‹ Mémoires (1848-1870) (volume 2)Chapitre 41 sur 73 · Voir à ï Appendice · texte numérisé non relu

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^88 LE GENERAL QOVONE

AVAIT SUIVI VOTRE PLAN DE CAMPAGNE, LES CHOSES AURàlENT

PU MARCHER ». Barrai, qui assiste à f entretien ^ me demande ensuite quel était ce plan...

Sur la bataille de Kôniggràtz^ Bismarck me dit : « Quand le prince Frédéric-Charles eut engagé son artillerie^ nous voyions que l'ennemi était plus fort et on voulut ne pas engager l'infanterie jusquà F arrivée du prince Royal, Mais Frédéric-Charles avait déjà fait avancer une division et il fallut la soutenir. Mais après quelque temps^ nous n'avions plus qu'une division en réserve et, si en ce moment l ennemi avançait , il nous aurait en foncé le centre. On attendait avec impatience le prince Royal.

« J^ai dit à quelqu'un qui me demandait mon opinion sur la bataille, qu'il me semblait être un joueur de lansquenet qui avait mis un enjeu dun million sans avoir de quoi payer. Puis je demandais à Moltke s'il savait bien ce que nous avions devant nous, s'il savait combien s'étendait le mouchoir dont avions, nous, un bout devant nous. Il ma répondu : « Peut-être nous avons trois corps, peut-être toute farmée. » Car les positions dominaient et étaient masquées et retranchées. Je dis que je ne savais pas si nous avions les moyens de vaincre ce jour-là. Il me répondit : « Je crains seulement que tennemi nous échappe. »

Finalement, je vis avec mon excellente lunette comme une rangée d'arbres. Puis cela avançait^ puis l'ennemi dirigea son feu là. — Enfin, point de doute, c'était le prince royal.

Anecdote du tourbillon de cavalerie. — Danger du roi. — Bismarck veut le faire éloigner, il tombe pire — alors il lui prend les brides et le fait éloigner. — Enfin Bismarck, lui aussi, parle du bonheur qu'on a eu dans toute cette campagne.

27 juillet... Nouveau télégramme. — Nous apprenons préliminaires signés. — Après diner du roi auquel je suis invité, Sa Majesté me fait entrer dans sa chambre. — Conversation désormais inutile. Sa Majesté me parle delaPro-

NIKOLSBURG

tidenee; U est étonné de ce qui est arrivé. Quelle chat

88 juillet... J'envoie un télégramme au roi à Ferrare. soir, en ayant vu le texte des préliminaires^ je prie Ba ■ denvoyer per extenso farticle blessant qui nous regi ~ Bismarck manque de procédés. C'est trop fort, i ils sont vainqueurs et nous sommes vaincus!... Télégramme en commun.

S9 juillet... — Le roi nous invile .\vel^ et moi « la rt du corps d'Herwarth de Bittenfeld qui a lieu le 30. — parle à tout le monde du fusil, — on le dit excellent, r, on lui refuse une importance décisive dans les combats ont eu lieu. — Je parle de la jonction ; tous me di qu'elle a donné des inquiétudes...

Enfin, ce que je vois bien clair, c'est que toute la mire est due aux bêtises de Benedeck. Au lieu de mari ■lur Giirlitz, tl attend. — // engage des corps isolés qui : repoussés. — Bonin bat déjà en retraite poursuivi Gahlentz, quand parait la garde du corps du Prince Ho qui le coupe et l'enfonce. — Alors la jonction se fai ballant en plusieurs endroits des corps autrichiens. — lors, les troupes autrichiennes se trouvent déjà ébran à Kôniggràlz. — Cette bataille est gagnée par cela et la circonstance que la désunion même des deux arr. prussiejines tourne en bien et porte le prince royal su flanc des Autrichiens au milieu de la bataille ; car lespt lies Prussiens sont minimes ; on dit de 1 à lO.OXI hom hors de combat. Les Pnissiens ont réussi. — Leur i défectueux sera trouvé superbe. — Pendant toute la c pagne, quelques régiments seulement ont eu des pe considérables, l'n régiment a perdu 30 officiers et hommes et c'est le plus, mais c'est beaucoup. — Les Ai chiens seront jugés et ont l'-té en effet bêtes.

30 juillet.. Bévue d'Herwarth. Ce général me fait l'i

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iPun brave homme mené par son chef fTètal-major; — trois dicïsions d'infanterie, une de cavalerie, vingl-Iroi' batteries. Magnifique ! Dîner rot/ai, toasts touchants. — Larmes du jeune prince d'Oldenburg. — Routes abominables. — L'Autriche est barbare .' — On arrive à dix heures sur place. — Quatre divisions avec vingt-quatre piècfs chaque, plus gnaranle-htiil pièces, réserre de chaque cor/i* de deux divisions. En tout quatre-vingt-seize pièces par corps, et une division de cavalerie composée de douzerégiments, dragons, hussards, htdans et cuirassiers. De cent à cent vingt chevaux par escadron et quatre escadrons par régiment. C'est très beau, très belle l'artillerie, etc.

Déjeuner chez le prince Frédéric-Charles. Toasts louchants. — Larmes du roi, du prince Charles. — Le priiic Frédéric-Charles dit : " L'armée a fait son devoir puisqu'eltf a conduit le roi dicter la paix à l'Autriche aux portes ilr Vienne. Mais elle n'a fait encore tout ce qu 'elle est ca/)afilf de faire... Que le roi demande et il verrai »

Ce fut admirable. Le roi est ému et verse des larmes en embrassant le prince Frédéric-Charles et en tordant ses moustaches. Le prince Charlespleure et voulant ici expliquer les paroles de son fils ne peut terminer la phrase.

ANECDOTES Sl'R l'eSPRIT MILITAIRE DES PRUSSIENS. OPISIONS DE TRESKOW SL'R LES OFFICIERS DE LA NOBLESSE '.

Le général Hetzel, du corps d Herwarth [armée de fElbr m'avait dit qu'il pensait que la guerre éclaterait avec la France.

Le général Franseckg qui a eu 2.500 hommes perdus sur 12.000, à Kiiniggri'ilz me dit que l'alliance de Cllalie el de la Prusse était naturelle comme celle de la France ri de r Autriche. On préconise enfin partout la guerre avec h

t. Cf. dïrnier pnrnRrnphe du Mém< en 1866. Note écrite Iv 2 août 1SU6 ei

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France. Franaeckt/ fitl inquiet au sujet de ta jonction. Il croit que le fusil à aif/iiille est excellent et qu'il a eu de [influence dans les combals partiels.

Le prince de Reuss^ ex-ministre à Munich, dit la même chose. Il me parle de von Pfordlen, un doctrinaire qui a malgré tout voulu rester fidèle au droit fi'dnral et qui après avoir été battu fut étonné que tout ne rentrait pas dans l'ancien ordre et qu'on lui demandait du territoire!

Pfordlen adit à Barrai :v Voyez cette Autriche! Elle nous avait promis SÛd.'XX) combattants et de grandes victoires ! »

Enfin je vois bien clairement que Dieu aveugle qui il veut perdre, que tout ceci est la marche de Phumanité, que, [époque des nationalités étant arrivée, il se trouve pour [Italie, Victor-Emmanuel, Carour et Garibaldî ; pour la Prusse, Bismarck et les fusils rayés ; pour fA tttriche, la banqueroute et Benedeck.

La Prusie va faire [unité allemande. La Bavière et les autres petits états se rangeront désormais du côté de la Prtissegui est plus forte et laisseront [Atif riche qui les livre aujounthui, — Que deviendra [Autriche? Si elle confinait avec (les races homogènes, la Bohême se détacherait, maïs [Allemagne n'en veut pas, et la Bohème ne veut pas île [Allemagne, étant tchèque. Le centre de [empire devra aller à Peslh, car c'est là qu'est désormais la force de la monarchie et [empire sera une espèce de confédération de races différentes!

La 91 jnillet, an Boir... Avet et moi, nous retournons à Niknlsburg ; plus de Barrai, plus de Benedetti, aucune lettre.

