‹ Mémoires. 2Chapitre 52 sur 99 · DE M DC PEG6BAY · texte numérisé non relu

DE M DC PEG6BAY

ville (1). Od la peut voir surtout dans le volume intitulé : Recherches , propositions et considérations sur les nivellements et les fontaines publiques à exéaaer et à établir dans la ville de Caen, 18&9-1850, iu-S^, et dans les quelques pages sur une rue de la même ville, la Rue de la Boucherie (2). L'homme pratique n'y parait presque Jamais ; mais, en revanche, que de faits, que de matériaux , que d'anecdotes , impossibles à trouver ailleurs, n'y rencontre-t-on pas? Le bon, le dévoué citoyen s'y montre sans cesse , et l'auteur s'y applique ci bon droit ces paroles de Jacques Le Ueur , sous le patronage duquel il met son livre : t Et sy • lescript et les cours ne sont mys et drechez en tel « ordre que l'afTaire le requéroit, bien ce néanmoins

(1) Chemin de fer de Paris à Cherbourg , ligne d'Atençon , déterminé par le projet de canalisation de VOrne supérieure, Caen , Lecrène , i8&5 , in-8%

Chemin de fer de Paris à Cherbourg, par Chartres, Alençon , Falaise, Caen , Bayeux ; Réfutation des discours prononcés dans les séances des 2 et Z mai dernier ( à la CUambre des députés ) , par MM. Passy, de Vatîmesoil et Thiers, faite au Conseil d'arrondissement de Caen , par un de ses membres , h aoQt 1851 , in-8".

Chemin de fer de Paris à Cherbourg ; de la station de Caen , par M. du Feugray, ancien préfet Caen, Delos, 1858 , in-S''.

Chemin de fer de Paris à Cherbourg ; de la station de Caen , par M. du Feugray» ancien préfet, etc. Caen, Delos, 20 mars 1854, io-8*.

Chemin de fer de Paris à Cherbourg; Un dernier mol sur te placement de la station de Caen , 30 mai 1854, in-8°.

(2) De la rue de la Boucherie à Voccasion de la demande d'élargissement formée depuis plusieurs années par quelques-uns de ses propriétaires et habitants , par M. du Feugray , ancien membre du Conseil Municipal et du Conseil d'Arrondissement. Caen, Delo8,1853.

« ce pourra proaffite à la pollice (ordre public de la « vHle) de avoir mys en aucune lumière et congnois- « sance ce qui a esté faict de mon temps rédigé en « quelque ordre pour estre perpétuel en stimullant et « incitant toux bons zélateurs du bien publique de « impartir par emulacion leur entendement, paine et « labeur a augmenter, reformer les choses de bien en « mieulx... >

Outre les divers écrits que nous venons de signaler , M. du Feugray donna, en 1852 , une Généalogie de la famille de Picquot de Magny ( 1 ). Caen , Buhour , in-8^ Elle possède la qualité qui fait le mérite unique de ces sortes d'études, la conscience; mais elle se distingue aussi par une préface qui , sous une forme concise, résume fort bien Tintérét que, malgré nos révolutions. Ton peut encore porter à la science du blason et à Thistoire de la noblesse.

M. du Feugray était membre des Académies de Caen, de Nancy , de Toulon , d'Évreux , de la Société d'agriculture et de commerce de Caen , de la Société des Antiquaires de Normandie et de l'Association normande. 11 fut en correspondance avec la plupart des hommes distingués de son temps, les amiraux Jacob , Mackau, de Rigny, Dumont-d'Urville, le savant Buchon, ruiustre Châteaubriant , l'académicien Roger , le maréchal Bourmont, le général Gérard, MM. Berryer, de Montbel , d' Haussez , de Pastoret , Nibelle , de Damas, etc. Il reçut même des lettres de la famille à laquelle il avait voué tout son attachement, toute sa vie.

(1) M"*, du Fcugray appartient à cette famille par sa naissance.

