SL'R M. CHAUVIN
et à Vire (i). Il écrivit pour cette dernière celle intitulée : Sur les Algues utiles , qui est pleine de deuils curieux et de considérations d'une haute portée. U lui présenta en même temps les 6*. et 7*. fascicules des Algues de la Normandie. Les membres de T Assemblée les admirèrent à l'envl. On se réjoui^3ait d'entendre l'auteur assurer que , les matériaux de sa publicaiim algologique étani presque catnplètement rassemblés^ elle serait achevée d'ici à deux ans. Hélas I ce devaient être les derniers, quoique deux autres fussent préparés. Mais diverses circonstances lui firent ajourner le moment de leur publication. Puis la pensée qu'il était toqjoars maître de terminer son ouvrage quand il le Tondrait, et qu*il profiterait des découvertes que cbaqoe Jour voyait éclore , fut à ses yeux un puissant motif de ne pas se presser. Le temps a fait un pas..... le travail Interrompu ne sera point aciievé ! D'autres collections algologiques ont paru ; mais , quel que soit leur mérite» elles ne feront jamais oublier celle qui fraya le chemin et qui sera toujours le plus beau modèle à suivre.
Lne chaire spéciale de botanique et de géologie ayant été créée à la Faculté des sciences de Caen, vers la fin de 1838 , Chauvin fut appelé à la remplir. II n'avait pourtant pas obtenu de l'Université les grades nécessaires pour occuper cette place. 11 lui fallait le titre de docteur , et il nïîtait même pas licencié essciences. Régulariser sa position était pour lui de la pins grande urgence. Tout en instruisant les autres ,
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il devait donc acquérir les coDuaissances qui lui manquaient encore. Gette tâche difficile fut accomplie sans que ses élèves eussent k en so.uffrir. Il sut faire marcher de front tous ses devoirs , et , si ses forces physiques furent souvent ébranlées par une fatigue sans relâche » son énergie morale ne manqua jamais de les soutenir. 11 déploya , dans les divers cours dont il était chargé , un talent qui prétait encore un nouveau charme aui sciences qu'il professait. Après avoir donné , au Lycée, des leçons en rapport avec Tâge et le degré d'instruction de ses auditeurs ^ sa 'Yoix prenait sans peine des accents plus élevés , pour initier aux grands mystères de la nature une nombreuse jeunesse avide de les connaître.
Ayant subi à Paris, en 1841 , les épreuves pour la licence , il s'occupa de sa thèse. Comme il pouvait en choisir le sujet , sa pensée se porta patureliement vers ses chères Hydrophytes, et il profita de cette oocastcm pour mettre au jour les résultats less plus importants de ses observations.
Sa thèse a pour titre : Recherches sur l'arganisaiion, la fructification et la classification de pUmeurâ genres (t Algues , avec la description de quelques espèces inédùes et peu connues. — Essai d^une répartition des Polypiers caUifires de Lamouroux dans la classe des Algues.
Cette œuvre , vraiment magistrale , commence pur une introduction dans laquelle , après avoir exposé les difficultés des études algologiques et signalé leur importance > Chauvin indique les efforts qui ont été tentés pour arriver à des classifications. 11 examine celle établie par M. Decaisne , qui lui parait plus ra-
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UonDeilc qa*aocanc autre; il en présente les avantages et les difDcultés d'application , discute quelques-unes des bases sur lesquelles elle s'appuie, qui ne lui paraissent pas bien fondées , et aborde la grande question de la fmctiOcation des Hydrophytes dont une partie est, à son avis, pourvue d'un double mode de reproduction. L'étude de l'organisation générale et Tanalyse des fruits le conduisent à reciierclier la place systéoiatique qui convient le mieux aux Algues, faisant le sujet des dissertations suivantes.
Celles-d sont au nombre de six. Dans la première, il traite de l'organisation et de la réformation du genre Bmtgia , dont il indique les véritables caractères qui doivent faire exclure plusieurs espèces admises par Lyngbye et d'antres auteurs. Il décrit celles qui doivent être conservées; parmi elles, se trouve une espèce inédite • trouvée par Chauvin lui-même sur les côtes d'Arromanches (Calvados).
La seconde dissertation a pour objet la révision du genre Mesogloia , qui se composait des plantes les plus hétérogènes. Après en avoir fixé les caractères et énuméré les espèces qui lui appartiennent véritablement (auxquelles il pense que l'on devrait réunir le genre Ljefrmoititûi, J. Agardh, dont il fait une juste critique ), il démembre les autres en plusieurs groupes qu'il passe successivement en revue. Les caractères des genres CrûÊÊtana et Dudreênaya lui paraissent parfaitement valides. D'antres Mesogloia doivent entrer dans le genre Semaiian , dont il établit la composition provisoire. A ce sujet , il fait l'histoire et la description du 3/e5ogloia purpurea , Harv. , qui a pour nous un intérêt
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particulier en ce que Lamouroux lui avait donné le nom de Dumantia Calvadosii. C'est un vrai Nemalion que Chauvin appelle purjnireunL
La troisième dissertation roule sur YArtkroeiadia villosa , Duby ( Sporochnus villosus , C Ag. ; Camferva villosa , Huds. ). L'auteur en fait , avec le plus grand soin , Tanaljse organique. Il faut, selon lui, que VArthrocladia devienne le type d'une nouvelle famille , pour laquelle il propose le nom û'Anhrocladiées , et qui devrait prendre place entre les Sporochnoidées et les Dictyotées. Il donne ta diagnostique de l'ordre des Arihracladiées.
La quatrième dissertation est consacrée à des recherches historiques , analytiques et taxonomiques sur VEctocarpus Meriensh\ Ag. (Conferva Merten$ii»EiHg. Bol. ). On a rarement occasion d'étudier cette aigne à cause de sa rareté (1). C. Agardh en avait fait on Sphacclaria dans son Systema Algamm ; mais, dans son Species , il Ta intercalée parmi les espèces do genre Eciocarpm. Cette transposition* résultat d'une sagadté instinctive, puisqu'elle n'était motivée que sar la couleur , doit être maintenue d'après l'étude approfondie que Chauvin a faite de cette plante. Il en donne une description très-détaillée ; compare son organisation avec celle des espèces du genre SphaeeUuria , et se livre «'i une analyse minutieuse de l'appareil reproducteur des Ectocarpus et de celui-ci en partlcn-
(1) Depuis Pépoque où Cbau?in écrivit sa tlièse , elle a été trouvée plusieurs fois assez abondamment , sur les o6les de Clier^ bourg, par MM. Thuret, Le Jolis et Lebel.