SUR LE TRAVAIL FORCÉ DANS LA SOCIÉTÉ MODERNE
Par II. Aug*
A vocal -général à la Cour impériale de Caeo.
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Depuis le jour où, par décret du GouverDement provisoire, la liberté sans condition a été donnée aux esclaves noirs de nos colonies , il semble que la question de Tabolition générale de l'esclavage ait subi un temps d'arrêt , et qu'elle soit sortie du domaine des grandes préoccupations publiques. A voir Tindifférence et la distraction inattentive avec laquelle le public accueille aujourd'liui les ouvrages spéciaux ( nous ne parlons pas des romans), qui s'occupent encore de l'avenir de la race nègre , on se demande avec surprise combien d'années nous séparent du temps où la controverse humanitaire s'agitait , avec un bruit de tempête , autour de cette grave question de l'esclavage. Il peut y avoir quelque intérêt à rechercher les causes de ce revirement de l'opinion. Dira-t>on que la France , satisfaite d'avoir accompli pour son propre compte un acte de justice long -temps attendu ,
srR l'esclavagk et le travail forcé. 97
abandonne sans impatience aux autres peuples le soin de résoudre à leur guise , et à l'heure qui leur paraîtra la plus opportune , le problême de la substitution du travail libre au travail servile ? Nous répondrons que cette patiente attitude n'est guère dans le génie et les habitudes de notre nation. La France possède au plus haut degré la faculté expansive , le génie du prosélytisme. Ce qu'elle a accompli ou accepté pour elle-même , révolutions dans la forme politique , théories philosophiques ou religieuses , fantaisies littéraires , erreurs, vérités ou chimères, elle est très-pressée d'en faire part à ses voisins ; à tel point qu'il a fallu créer , pour ce besoin de communication particulier à notre patrie , une appellation spéciale , un mot essentiellement français , le mot propagande. Si donc nous constatons qu'en face de ce grand .problème de l'abolition de l'esclavage , la France a fait abdication de tout esprit de prosélytisme, il nous faut rechercher les causes de cette répudiation de son rôle habituel , et interroger les circonstances politiques qui ont pu modifier sur ce point les tendances de l'esprit
public.
L'émancipation des Noirs fut décrétée par le Gouvernement provisoire , à la date du l\ mars 1868. On était alors aux premiers jours de la nouvelle République; mais si court qu'eût été le délai accordé à l'étude de cette question , la République de février ne pouvait, sans se montrer inconséquente avec les principes d'égalité absolue et de fraternité universelle qu'elle venait de proclamer, retarder d'un seul jour l'émancipation des esclaves ; bien moins encore pou-
CONSmÉRATIOMâ SLR l'ESCLAVAUë
vait-elle l'ajourner jusqu'au uiomeni où les questions acceiMuires, se riillacliautàceUe grande mesure, euss^it été étudiées. Le précédent Gouvernement avait pu, lors- . qu'il était trop vivement pressé par les abolitlonnlstest opposer aux impatients l'utilité d'un sgourDement La République ne le pouvait pas. La préclpitatiOD eo pareille matière était , pour le Gouvernement provU soire . une nécessité politique , une talalité d'origine. On ue peut donc faire un reproche sérieux de celle précipitaliou aux liommes de ù8. Mais le reproche que l'on ne peut Taire aux hommes, on peut le faire aiu choses; on peut mettre celle précipitation au nombre des grieTs généraux dont l'impartiale hbtt^re demandera compte un jour .'i la révolution de 48.