— A-t-on répondu ^f Italie à nos télégrammes? Je [ignore.

— 1^ mieux est que je retourne le plus tâlà Berlin et je partirai aujourd'hui pour BrSnn, malgré [incitation du roi de partir demain et de faire ensemble la route de Berlin. Avet m'a raconté ses embarras, ses chagrins. Il m'a aussi dit que, quand on craignait [intervention de la France et quand on avait le Ithin dégarni, Bismarck lui a dit : << Mais c'est aussi d'après 1rs conseils du général Govone que nous avons

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dégarni le Rhin; — mais nous avions le droit de croire que r Italie aurait poussé la guerre avec vigueur^ qu'elle débarquerait à Trieste et on ne fait rien !

V^ août... Conversation avec le comte de Bismarck.

HÉMOI&E ÉCBIT AU CBÂTON LB 2 AOUT ATI MATIH A BBUNN ET DANS LB TRAIN DB CHBMIN DB FBB Dl PRAGUE POUR EN FAIRE UNE DÉPÊCHE AU O0nVI&- NEMENT K

Invité par le roi, fai assisté aux revues de Lansendorf et de Gensensdorf.

Le 31 au soir, nous fûmes de retour à Nikolsburg par une pluie atroce. Le 1" aoùt^ je reçus [invitation de la part du roi de m'arrêter à Nikolsburg jusqu'au 2 et de me rendre le 2 à Bnlnn^ oit Sa Majesté se rendrait déjà le 1" aotU avec deux seuls aides de camp pour une revue quil passerait le 2 à une fraction de farmée du Prince Royal. J'ai fait remercier Sa Majesté et suis parti le 1*' pour Brûnn et pour Berlin aussitôt^ sans attendre le convoi royal.

Avant de partir, je me rends le 1*' chez le comte de Bismarck.

Je lui dis: « Le comte de Barrai m'avait fait espérer quil m'aurait laissé une lettre à Nikolsburg. Comme il est paru sans rien laisser, j'ignore si j'ai été chargé de quelque communication à Votre Excellence de mon gouvernement. Peut-être le comte de Barrai a-t-il eu occasion de faire lui-même des commtmications ? »

Le comte de Bismarck me répondit : « Mais vous ne savez pas qu'il m'a annoncé l'acceptation du gouvernement de Florence de l'armistice à commencer du 2 aoi\t pour quatre semaines ? »

1. Cette note a servi de base à la dépêche du général, en date du 7 août.

NIKOLSBURG 293

Et sur cela Urne lut la lettre officielle du comte de Barrai. La base de Carmistice est Tuti possidetis du territoire. Qu'on ait commis la faute à Ferrare de renoncer au gage de Vérone pour conserver le Tijrol!

Ensuite Son Excellence me lut les télégrammes échangés depuis le commencement de la médiation française entre Napoléon III et le roi de Prusse,

L'empereur dit : « Les glorieux succès de l'armée prussienne et les grands avantages qu'elle vient d obtenir ne me permettent plus de conserver mon rôle d'abstention complète. L'affectueuse confiance que Votre Majesté a toujours eue en moi me fait espérer qu'après avoir donné à son armée de si glorieux souvenirs^ elle ne se refusera pas à s'entendre avec moi pour un armistice et pour des bases qui assurent à ses peuples et à F Europe les bienfaits de la paix^ etc. Déjà l'Empereur d'Autriche m'a cédé la Vénétie, etc. »

La réponse du roi qu'il m'a lue accepte en principe l'armistice déjà proposé par Gablentz... si l'Italie accepte.,, etc.^ etc.

« Le dernier télégramme de l'Empereur Napoléon du 25 au 28 (?), m'a dit le comte de Bismarck, s'exprime dune manière nerveuse. Il nous demande de lui déclarer si 7ious acceptons enfin la médiation et l'armistice, oui ou non. Je crois que la France allait éclater. »

Et il me répéta les raisons de la suspension de la guerre, qui sont le choléra, les difficultés des opérations, le climat de Hongrie et notre éloignement du Danube de 20 à 25 marches.

Il me lut ensuite une déclaration de M. Benedetti qui dit : « Je suis autorisé à déclarer à Votre Excellence que la Vénétie est désormais acquise à F Italie et que partant rien ne s'oppose à l'armistice et à la conclusion de la paix. »

Je dis à M. de Bismarck que, sans lui adresser une demande officielle dont je n'étais nullement chargé, je le priais de vouloir me dire ce que je devrais répondre à Florence dans le cas qu'on me demandât quelle signification legouvemement prussien donnait à la déclaration demandée

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à la France et qui avait donné lieu à la dépêche de M. Benedelti qu'il venait de me lire. J'ajoutais que Son Excellence n'iynorait pas qu'en Italie l'opinion publique gouvernail par la Chambre ; qtie cette opinion publique était (fautant plus susceptible que la fin si prompte de la guerre n'avait pas laissé le temps à fltalie de développer ses forces et demployer les moyens considérables dont elle dvposait. Que ropinion publique repoussait une trop grande ingérence de la France dans nos affaires. Que l'empereur Napoléon avait si bien apprécié la légitimité de ces sentiments, que dans les propositions qu'il fit à Ferrure pour les préliminaires de pair, il avait déclaré que la Vénétte reviendrait à t Italie par un plébiscite. Qu'ayant cependant proposé de nous faire remettre Vérone comme gage pendant l'armistice, le gouvernement italien n'était pas disposé à admettre pour cette occupation l'intervention du général Le liœuf mise en avant par la France, quoique ce général n'eiit d'autre mission que de constater le départ de Vérone de la garnison autrichienne et de nous en prévenir pour que nous la remplacions sans tnéme rédiger aucun procèsverbal. Que partant la nation italienne pourrait s'étonner de l'ingérence que le gouvernement prussien avait donnée à la France en provoquant la dépêche de M. lienedetti.

Le comte de Bismarck me répondit que la Prusse, ayant rej7(, par la première dépêche télégraphique de la France qu'il m'avait lue, la déclaration que l'Autriche avait cédé la Vénélie à l'Empereur, il devait avoir un document qui constatât que la Vénétie était acquise à ritalieet non pas à la France. Que telle était la signification de la demande faite à M. Benedetli et que d'ailleurs la dépêche de Benedetti était un document de chancellerie que fltalie pourrait ignorer.

Je répliquai à M. de Bismarck qu'on m'avait fait supposer que dans les préliminaires de pai.i: il se trouvait vn article rédigé dans le même sens de la demande faite à M. Benedetti et que ces préliminaires ne resteraient probablement pas secrets.

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Le comte de Bismarck me répondit que cet article avait -eu dans sa pensée la même signification et la même portée, qu'il m'avait exposée à l'égard de la dépêche de M. Bene» detti^ savoir de constater que la Vénétie appartenait à r Italie et non pas à la France.

M Maisy dis'je encore au comte de Bismarck, est-ce qu'une déclaration de r Italie n'aurait pas eu pour la Prusse la même valeur? »

w Oui, s€uis doute, me répondit le comte de Bismarck, et si y avais pu supposer que F Italie pourrait être choquée de la forme de l'article en question, /aurais évité de fintroduire dans le texte des préliminaires. Je le regrette sincèrement, mais la faute en est au comte de Barrai, Je lui dis un jour : « Ce soir le comte Karolyi sera ici pour traiter des préliminaires de paix ; la première conférence aura lieu et je vous invite à y assister, » Le lendemain, je lui ajoutais que tous les plénipotentiaires autrichiens étaient arrivés et qu'il y aurait tme autre réunion. Il ne voulut pas t/ assister, car il était sans instructions. S'il m'avait dit mtx conférences que l'article en question ne convenait pas ^i ritalie, nous aurions évité cela, »

Ensuite le comte fie Bismarck m'a dit qu'il espérait que f alliance de la Prusse avec F Italie durerait après la paix, rt me fit lire un télégramme adressé à M, cTUsedofn, où il disait de déclarer à Florence que, si des complications venaient à se produire pendant les négociations ou après la paix, il serait tout disposé à prendre avec l'Italie (Tautres arrangements et à donner plus d'extension que ■dans le traité du 8 avril aux avantages que l'Italie réclamait.

