SUR M. CHAUVIN
au-debors, couvrant le champ da microscope d'un uoage de vésicules hyalines qui s'agitaient en tous sens, se jouaient entr*elles avec grâce, et nageaient avec une vivacité extrême dans la gouttelette d*eau qui leurservait de véhicule. Tous ces mouvements étaient spontanés , quoiqu'on ne pût ni apercevoir ni soupçonner aucun organe ni aucune trace d'organisation. Comment expliquer ce fait? L'animalité existait-elle réellement dans certains végétaux ? et ceux-ci jouissaient- ib d'une double vie qui lés rattachait k deux règnes regardés comme si distincts l'un de l'autre ?
Chauvin constata soigneusement tout ce qui s'était passé sons ses yeux. Il en fit le sujet d'une notice , iaprimée dans les Mémoires de la Société Linnéenne , pour prendre acte , mais sans oser tirer de conclusion , faute d'une expérience suffisante. Il ne lui avait manqué qu'un bon microscope pour arriver à la découverte de la vérité. Il avait aperçu , en eifet , le changement opéré, au l>out de quelques jours, dans les corpuscules hyalins sortis du tube de la conferve. Après avoir quadruplé de volume « ils s'étaient allongés en forme de queue, légèrement sinueuse, qui leur donnait l'aspect de ces larmes dont on sème les ornements morlnaires. Cet appendice était le commencement de la végétation , qui s'opérait dans ces corpuscules y et devait produire de nouvelles plantes semblables à celles dont ils étaient sortis (1).
(1) Les loosporf s drs Algues ont donné lieu à de savantes redienJus dont le résaltat ne permet plus aucun doute sur leur nature Tégélale. M. G. Thoret s'exprime ainsi à leur sujt t dans son admi-
La Flore française de De Candolle n'élant plus sofflsante pour Tétude de la cryplogamie : M. Duby
rablc mémoire auquel TAcadémie des sciences a décerné le grandprix des sciences naturelles pour iSkl :
« Ou donne le nom de zoospores aux corps reprodacteurs de certaines Alg^ues qui, à un moment donné, s*écliappeiit de Hntérieurde la plante et se répandent dans le liqnide ambiaiit oà ils s*agitent avec vivacité au moyen de dis vibratil«s. Ib offrent, à cet état, beaucoup de ressemblance avec les animalcules infosoires; mais ils en diffèrent essentiellement en ce qu*ils sont susceptibles de germer, c*est-à-dire de se développer en un fiisa semblable à celui de la plante-mère.
• Dans la section des Chlorosporeœ , les loospores sont généralement très-pelits (d*une longueur d*un h deux ccatièi» de millimètre environ ) , de forme ovoïde ou turbinée. La aMtière verte (cbroroule ou chlorophylle) occupe la moitié oo les deux tiers du corpuscule ; Textrémité antérieure, que Ton désigne sous le nom de rostre, est incolore, atténuée en pointe, et porte le plus souvent deux ou quatre cils, dont la longoeor dépaaae un peu celle du xoospore. Vers la naissance du rostre, on leBiaique fréquemment un point rongefttre, qui subsiste eueore quelque temps après que la germination a commencé. Les Bonteausts de ces xoospores sont très-vifs ; ils présentent presque toujours le rostre en avant ; quelquefois ils reviennent subitement eu arrière ; souvent aussi on les voit pirouetter sur leur grand axe, ptrticulièreraent lorsqu*ils se disposent à s*arréter. Si le vase qui les contient est placé dans le voisinage d*une fenêtre , ils persbMol ordinairement se diriger du côté d*où vient la lumière. TMIefaiioe phénomène offre de fréquentes exceptions. Après avoir eootînué leur mouvement pendant plusieurs heures, quelquefois méaDe pendant plusieurs jours, la plupart des xoospores se fiïÉBt par le rostre à la paroi du vase; leur corps s^arrondit; les cib, décomposés ou détachés, disparaissent.. Puisilseforme,engéaèrml,à le. place du rostre, un petit épatement qui sert à fixer soUdenent le
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trandllait au second volume du Botanicon galUcum, et faisait appel' à toutes les notabilités scientifiques pour obtenir les renseignements dont il avait besoin. Nulle province ne lui en fournit de plus grands et de plus prédeux que la Normandie. Échantillons , documents, observations, tout lui Ijat prodigué sans réserve. Il n'en profita pas toujours autant qu'il aurait pu le faire. Il eût dû surtout apporter une plus grande attention aux conseils que lui avait donnés Cliauvin , relativement à la famUle des Algues. Dans un mémoire que ce dernier lut à la Société Unnéenne , il signala romission de 35 espèces et plusieurs rectifications à faire , tant dans la nomenclature adoptée par le savant botaniste de Genève, que dans sa synonymie.
Son mérite, toujours croissant, le fit nommer président de la Société Linnéenne de Normandie , dénomination substituée avec raison à celle, trop restreinte « de Société Limiéenne du Calvados, Malgré sa résistance et ses efforts pour refuser cet tionneur , il fallut céder aux vœux de ses confrères qui n'eurent qu'à s'applaudir de leur choix.
n dut aussi accepter la proposition , que lui fit M. Eudes-Deslongchamps, de le remplacer pour le cours élémentaire d'histoire naturelle dont il était chaiigé au Lycée de Caen. Ce début dans la carrière de l'ense^nement fit le plus grand honneur h Chauvin. 11
« loo^pore, à Taide d*uiie sécrétion mucilagineuse, sur le point où il
• t'ert Implanté. En même temps, Textrémilé opposée grossit et s*al-
• longe. SonTenl ce déTeloppement est si rapide, qu'il suffît de quel-
• quet jours pour obserrer les premiers commencements d*une jeune « fronde semblable à celle de la plante-mère. *
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réunissait au sapréme degré la clarté, Tordre, et une élégance d'élocution qui le faisait écouter avec un vif plaisir. Aussi devint-il cher à ses nombreux élèves, qui n'ont oublié ni le maître , ni sies intéressantes leçons^
Une cinquième livraison dès Algues de la Normandie avait été accueillie encore plus favorablement que les précédentes. Les botanistes éprouvaient un véritable engouement pour les Hydrophytes ; mais comment ij prendre pour réussir à les préparer aussi bien ? Chauvin voulut leur enseigner les préceptes après leur avoir donné l'exemple. Il rédigea , dans ce but, une notice, ayant pour titre : Des collections d^ Hydrophytes et de leur préparation. Elle fut lue h la séance de la Sodëlé Linnéenne , tenue à Falaise le 5 juin 183/^, et fmpri^ mée dans le compte-rendu de cette séance. Aucun détail n'a été oublié , tant pour la recherche q(ié]^oJr^ la conservation et la préparation des Algues. C^(èrt '^n Vade-mectim^ indispensable à tous ceux qui VfM&CTl' entreprendre des collections de ces ratissantes ptiÉ^tes: ' les savants même auxquels elles sont le plus famiUèrëi* ^ la reliront toujours avec intérêt et profit. H sentît ',V désirer qu'elle figurât parmi les manuels devinés a ' l'histoire naturelle . car elle rendrait d'immenses services aux botanistes voyageurs qui pourraient, 9aiis perte de temps , rapporter en excellent état une fbiilè' d'Hydrophytes dont, trop souvent , ils ne réossisééntX sauver que des débris mutilés, pourris et méconnais-^ '
sables.
Deux notes de Chauvin furent encore lues aux séances tenues par la Société Linnéenne à Bayeux (1),
(1) Le A juin 4835.