Il semble en elTet que la Itépubliqae de février ait porté malheur , même aux bonnes choses qu'elle a faites. Quinze jours plus tai, une loi édiclant la destruc* , lion de l'esclavage eflt été saluée d'enthousiastes acclamations, e1 fût entrée tout de suite dans le courant des idées populaires et prépondérantes. Le U mars , la loi d'émancipation trouvait l'opinion publique agitée de soucis bien autrement graves que celui que pouvait inspirer le sort de quelques milliers de Nègres. Il était bien question de cela vraiment alors que l'incertilude poignante du lendemain troublait les âmes les mleai trempées , el que le problème d'être ou n'être pas constituait â lui seul toute la vie publique. Il y a pins. & cOté de tous les périls que contenait un avenir inconnu , l'émaDcipalion des Nègres ne se détachait <tn càérc. noir des préoccupations contemporaines , que comme une menace . que comme un péril de plus.
Dose demaDdait si la liberté ainsi donnée, sans préparation 9 sans apprentissage préalable , à des hommes aussi étrangers à toute idée de devoir et de responsa^ bilité morale, que les malheureux ilotes noirs de nos colonies , n'amènerait pas quelque catastrophe semblable à celle de St.-Domingue. Par bonheur, l'événement ne devait pas justifier ces sinistres appréhensions.
Mais encore bien que Témancipation des Noirs se soit accomplie dans nos colonies sans conflit sérieux , et sans grande effusion de sang , Tardente sympathie qui s'attachait autrefois au mouvement abolitionniste ne s'est pas réveillée, la réaction politique qui suivit la révolution de février ayant complètement changé le courant général des idées — Malheureusement pour la cause des Nègres, le Gouvernement provisoire avait essayé de donner à cette cause une couleur politique, et de s'approprier, au profit de l'établissement républicain, la popularité qui s'était toujours associée aux efforts de la philanthropie négrophilc. Nous touchons cette fois à un reproche sérieux ; car , en-dehors de tout esprit de parti, on ne peut que qualifier très-sévèrement la mesure qui, en rendant la liberté aux Nègres, leur octroyait en même temps des droits politiques. Transformer les esclaves noirs en hommes libres était un acte de stricte justice ; les transformer en électeurs était un acte coupable ou insensé. Confier à de malheureux affranchis > arrachés d'hier à l'abrutissement de la vie servile , ne connaissant d'autre sentiment moral que la rancune d'une longue oppression; leur confier, disons-nous, une arme aussi redoutable que le suffrage universel , en présence de la
lOO CONSIDÉRATIONS .-i:il L'ESCLAVAGE
disproportiou numérique qui existait entre les deux races , c'était exposer la population blanche au pillage et à regorgement. Si nos colonies ont échappé au sort de la métropole des Antilles, elles doivent leur salut à leur insignifiance territoriale. A la Guadeloupe , la plus considérable de nos trois colonies, la population nègre n'atteignait pas cent mille âmes. Cd n'était pas assez pour tenter un essai de république noire , ou même un commencement d'agrégation politique. 11 a suflB de Ténergie de quelques hommes de cœur pour intimider ces enfants mutins.
Il est donc assez facile de retrouver , en rcmontaot le cours des faits et des idées, l'origine de rindifTérence avec laquelle la génération actuelle assiste h la discussion du problême de l'esclavage.
L'abstention de la i^rance a été pour la cause des Nègres un événement funeste. I.a grande controverse abolitionniste a cessé d'avoir pour théâtre la vieille liurope; elle a été portée au-delà de l'Atlantique; et c'est aujourd'hui la jeune nation américaine , si impétueuse dans ses instincts, si ardente au culte de l'utile et du profitable, qui discute seule Tutilité ou l'inutilité du travail servile. Nous disons l'utilité du travail servile; car c'est un fait digne de remarque, qu'en abordant en Amérique, la question a été modifiée quant à la formule sous laquelle elle était traitée en Europe. Ce résultat peut encore s'expliquer. Ku Amérique , le grand intérêt social , l'intérêt qui domine toutes les autres questions, c'est la colonisation II s'agit de défricher, de cultiver et de peupler un continent quatre fois grand comme l'Europe, et d'accomplir cette œuvre
immense avant la fin du siècle actuel. En face d*un pareil but , le problème américain consiste à tirer de chaque homme, libre ou non libre, la plus grande somme de travail possible. Aller vite , aller de Tavant, tel est le cri de guerre de ces conquérants de l'espace et de rétendue. Périssent, s'il le faut, les timides et les prudents ! le char de la civilisation , nouvelle idole de .Taggernaut, doit sans ralentir sa course, broyer sous ses roues ces membres inutiles.
