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s'étaient constamment prononcés contre les résolutions proposées par le Gouvernement.
L'occupation de Rome était désormais un fait inévitable et décidé d'un commun accord. Il ne pouvait y avoir de discussion que sur la fixation du moment. Mais la date même de ce conseil suffit pour faire voir combien il eût été inconvenant de se prononcer pour une marche immédiate vers Rome. Napoléon qui représentait encore la France avait, depuis deux jours, rendu son épée à son vainqueur et Tltalie, en déchirant sous les yeux mèmesde rinfortuné vaincu la convention de septembre, aurait ajouté à Toccupation de Rome, événement qui ne pouvait être que désagréable à la France, Toffense qui consistait à fouler aux pieds toutes les convenances diplomatiques en rejetant comme inutiles les démarches à faire pour tenter d'arriver à un accord avec le Gouvernement en train de se constituer et en renonçant jusqu'à l'envoi d'un préavis ou tout au moins d'une communication amiable. Elle aurait ajouté au fait même, qui ne pouvait qu'être odieux aux yeux de la France, la dureté de la forme, la cruauté d'un inutile affront. Quel grand courage il aurait fallu pour oser défier et offenser la France au lendemain de Sedan ! Si, en sa qualité de ministre italien, le général Govone avait dû s'acquitter d'un devoir douloureux pour lui, s'il avait dû empêcher sa patrie de risquer son avenir J dans une entreprise sans espoir, il avait en revanche souffert de chacune des défaites de l'armée française et il en ressentait l'amertume trop vivement et trop profondément pour pouvoir sourire à la pensée d'une conquête due aux | revers et aux désastres de la nation amie. En d'autres temps ^ il aurait reçu avec joie l'ordre du roi de marcher
1. En octobre 1867, lorsqu'avant Mentana le ConseU des Ministres eut à envisager l'éventualité de la marche des troupes régulières sur Rome, le général Govone avait été désigné pour le commandement du corps expé> ditionnaire, pour le cas où Ton se serait décidé à Toccupation.
Cette circonstance de la vie du général a été affirmée par Thonorable Coppino, membre du Ministère Rattazi, lors d'une cérémonie commémorative célébrée à Alba en Thonneur du général Govone.
sur Rome défendue par une armée étrangère ; maintenant il n'avait plus qu'un désir, celui d'une solution pacifique qui offensât le moins possible la France défaite, vaincue et malheureuse.
Du reste, ce ne devait être qu'après le changement prévu, inévitable, de la forme du gouvernement en France qu'on pouvait être en mesure de se faire une idée saine et exacte de la situation et des conséquences de l'acte qu'on se disposait à accomplira On n'avait pas encore perdu absolument l'espoir (qu'on conserva même pendant la marche du général Cadorna) d'amener le Pape à des résolutions plus douces et plus chrétiennes et, comme il était désormais impossible d'entrer à Rome après de grandes batailles gagnées, il aurait été criminel de ne pas recourir à tous les moyens de nature à rendre inutile l'emploi de la force. Il fallait en tout cas, grâce aux négociations diplomatiques entamées avec le Pape, enlever à l'entreprise tout caractère de surprise ou de coup de main pour lui conserver celui qu'elle devait avoir, le caractère de l'affirmation tranquille et loyale du droit national de l'Italie.
Lorsque le général Govone assista ce jour-là pour la dernière fois au conseil des ministres, sa santé était déjà extrêmement ébranlée. Depuis plusieurs mois l'intensité du travail de bureau l'avait fatigué. Le labeur fébrile des dernières semaines l'avait épuisé; l'amertume de la vie
i. Loin d'être opposé en principe à l'occupation, le Ministre Visconti- Venosta s'était seulement prononcé contre une décision immédiate. Les renseignements qui lui étaient parvenus lui avaient Tait connaître que la chute de l'Empire allait suivre de près la catastrophe de Sedan et il croyait indispensable d'attendre pendant le laps de temps dont il avait besoin pour voir plus clair dans la situation. Ce fut lui qui prit l'initiative de la convocation du Conseil des Ministres dans lequel on se prononça à l'unanimité en Taveur d« l'occupation.
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et des luîtes politiques avaient achevé de lui porter le dernier coup. Ces dernières semaines d'activité incessante, d'insomnie et de doutes avaient été pour lui un véritable supplice et seul, depuis le 3 août, le sentiment du devoir Tavait soutenu. Après le 4 septembre, son supplice dura deux jours encore, puis les forces lui manquèrent.
Le 7 septembre, il présentait sa démission et le 14, Quintino Sella lui écrivait :
« Très cher ami.,. Nos troupes s'avancent dans les provinces romaines sans rencontrer de résistance sérieuse. Nous parlons souvent de toi avec reconnaissance, puisçtte les troupes se sont trouvées prêtes à r heure dite et s€ui^ manquer de rien.
Celui qui ne peut parler et se souvenir de toi saM< éprouver un gratitude indélébile^ c'est moi^ puisque c^est à toi que je dois l'approbation du projet de loi de finances parle Parlement, Moi donc et tout le pays, nous te devons une profonde reconnaissance^ puisque c'est toi qui as démontré la possibilité de faire de sérieuses économies dan\ l'armée sans la désorganiser. Et, du reste, cette reconnais sance nia l'air ctêtre universelle, puisque je vois que iou< les généraux, même ceux des partis extrêmes, parlent dr toi avec sympathie et estime, »
Six jours plus tard, le drapeau italien floUait sur Rome, récompense suprême de tous ceux qui avaient travaillé à la résurrection de Tltalie.