Ersatz-bataillone
APPENDICE 4BT
prouve à quel point le Président du Conseil compte sur I& bienveil' laoce de la France. Cependant, lorsque Je pris congé de lui, il ajc'"- >> Tout cela, bien entendu, si la France le veut, car si elle moi de la mauvaise volonté, on ne pourrait rien faire. " Puis il me U que l'empereur Napoléon avait déjà antérieurement fait savoir si la guerre devait éclater en Allemagne, il fallait que ce fût des motifs susceptibles d'être approuvés en France par l'opi publique. Il avait en mSme temps fait observer que, si cette opi publique n'était pas favorable à la Prusse, il pourrait être cont à s'opposer à la politique prussienne et peut-être même à inten militairement. »
Bsrlin, 6 avril lE
(EipMit irtiltrippon HON C^NËHAL,
" Après le comte de Bismarck, j'ai vu hier M. Benedetti. Au meucement, il y avait chez lui le ministre de Bavière auque cours de la conversation, l'ambassadeur de France exposa plus projets tendant jL l'arrangement des difOcultés actuelles. Lorgq Ministre fut parti, H. Benedetti me dit en souriant : <' Je leur fa projets d'anrangemenis comme vous voyez, mais nous serions bien o pci s'ils nous prenaient au mot. •• Là-dessus, M. Benedetti me dit son avis ce qui vaudrait le mieux pour nous, ce serait de ne signer de traité, et que nous devrions nous contenter de dis( un projet, d'en arrêter les clauses et de ne le signer que lorsqi Prusse aurait achevé sa mobilisation. De cette façon, nous laisseï d'un caté la porte ouverte à un arrangement avec l'Autriche t l'autre nous obligerions la Prusse ù presser ses armements.
fl Mais dans ce cas, lui dis-je, il vaudrait encore bien raieui rien faire du tout, attendre le commencement de la guerre etpre parti en réglant sa conduite sur les événements. U'autre part, guerre éclate en Allemagne, elli' sera de courte durée, une ou i batailles, un mois ou six semaines, et pour pouvoir prendre ■ pari à la guerre, il s'agit d'être prêt à entrer en campagne d début des hostilités, et il faut par suite s'armer eu temps utile, d peut nous arriver de pire, c'est de faire les frais d'une mobilisi inutile, et c'est là ce que nous n'éviterions pas, même en suivant ' conseil, et de plus nous aurions à tenir compte du préjudice que nous serions causé en privantle comte de Bismarck d'un élémen lequel il compte pour pousser le roi à une rupture. Enlln, ajo je, quant à un arrangement avec l'Autriche, c'est là chose qui parait fort improbable. »
M. Benedetti me parla du roi. Il me dit que c'était une es d'illuminé, qui avait gravé au fond de son cœur toutes sorte théories sur le droit divin et qui avait une foi inébranlable dai mission providentielle des rois.
458 LE GÉNÉRAL OOVONE
Da comte de Bismarck, il me dit que c^étaitun diplomate atteint •d'une manie ; que, depuis quinze ans qu'il le connaissait et le suivait, il Tavait toujours tu poursuivre inébranlablement un but inTariable, fixe, auquel il travaille depuis tout ce temps et qui consiste à reléguer TAutriche au rang d'une puissance de deuxième ordre et à assurer la prédominance à la Prusse.
u Je ne sais ce que f histoire réserve à M. de Bismarck, ajoata-tnl, mais sans doute ^ c'est l'homme le plus considérable de V Allemagne. Pour en arriver à ses fins, il travaille depuis trois ans avec une persévérance et une adresse admirables à se rendre indispensable au roi dans la politique intérieure. Il dépasse tous ses désirs dans la lutte avec la Chambtf, il lui trouve l'argent pour la réforme militaire, de telle façon que, si M. de Bismarck devait abandonner le pouvoir, le roi probablement en serait réduit à abdiquer, ce quil n aimerait certainement pas. Une foi^ cette position acquise, M. de Bismarck commença à travailler contre r Autriche en espérant pouvoir entraîner le roi derrière lui. «
M. Benedetti ne doute donc pas de la sincérité du comte de Bis- •marck, de son désir bien arrêté de faire la guerre à TAutriche. Mais réussira-t-il ? M. Benedetti ne le pense pas et croit la paix plus probable que la guerre. La guerre, selon lui, ne deviendrait probable <]ue si les fautes commises dans le camp adverse légitimaient les armements considérables et persistants de la Prusse et si les choses en arrivaient à un point tel de rendre un Olmûtz nécessaire pour les deux partis. La guerre pourrait alors en sortir.
Je ferai remarquer à Votre Excellence que telle est en effet Tespé- •rance, déjà en partie réalisée, du comte de Bismarck.
Ici on continue les armements dans les limites que je vous ai fait connaître, et la note Karolyi n'a rien arrêté.
On a fait ces jours- ci quelques promotions dans l'armée : 1 général de division, 7 de brigade, 24 commandants de régiment, 60 majors et 140 officiers subalternes. 6 commandants de forteresse ont reçu d'autres destinations et on a fait des mutations dans le train et J 'état-major.
J'ai rencontré, il y a une demi-heure, le général de MoUke qui in*a dit que, d'après les dernières nouvelles, la Bavière u*armait pas. Ce serait pour le comte de Bismarck la perte d'une de ses espérances.
Hier, j'ai été invité à un concert à la Cour. Le roi, la reine, le prince royal et les autres princes m'ont comblé d'attentions et d'amabilités. »
Billet au crayon*
Berlin (sans date).
« Hier au soir, conrert à la cour, le roi, la reine et les princes ont ^té d'une grande bienveillance pour moi comme à l'ordinaire,