Il étudiait ses paroles et il évita de rien dire sur la portée de cette extension, mais il sera bon pour l'Italie de ne pas courir, dans de pareilles éventualités, au-devant de la Prusse, de faire désirer son alliance afin d'obtenir et le Tyrolet flstrie, car mon impression est que M. de Bismarck pourrait faire des difficidtés à t égard de cette dernière province.

LE GENERAL GOVONE

Bismarck me dit encore : « Quand les premières jns de médiation de la France me parvinrent^ je u'il fallait accepter en principe pour empêcher la 'éclater. Mais J'ai dit anx généraux que je me irl de gagner dix jours en négociations en subormon acceptation à celle de C Italie pour arriver à

donner du temps aux Italiens. Mollke me demanda mrs. Nous en avons gagiié dix-sept du 5 juillet attr de la signature de la première .suspension

Mais il fallut accorder deux jours de repos aux i Briinn, pour donner le temps aux trains de irriver, et on ne put atteindre Vienne. Nous avotif nt'il faudrait à l'Italie vingt à vingt-cinq jours indre le Danube, et alors je ne crus pus possible ire encore aussi longtemps la France. So?i dernier me nous mettait en demeure de répondre si oui ous acceptiom enfin sa médiation et farmisticf. pereur, ajouta le comte de Bismarck, qui était si r le passé, parait aujourd'hui être pris des nerfs. » mdia qu'en France on commentait à jeter le rulisa médiation et que l'empereur pourrait bien siip-

haine, mais non pas le ridicule.

ite de Bismarck me dit qu'il était bien aise que

dons débarrassés de la question vénitienne avant

de Borne nous tombât sur les bras. Il me semble >t secret espoir que cette dernière question altère urts avec la France et nous rapproche davantage usse, car il me parla autrefois de la question de j'en eus celle impre.ssiun.

le comte de Bismarck me parla des fusils à atmandès par notre gouvernement. Il me dit qu'on bord adhéré; qu'ensuite, le minisire de la Guerre t des objections, car les landwehrs quiavaienteuà e les Hanovriens, se plaignaient de leurs anciens nié et leur atlribuaienl les fortes pertes qu'elles ■s. M. de Uoon disait qu'il risquait d'être accusé lée et le pags s'il se de.s.saisissait de fusils à ai-

NIKOLSBUBG

gitiile tandis que les troupes prussiennes en manqm Que cependant, après l'armistice, ces raisons perdait leur poids et qu'il avait la mille parlé au roi de cette lion qui pourrait s'arranger.

Enfin, le comte de Bismarck me dit qu'on réiL piocfiainement les plénipotentiaires pour négocier la i/ue vraisemblablement Prague serait choisie, et m manda si nous y serions représentés.

J'ai répondu, qu'étant parti de Ferrare pendant g situation connue était toute différente, je n'avais pu ctiir aucune instruction pour une situation imprévue [empereur Napoléon ayant fait des propositions à soit à Berlin, soit à Florence, paraissait croire à une séparée. Que peut-Mre mon gouvernement penserait tit de finlérét commun de faire une seule négociati

Je pris congé de M. de Bismarck, qui me dit : » nous nous verrons encore à Berlin, n'est-ce pas ? »

Départ de Nikolsburg pour Briinn, excellent hôtel duùiiz.

i Aoftt.„ Rotfte de Brtinn à Prague par chemin di départ à neuf heures quinze de Briinn, arrivée à Pi huit heures quinze du soir.

Excellentes notes de CEioUe bleue.

Prague est une ville qui rappelle l'Italie. Eglis ponts avec tours et clochers stgle italo-golhique byzt Comment appelle-t-on ce style en langue savante ?

XÉHOI&Z SUR LA CAHPAaNZ DES PRUSSIENS EN

Note écrite le 2 août 1866 en chemin de fer de E à Prague. '

Après les succès éclatants obtenus par l'armée pruss dans sa courte campagne contre l'Autriche, on pe

t. Cette noie ne figure pas dans l'édition italienne.

'2j8 le général govone

demander si les opérations' des Prussiens doivent être loutres ou critiquées.

Sans doute ^ le succès à la guerre absout de tout et impose la louange. Mais si on se demande : Un général peut-il devant un ennemi fort de 200 à 250.000 hommes partager ses forces en deux armées séparées de douze marches^ comme le firent les Prussiens avec leur armée de Silésie du Prince Royal, de trois corps de 90.000 hommes^ et leur armée de fElhe et de Saxe deiôOà 170.000 hommes {trois divisions du général Herwarth et neuf du prince Frédéric-Charles) ? On doit nécessairement dire que non. — Cependant^ la campagne ayant réussi si bien, on doit justifier cette négation. — Les réponses sont faciles. C'est un axiome de guerre qu'on ne doit pas se diviser devant un ennemi puissant. Car cet ennemi doit, dans ce cas, inarcher successivement contre une fraction et puis contre l'autre. Celui qui néglige ces principes évidents est coupable et celui qui en les suivant échoue nest qu'incapable. Or, c'est précisément ce que négligea de faire Benedeck, et cest ce que Moltke croyait qu'il eût fait. — Pourquoi Moltke se divisa-t-il? J'ai eu avec le comte de Bismarck et ensuite avec lui, une discussion à cet égard. Il défendit^ comme de raison, ce qui avait été fait. Mais Je colonel Dôhring me dit qu'en effet Moltke était contraire au partage en deux masses^ et que cette disposition fautive était due à rinfiuence du Prince Royal. Tous les généraux que j'ai interrogés sur la jonction des deux années prussiennes en Bohême m'ont tous dit unanimement, qu'ils avaient eu des inqttiétudes sur la possibilité d effectuer la jonction. Quelqu'un m'a dit qu'il avait cru un moment qu'elle ne réussirait pas. Le colonel Avet m'a dit qu'à Berlin on était très inquiet dans les cercles militaires et qu'on se demandait continuellement: Se fera-t-elle, ne se fera-t-elle pas? Pourquoi a-t-on, en effet, stigmatisé si sévèrement If général Benedeck, si ce n'est pour n'avoir pas empêché cette jonction ? Pourquoi les militaires prussiens, généraux et officiers subalternes, s'écrient-ils tous unanimement qu'on . -a eu une immense fortune, si ce n'est pour avoir réussi

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dans une opération si difficile ? Oi\ pourquoi a-t-ehe réussi? Seulement parce que Benedeck, au lieu démarcher résolument sur Gurlitz^ se borna à mettre des corps isolés dans les dé filés pour empêcher les Prussiens de déboucher. Il fit combattre des corps isolés, s'exposa à les faire battre, les fit battre en effet et eut son armée moralement ébranlée par ces combats malheureux le jour de la grande bataille décisive.

Que serait'il arrivé, si Benedeck eût marché avec ^^O.OCX) hommes coude à coude par GOrlitz ? Le Prince Royal aurait été hors du champ de bataille. La lutte aurait été engagée entre 200.000 Autrichiens et 1 60 rf 170.000 Pmvsiens au plus. Les Autrichiens agant le moral relevé par le prestige dime manœuvre habile, tous les avantages étaient alors pour les Autrichiens.

Notons que quand le corps du général Bonin voulut déboucher de Silésie, il fut repoussé par Gablenz et battait en retraite quand le corps de la Garde, par un autre déhouché, arriva à temps sur le flanc de Gablenz et dégagea Honin. — Ce fut le premier coup de bonheur, car on n aurait pu compter d'avance sur la réussite d'tme telle manœuvre, même si elle avait été calculée et prévue, ce qui îi'est pas probable. Le corps de la Garde, qui eut à faire alors avec m corps autrichien intact, ne réussit contre Gablenz que par le fait d'être arrivé sur son flanc, et au surplus il ne réussit quen subissant les plus grandes pertes.