Il était facile de prévoir ce que pourrait devenir , livrée à une nation aussi réaliste , la question de l'esclavage. Du domaine des spéculations philosophiques et de la morale religieuse, elle est descendue dans les régions relativement inférieures de l'économie politique. On ne dit pas en Amérique , ou au moins on ne dit guère : l'esclavage est-il un fait que réprouve la juslice? Est- il l'exercice d'un droit légitime, ou n'est-il que l'abus de la force? On dit : le travail servile est-il un élément indispensable de colonisation? Peut-il ou ne peut-il pas être avantageusement remplacé par le travail libre ? L'activité humaine, comme toutes les autres manifestations de la nature organique, n'a-t-elle pas ses zones et ses latitudes? Et si, par-delà les Tropiques, le travail corporel est interdit aux races blanches par la loi de leur constitution physique, la terre, œuvre de Dieu , doit-elle, pour cela , rester stérile et improductive? N'est-il pas, au contraire, conforme aux volontés divines, d'employer à la mise en culture de ces magnifiques contrées, paradis terrestre des générations futures, les races robustes et inépuisables que la Providence a enfermées et tenues comme en réserve,
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pour cette grande œuvre, dans la péninsule africaine? La contrainte employée pour rendre c*! l'activité ces races Indolentes est-elle autre chose que la réalisation de la loi biblique 9 qui condamne au travail tout bomme venant en ce monde ? El d'ailleurs, que l'homme soit libre ou qu'il soit esclave, le travail n'a-t-il pas toujours le cachet fatal d'une condamnation infligée? Et au milieu de la vieille Europe , la misère ne joue-t-elle pas, à rencontre de la portion Inférieure de l'humanité, le même rôle que la servitude?
Telles sont les formes habituelles que revêt, dans la presse américaine des États du Sud , la question de l'esclavage. Aux hommes ardents et inquiets qui habitent les chaudes contrées que baigne le golfe du Mexique , les lenteurs de la méditation philosophique ne conviennent pas : pour eux le droit n'est pas autre chose que Futilité du fait. Mais comme 1 homme , même dans le paroxysme de son égolsme et de sa cupidité , ne peut échapper h sa propre conscience , et qu'il a besoin de se voiler à lui-même son iniquité, on fait intervenir la Providence dans le débat. Ce genre de blasphème n'est pas nouveau. On le trouve mêlé à tous les grands crimes sociaux. En France, pour sanctifier réchafaud révolutionnaire , on a créé un sansculotte Jésus-Christ En Amérique , pour justifier l'esclavage, on a fait du Dieu de la Genèse un Dieu antiabolitionniste : tant il est vrai que l'homme, toutes les fois qu'il a besoin de donner à ses passions ou à ses fureurs une sorte de sanction divine , sait bien tirer Dieu du sanctuaire, l'interroger, lui dicter ses réponses, et faire du Saint des Saints son complice.
iMalgré dix-huit siècles de christianisme^ l'huiuaDJté est encore idolâtre, et justifie ce mol d'un écrivain célèbre, que si, à l'origine des choses , Dieu a fait l'homme h son image, l'homme depuis ce temps le lui a bien rendu.
