Le général Govone était à ce moment à Naples
Home. En route., je pense à la sittialion parlementaire et aia avantages qu'il 1/ aurait à ce que Bertolé-Viale conserve le portefeuille tle la guerre. En tout cas, s'il n'accepte pas, je proposerai à Lan:.a le général Rohilant qui, le cas échéant , pourrait , tant à eauae de ses talents que de safermelé de caractère, prendre les portefeuilles de la guerre et de la Marine.
Xarrive à Florence le dimanche soir à neuf heures...
89 novembre . . . Lanza me raconte qu'étant à la campagne, près de Casai, il a reçu presque sitnultanément la nouvelle de son élection à la présidence de la Chambre et l'ordre quil' appelait à Florence pour y former un cabinet. Il me parla de la visite du général de Sonnaz envoyé par le roi et de la conversation qu'il eut avec Sa Majesté. Il me dit qu'il a exposé au roi la gravité de la situation financière et i/Ltislé .sur la nécessité de re-^laurer les finances à faide dune bonne administration.
Le roi lui ayant demandé si l'Étal courait à la faillite, Lanza lui répondit que : oui. Il lui exposa le déficit de 180 millions du prochain exercice et des exercices suivants, les opérations ruineuses que la dépréciation de noire crédit a imposées au dernier Ministre des Finances, enfin fimpossibilité déporter remède à la situation sans se résoudre à de sérieuses économies qui soulagent le budget el exercent une influence sur l'opinion publique en disposant le pays aux sacrifices nécessaires.
Le roi répondit qu'on Itti avait toujours caché la gravité de la situation, qu'il aimerait mieux abdiquer que faire faillite, et il termina en lui recommandant de former une administration qui fasse le salut du pays.
Lanza me raconta ensuite que le général de Sonnaz était revenu chez lui pour lui dire que le roi, pensant à confier à nouveau à Menahrea la tâche de former un cabinet, le relevait de toute mission, lime fit part de la réponse qu'il avait faite au général de Sonnaz: «qle le noi rëflëchisse
BIEN A LA CBAVE BE8P0>SAB]LITÉ Qu'iL VA PRENDRE. » // UIC
ZU LE GÉNÉRAL aoVONB
raconta enfin gtie de Sonnaz était revenu chez lui une heure plus tard, de la part du rot, pour le charger dêfinitivement de former un cabinet.
LanzanCa encore donné lecture dune lettre qu'il écrivit au roi... J'ai àce moment interrompu Lanza, en le priant de ne pas me faire dfs confidences de nature à me mettre dans l'embarras au moment où j'aurais à lui donner ma réponse. Mais Lanza m^assura qu'il ne songeait nullement àme lier au moyen- de Cexposé qu'il allait me faire, qu'il avait déjà parlé de tout cela avec plusieurs autres personnages, et il me lut la lettre par laquelle il demandait au roi d'éloigner de lui Gualterio, Digny et Menabrea, me fit part des objections faites par le roi et enfin de l'acceptation de cette condition.
Lama m'exposa la nécessité de cette demande, qui, à mon avis, me parut être une faute, parce qu'on offensait ainsi le roi et la droite de la Chambre.
Lanza me dit ensuite qu'il avait offert le Ministre de l'Intérieur à Castagnola, qu'il pensait à Torrigiani et à d'autres pour les autres portefeuilles, que j'étais, moi, uit des premiers auxquels il faisait des ouvertures, et que j'étais tout à fait en tête de la liste qu'il avait dressée torsou'étant encore à la campagne, il avait reçu le premier avis de la mission qu'on voulait lui confier. Il y avait sur cette liste Borgatfa, Visconli-Venosta {il me semble) el dautres noms qui appartenaient pour la plupart au centre de la Chambre. Il conclut en ni offrant le portefeuille de la Guerre, en me faisant un tableau détaillé de la gravité de la situation financière, en insistant sur la nécessité des économies qui étaient la base de son système financier.
Après m' avoir exposé son programme financier, il me dit que, comme tout sonprogramme reposait sur les économies, et comme ces économies devaient frapper surtout le budget de la Guerre, c'était de mon acceptation que dépendait la réussite deses combinaisons ministérielles; que je ne pouvais lui refuser mon concours par cela même que j'étais indiqué par la situation parlementaire , puisque j'avais,dès
tannée précédente^ démontré à la Chambre la nécessité de réaliser des économies sur le budget de la Guerre.
Il ajouta que ce programme et notre Ministère auraient l'appui de Rattazzi avec lequel il avait eu une longue conférence. Rattaziy mettant la main sur son cœur, lui avait dit qu'il le soutiendrait de toutes ses forces^ qu'il disposait de soixante-dix voix, quil avait déjà fait voter pour lui au moment de t élection présidentielle.
Je répondis à Lanza que, s'il y avait un programme que j^aurais été heureux de faire accepter au Parlement, ce programme était sans contredit le sien; mais que depuis longtemps déjà j'avais pris la résolution de ne jamais accepter^ en quelque circonstance que ce soit, le portefeuille de la Guerre,
La politique active me répugnait ; je n^ avais ni le caractère,ni les aptitudes qu'il fallait pour cela; je craignais d'être intimidé par la Chambre et de perdre ainsi toute liberté d'esprit et dépensée, et pour toutes ces raisons, je lui dis que j'étais désolé de ne pouvoir lui prêter mon concours.
J'ajoutai que pour ce qui était des questions techniques et personnelles, j'étais, s'il le croyait utile, tout disposé à parler au général Bertolé et à chercher à le décider de se charger du portefeuille de la Guerre ; que le général Bertolé avait prouvé tan dernier qu'il connaissait toute l'importance de la question financière, enfin qu'il avait sur moi deux avantages : Le premier, c'était d'être beaucoup mieux vu que moi à Pitti^, ce qui avait son importance, surtout après l'insistance avec laquelle lui {Lanza), avait réclamé l'éloignement de Menabrea et des autres. Son second avantage venait des sympathies que Bertolé trouverait pour son administration comme Ministre, dans l'armée^ sympathies qui lui permettraient de faire accepter^ plus facilement que n'importe qui, les réductions désormais indispensables. Enfin, je fis remarquer qu'il avait plus que moi l'habitude des luttes parlementaires,