Cest, à ceque je crois, le corps qui subit les plus grandes pertes dans la campagne.

in succès en amène un autre en ébranlant le fuoral de Cennemi, Ce ne furent, depuis les premières affaires, que des victoires prussiennes. Aussi, la bataille de Kôniggràtz ne fut-elle point acharnée. Ce fut en 'général une longue et grande canonnade avec la prise de quelques villages. La divi- ^ionPransecky ,qui a souffert les plus grandes pertes^ très supérieures aux autres divisions [2 J)00 hommes), les a subies, tFnprès ce que m'a dit le général, par le feu de rartillerie. i« division occupait vers le centre un bois. Elle était

forcée den conserver la lisière pour ne pas en permettre r occupation aux Autrichiens. Il disait à ses soldats : « Nom devons tous mourir ici jusqu'à C arrivée du Prince Royal, » Or^ la lisière était à 1.200 ou 1.500/^05 de f artillerie autrichienne qui faisait des ravages dans Vinfanterie prussienne. ' Quand le Prince Royal parut sur le flanc droit des Autrichiens après quatre ou cinq heures de combat^ les Autrichiens perdirent contenance, se jetèrent les uns sur les autres pour gagner les ponts de l'Elbe, et la déroute fut complète. Les trois divisions H erwarth perdirent dans toute la campagne 1.800 hommes peut-être. Les pertes des Pntssiens sont de 7 à iO.OOO hommes en tout. Or, la seule bataille de Kôniggratz aurait dû coûter 20.000 hommes de chaque côté. Le général Hetzel nia dit que sa division n'avait pas combattu jusqu'alors, mais qu'il envoya en avant son artillerie avec une escorte, fit tirer par ci et par là, et alors les Autrichiens abandonnèrent leur artillerie et leur matériel, et il n'eut quà recueillir une riche moisson de trophées.

Le colonel Avet m'a dit avoir vu des batteries entières abandonnées à ime heure et demie du champ de bataille, et prises les jours suivants par les Prussiens. Une seule batterie de ibà 20 pièces se battit jusqu'à la dernière ejctrèmité pour sauver l'armée en déroute. Elle avait été placée par Benedeck près des ponts avec la mission cT empêcher l'approche des Prussie?is. Elle fit bravement son devoir et fut ensuite abandonnée sur place.

Les Prussiens disent que s'ils avaient mieux apprécié ta déroute de l'ennemi et eussent poussé davantage, on prenait tout... Je le crois, et cela doit servir d'instructions en cas de victoire. Poussez — poussez — poussez! — avec quelque^ pièces seulement, avec quelque cavalerie^ n'importe, mai< poussez m C'est ce que j'avais dit à Bixio de vouloir faire si nous avions tine victoire après le 24. La bataille de Kôniggratz doit faire réfléchir sur les résultats décisifs d'une manœuvre qui ne soit qu'tm choc de front, une 9nanœuvre telle qu'un mouvement tournant qui se manifeste

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au milieu de la journée. C'est ce qui n'a été que trop oublié après les guerres de l'Empire.

Varrivée du Prince Royal sur le flanc des Autrichiens m'avait paru [et je l'avais dit au prince Frédéric-Charles) nne heureuse conséquence de la faute originaire d'avoir r armée partagée en deux masses éloignées. Ayant en effet demandé à Moltke si la jonction n avait pas été difficile^ il me répondit : « Sans doute elle a été difficile^ mais s' étant opérée sur le champ de bataille^ elle a eu des résultats plus décisifs. » Mon appréciation était donc juste, et il aurait été difficile de faire arriver 90.000 hommes par un détour sur le flanc des Autrichiens à Kôniggratz, si on avait marché en une seule masse de Gôrlitz.

Le général Moltke a aussi dit au prince de Reuss, le diplomate, qui me fa répété, que la campagne avait été faite et gagnée par les lieutenants prussiens en faisant allusion à la bravoure des troupes qui, en forçant les défilés de la Bohême, avaient fait réussir le plan de campagne. Le plan, dailleurs défectueux en origine, a été aussi bien mené, aussi bien calcidé que possible.

Le comte de Bismarck m'a dit à propos de cette bataille : « fai toujours été persuadé que notre infanterie et notre artillerie étaient supérieures à celle des Autrichiens, mais fêtais loin de m'attendre à ce que la cavalerie le fût aussi. » Or, le prince de Hohenlohe, qui commande depuis trois tnois un régiment de hulans et qui faisait partie de farniée du prince Frédéric-Charles, m'a raconté que son régiment affronta un régiment de cuirassiers autrichiens; Que les deux régiments se chargèrent en ligne et se choquèrent alignés comme deux mitrailles; Qu'on resta dix minutes mêlés et que les cuirassiers autrichiens furent enfin mis en déroute. En cette circonstance, trois de ses cousins qui étaient dans le régiment des cuirassiers autrichiens furent blessés, un des trois est peut-être mort, car on ne f avait pas encore retrouvé, ni il n'avait pu le reconnaître parmi les officiers autrichiens qui restèrent morts sur le champ de bataille.

303 LE GENERAI. OOVONE

L'armée prussienne est donc sérieusement bonne et mliJe. Elle a en partie les qualités des troupes anglaises, comme Je disai'i deux moix avant à lord Lof tus, ministre d'Angleterre à Berlin. On croit en Prusse que la bont^ de l'armée tient à la composition du corps d'officiers recriilr dans la noblesse du pays, noblesse, petite et grande, riche ou pauvre.

C'est pourquoi le générai Treskoio me disait qu'on srrefusait et l'on se refuserait A l'avenir aux demandes tlcla Chambre qui voudrait introduire sur une grande échelle hi bourgeoisie dans les grades de l'armée : « Nous ne toulon< pas pri^ciiément que tous les officiers soient no/des, ajoutait le général de Treskow, mats la plus grande partie. » Jr lui dis : i< .Vais les fils de ces grands industriels dix fois millionnaires, dès qu'ils sont bien élevés, ne pourraient-ils pa< être admis »? ^^ Non, médit Treskow, plutôt les bourgrm^ pauvres que ceux-là. » On veut enfin que la noblesse donne le ton et ne se laisse pas détrôner par la finance. Mais Iff sous-officiers nombreux et excellents entrent aussi pour beaucoup dans la bonté de l'armée. A propos des inslitiiiions militaires prussiennes, \f. de T..., aide de camp dn roi, racontait qu'un Anglaisai/ant rencontré un soldat qui accompagnait les bœufs de l'administration et parlait anglais, lui dit : « Vous êtes probablement boucher de profession t\. " Pas précisément, répond le soldat . Tétais professeur de philosophie et de droit public international à l'Université de Bonn. ><

S août». Départ à sept heures du matin pour Berlin. En route, je me rappelle d'autres circonstances de mon séjour à Nikol-iburg .

Ainsi le 28 juillet, j'ai rencontre' dans la cour du château du comte Mennsdorf [Dietrichstein), où est établi le quarlirr général du roi de Prusse, le prince Frédéric-Charles, Ce sympathique soldat, jeune et brave capitaine, me raconte quagant été informé le soir du 2 juillet que des foren considérables autrichiennes étaient en position ayant PEU-e

N'IKOLSBDRS :

" à dos entre Kûniggriitz fit Josephxtadt, il écrivit au i ■I qu'il avait pris ses dispositions pour les attaquer le mai •• du 3, qu'il avait prié le Prince Royal de tappuijer ai Il un corps d'armée et qu'il priait Sa Majesté d'approm •• ces dlip'isitions ; que Sa Majesté les avait agréées, q « seulement elle avait ordonné au Prince Royal de mardi " avec toutes ses forces an lieu if amener un setil cor <> d'armée, que de celte manière la bataille eut lieu le « sans donner le temps aux Autrichiens de se reconnaître

Le prince me dit qu'il avait ce jour-là, 3 juillet, 9 dii -tions, plus famiée de F Elbe du général llerwarth (3 dit sions) qui était sous ses ordres. Lut ayant demandé si jimction avec le Prince Royal avait présenté des difficuh H donné de dnquiétude, il répondit: c beaucoup de dif^ cidtés et d'inquiétudes». Alors j'ajoutais qu'à mon ai. c'était une disposition défectueuse que les deux arméi 'tout fune en SHésie ; mais que la jonction ayant } soi)érer malgré tout, elle avait eu le grand avantage < porter naturellement le Prince Royahur le flanc des Auli chiens à Sadowa. Il convint de cela.