Ce qu'il y a de plus fâcheux dans ce mouvement des esprits en Amérique , c'est que l'esclavage y est soutenu par le parti qui se dit le plus avancé , le parti démocratique. Les abolitionnistes appartiennent en grande majorité au parti républicain , qui est au-delà de rx\tlantique le parti conservateur. En France, nous confondons ces deux appellations : parti républicain , parti démocratique. En Amérique, les deux mots sont loin d'être synonymes , et les deux partis représentent deux tendances diverses et fort opposées. L'école républicaine, s'inspirant des grandes traditions de lYashington et de Franklin , admet qu'il existe au-dessus de la loi, manifestation écrite de la volonté du peuple, des priBcipes antérieurs et supérieurs, des règles morales qu'il n'est pas permis d'enfreindre. En face de ces notions transcendantes de la justice et du droit , l'esclavage n'existe qu'à l'état de crime. Les .décrets, les législations, la volonté des hommes, n'en sauraient changer le caractère. L'esclavage , apporté sur le sol de la libre Amérique par les premiers colons espagnols, a pu être toléré à l'état de fait accidentel et transitoire; mais l'Amérique n'entrera réellement dans la famille des nations chrétiennes , que lorsqu'elle aura extirpé ce fléau et qu'elle se sera lavée de celte souillure. Telle est la pensée du parti républicain , quant à l'esclavage. Celte opinion a été magniûquement exposée
iOÛ CONSIDÉRATIONS SUR L'ESCLAVAGK
dans le célèbre roman de M"*. Beecker Slowe : La Case de ronde Tom.
Le parli démocratique procède tout autrement II De reconnati d'autre principe politique que cette seule formule: La volonté populaire constitue le droit. Ce parti reprend , sans bien s'en rendre compte • la tradition des turbulentos républiques de Tancienne Grèce et de la cité romaine, telle qu'elle existait avant les guerres puniques. Lespublicistesdc cette école,prenant à la lettre le trop fameux et très-dangereux axiome : Voxpopuli, vox Dei, attribuent aux manifestations de la volonté populaire une sorte d'inspiration divine. Pour eux le progrès ne réside pas dans la longue éducation de la raison humaine, se complétant et se perfectionnant d'âge en Age. Le progrès pour eux , c'est toujours l'inspiration d'aujourd'hui» la volonté nouvelle qu'exprime le peuple. Peu importe qu'elle contredise celle d'hier, et que la souveraineté populaire se donne à elle-même les plus capricieux démentis ! Le progrès, c'est révolution sans Un, l'expansion toujours jeune et toujours féconde de la pensée collective. Et remarquons que , dans Tétat démagogique , chaque fraction du peuple s'attribue le nom de peuple . et s'arroge , à l'exclusion de tous les membres de la famille populaire, l'exercice absolu de la souveraineté. Ainsi, dans les États du Sud . la majorité de la population blanche, étant d'avis do maintenir Tesclavage , ne tient aucun compte de l'opinion contraire exprimée par les États du Nord. Le peuple a parlé, la volonté populaire s'est manifestée : l'opinion contraire doit se taire , sons peine de devenir séditieuse; l'esclavage subsistera
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donc; ct^pour vaincre la résistance hypocrite des puritains du Nord y on annexera Cuba, on annexera le Mexique. L'Union américaine comptera ainsi dans le congrès central deux États à esclaves de plus , et malheur à la vieille Europe, si elle prétend s'opposer aux volontés de la grande nation américaine !
Tel est le langage journalier des publicistes de la Nouvelle-Orléans. Ce ne sont pas là de vaines et ridicules rodomontades; ou plutôt, en faisant la part des rodomontades , il faut aussi dégager ce qu'elles contiennent de périls sérieux. Ce qui n'est que trop évident, c'est que la cause de l'émancipation a perdu depuis trois ans beaucoup de terrain. Toute illusion sur ce point conduirait à de navrantes déceptions. Les États à esclaves ont conquis , sur les États libres , une prépondérance marquée : supériorité numérique, accroissement de population, richesse territoriale, ils ont tous les éléments qui conduisent à la domination politique. Ajoutez-y l'audace indomptable , l'activité sans repos ni trêve 9 l'esprit d'aventure^ la furie française transportée des régions chevaleresques du grand et du beau 9 dans les domaines de l'utile et du confortable , et vous aurez une idée de la puissance de cette fraction du peuple américain , et de la grandeur de la lutte qu'il faudra engager un jour avec cette race énergique du Sud-Ouest, qui a pris à cœur de maintenir l'esclavage, et non-seulement de le maintenir , mais de lui reconquérir une place d'honneur parmi les institutions sociales.