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En 1833. M. du Feugray avait épousé une jeune personne d'une des familles les plus considérées de Caen, et on pourrait dire que cette union fut heureuse en tout point 9 si Ton avait seulement égard aux sympaliiies de cœur et de caractère qui unissaient les deux époux; mais leur bonheur fut troublé par d'affreuses vicissitudes : ils perdirent successivement les deux enfants que le ciel leur avait donnés , l'un à l'âge de trois ans, l'autre déjà parvenu h l'âge de quatorze ans, et comme si ces épreuves n'étaient pas suffisantes , une banqueroute leur enleva, en 18i!i8, plus de la moitié de leur modeste fortune. M. du Feugray supporta avec toute la résignation du chrétien les malheurs qui ne cessaient de fondre sur lui ; ses rapports avec ses amis furent les mômes ; il montra toujours la même aménité , la môme bienveillance , le môme dévouement ; mais on vit sa santé s'affaiblir d'une manière sensible, et Ton prévoyait sa fin prochaine, lorsqu'il fut emporté par une attaque d'apoplexie le 18 mars 1855.

La mort de M. du Feugray fut considérée comme un malheur public : fidèle ù ses principes, zélé citoyen^ affable , bienveillant par-dessus toute cliose ; malgré les pertes qu'il avait subies, il était devenu le bienfaiteur du pauvre quartier de Vaucelles qu'il habitait* Sa charité était inépuisable. Il aimait ses voisins comme ses enfants , et ce qu'il appelait son voisinage était un Immense faubourg; il les aidait dans leurs embarras, les conseillait , les dirigeait dans leurs affaires , leur procurait du travail; et, lorsque leurs besoins lui semblaient trop pressants^ il leur ouvrait encore sa bourse

iO/l BIOGRAPHIE DE M. DU FEUGRAY.

qu'il trouvait le moyen de remplir pour eux aux dépens de son bien-être (1).

Les obsèques de M. du Feugray donnèrent la mesure de Testime et de TaiTection qu'il avait inspirées à ses concitoyens. Une foule immense dans laquelle se confondaient toutes les classes , toutes les opinions, assistait 2i cette douloureuse cérémonie , dernier hommage rendu à Thomme de cœur, à Thomme de bien (2).

(1) Qu*il soit permis à Tauteur de cette biographie de raconter un fait dont il a été témoin. En sa qualité d*anUquaire , il désirait • depuis long-temps , visiter Tandenne prison de la haute-justice de S^.-Paix, aujourd'hui remplacée par la maison, rue S^.-Paii, n*. M, mais qui à cette époque était encore debout. C'était en 4852. M. du Feugray demeurait tout auprès du vieil édiflce, et il coMentit à servir de cicérone à son curieux ami. La prison atait conservé son aspect lugubre d'autrefois, ses barreaux de fer, ses portes massives, ses verrous; seulement, au lieu de coupables, chacun des cachots reufermait, prisonniers volontaires, une famille composée de vieillards, de femmes et d'enfants hftves et déguenillés. — Il était jour et les hommes étaient au travail. — A notre entrée dans cet enfer , tous ces êtres abandonnés se groupèrent autour de M. du Feugray : leurs gestes, leur attitude, leurs yeux surtout exprimaient une ardente reconnaissance. La visite d'un ange consolateur, descendu du ciel, ne les aurait pas émus davantage. Nous pensions à cette scène lorsque, en commençant cette notice, nous avons parlé de saint Vincent-de-Paul.

(2) Par suite d'une souscription ouverte spontanément pendant les funérailles, et immédiatement couverte de signatures, on a élevé à M. du Feugray un tombeau digne de lui. Ce monumeut est dû au ciseau de M. Duponi , et a été exécuté sur les dessins de MM. G. Bouet et Lamothc.

Depuis 1856, le portrait de M. du Feugray fait partie de la galerie de portraits de la Bibliothèque de Cacn. Il est peint par M» Guillard, conservateur du mus^ de celte ville.

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