Tai ensuite demandé au prince s'il attachait une gram importance au fusil à aiguille. Il me dit que sans doute était excellent, mais qu'il n'avait pas eu d'importance po. fissue de la bataille de Kôniggrâtz (Sadowa), que qua n son armée elle n'avait briilé dons cette bataille qu'ui cartouche par homme en moyenne, car il n'avait eu qu faire distribuer des parcs que ÔO.'XX) cartouches pour rei jtlacer ce qui avait été dépensé, puisqu'on avait ramas les cartouches des morts et des blessés, ce qui faisait i tout une nariouche par homme de ses neuf divisions. . demandai au prince comment on avait donc combattu? tir répondit que ce fut en grande partie un combat d'art! Irrie.

Sur les perles des deux armées, le prince me dit qu croyait que tes Prussiens pouvaient avoir perdu dans tou la campagne 10 à 15.000 hommes (chiffre exagéré), ma que les Autrichiens avaient sans doute perdu 20

304 LE GENERAL GOVONE

25.000 hommes par le feu et autant par les prisonniers, {Quant aux prisonniers, il parait qu'ion en a constaté officiellement 32.000.)

Le prince rna dit que le chiffre officiel des canons pm est 112, que cependant il pouvait y en avoir davantage. D'autres m'ont dit 170, 180, 200... Le fait est que /f< Autrichiens se sont livrés. On est même allé ramasser sfizr pièces sur les glacis de Kùniggrâtz où elles étaient abandonnées, et on a pu les atteler à petite portée des canons de la place. Le chef d" état-major du corps d*Herwarth, sijf m'en rappelle fnen, m'a dit que les trois divisions avaient perdu 75 officiers et 1.800 hommes à peu près, morts et blessés^.

Aujourd'hui en route^, je cause avec un officier du P corps, général Steinmetz, armée du Prince Royal qui va à Dresde pour se guérir d'une ophtalmie. Il me dit que son corps a pris part aux combats de Nachod, où il battit Ramming, puis le jour après à celui de Skalitz où fut battu r archiduc Léopold renforcé d'une division de Ramming, ensuite à celui de... et puis à la bataille de Kôniggratz. Dans ce combat, le P corps perdit 30 officiers tués et 600 hommes tués, 300 officiers blessés {??) et 2.000 hommes peut-être blessés. Ce ne sont pas des chiffres officiels et ils sont peu probables, surtout les 300 officiers blessés. A Kôniggriitz, ce corps n'a pas donné. Dans les autres combats il a peutêtre brûlé trente coups par homme. Le corps fit la poursuite sur Lundenburg, resta trois jours sans pain mais ayant du riz dans le sac et eut toujours de la viande. Il a beaucoup de malades. Après Nachod, on prit sur un officier tué une lettre de Ramming qui prévenait Benedeck que sans des renforts considérables il ne pouvait plus tenir. Je demandais à l'officier où déboucha la garde et le /*' corps qui faisaient partie de l'armée du Prince Royal. Il me dit que dans cette armée il y avait aussi le VI^ corps {?), Est-ce

1. Les deux parap^raphes précédents ne figurent pas dans Tédition italienne.

2. Toute cette conversation ne figure qu'en abrégé dans l'édition italienne.

NIKOLSBURG 305

irai? Le I" corps^ Bonin^ déboucha de Traiitenav. Il ne réussit pasy me dit le lieutenant^ et battit eii retraite. Le jour suivant^ la garde et le I" corps repoussèrent f ennemi.

Ensuite on eut le combat de Gaschen. C'est /d, je crois, que la garde perdit beaucoup. C'était Gablenz qui était devant elle et avait repoussé Bonin. L'officier me dit : « Enfin iwus désirons en général la paix. Elle ne sera pas longue. » « Pourquoi, demandais- je , croyez-vous que l'Autriche veuille recommencera ? « Non pas de ce côté-là, mais du côté de Fouest. Si on veut nous prendre les provinces du Rhin, toute r Allemagne y sera. » Comme je faisais un signe négatif de la tête, l'officier ajouta : « Je suis bien aise d'entendre de vous que nous n'aurons pas la guerre avec la France. Vannée ne la désire pas, et le roi non plus. »

Mais il faut constater que le sentiment général de l'armée dit qu'on aura la guerre avec la France. Le général Hetzel m avait dit: « A la prochaine guerre nous n'aurons plus que des canons rayés. » — « Laquelle, demandais-je ? » i<Mais avec la France. Elle ne nous laissera pas fonder Funité allemande paisiblement. » Je répondis que l'Empereur était trop sage pour s'opposer à ce qui est dans les destinées de F humanité.

Le lieutenant-général Fransecky m^avait dit : <i J'espère que nous serons encore alliés dans la guerre contre la France ! »

En effet Benedettiadit à Nikolsburg : ^^ Mais il faut bien donner à F Autriche le temps de se remettre ! »

A propos de Pfordten,je me souviens en ce moment qu'il disait avant la guerre à Barrai : « Voyez-vous, mon plus (jrand plaisir ce sera d entrer à Berlin avec les Autrichiens. » Après la guerre, étant venu n Nikolsburg implorer un armistice, il a dit à Barrai : « Figurez-vous que f Autriche nous (imit fait croire qu'elle mettrait en ligne 800.000 hommes ^i qu'on battrait les Prussie?is comme rien. »

4 août... J*ai passé toute la journée en chemin de fer sur la route de Prague à Reichenberg. Les Autrichiens firent ces derniers jours tme sortie de Koniggràlz et vinrent

306 LB GENERAL GOVONE

faire sauter le pont de chemin de fer sur fElbe entre Prague et Juny-Buuzlan. ils luérenl ainsi quelques soldats prussiens de garde au pont et cela tandis que la suspension d'armes i-tail en vigueur. Ils disent ne pas en avoir été informés.

On a arrangé sur le pont tout cassé un passage pour les piétons. C'est sur cela que nous paxsdme.'. A onze heures du soir du 3 aoi'il, nous arrivâmes à Lôbau. On voidail poursuivre pour Gôrliti et Berlin ; mais sans prévenir de rien, le major prussien qui commandait à LObau fit détacher la moitié du train qui continua pour G'irlitz et nous, qui étions dans l'autre moitié, nous restâmes en arrière avec les soldats malades qui furent dirigés sur Dresde. Nous allâmes aussi à Dresde. On arriva à quatre heures du matin du 4.

4 août-. A quatre heures et demie du matin, un conroi part pour Berlin ; nous eu sommes et nous arriverons à dix heures du matin. Le vieux prince Piichler qui a été dans notre wagon [avec Acet et moi) a maintenant son wagon à part. Deux jeunes Prussiens, dont l'un négociant, nr cessent de le traiter de Durchlaucht {altesse sèrénissime). — On est encore bien imbibé de prestige aristocratit/ue en Prusse.

Si la guerre avait été malheureuse, cela aurait chantjé et la démocratie prenait le dessus. Avec une guerre tellrment heureuse le sgstème aristocratique se soutiendra encore. Combien ? Est-ce «h bien ou un mal? El faristocralie prussienne est-elle assez supérieure en instruction et en fortune pour avoir naturellcmenl du prestige comme en Angleterre et une domination presque sans /iartage sans qu'il en résulte une situation forcée et précaire? C'est c qu'on verra dans ces prochaines années. On verra si ht nation se prêle à fonder une aristocratie ou non. Je croi^ que ce second cas est plus probable.