Car leur prétention n'est pas moindre : ils veulent arriver à la réhabilitation de l'institution domestique
I<^6 COy^n>ÊM%JV>^y fCH L'iSCLiTAGE
' tel est le mom nooreia q« & oof dosné à resclarage); ec c'est uae pri^ore «rbobtlece «le levr part, qae (TaTOir ûBsi tniKsforDé et coorert if ai déieiu&emeiH séduisant la cbose hideoy* qnWs weal^vt liefendre. Le nom méoie de resclioze était noiera et abhorré. Il rappelle les tortures corpor^Ue». les o>jp< de fooet. les cachols, rabmttsseroeDt d'une race toot entière courbée sons le bàtoiL Parlez-nous de rin^tiiotion domesllqne. Ces mots-lâ oéreilleoi que des idées riantes, les soovenirs da foyer, l'oreanisation patriarcale. Tâge d*Or renda am pauvres bumiiits. Aussi . ajonlent les jonrnalbtes Louisianais . ou rencootre-t-on quelques détracteurs de rinstîiutîon domestique , de cette admirable inslitutioo qui doit un jour faire de l'Amérique une nouvelle terre promise? Dans cette Europe décrépite qui ne sait plus que se déchirer de ses propres malus; au milieu de ces nations putréûéesqui s'appellent l'Angleterre et la France. Avant de venir prêcher chez nous rabolition de l'esclavage , et l'égalité des races noire et blanche , qu'elles essaient d'abord d'eitirper de leur sein la corruption profonde, la haine sauvage de classe à classe, Fathéisme. la consomption morale qui les rongent, et nous les écouterons ensuite.
La France, malgré sou abstention présente* est , plus souvent encore que T Angleterre , prise à partie par les écrivains qui se sont mis à la solde de TinsUtution domestique. On ne lui pardonne pas la mesure , si malencontreuse qu'elle ait été , qui avait appelé à la vie politique les esclaves alTranchis. On prévoit en outre , par une sorte d'intuition de l'avenir, que cette
apathie de l'esprit public n'aura qu'un temps, et que, dans quelques années y la France s'éveillant de son sommeil, poussera la première encore le cri de guerre d'une nouvelle croisade contre l'esclavage. Nous espérons, pour riionneur de notre pays^ que cette prévision se réalisera , et nous acceptons pour lui , comme un titre de gloire , les invectives et les malédictions que lui vaut , de la part de l'école démocratique Louisianaise, cette vision prophétique de l'avenir.
11 n'entre pas dans notre plan de discuter à fond, et de réfuter les arguments présentés au soutien de l'Institution domestique. Ces arguments ne sont que la déduction plus ou moins subite d'un principe que nous contestons, à savoir: que l'esclavage a ses origines dans le droit naturel , qu'il dérive d'une nécessité providentielle , parce qu'il est le seul moyen d'arriver à la mise en culture de toutes les parties de la terre habitable. Cet argument n'est pas autre, sous une forme rajeunie, que celui que l'antiquité païenne avait imaginé pour légitimer la servitude. Avant l'apparition du christianisme, certaines écoles philosophiques admettaient que l'esclavage était une institution de droit naturel Ainsi Platon, bien qu'il songe à le supprimer dans sa République , qui est une utopie y le maintient dans ses Lois. Xénophon trouve parfaitement juste que les Grecs réduisent en esclavage d'autres Grecs, leurs ennemis. Aristote enfin discute magistralement la question ^ et résume ainsi la pensée de l'antiquité païenne : • Quelles sont, dit- il, les parties « primitives , indécomposables de la famille ? C'est le t maître et c'est l'esclave. D'où il suit qu'une de ces