‹ Mémoires (1848-1870) (volume 2)Chapitre 31 sur 73 · Colonel, mort au cbamp d'boimeur à Aitua · texte numérisé non relu

Colonel, mort au cbamp d'boimeur à Aitua

242 LE GENERAL GOVONE

deux compagnies du 51* qu'il a sous ses ordres, est le premier à y arriver. Vers 2 heures trois quarts la hauteur est au pouvoir des Italiens.

Mais les Autrichiens délogés à la baïonnette reçoivent presque immédiatement des renforts; 8 compagnies du régiment de Bavière, formées sur 4 colonnes, arrivent à la rescousse à 3 heures; elles sont, elles aussi, rejetées et poursuivies jusqu'au Monte Molimenti. Des acclamations enthousiastes, parties de toutes les positions tenues par la 9*" division, saluent ce brillant fait d'armes et répondent aux cris de: Savoia poussés par les vainqueurs. 2 autres bataillons du 3;^ rejoignent, ainsi que 200 grenadiers venant de Custoxza, le brave bataillon qui a si brillamment exécuté Tattaque et viennent renforcer les quelques compagnies qui occupent les hauteurs. A 3 heures 1/2, le major Chiron envoie de Custozza le billet suivant au général Govone: « 2 compagnies du 34* bersagliers, des fractions du 51* et le 35" régiment ont couronné les hauteurs de la position à gauche... j'espère que d'ici peu l'ennemi sera complètement en fuite. »

Ce billet, et les hurrahs qui saluèrent la prise de Belvédère marquent le dernier moment heureux de la journée. Heureux ceux qui étaient tombés dans cette attaque et qui emportèrent dans la mort l'illusion de la victoire !...

Vers les 4 heures, après un court intervalle de calme si profond qu'on put un moment croire que la lutte avait pris fin, les Autrichiens entreprirent une dernière attaque formidable, désespérée et décisive.

Avant même que l'ennemi eût commencé à dessiner cette attaque, le général Govone avait une fois de plus envoyé du Monte Torre à Villafranca une demande pressante de renforts et promis de vaincre pourvu qu'on se décidât à le soutenir. Vers trois heures et demie, le général Govone dicta en effet au lieutenant Sanguinetti * et

1. Nous avons sous les yeux la copie^ datée du 28 juin 1866, des notes que le 24 Juin le lieutenant Sanguinetti consigna par ordre du général.

envoya au général Délia Rocca un billet par lequel il Tinformait de la prise du Belvédère et des retours offensifs de Tennemi et qui se terminait ainsi : « Mes troupes ont repoussé à trois reprises les attaques de rennemi. Elles nont pas mangé depuis hier; épuisées par la fatigue et par ce long combat^ elles sont hors d'état de résister à une nouvelle attaque. Mais, si Votre Excellence m'envoie un renfort de troupes fraîches, je ni engage à coucher sur la position. »

Deux fois encore', au cours de Tattaque finale, le général Govono renouvela sa demande. Mais la réponse faite à son premier billet suffisait pour lui enlever tout espoir.

Le général Délia Rocca se refusait péremptoirement à lui envoyer des renforts.

Vingt mille hommes sont, depuis le matin, arrêtés comme par enchantement- devant Villafranca, à moins de 3 kilomètres du point où se décide le sort de la bataille: une belle division de cavalerie, dont on ne sait tirer aucun parti; — deux fortes divisions d'infanterie, intactes, fraîches et reposées, tenues larme au pied toute la journées, impatientes de marcher et de combattre. A la tAte de ces deux divisions, deux excellents généraux ne demandent que Tordre de marcher au canon. Bixio, Fintrépidc garibaldien, toujours prêt à tout, sauf à s'enfuir ou à rester inaclif, achevai sur le front de sa division, frémissant d'impatience, réclame avec insistance Tordre de se porter en avant, jaloux des périls que coarait le général Tiovone, auquel il ne pouvait s'empôcher d'écrire quelques

d'heure en heure sur son carnet. Ces notes permettent de fixer d'une manière certaine le moment où te général expédia le billet annonçant la prise du Belvédère et demandant en raison de l'épuisement de ses troupes l'envoi immédiat de renforts. L'expédition de ce billet y est consignée avec lannot/ition : ap7*ès avoir repoussé le dernier retour offensif de l'ennemi sur le Belvédère (retour offensif qui y est indiqué comme ayant comniencéà 3 heures) et avant la panse qui précéda l'attaque finale, qui, toujours d'après ce carnet, commença à 4 heures. Le billet a donc été expédié à trois heures et demie ou ni>^me un peu avant.

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