Un savant professeur, célèbre dans le monde entier, un industriel riche à dizaine de millions et qui fait la fortune du pays, sotit en Prusse beaucoup moins considérés ri

NUCOLSBCRO

impartants qu'un bureaucrate ott qu'un écuyer dont It est précédé par un von [de). J'espère bien, qu'en tou si la guerre ne produit pas d'autres résuitats, elle au moins pour conséquence de changer ies lits et les dra ht trop courts et cette détestable cuisine qui empoi les étrangers à table d'hâte.

8 août'... J'apprends qu'en Italie on se chicane avi Autrichiens sur farinislice et la ligne de démarci L'Italie est dans une fausse position. D'un c4té, l'op publique réclame le Tyrol et plus encore... D'un i l'Italie a trouvé moyen de se faire battre par terre t mer, tout en ayant plus de moyens, plus d'élan, pi. bravoure l Comment peut-on alors réclamer plus q traité dv 8 avril nous accorde ?

Je suis anxieux de savoir pourquoi et comment n'avons pas Vérone. Cependant, c'était une despropos de médiation française. Dieu veuille que nous ne l'i pas refusée par des qziesiions de forme ! Ce serait une ■ responsabilité pour ceux qui en auraient la faute.

Hier, Barrai m'a dit que la France a enfin emo liste d'aubergiste, comme me disait Bismarck ava, guerre. Quelle liste ! dit Bismarck aujourd'hui. Le liiuxt, la partie de la liesse Darmstadt sur la gauc Rhin, Mayence et le Luxembourg.

La demande présentée par Benedetti ne contient quelques lignes. Bismarck en est furieux. Il a dit à Bo •*Nous avons tout fait pour plaire à FEmpereur. Nom sommes arrêtés aux portes de Vienne, comme des... ; tiles... et maintenant est-ce qu'il nous prend pom lâches ou des enfants?... »

Bismarck dit qu'en France on achète des chevaux su grande échelle. — Serions-nous à la grande guerre p nisée par les officiers prussiens ? Quel rôle jouerait triche ? Quel râle, Cltalie ? C'est à en être inquiets, ci

cbapitre

Une p&rtie du journal de ce jour a £16 placée par l'auteur à la litre i\.

r Autriche ne fait pas cause commune avec la France pour prendre sa revanche^ nous serons seuls devant t Autriche^ et elle a encore toutes les places du quadrilatère. — J* espère que cela ne se vérifiera pas. Car dans ces conditions la guerre en tête à tête avec l'Autriche serait difficile et tout serait remis en question et avec nos finances délabrées.

Barrai me dit que Menabrea a été choisi pour plénipotentiaire à Prague avec lui. Je trouve le choix excellent. L'Indépendance belge disait (6 août\ qu'il s agissait de nwij ou de Menabrea. On a mille fois mieux choisi en le prenant^ lui. Il fut ministre^ il a beaucoup plus d'autorité que moi et de talent diplomatique. Autant on aurait mal fait de le nommer chef d état-major de t armée ^ comme on l'a dit dans les journaux.

En attendant^ pourquoi me laisse-t-on ici?...

Je vois dans les journaux que V Autriche a renvoyé des troupes vers le sud. C'est naturel. Après avoir conclu l'armistice avec la Prusse, elle pourvoit à la défende de VIstrie et du Tyrol... que nous voulons sans avoir pour cela le droit du traité (8 avril) ^ ni f appui de la France peut-être. En attendant, la Prusse a déjà fait marcher des troupes en arrière. Par exemple, des troupes du corps du Rhin marchaient vers Pilsen, le 2 août déjà... Nous jouons un jeu dangereux pour notre dignité vis-à-vis de r Europe, si nous ne sommes pas décidés à la guerre à nous seuls, et cette guerre serait tme grande et coupable imprudence. Si Cavour était là! Au moins, on saurait qu'il sait ce qui se fait. Mais pour les autres, pour ceux d'aujourd'hui, nous n^. pouvons pas avoir la même confiance, ne fût-ce que parce qu'aucun d'eux na assez de prestige sur les autres pour conduire le pays à lui seul. Peut-être y a-t-il du talent : même un grand talent parmi eux; mais- sans unité de volonté on ne fait, on ne peut faire de grandes choses ? Tiraillements, tiraillements et rien de plus, rien de complet, rien de vigoureux et de sensé en même temps ^...

1. La suite de cette note se trouve à la fin du chapitre ix (p. 280J.

NIKOLSBURG 309

10 août 1866.... J'ai vu le roi à onze heures et demie du matin. Il m'a dit que tout allait bien jusqu'ici^ mais qu'il est en ce moment inquiet à Ct^gard de la France. Il me raconte l'entrevue âe Baden à laquelle il avait été invité jadis par Napoléon. Le roi pensant qu'on voulait lui faire la même offre qu'on a depuis faite à f Italie {Nice et Savoie) se rend à Baden ; mais il écrit au roi de Bavière et au roi de Wurtemberg qui y étaient de ne pas partir. Puis le roi de Hanovre vient lui demander la permission d'y aller. Le roi lui dit : « Mais comment, tout le monde peut aller à Baden. » Alors, comme il ne manquait plus que le roi de Saxe, il écrit au roi, son ami alors, de s'y rendre aussi.

Napoléon arrive, voit tous les rois réunis et ne souffle plus mot. Cependant il demande au roi Guillaume : — « Pourquoi donc toute l'Allemagne est-elle méfiante envers moi? >) —

— Le roi répond: « Parce qu'on soupçonne que Votre Majesté veuille faire avec l'Allemagne les arrangements quelle a faits avec l'Italie ». — « Mais comment donc ! Je ne veux rien, que puis-je faire poiir les rassurer? » — Béponse : « Dites à tous les princes ici réunis ce que vous venez de me dire. » —

« Maintenant, ajoute le roi, l'Empereur nous fait des demandes tout à fait impossibles. Veut-il nous chercher querelle? Je crains bien une intelligence avec l'Autriche, cela m'inquiète. Ce serait ime grande saignée d'avoir à partager nos forces entre la France et r Autriche. En tout cas, mon armée se battra bien, elle est aguerrie par une compagne, courte c'est vrai, mais cela lui donne de la confiance. J'aurai aussi toute f Allemagne. Je ne dis pas que ce soient de très bonnes troupes, celles que nous avons battues au cœur de l'Allemagne, c'est vrai. Cependant, se mesurer avec f armée française, c'est très sérieux, et puis si l'Autriche était contre nous aussi... Je suis inquiet. » —

J'ai répondu que les choses n'allaient pas tranquillement de notre côte et que n'ayant l'appui de personne ni de la Prusse ni de la France, C Italie concentrait son armée et quittait le TyroL

310 LE GENERAL OOVONE

Le roi dit : « Oui. — Et puix maintenant on me maniie que r Autriche ne veut pat traiter à Prague en même temps avec nous et avec l'Italie. C'est peut-être un prétexte pour faire traîner les affaires. »

Je répondis : a Et ces négociations à pari feraient une Irh mauvaise impression à Florence. Ce ne serait plus gu'un traité de paix séparé, ce gui est contre nos engagemenls réciproques, »

« Oui, sans doute, dit le roi. »

« Est-ce que Votre Majesté compte insister là-dessus? »

Le roi répondit : « Je n'ai pas encore vu Bismarck, H cw malade et j'y vais dans une heure. Afais je crois qu'on doit traiter ensemble. »

Puis le roi vint stir la campagne. Je lui parlai df la nôtre, du sentiment public italien et du regret de ce qui s'est passé. Puis je demandai: >• Est-ce que Votre Majesté n'a pas été inquiète sur la jonction des deux armées? »

— Oui, oh beaucoup. » La force des circonstances nous a forcés à avoir deux armées. Benedeck est très au sud de la Bohêmeelnous devons... Enfin, je ne fais aucun reproche à Benedeck ni à Clam de ce qu'ils ne nous ont pas empêchés de déboucher. S'ils arrivaient seulement six heures plutôt, ù dixheures du matin au lien de quatre heures dusoir. tnrmée de tnon fils {Steinmetz ?] i^tait prise dans les défilés et n'aurait pu déboucher à aucun prix ; et Bonin battait déjà en retraite . Tout cela a été discuté là (et il montra une table du doigt). Nous avions bien calculé, et ce fut Dieu qui est le grand stratcgiste qui nous aida pour cette fois. C'est ce que je vous avais dit avant la guerre, lu victoire est entre les mains de Dieu! La véritable erreur de Benedeck fut de donner bataille avec l'Elbe à dos et de ne pas calculer que mon fils éloigné de trois mille {vingt et un kilomètres) seulement pouvait arriver sur le champ île bataille.

