CHAPITRE X
NIEOLSBUBa
Lissa n'avait pas encore brisé dans les mains des Italiens leurs dernières armes et chassé de leurs cœurs leurs dernières espérances, lorsque le général Govoae, envoyé «a mission secrète au quartier général du Roi de Prusse, quitta l'armée. Il était chargé de s'opposer & la conclusion de l'armistice et d'obtenir, grâce h la continuation de la guerre, la possibilité pour l'Italie de prendre sa revanche. C'était lui qui, le premier, allait avoir la douleur de sentir peser sur lui le poids du discrédit que, plus encore que ia défaite elle-même, l'impardonnable et inconcevable inertie, dans laquelle on s'était complu pendant les semaines qui suivirent Custozza, avait jeté sur l'Italie. C'6taient cependant cette alliance et l'inébranlable loyauté avec laquelle l'Italie était restée fidèle h ses engagements qui seules avaient permis à la Prusse d'oser jouer cette grosse partie, c'était l'armée italienne qui avait retenu au moment le plus critique une grosse partie, la partie la plus solide de l'armée autrichienne, loin des champs de bataille de la Rohème, et, bien que ses généraux n'eussent pas été à hauteur de la t&che qui leur incombait, l'armée italienne n'en avait pas moins eu à lutter contre des •lifficultés locales bien autrement sérieuses que celles qu'avaient rencontrées ses alliés. Mais ils étaient vainqueurs et l'Italie était vaincue et, plus encore que la
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lourde main allemande, Finexorable logique des faits devait lui Faire sentir la tristesse de sa situation.
C'est cette seconde mission que le général Govone raconte en détail dans le Journal que voici ^
19 juillet... Appelé par le roi à Fer rare. — Ricasoli et Visconti-Venosta me donnent mes instructions pour tm mission, — Départ pour Turin à dix heures soir. — Arrivée le 20 à une heure et demie de raprès-midi.
20 juillet... Je pars à onze heures du soir pour Paris. — J^a?rive à Paris le 22 à six heures vingt-cinq du matin. Je trouve Ressmann à la gare. — Nouvelles. — Bataille navale. — La Prusse a accepté les bases proposées par la France et a consenti à un armistice de cinq jours accepté également par rAtttriche. — Grâce à thahileté de Bismarck^ r Italie n'est pa^ comprise dans cet armistice. — U empereur est plus calme ^ mais il parait quHl voulait armer contre la Prusse.
Je pars le 22 à sept heures trente du matin pour Berlin où f arrive le 23 à sept heures du matin. J'y reste jusquà onze heures du soir et je repars pour le quartier général du roi.
Conversation sur le colonel Dôhring. — // me dit que les victoires prussiennes sont dues en bonne partie à la chance. — Moltkene voulait pas de la formation des deu^ armées de Neisse et de Saxe dont la constitution se fit sous le poids de r influence du prince royal. — On a été stupéfait de voir que Benedeckne marchait pas stir Gôrlitz. — Gahlenz avait battu les Prussiens qui débouchaient par TrautenaUy mais il les poursuivit, et^ le lendemain^ le prince royal tomba sur son flanc. — Moltke déploya beaucoup d'énergie et fit marcher les troupes malgré leur fatigue et bien qu'elles aient manqué de pain pendant irois jours. — // parait qu'une partie de l'armée dOlmutz s^est retirée sur K.....
1. Ce journal, rédigé partie ea français, partie en italien, se compose de feuillets séparés, pour la plupart écrits en chemin de fer. Le générai ne les a ni revus ni corrigés et nous les reproduisons tels quels.
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24 jaillet, matin... Quitté le chemin de fer à Gôrlitz. — Difficulté de trouver une route pour aller au quartier général prussien, parce quelle est encore interceptée par les forteresses. — On me fait prendre enfin la route de Reichenberg. Arrivée à Prague à onze heures et demie du soir. Auberge de Prague/
25 jaillet, six heures et demie du matin... Départ en chemin de fer pour Brimn. — Arrêts sans fin. — Arrivée à Briinn le vingt-six à une heure et demie. — En route, conversations militaires. — Jugement sur Benedeck. — Tous les officiers prussiens parlent de l'énorme chance qu'ils ont eue. — Ils ne comprennent pas pourquoi les petits États allemands n'ont pas concentré leurs forces. — // parait quils n'étaient pas prêts par suite de leur organisation défectueuse. — De ce côté, les combats n'ont pas été sanglants. — Un colonel qui était à cette armée prussienne prétend qtie deux bataillons prussiens repoussèrent une brigade [bavaroise^ je crois?) sans avoir un seul blessé et en lui mettant 500 hommes hors de combat. Ce ne peut être vrai.
26 jaillet... Le commandant de place me procure une voiture. — Départ à sept heures et demie pour Nikolsburg . — f arrive à deux heures de l'après-midi.
Bismarck a fait du chemin. Il a conclu son armistice et des préliminaires de paix sans nous consulter et sans en informer Barrai, et on signera ce soir.
Je vois Bismarck à deux reprises. — Je rends compte dans mes dépêches de mes entretiens avec luiK Parlant de nous, il me dit : (c Mais le tyrol, conservez-le pour la bonne iK)DCHE. » — // m'interroge sur la question de Rome ; il espère peut-être que « nous nous brouillerons avec la FRANCE ». Je lui réponds qu'il sera facile de trancher cette question.
Il se plaint de nos opérations et me dit : « Mais si on