda au cours de la campagne aux simples soldats.

L'abnégation des officiers et soldats avait été soumise à une rude épreuve. Longues marches dans des pays presque entièrement dépourvus de routes, sous un soleil ardent et à travers des régions insalubres, battues fatigantes dans des terrains difficiles et inhabités, perquisitions fastidieuses rendues plus pénibles par la défiance et rbostilité d'une population plus portée à ressentir les inconvénients du moment que Tespérance d'en être délivrée, — responsabilité grave et douloureuse incombant aux chefs de <:olonne et aux officiers, — factions interminables, souvent sans relève et sans repos, rendues nécessaires par lobligation de maintenir le cordon, comme il fallut se résigner à le faire pour capturer la bande de Castellamare, cordon de 40 kilomètres, isolant Tisthme de. San-Vito, entourant des montagnes entières, où les soldats durent rester de ^arde jour et nuit, « dans une région d'une insalubrité notoire, sous le soleil brûlant du jour et exposés à l'humidité morbide de la nuit », où force fut de les laisser parce qu'il fallait à tout prix délivrer le pays, voilà ce qu'officiers et soldats supportèrent, acceptèrent et exécutèrent sans un murmure, sans une seule plainte.

Les adresses de remerciements de nombreux conseils communaux, des diplômes de citoyen honoraire accordés à quatre commandants de colonne, la reconnaissance tardive •et lente à se manifester des honnêtes gens furent les seules récompenses de tant de fatigues ; mais ces épreuves avaient cnis en relief la parfaite discipline, l'admirable conduite

i. Gaetano Fuggetta, de Syracuse, soldat au 51* d'infanterie.

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des troupes au cours d'une opération aussi rude que délicate, où, afin d arrivera un résultat qui leur était indifTérent, mais dont l'importance était capitale pour la Sicile, elles eurent a endurer des privations et des souffrances bien plus grandes que celles qu'elles durent imposer aux populations.

« Quand y arrivai à Palerme^ dira plus tard le général Govone à la Chambre, les meilleurs citoyens vinrent nie féliciter.

Mais ces compliments ne s' adressaient pas à moi;jepuisen parler avec orgueil, ils s'adressaient aux troupes qu'on remerciait ainsi de ce qu'elles venaient de faire pour le salut et la prospérité de la Sicile^, »

Les derniers épisodes de cette campagne de pacification et d'assainissement se déroulaient encore lorsque le général Govone fut mis en demeure de justifier son œuvre devant le Parlement, de rendre compte de l'énergie qu'il avait déployée, des splendides résultats qu'il avait obtenus. Repoussant loin de lui les tentatives faites par d'autres personnes afin de pallier les mesures qu'il avait prises, il déclara fièrement qu'il avait dû recourir à des moyens exceptionnels, dont Tapplication avait été rendue indispensable par une situation elle-môme toute exceptionnelle, et il conclut en disant ^i

Messieurs^ si la Chambre devait méjuger, je ne demanderais pas grdce, mais je réclamerais la faveur d'être înis en jugement. Si la Chambre considérait uniquement les mesures que j'ai prises, sans tenir compte des circonstances exeptionnelles qui ont rendu ces mesures indis-

i. Discours prononcé à la Chambre, le 5 décembre 1863. 2. Passage du même discours.

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pensables^ elle devrait me condamner. Mais, si au contraire elle envisage les résultats obtenus sans s'arrêter à la sévérité de mesures imposées par des circonstances exceptionnelles, elle devra hautement et complètement approuver ma conduite.

Je ne saurais pas plus porter un jugement sur ma conduite que demander un vote à la Chambre , mais f espère que^ sans me blâmer comme sans m'approuver, elle voudra bien reconnaître que nous avons fait notre devoir... »

Le reproche qui pouvait ôtre le plus pénible et le plus douloureux pour lui, devait lui être adressé par ceux-là mêmes qui, lorsqu'on avait pu se convaincre de Tinanité des procédés normaux et habituels, avaient le plus violemment protesté contre Timpuissance du Gouvernement et qui maintenant Taccusaient de violence en présence des résultats obtenus par les seuls moyens efficaces. C'étaient eux qui allaient faire un grief au général et lui reprocher comme une insulte adressée à cette noble terre d'Italie^ les paroles dont il s'était servi pour dépeindre Tétat de Tile. A ces injustes accusations, le général se contenta d'opposer des paroles pleines de sérénité et de foi dans l'avenir de la Sicile^.

« // existe des gens craintifs et timorés qui, dès qu'une difficulté quelconque surgit en Sicile ou ailleurs, se prennent à douter de tout. Ce sont ces personnes que j'ai votdu rassurer.

f ai dit que la Sicile ne devait pas être une cause de découragement. J'ai voulu dire que la Sicile n'était pas une planète sortie de son orbite, de telle sorte qu'on ne saurait

1. Les paroles des généraux Della Rovere et Govone défigurées par Ttspnt de parti donnèrent lieu à de vrais polémiques dans les journaux, amenèrent plusieurs duels et obligèrent le général Govone à aller luimême sur le terrain. Il n'est que juste d'ajouter que la partie saine de la popiilalion ne se laissa pas abuser et qu'elle fit un excellent acoueil au gc- ^n\ qui resta encore plusieurs mois à Palerme.

1 Séance du 7 décembre 1863.

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prévoir ni quelle voie elle allait suivre^ ni ofi elle allait ressortir. J'ai dit que la Sicile suivait le même chemin et passait par les mêmes phases que tous les autres peuples modernes au sortir de la barbarie^ que toutes les autres provinces italiennes qui s'acheminent vers une civilisation croissante à tout instant et indéfiniment perfectible, J^ai dit qu'un mauvais gouvernement avait volontairement ^ de propos délibéré y essayé d arrêter l'expansion de la Sicile, de ralentir sa marche et qu'il appartenait à un gouvernement réparateur de la pousser résolument dans la voie du progrès, grâce à des mesures sages et rationnelles. »

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