Grand résultat de ce concours que je développais ru comparant Hadoiva à Solferino, etc.

FtAiVert Moltke. — Discussion sur la journée du2A. — Visite àDOhring.ll me parle de la France. Il me dit que, si elle est

MKOLSBURO

xfti/e, on n'a rien à craindre d'elle. Toute FAllenh S'il/ pourrait fournir 100.000 hommes, 25.000 l 20 le Hanovre, 8.0(X), le...

Manara ' vinnt me chercher en attendant ; H me Bismarck m'attend de suite.

Bismarck me demande si j'avais passé tout ce te, à Berlin, car il m'aurait vu volontiers. Son Excell dit : « Eh bien, voilà des difficultés avec la France. , reur nous a toujours déclaré qu'il ne voulait rie avons tout fait pour le contenter ; maintenant il ini ftiire fies demandes impossibles... inadmissibles, 5 feraient perdre en Allemagne tout le prestige q uconstjagné. — Onm'écritqti'Hachl-le beaucoup de en France. En Belgique aussi. J'ai demandé à B des explications : il m'a répondu que c'était possibl veux savoir si l'Empereur veut noiix faire la guerre ; demandes qu'il nous fait, on croirait qu'il nouf querelle. Alors, en ne tenant plus compte de la i Main, nous ferons tm appel à l'Allemagne et elle se

Demande : « Est-ce que Votre Excellence p^ peuples ou des .souverains, du roi de Bavière, par exe

Réponse : u Oui [arec quelque hésitation). Les n seront avec nous. Enfin je veur vous faire une 1. générale, à laquelle vous nie direz que vous ne poi répondre : Quelle serait l'altitude de t Italie si la nous attaquait? »

Je répondis : « Votre Excellence veut mon opinion échantillon de l'opinion publique en Italie. Elle 1 que je ne pourrai pas répondre. Cependant, à mon «. ne pourrons pas /aire la guerre à la France tanl ne nous y forcera pas absolument. J'ignore nos t actuelles. L'ingratitude est une mauvaise chose. »

Bismarck me dit : « Nous ne demanderions à fltalt

neutralité bienveillante, et tiue position qui puisse donner des inqttiétttdes à l'Autriche'. •>

Il me parla des négociations à Prague et me dit que dans un moment aussi critique, il croyait urgent d'en venir à un arrangement avec VAutnche. Qu'il ne pouvait pas perdre de temps, que s'il insistait pour que nous fussions aussi à Prague, il perdrait peut-Hre quinze Jottrs en négociations. Que le texte du traité n'obligeait pas la Prusse à une seule négociation de paix, et que nous serions peutêtre satisfaits si la Prusse met dans un article du traîlr queritalie doit avoir la Vénétie.

Je répondis que je croyais qu'on n'en serait pas content: car étant ensuite seuls vis-à-vis de l'Autriche, elle pourrait demander des indemnités pécuniaires, 200, 250 millions par exemple, et qu'alors ce serait acheter la Vénétie etnon pas t avoir sans conditions. Qu'avant la guerre on t offrait, sans indemnités considérables, et qu'ensuite Karolyi avait parlé à Nikolsburg de ces indemnités.

H Oh non l alors Karolyi déclara qu'il avait atissi des pouvoirs pour traiter avec l'Italie, mais il ne parla pas d'indemnités. »

Je dis à Bismarck : «J'ignore ce que fera le gouvernement de Florence. Je crois qu'il entend traiter à Prague atec vous et faire un seul instrument et qu'il insistera là dessus. En tout cas, s'ilen était autrement, il faudrait toujours que tarticle relatif à f Italie, quevous acceptez, fût tel que la Vénétie ne fut pas acquise à titre onéreux, et il faudrait

1. C'est peiit-£tre à cette conTersation que le comte de Bismarck fait allusion Uana ses l'eruéet et touvenirt (vul. Il, p. S3) lorsqu'il dit : < Lonqu'A Berlin, au prinleiD[i3 de lBfi6, je négociais avec le général Govone, il eut un mouvement d'effroi en ni'enlendsnl maDireïler If désir qu'il s'iorurmAt auprès de sa cour, si nous pourrions compter sur l'Italie et sur sa loi aux traités, même en présence du mécontealemenl de Napoléon. > Il me dit qu'une question de ce genre serait ti légraphiée k Pari* te jour même avec celte autre : « Que faut'il répondre t >

Comme on le voit, ia date attribuée A celle conversation est tout d'abord erronée; oarpendant les négociations entamées au printemps avant laguerrc. BUmarck lui-iuénie ne cessa de déclarer qu'il Tallait procéiler d'acconl avei' la France que lui-mému tenait de son cAté au rourant de la tournure des négociations. De plus la teneur de la réponse Taite par le général Govone est toul autre.

NIKOLSBUBG

que cet article fût concerté ou accepté par F d'avance... n

Onéreux. « Reprit Bismarck, c'est le mot que j'ai êcr a une demi-heure à Werther, à Prague. »

Maintenant s'il s'agit de la liquidation de la det. blique, comme cela se fait soupçonner, je lui ai d\ nom ne pouvions accepter de traité quant à PUalie, la condition que la cession de la Vénétie ne fût pat reuse pour fltalie et que l'Autriche ne continue p guerre à l'Italie. — « Quant à m' engager avec votre et sur ce que farticte relatif fût agréé d'avance {par le et italien), je ne puis dire absolument oui, car je ne sa quelles peuvent être vos prétentions, mais nous resi sans doute fidèles au traité et, si votre gouvernement m pose une rédaction de l'article, je la discuterai. »

Bismarck me -dit encore que la politique de l'Emp est nhsurde : » // fait, ajouta-t-il, de la politiqt Mexique ou de la Pologne. Ce sont les anciens part orléanistes et autres qui le poussent dans la voie laquelle il va se jeter... A moins qu'il ne soit déjà d'à avec tA ut riche, ce que nous verrons bientôt par la marc négociations de Prague, ou hien qu'Haie des intelli^ avec la Russie, ce que je crois plus difficile. — Mais e; cas, nous ferons une guerre révolutionnaire, nous so. rons la Hongrie, nous organiserons des gouvernement, risoires à Prague et à Brfinn. Puis je ne tiendrai plus i compte des préliminaires de pais, ni de la ligne du Mat (Ce gui voulait dire que l'A llemagne marcherait de s l'unité. )

Bismarck a eu, je crois, un moment le soupçon gui fussions au courant de ce qui se passait à Paris : q guerre fut décidée par Napoléon, etc., etc. Car, qua pris congé, il n'avait plus l'air amical et bienveillant avait totijours eu avec moi.

Il ne faut pas oublier l'horrible soupçon qu'il a t fltalie, qui avait suspendu ses opérations quand Nap proposa la médiation rt devint menaçant. Bismarck ti

314 LE GENERAL GOVONE

colonel Avet que, si les provinces du Rhin étaient tiétjarnif< de trotipex, c'était aussi par le conxeil du génâral Govonf.— ce çuivoulaie dire que toute la trahison avait été prépartt d'avance : faire déaarmer le Rhin, engager la guerre, moi« arranger avec f Autriche, ou du tnoiîis suspendre lesnpétions pour mettre la Prusse à la merci de Napoléon ! C'est par trop machiavélique et perfide, ma foi!

Je sors de ches Bismarck et je vais à la légation . H était detix heures et demie après midi. J'allais entoger un télégramme à Florence pour résumer ma conversation, guanii Barrai reçoit un télégramme de VisconttrVenosta de nt plus insister pour radminsion de 7tos plénipotentiaires n Prague.

Barrai et moi, nous croi/ons que réellement il y a de nouvelles combinaisons et qu'on prépare la guerre contre ia Prusse, France et Autriche en-iemlde...

Barrai dit : C'est inutile, votre télégramme.

J'g renonce et me dispose à partir le soir à sept heures quarante pour Paris.

Paria, 11 août.. Arrivé ce soir dix heures du 1 1 à Parh. Je vais de suite chez Nigra. Je l'attends Jusqu'à minuit, en visitant en attendant ifahille, rempli, resplendissant de fillettes plus ou moins jeunes, mais toutes peintes mih> distinction.

Je vois que les nouvelles combinaisons d'alliance s»nt une chimère... L'Empereur ne veut pas faire la guerre. Donc, il est nécessaire d'envoyer à Florence mon télégramme que Barra! m'avait fait suspendre... Ayant Huit raconté à Nigra, la conversation arec Bismarck et sa réponse à ma proposition d'insérer dans le traité de Prague une clause, PROPOSÉE pau novs, ou du moi>s commises avec sots, Nigra dit que c'est encore lu meilleure solution dans l'étal des affaires. Alors nous comhinons un télégramme pour Visconti-Venosia où, après avoir résumé ma conversation arec Bismarck, Nigra ajoute : « Envoyer de suite à Boirai rédaction de Farticle que vous désirez faire insérer

NIKOLSBURG

dans le traité de Prague et Cinstrticeion nécessaire Ce télégramme est expédié vers deux heures et i r après-minuit ^ 11-12 aaîil. Je rédige un rapport } conti'Venosta, que je fais copier à la légation t porte moi-même à Suse dans le wagon de la poste.

12 aoftt... Aujourd'hui 12 aoi^t, en causant ave^ je lui dis que si on rédigeait à Prague un arti conçu, par exemple, dette liquidée comme en 185! Lomhardie, etc., on pourrait accélérer la conclusi paix. Le soir du 12, je pars pour Turin. J'y onze heures du soir du 13.

18-14 août... Je passe le 14 à Turin, oit je Ir petite famille à Chôtel Feder. Ninni a eu les fièvr miiienles.

Le li soir, je pars par le train express de Tui Bologne et Ferrare. Je fais route jusqu'à Plaisa. Louis Marazzani... notre conversation roule sur pagne... comment nous en empêcher.'

15 août... Le matin du 15, j'anire à Ferrari heures. Je prends une voiture pour Rovigo avec . Leci, de Venise. Le train de Padoue me conduit au général du roi vers trois heures de l'après-midi, faire rapport au roi de ma mission. Il me raconti quia eu lieu, les fautes commises dans la conclt l'armistice et la dé/imitation, etc. lime dit que t ne marcJie pas. Que La Marmara avait demano mission, et qu'il allait la lui donner pour mettre <le bonne direction dans les affaire.i...

Après, je vais voir La Marmara à qui je parle mission, etc.

18 août». Anniversaire de la Tchernaia. La St m'inrite avec dix autres camarades de Crimée à <

Pendant la journée, je pense à écrire à Viscontifftrje crains que le télégramme envoyé par ^

31ft LE GENERAL OOVONE

Paris dans la nuit du 1 1 a» 13 Tie soil pas assez explicite. Ptiis on me dit que Depretts, ministre de la Marine, taar river à Padotie, et je pense qu'il vaudra mieux parler avrr lui sur tout cria et faire expédier une nouvelle dépéclu.

En effet, après le dîner du général La Marmara, jt reçois favis que Depretis, à qui je m'étais fait annoncer, m'attend chez le marquis PepoH. Nous entrons dans un boudoir. Je lui raconte toute la dernière conversation gw j'ai eue avec Bismarck et le télégramme que j'ai combiné <i ParisavecNigra. Mais j'ajoute que je crains de n'avoir pas été assez explicite ; Que si l'article que nous faisions iiurrer par la Prusse était bien conçu, cela pourrait abréger les négociations de paix pour nous, en servant déjà de préliminaire ; Que s'il le croyait utile, il faudrait envoyer un télégramme à Florence, en disant explicitement d'envot/er à Barrai Particle tout rédigé, qui dirait : premièrement, que la liquidation de la dette serait faite selon le^ principes de 1859; deuxièmement, que les forteresses feraient remises intactes, et qu'en cas de litige, pour des prétentions d'indemnités, on s'en référerait à une ou dem puissances neutres.

Depretis entre dans ces vues, et il rédige le télégramme conçu à peu près dans ces termes:

•I Au baron Ricasoli. — Général Govone me rapporte «i dernière conversation avec Bûmarck.

« Je crois utile de suivre son conseil et d'envoyer iw- H médiatement par télégraphe au comte de Barrai le texte Il de f article que la Prusse aura à faire insérer dam tin <i traité avec f Autriche :

« La liquidation de la dette de la Vénétie se fera d'après " les règles du traité de Zurich.

» Les forteresses du quadrilatère seront remises inlacla « à l'Italie. Les questions relatives y seront soumisef^ it « l'arbitrage des puissances neutres.

NIKOLSBDRG

Tel est approximativement le texte dit télé J'aurais voulu qu'on fût plus explicite à propos a resies et qu'on eût dit que si « L'AuTHiciie formi DEHAXDES d' INDEMNITÉS, ces demandes seraient so farbitrage des puissances neutres. » .Vais le M mieux aimé une formide plus générale.

17 août» Je rejoins mon état-major à Badia- Les troupes sont disséminées dans les cantonnement occupent depuis hier. Les moucemenls seront ac main.

18, 19, 20, 21 aollt... Je devrais, il me semble, Visconti'Venosta pour lui rapporter la dernière con t/ue j'aie eue à Paris le 12 avec le prince Napoléo le 19 à Badia la minute d'une lettre. Je ne l'exp craignant qu'on ne me soupçonne de vouloir trop lies affaires dÈtal.

26 uftt... Réception à Badia du télégramme qu la nouvelle de la signature à Prague de la paii Prusse et l'A utriche et de f insertion de [article réfère àfltalie.

Cet article est enpar faite concordance avec le tel de Nigra, de Paris le il, et celui de Depretis, de le 16 août. AocuKE co.ndition onëbelse pour la c u vÉflÉTiE, rien que la liquidation des dettes d" règles adoptées à Zurichen 1859.

Cependant, je ne vois pas qu'il y soit question irresses du quadrilatère.

31 aottt^. Les journaux des jours derniers considi f article 6 est un grand bonheur pour l'Italie. Tant

A ri. 2 du tmilé de Prague :

• DaDS le but de mettre à exécution Tarlide G îles préliininai conclu le Ï6 Juillet à Nikolsburg et après que S. M. l'Empcreu: r«ii 8 (ait déclarer oflicielleinent par son ainhassmleur accréditi

318 LE GÉNÉRAL GOVONB

Dans les premiers jours de septembre, les troupes commencèrent leurs mouvements pour rentrer dans leurs gamigons. En Prusse, la nation, désormais consciente de sa force, persévéra avec enthousiasme daoa la voie Ams laquelle un grand ministre l'avait engagée presque par force. L'Italie qui non contente Je seconder les vues de son gouvernement l'avait en réalité poussée en avant: l'Italie qui, avait répondu à la demande de 10.0000 volontaires qu'on désirait voir se joindre à ses 200.000 soldats ea en offrant 70.000, l'Italie, que la victoire avait rendue maîtresse de ses frontières, de ses alliances et de ses destinées, retombait à nouveau dans la monotonie des crises parlementaires et des difficultés linancières.

S. M. le Roi de Prusse « qu'en ce qui coocerae le Gouvernement de l'Empereur, In Vênétie est acquise à l'ItaJie pour lui être remise ft la paii. >

«S. M. l'Empereur d'Autriche adhère aussi, de son cdté. à cette déclanlinn et donne sod consentement t U réunion du royaume Lombardo- Vénitien avec le royaume d'Italie sans autre condition onéreuse que la liquidation des dettes, qui, grevant les parties des pays cédés, seront ri forméinent au procéda suivi dans le traité de Zurich, n

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